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        <title>Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926</title>
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SOCIÉTÉ POUR LA DÉFENSE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE DE MARSEILLE
FONDÉE EN 1869
29, Rue Cannebière. — Téléphone 1.25-

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COMPTE RENDU

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TRAVAUX DE LA CHAMBRE SYNDICALE

PENDANT L'ANNÉE 19986

Présenté par M. J.-B. RÉCCA, Président
4 L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 1“ FÉVRIER 1927

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DOCUMENTS -- ANNEXES

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SOCIÉTÉ ANONYME DU SÉMAPHÔRE DE MARSEILLE
(ANCIENNE MAISON BARLATIER)
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        SOCIÉTÉ POUR LA DÉFENSE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE DE MARSEILLE
FOoNDÉE EN 1869
29, Rue Cannebière. — Téléphone 1.25

COMPTE RENDU

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TRAVAUX DE LA CHAMBRE SYNDIGALE
PENDANT L'ANNÉE 1926

Présenté par M. J.-B. ROCCA, Président
A L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 1“ FÉVRIER 1927

DOCUMENTS -- ANNEXES
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SOCIÉTÉ ANONYME DU SÉMAPHORE DE MARSEILLE
[ANCIENNE MAISON BARLATIER)
17-19, Rue Venture

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        LISTE

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PRÉSIDENTS DE LA SOCIÉTÉ
DEPUIS SA FONDATION

Années

1869-1870

1871-72-73.

(874-75-76.

1877-78 .

1379-80 ….

1881-82-83. .

1884-85-86.

1887-88 .

1889-90 .

1891-92 ..

1893-94 ...

1895-96 ... …

1897-98 .….

1899-1900 .

1901...

1902-03-04. .

1905-06 ….

1907-08 .

1909-10

1911-12 1.1 22.110
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MM. BAUX, Alphonse.
ESTRANGIN, Alexis, %. t
ROSTAND, Jules, %.
FOURNIER, Félix. $
BIVER, Ernest. +
PINCHON, Jean-Baptiste. $
BOUDE, Frédéric, O. %. +
ABRAM, Félix, %. +
BORELLI, Georges, %. *
FLACH, Auguste. $.
CHANAL, Casimir, x. +
ESTIER, Henri, O.
FERRIER, Calixte. $
ESTRINE, Lucien, C. x.
FOURNIER, Paul, +
ARTAUD, Adrien, O. x.
GUILLAND, Michel, }
TURCAT, Henri. +
RASTOIN, Emile, *.
RASTIT, Henri.

Lt-Ce! THIERRY, Paul, O. x
HUBERT, Maurice.

BOUDE, Antoine.
TOY-RIONT, Maurice. x.
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        SOCIÉTÉ POUR LA DEFENSE DU COMMERCE
ET DE L'INDUSTRIE

PRÉSIDENTS HONORAIRES :

MM. ESTIER, Henri, O. %, ancien Membre de la Chambre de
Commerce.
ESTRINE, Lucien, C. %, Président honoraire de la
Chambre de Commerce.
ARTAUD, Adrien, O. , Président honoraire de la
Chambre de Commerce.

RASTOIN, Emile, x, Président de la Chambre de
Commerce.
FHIERRY, Paul, O. %, ancien Vice-Président et Membre
de la Chambre de Commerce.
HUBERT, Maurice, Membre-Trésorier de la Chambre de
Commerce.
BOUDE, Antoine. Membre de la Chambre de Commerce.
lOY-RIONT, Maurice, *, membre de la Chambre de
Commerce.
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        CHAMBRE SYNDICALE

Année 19286

Président …......…...... MM
Vice-Présidents ........

&gt; ….…......
Trésorier 0.00...
Membre-Secrétaire.....….
Archiviste-Bibliothécaire …

BUREAU
ROCCA, J.-B.
BEAU, ARTHUR.
REGIS, EMILE.
ABEILLE, ELzÉARD (1).
GUERIN, Josepx,
FALCOT. ÉTIENNE. =.

Huilerie.

Commerce d’importation.
Corps gras.

Produits chimiques.
Raffinerie de sucre.
Industrie céramique.

