46 réadaptation et d’hésitation et que, dans son ensemble, l’écono- mie du pays n’était pas profondément touchée. Il est trop tôt encore pour juger cette appréciation mais déjà des symptômes apparaissent qui nous confirment dans notre manière de voir. Sans doute, il nous faut renoncer aux illusions de Penrichis- sement facile, sans doute cette remise au point de l’optique de la nation révèlera quelques maux profonds, mais les outils restent au bon ouvrier qu’est l’industriel ou le commerçant français et le capital qu’il a consommé dans les illusions moné- laires où l’incroyable aveuglement de l'opinion l’a maintenu en quelque manière de force, il le reconstituera promptement par les mêmes qualités qui l’avaient formé : l’économie, le tra- vail, l’esprit d’entreprise, décuplées d’effet en vitesse et puis- sance par les progrès de la technique. Une menace, cependant, Messieurs, d’où peut sortir la ruine de ces belles espérances. Nous manquons d’esprit corporatif. Ce n’est plus isolément que l’on peut agir sur les éléments matériels et moraux. Sans l’effort en commun qui seul apaise les jalousies et les craintes de favoritisme, sans l’effort en commun qui permet à vos Groupements de parler au nom de portions notables de la vie nationale, sans l’effort en commun Jui permet l’organisation féconde, l’étude, la création et l’usage de collaborations impossibles.à chacun, c’est l’opinion et l’Etat laissés à l’influence de l’ignorance et du parti-pris et ce peut être demain le faux pas, l’erreur économique mortelle et la ruine par l’extérieur de tant de cellules qui, trop préoccupées de leur vie propre, ont négligé les nécessités de la vie commune. Oui, certes, cette vie corporative entraîne des sacrifices apparents, le temps est rare, quelque argent semble dépensé èn vain quand il l’est sans intérêt immédiat et visible. Mais ces sacrifices sont nécessaires et vous méditerez, Messieurs, ces lortes paroles de l’un des plus grands Groupements Français : « Il faut bien constater que trop nombreux sont ceux qui « s’affranchissent de toute obligation de vie corporative. Ils « croient qu’un égoïsme étroit est la suprême habileté, ils bor- « nent leurs vues et emploient toute leur activité aux seuls « profits personnels et immédiats, sans songer qu’ils fournis- sent ainsi le meilleur argument aux théoriciens qui concluent à l’inutilité du patronat. « La période qui commence ne s’écoulera dans la paix « sociale que si les dirigeants, et par ce mot nous entendons ç