_— 909 — suivre les prix de gros : à ce moment-là vous aurez une crise de salaires, une crise de vie chère qu’il faut prévoir et à la suite de laquelle nos exportations deviendront très difficiles, tandis que les importations seront facilitées par l’accroisse- ment du pouvoir d’achat de notre monnaie. Et c’est à ce moment-là précisément que vous verrez les droits de douane-or perdre de leur efficacité. Je considère donc que ce système d’automatisme, de paral- lélisme mathématique entre les droits et la valeur de la marchandise est dangereux dans sa réalisation. Et puis, et surtout, il faut voir ce qu’il y a derrière cette proposition de libeller en or des droits de douane ? Il ya l'appétit, je ne dirai pas caché, mais l’appétit avéré de certaines corporations qui espèrent retrouver toute l’incidence de protection d’avant-guerre, qui voudraient que l’on reprenne purement et simplement les.droits d’avant-guerre en disant : « C’est cela que vous allez payer en francs-or ». Prenons par exemple les vins ordinaires. Les vins importés payent 12 fr. X< 2,05, ce qui fait 24 fr. 60 à l’hectolitre. Les viticulteurs trouvent que ce n’est pas suffisant ; et un projet de loi qui porterait ce droit à une quarantaine de francs a été voté récemment à la Chambre dans une de ces séances du matin auxquelles assistent un petit nombre de députés, Quarante et quelques francs, ce scrait certes une protection sérieuse pour une denrée qui vaut 70 ou 80 francs à la propriété. Cela ferait du 60 %. Les viticulteurs s’en conten- teraient dans l’ensemble, mais il y a chez eux quelques extrémistes qui demandent que ces 12 francs soient exprimés en francs-or ; alors, les vins étrangers paieraient non pas +0 francs, mais dans les environs de 65 à 66 francs. 5 Je vous laisse à penser où cela nous mèênerait, et comment cette mesure serait accueillie, par exemple, en Espagne ou en [talie. Pour conclure, j'estime que, si dans un avenir plus ou moins éloigné, à la suite d’une mesure d’ensemble, la perception des droits de douane en francs-or est adoptée en même temps que l'Etat et les maisons de commerce prendront également la base or pour leur comptabilité, nous sommes d’accord ; mais s’il s’agit d’une mesure isolée, si l’on veut nous imposer pure- ment et simplement la cristallisation du tarif d’avant-guerre et l’ascension de tous les droits de douane. rien ne serait plus dangereux.