MEMBRES

MM. ALIIER, FRANÇOIS .. aan ee
AUBERT, JEAN 2.2 Le. La Len ca 00e
BACCUET, GASTON ......20220 00000 es
BARBARO, EDMOND, M....22220000000
BALGETON, P....….. Brun em eme
BLACHERE, ALFRED, #. EF
BONARD, HECTOR, &amp;., Lea rue e ee
BOURGOGNE, JEAN …. GA A AR ARE
BRUNET, LOUIS .......2200000 000000
CHAMBON, DEnis ....-. cac»
CHAPELLE, ANDRÉ ... Less. 2 une
COVIAUX, PAUL 2.21 200a 0 Lac 00e
CROTTE, ALEXANDRE, #.......0014000
DREYFUS, LÉoN, #.....1220220 0000
DUCLOS, GEORGES . ……
DUCLOS, PAUL .....22.2L LL LL ane
DUFOUR, FRANCIS-ANTONIN ..........
DUMAYET, JEAN .......122122 0100004
ESCUDIER, JEAN ...- PTE
FABRE, ADRIEN .….. F2 art
FAJON, PIERRE .... .... à thon ei
FOUQUE, Joseru ....…. AR rkR
FOURNIER, Frépénic … 21210000
GARBAY, Oscar ....….

GAUTIER. ALBERT

Commerce des tissus.
industrie immobilière,
\ssurances accidents.
Minoterie.

Industrie de l’éclairage.
Questions juridiques.
Entreprise de débarquement
Tommerce des riz.
Assurances maritimes.
Industrie du Port.
Fournitures de navires.
Agence en douane.
Transit.

importation de céréales.
courtage.

industrie métallurgique.
Couleurs et vernis.
Grand commerce de détail.
Jenrées coloniales.
Œuirs et peaux.

Huiles minérales.
Courtage.

3téarinerie.

Zharbons français.
Agent de change,
(1) En remplacement de M. Félix Perrin, décédé
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        _—- 5

MM.

GOUIN, ANDRÉ (Intendant), #.....--.
GOUIN, EDOUARD, M....2020 50000000 0
GRAVIER, GUSTAVE ,....00000000 0000
IMBERT, FéLIx ...... Less»
JAMET, MARCEL ...... RRRRENE
JOLY, Joannès ....…..

LIMOZIN, ALFRED .…..-...-

MADON, JEAN ....

MARTINA, JOsEPII ..-

MARTINY, HENRY, #.....0000000 00000
MIR, LUCIEN (Commandant), O. #....
MONTAMAT, PAuL .... ,
MOULLOT, ALBERT .....000000000000
MOURRE, CHARLES ... 1 1 140000
NOEL, FORTUNÉ, &amp; .. Hs RENTE
RASTOIN, EDOUARD ..222115005000 0
RASTOUL, JosrPH, &amp; .. en
REGIS, JEAN ....0000000- RARE
RICHARDSON, CHARLES - paks 5
ROBERT, EMILIEN ..... 11200005
ROCOFFORT, RAOUL ....102000000006
ROGLIANO, MARCEL ..21220000 00000
RONDOT, JACQUES .....0001 20000000 5
ROSTAND, AUGUSTE .....- 200005 5
SAVON, ALBERT 000000000000 5
SAVON, ANDRÉ .....002000 00011000 s
SA VON-PEIRRON, JEAN 2.020210 6
TASSY, CHARLES .....0000 00 ace e 0005
TOY-RIONT, ALBERT 020000000000
VALERYŸ, JOANNÉS, Ÿ. 222000000011
VILLETARD, HENRI, &amp;......00000000
VINCENT, LÉoPOLD . - ,
WOLFF. RENÉ ..

Lommerce général.

Javonnerie.

Marine marchande.

Courtage de laines.

Entreprise et bâtiment.

Janque.

Café.

Vins.

Commerce des huiles de Salon,

Constructions mécaniques.

ndustrie de la parfumerie.

’adustrie électrique.

{mprimerie.

Issences, droguerie, herboristerie.

industrie électrique.

uilerie-Savonnerie,

Marine marchande.

\ssurances incendie.

détaux.

Zommerce colgnial.

\ssurances maritimes,

Courtier maritime,

Commerce d’importation.

Savonnerie,

Charbons étrangers,

Tonsignation de navires.

Presse.

Minoterie. .

Caoutchouc industriel,

3anque.-

Travaux publics.

Docks et Entrepôts.

Société des Commerçants, Magasi-
niers et Industriels.

