Je sais bien qu’à Marseille le brouillard était moins épais at que, par nos fenêtres largement ouvertes sur les valeurs vraies du monde, entrait plus vite la vérité. Il m’est agréable de pouvoir sur ce sujet citer l’opinion de l’un de vos plus anciens Présidents honoraires, M. Henri Estier, qui disait, lors de l’Assemblée Générale d’une des affaires qu’il dirige : « C’est sur la valeur or du matériel que nous devons calculer nos amortissements parce que, au fur et à mesure que nous durons à remplacer les éléments qui le composent, nous levrons payer les objets de remplacement un chiffre en franes-papier correspondant au moins à la valeur en irancs-or. « Il nous apparaît donc qu’au fur et à mesure que le franc- papier se déprécie, nous devons mettre de côté un nombre de francs-papier plus grand pour correspondre à la valeur- or à amortir. « Si nous ne procédions pas ainsi, c’est en réalité une frac- tion de votre capital que nous vous distribuerions » Nous continuerons le bon combat sur ce point particulier. Sans nous faire trop d’illusions sur la portée de notre voix, 10US savons que peu nombreux sont les parlementaires ou les hommes influents dans la Nation qui forment l’opinion diri- Jeante en ces matières. Réussirions-nous à en convaincre un seul que nous aurions bien servi le pays. Dans cette longue controverse qui n’est pas terminée, ce nous est un réconfort de nous retrouver en accord avec nos Présidents honoraires, M. Antoine Boude, qui rapporta la question à la Chambre de Commerce dans un sens presque dentique, et M. Adrien Artaud, dont vous avez pu lire dans e Journal des Débats et dans notre propre journal les articles aussi fortement pensés qu’allègrement écrits. Contribution volontaire Je dois, pour compléter un tableau fidèle du rôle de notre Société pendant l’année écoulée, vous rappeler l’appel du Gou- vernement en faveur de la Contribution volontaire en mai der- nier. Généreuse, l’idée était digne d’un pays où les sentiments ’emportent parfois sur la raison.