R& par les conditions particulières de son connaissemient, condi- lions particulières naturellement imposées au chargeur. Cette lernière clause, à elle seule, en permettant à l’armateur de imiter sa responsabilité à une somme dérisoire annulait toutes @s concessions précédemment faites. D'ailleurs, sur beaucoup de points ces concessions n’étaient qu’apparentes : c’est ainsi qu’en ne répondant que du vol commis par l’équipage, l’arma- ‘eur mettait le chargeur dans l’obligation de faire la preuve de la faute de l’équipage, preuve quasi-impossible à adminis- trer. De même en s’exonérant de la responsabilité qu’il pouvait >ncourir au sujet des dégâts commis au débarquement, l’arma- eur supprimait un des chefs de responsabilité des plus impor- ‘ants. Il était également peu admissible en outre qu’il déclarât 1e pas répondre des dégâts résultant de la rupture des appa- reils de chargement. Il est normal qu’un entrepreneur de -ransport se préoccupe du bon état des appareils servant à la manutention des marchandises. Cette rapide analyse vous permettra de vous rendre compte des principales imperfections du connaissement de sortie des ports de France et d’Algérie ; on lui faisait également d’autres griefs, notamment en ce qui concerne la faculté de transborder la marchandise sur n'importe quel navire : voilier, navire mixte ou chaland remorqué, et la faculté de la débarquer au port le plus voisin « lorsque le capitaine sera amené à se demander s’il pourra atteindre le port de destination ». Le Syndicat des Exportateurs qui avait été tenu écarté des régociations protesta énergiquement, en sa qualité de repré- sentant régulièrement mandaté des chargeurs, contre l’initia- tive prise par la Chambre des Négociants-Commissionnaires, initiative qui compromettait gravement les droits des char- geurs, en laissait croire que cette transaction était librement consentie par eux. Néanmoins, pour ne pas entraver l’œuvre de conciliation il admettait le connaissement transactionnel à condition que l’on y apportât les substantielles et efficaces modifications qu’il avait proposées. Ces événements se pas- saient en mai 1914 ; peu de mois après éclatait la guerre européenne et d’autres préoccupations plus puissantes vinrent S’emparer des esprits. Les armateurs avaient en l’occurence habilement manœuvré et réussi à suspendre la discussion de la proposition de M. de Monzie. Les chargeurs, néanmoins, ne se tinrent pas pour baltus et ontinuèrent à faire entendre leurs doléances. En 1915 se