SECRETARIAT

Secrétaire général ................ M. GASTON VIMAR, 6 1.
Secrétaire général adjoint......... M. Lours MANIVET, &amp; À.
Secrétaire général honoraire.…...... M. JuLres GROSJEAN, #.
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        COMMISSION

pRS

TRIBUNAUX ARBITRAUX ©®

1926

MM. ARNAUD, LUCIEN.
BOUDE, Pau..
BOURDILLON, Léon.
CAMAU, EMILE.
CASSOUTE, PAUL.
DE CHOMEL, FéuIx.
CONSTANTI, GASTON.
DUMAYET, GEORGES.
FRANCOU, JEAN-JACQUES.
GAUTIER, RENÉ.
JOURDAN,. Féurx.

MM. DE LALEU, EMILE.
MASSOT, PIERRE.
MAYEN, Paux.
ROUSSET, PAUL.
ROUSTAN, EMILE.

DE ROUX, FRANÇOIS.
ROUX, PAUL,

SICARD, MAURICE.
STORIONE, MICHEL,
DE VERVILLE, JosErn

(1) Cette Commission a fusionné, en février 1927, avec la « Chambre Arbitrale des
Syndicats et Groupements Commerciaux et Industriels », dite CHAMBRE ARBITRALE
DE MARSEIIIFK
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        <pb n="12" />
        COMPTE RENDU

35458
TRAVAUX DE LA CHAMBRE SYNDIGALE
Pendant l’Année 4926

Présenté par M. J.-B. ROCCA, président
à l’Assemblée Générale du 1” février 1927

MESSIEURS,
L’année 1926 a vu de nouveau se justifier amplement le
rôle de notre Société.

Vous savez combien ingrate est souvent la mission que vous
nous avez confiée de défendre les intérêts permanents ou
momentanés de l’activité économique régionale. Trop long-
lemps nous avons eu l'impression pénible de parler dans le
désert et vous vous rappelez avec quel ton de regret nos comp-
les rendus devaient vous rapporter, en même temps que de
multiples succès de détail, nos vains efforts pour faire com-
prendre que les phénomènes économiques obéissent à des lois
propres qui ne peuvent être méconnues sans graves consé-
quences,

Nous constatons aujourd’hui avec satisfaction une améliora-
lion de la compréhension publique qui trouve sa plus claire
expression dans la constitution du Gouvernement d’union
nationale et dans les mesures de saine gestion qui ont suivi.
Sans vouloir nous attribuer grande part à cette heureuse évo-
lution, comment ne pas rappeler cependant que nous avons
lait entendre notre voix dans le concert d’opinions conver-
gentes qui s’élevait de toutes parts pour réclamer un traite-
ment technique des questions économiques étudiées en elles-
mêmes et non plus comme un aspect des problèmes de politique
        <pb n="13" />
        9

intérieure. Dès 1923, nous écrivions : « Il n’est pas de pro-
blème plus grave en France actuellement que ceux posés par
la situation financière du pays. Comme en d’autres périodes
troublées, c’est de leur solution que dépend la situation poli-
tique et c’est elle aussi qui conditionne, dans une large mesure,
les rapports internationaux.

« En fait, la vie même de la Nation est en jeu, car, dans
nos temps modernes, la puissance d’un pays et peut-être son
indépendance n’existent au point de vue politique ou militaire
que si elles existent d’abord en matière économique ».

Depuis, de nombreux travaux, diverses manifestations, notre
vœu du 26 janvier 1924, notamment, des délibérations d’Assem-
blées Générales de Présidents des Syndicats, celle du 10 juillet
1925, en particulier, ont accentué notre action dans cette voie.

J'aime, Messieurs, à rappeler que si nous réussissons par-
fois, c’est que nous nous faisons un principe absolu d’opérer,
dans l’unique sens d’une vérité générale, dépouillée de toute
mesquinerie, libérée aussi de toute pensée politique, la lente
mais persistante pesée qui arrive parfois à ébranler une erreur
ou à affaiblir un préjugé.

Après avoir constaté les progrès lents mais indéniables,
accomplis cette année dans les esprits et dans les faits, sou-
haitons que l’avenir confirme nos légitimes espérances.

Comme toujours, notre action a porté, au cours de l’exercice
écoulé, sur des questions d’intérêt national et sur des ques-
tions d’intérêt régional, non certes que nous donnions à ce
terme un sens péjoratif, bien loin de notre pensée et de notre
cœur si affectueusement penché sur la prospérité de notre
petite patrie.

Et sur ce point, Messieurs, ne soyons pas trop modestes.
Le volume et la qualité des intérêts que nous représentons
font de nos intérêts particuliers une portion non négligeable
de l’intérêt général. Quand nous parlons, au nom de nos mille
adhérents, des quelques 7 millions de tonnes et 6 milliards de
franes du mouvement d’affaires qu’ils représentent, je con-
nais peu de Groupements d’autres régions qui puissent pré-
senter la variété et l’importance de notre vie corporative. El
c’est une constatation qui doit nous inspirer quelque fierté.
        <pb n="14" />
        — 13 —

QUESTIONS D’INTERET NATIONAL

Taxe à l’exportation

C’est là, eu égard aux problèmes à résoudre, l’exemple le
plus complet d’une évolution rapide et conforme à nos pré-
visions se terminant, après le bref parcours du cycle des
erreurs, par le succès de la vérité, succès certainement hâté
par nos efforts.

Depuis plusieurs années et, pour préciser, depuis 1924, la
laxe à l'exportation était préconisée comme un impôt non
seulement facile à percevoir, mais même salutaire et c’étaient
les exagérations d’une théorie, non dépourvue sans doute d’une
parcelle de vérité, mais recommandant des remèdes mal appro-
priés à la situation. Et nous assistions à ce paradoxe attristant
par sa persistance de voir les mêmes personnes clamer contre
la vie chère et réclamer une taxe à l’exportation pour empê-
cher le pays de se vider de sa substance par des ventes au-
dessous de la valeur réelle des choses, la vie étant trop bon
marché en France. .

Nous protestions en particulier par nos lettres du 10 octo-
bre 1924 et du 23 décembre 1925, mais la pression d’une opi-
nion mal informée était trop forte. Battus sur le fond, nous
reprenons, sur les points subsidiaires, notre incessant effort
vers le bien ou. le moindre mal. Et ce sont nos démarches
pour obtenir la limitation du nombre des catégories, pour ne
laisser taxer au taux maximum que les produits de luxe, pour
limiter par l’exemption accordée aux sorties d’admission tem-
poraire ou de soumission cautionnée les conséquences de cette
erreur sur notre activité régionale.

Le 4 avril dernier, quand intervint la loi organisant la taxe
dite par catégories, nous avions ainsi heureusement réussi à
faire insérer, dans ses dispositions, les améliorations de détail
indispensables que réalisait le texte de son article 54.

Œuvre conduite par nous directement et en accord avec les
Groupements qui, parallèles au nôtre, complètent notre action
et, notons-le avec un peu de fierté, s’en servent souvent pour
vivifier d’autres interventions : Chambres de Commerce, Comité
Régional et Central des Conseillers du Commerce Extérieur,
Association Nationale d’Expansion Erconomique, Confédération
Générale de la Production Française ; et ce sont de nouvelles
        <pb n="15" />
        démarches et de nouvelles lettres, notamment celle du 20 avril,
pour aboutir au décret du 11 mai complétant la loi et qui, en
somme, rendait habitable le nouveau régime.

Nous n’avions garde cependant de cesser nos efforts pour
rappeler la vérité et de notre lettre du 28 juillet, laissez-moi
extraire la phrase suivante dont un avenir prochain devait
montrer l’exactitude : « Sur le fond même du problème, nous
« avons à plusieurs reprises émis l’opinion que le principe de
« cette taxe reposait sur une illusion d’optique, que l’avan-
« tage apparent du prix de revient n’était que très momentané
« dans les périodes de décalage monétaire et que, par suite,
« la création de la dite taxe risquait d’avoir de graves consé-
« quences sur l’activité du pays, seule base foncière du relè-
« vement financier ».

La crise financière se précipite entraînant dans l’opinion une
nouvelle crise de xénophobie économique, comportant les
mêmes paradoxes : la vie est trop chère — les étrangers rafient
nos produits qui sont trop bon marché — et c’est la loi d’août
1926 organisant la taxe unique, sans exception ni adoucisse-
ment, bloquant sous la même rubrique la poutrelle d’acier
entièrement faite de main-d’œuvre nationale et les produits de
nos industries locales : sucrerie, huilerie, minoterie, raifinerie
de soufre, toutes industries de transformation incorporant un
faible pourcentage de main-d’œuvre à des matières premières
relativement de grande valeur, achetées hors de France sur le
marché international.

Cet aspect de la question nous frappe aussitôt et nous inter-
venons très vivement, prenant la tête du mouvement de pro-
testation qui hésitait un peu en raison de la gravité de la
situation financière et politique.

Nous organisons à Paris une démarche commune des gran-
des associations, réclamons et obtenons la préparation d’un
projet de loi et avons enfin la joie de gagner cette première
grande bataille par le décret du 14 novembre, libérant, avec
des modalités ingénieuses, les produits apurant des acquits
d’admissions temporaires ou de soumissions cautionnées.

Cette victoire subsidiaire, mais si importante pour notre cité,
devrait être bientôt suivie de la disparition même du régime
que vous avez vu suspendre par le décret du 4 janvier 1927.

Nous espérons bien qu’il est enterré pour toujours et nous
sommes fiers d’avoir été les premiers à ouvrir la brèche. et les
veux. Dans l’état d’âpre concurrence internationale qui n’est
        <pb n="16" />
        pas près de se terminer, vouloir gêner les exportations de sa
patrie est une folie conduisant à l’anémie. Quant aux consé-
quences, non d’une dépréciation monétaire acquise qui n’existe
plus quant aux prix de revient, mais d’une période de décalage
des prix par la baisse rapide de la monnaie, la preuve est faite
que ce n’est pas par une taxe uniforme et générale que l’on
peut utilement intervenir pour corriger les effets malheureux
de l’illusion monétaire. Nous reviendrons sur ce sujet.
Entraves à l’exportation
Si la taxe unique à l’exportation est maintenant abolie, il
subsiste, sous forme de droits de sortie, d’interdictions d’expor-
lations, mitigées de contingentements, de nombreuses entraves
à l'exportation dans des cas particuliers. Le législateur a suivi
deux mobiles, défendables momentanément, mais dont la per-
sistance constitue une Srave erreur : la lutte contre la vie
chère et le maintien en France de la matière première de
certaines industries qu’il semblait désirable de favoriser,

À la lutte contre la vie chère se rattachent les entraves à
l'exportation des produits agricoles : interdiction de l’expor-
tation du bétail, droits de sortie énormes sur les œufs, sur le
beurre, contingentement des pommes de terre, etc,

Nous ne sommes pas, ici, de ceux qui opposent systématique-
ment l’agriculture au commerce et à l’industrie. L'agriculture
doit, d’après nous, être considérée comme une industrie, la
première du pays en importance matérielle et morale et, si
Nous avons protesté et continuerons à le faire contre le traite-
ment fiscal privilégié dont elle jouit, nous nous joignons aux
organisations de cette grande industrie pour réclamer, pour
tous les produits agricoles, la liberté, seule génératrice
d’abondance.

Même en période de baisse de la monnaie, ces interdictions
Re correspondaient à aucune vérité économique profonde et
étaient de pure inspiration démagogique, mais avec le retour
à une monnaie plus stable et à la parité des valeurs d’achat
intérieures et extérieures, leur maintien est une pure folie.

Ainsi, nous sommes-nous associés aux diverses manifesta-
tions réclamant la libre sortie des produits agricoles, à l’action
dans ce sens du Comité d’Action Economique et Douanière et,
tout récemment, au Congrès des Syndicats Agricoles des Alpes
et de Provence.
        <pb n="17" />
        — 16 —

Ajoutons que notre belle Provence, dont la production agri-
cole, favorisée par la nature et la science de nos agriculteurs,
est orientée vers des primeurs et des produits de luxe, souffre
particulièrement de gênes à l’exportation que rien ne justifie.

Mais si nous apportons ainsi aux agriculteurs un appui, dont
nous espérons qu’ils nous savent gré au milieu des erreurs trop
répandues dont ils sont les victimes, nous voudrions que, se
libérant eux aussi des préoceupations immédiates, sortant des
arbres pour mieux voir la forêt, ils cessent d’opprimer, sans
effet utile possible, une grande industrie marseillaise.

L’huilerie voit son activité paralysée, sa vitalité même com-
promise par les entraves apportées à l'exportation de l’un “de
ses produits principaux : le tourteau.

Nous voudrions que, renonçant à l’espoir de réaliser momen-
tanément des prix d’achat avantageux obtenus, grâce à la
misère d’une belle industrie, par la liquidation de stocks dont
le renouvellement ne peut se faire qu’au prix mondial, les
agriculteurs comprennent :

Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit
qu’il faut d’abord importer de l'étranger ;

Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit
fabriqué dont la matière première sort librement de nos colo-
nies et de France ;

Et qu’il vaut mieux enfin voir l’équilibre des prix interna-
tionaux rétabli par l’abondance et la libre exportation que par
la rareté.

Ajoutons que les discussions et les mésintelligences que les
problèmes de la répartition des licences d’exportation entrai-
nent entre compatriotes ne sont pas le moindre des incon-
vénients d’un régime techniquement erroné, indéfendable du
point de vue général du pays et qui n'a que trop duré pour la
prospérité de notre cité.

Pour d’autres entraves à l’exportation, on invoque, non pour
les justifier, mais pour en défendre le principe, le désir de
maintenir en France des industries dont les produits visés
forment la matière première.

Mentionnons comme exemple les chiffons et déchets métal-
liques et, puisque la question touche plus directement Marseille,
les ferrailles.

Là encore nous ne voyons aucune raison plausible en faveur
du maintien de ces entraves. Nous voulons bien admettre
        <pb n="18" />
        qu'après la guerre, dans certains cas, une période de réadapta-
tion s’imposait, mais cette période est maintenant close et, à
l’exception peut-être de certains produits tout à fait rares pour
lesquels se posent des questions de Défense Nationale, toute
industrie qui ne peut vivre que si l’on interdit ou si l’on gêne
la libre circulation de la matière première qu’elle utilise, n’esi
pas un bon serviteur de la Nation. Sortons de l’artificiel pour
rentrer dans le normal.

A côté des profondes erreurs de principe qu’entraîne le
maintien de courants commerciaux et de prix anormaux,
mentionnons les conséquences annexes, souvent ridicules et
humiliantes, des conflits autour de J’attribution des licences
d'exportation. Pour les ferrailles, l’imbroglio de la répartition
était tel que le Gouvernement excédé, et témoignant d’ailleurs
d’une dangereuse carence d’autorité, dut se résoudre à accorder
des licences, non plus à nos nationaux, mais aux groupements
étrangers eux-mêmes,

Tout ce régime est malsain dans son essence, malsain dans
son application. Si la crise actuelle, avec le rétablissement des
parités de valeur et le ralentissement des exportations avait,
parmi tant de tristes conséquences, l’heureux résultat de jeter
bas ces constructions mal conçues et mal bâties, ce serait une
consolation et le moyen de panser rapidement bien des plaies.

Taxe à l'importation.

Si la taxe à l’exportation est une erreur de principe contre
laquelle nous nous sommes toujours élevés, la taxe à l’impor-
tation ne mérite pas les mêmes critiques foncières, mais elle
nous a donné, depuis des années et encore en 1926, occasion
à d’innombrables interventions destinées à corriger des erreurs
techniques ou à améliorer le fonctionnement administratif du
régime. Vous avez encore présente à la mémoire notre action
pour faire remanier le fameux article 12 de la loi du 31 juillet
1920 qui, avec les meilleures intentions du monde, avait
organisé la plus complexe et la plus illogique des réglemen-
tations.

L'article 84 de la loi du 13 juillet 1925 nous donnait enfin
satisfaction et organisait la taxe à l’achat avec exonération lors
de la première vente en France pour certains produits bruts
dont la liste était publiée. par le décret du 14 août 1925
        <pb n="19" />
        Nous intervenions sans succès, à plusieurs reprises, pour
laire étendre cette liste, et bientôt de nouvelles difficultés
s’élevaient.

Citons, à ce sujet, l’exemple topique d’une vieille industrie
marseillaise, celle du conditionnement des légumes secs, dont
les opérations se bornent au triage, au classement et au net-
toyage de ses produits. L’Administration prétendit que les dits
produits n’étaient pas vendus dans l’état où ils étaient importés
et devaient payer l’impôt sur le chiffre d’affaires en sus de la
taxe d'importation.

De tous côtés, des difficultés analogues s’élevaient et nous
avons énergiquement réclamé un adoucissement des textes.
Nous l’avons obtenu par la loi du 12 août dernier, étendant
désormais l’exemption aux marchandises revendues après
transformation.

Nous n’ignorons pas que, dans certains cas, des industries
de transformation, dont les matières premières figurent sur
la liste des produits exonérés de la taxe à l’achat se sont vues
privées de la protection que leur accordait l’ancienne dispo-
sition, et nous avons cherché, par notre lettre du 6 juillet 1926,
Un ferrain transactionnel sans avoir encore convaincu les
Pouvoirs Publics.

Notre consolation est que la révision du tarif douanier est
proche et que les industries menacées pourront, plus facile-
ment et plus logiquement que par la voie fiscale, réclamer et
peut-être obtenir une adéquate protection.

Taxe sur le chiffre d’affaires et taxe à la production.

Nous avons continué à affirmer, selon votre point de vue,
que la taxe actuelle sur le chiffre d’affaires doit être aménagée.

Née dans une période de crise, elle était sous sa forme
actuelle une mesure temporaire, et elle ne peut se prolonger
sans entraîner les plus graves conséquences : Concentrations
artificielles d'industries ; charges à l’exportation, d'autant plus
lourdes que le produit exporté est plus évolué et, par suite,
plus intéressant ; tendance à la disparition du commerce
moyen, utile répartiteur et nécessaire régulateur des stocks ;
ingéniosité regrettable dans la recherche de combinaisons
anormales de travail à façon ou de vente à la commission,
combinaisons uniquement mues par des préoccupations fisca-
es : et dans le commerce de détail pourcentage considérable
        <pb n="20" />
        ig —

d'évasion qu’aucun contrôle ne peut atteindre et que le régime
du forfait n’atténue qu’imparfaitement. Nous pourrions sans
peine accumuler les inconvénients d’un régime que nous avons
accepté, mais que nous demandons à aménager.

Un de nos collègues l’assimilait récemment à de multiples
douanes intérieures, plus muisibles encore que celles qui
autrefois entravaient de province à province la circulation des
marchandises.

Pour poursuivre la comparaison, nous réclamons le rempla-
cement de ces douanes multiples par la douane unique au
lépart ou à l’arrivée, et c’est la taxe à la production.

Nous attachons tant d’importance à cette question que nous
avons institué une sous-Commission spéciale, composée de
représentants qualifiés des principales industries régionales.
Sous la présidence de notre vice-président, M. Emile Régis, qui
lui communique son ardeur au travail et son goût des réalisa-
tions, cette Commission abordait l’un après l’autre les problè-
mes particuliers des industries marseillaises. Des rapports
partiels, présentés par : MM. Charles Tassy, pour la Minoterie :
Edmond Barbaro, pour la Semoulerie ; Auguste Rostand,
Edouard Rastoin et Edouard Gouin, pour l’Huilerie et la
Savonnerie ; Elzéar Abeille, pour les Produits Chimiques ; Paul
Duclos et H. Martiny, pour la Métallurgie, constataient tour à
tour que la taxe à la production était désirable et réalisable, et
M. Régis, dans un rapport d’ensemble que votre Chambre
Syndicale adoptait dans sa séance du 23 mars 1926, pouvait
conclure que dans toutes les industries relativement simples
le remplacement des taxes successives sur le chiffre d’affaires,
par une taxe à la production, était. possible, et que les diffi-
sultés annexes provenant de la transformation des produits
pouvaient être résolues par des méthodes simples et
pratiques (1). (

M. Emile Régis précisait que la taxe unique sur la matière
première n’était pas une solution possible, sauf dans des cas
exceptionnels, et que la méthode à retenir lui semblait la
taxation du produit au moment où il quitte le dernier stade
industriel, sous la forme définitive de consommation ou
d'utilisation.

Enfin, M. Emile Régis restait, pour les industries complexes,
dans la prudente réserve qUe nous commandent les traditions
de votre Société. et se ralliait pour elles. soit à l’expectative. soit
(1) V. Ann. w, np. 100
        <pb n="21" />
        30

à la méthode préconisée par notre président honoraire,
M. Boude, à la Chambre de Commerce de Marseille, c’est-à-dire
au maintien des taxes entre industriels et au remplacement des
seules taxes commerciales par une perception unique.

Depuis ce remarquable travail, qui fit grand honneur à votre
Société, car il constituait le premier effort précis d’étude directe
st pratique par les contribuables eux-mêmes de cette grave
question, celle-ci n’a pas beaucoup avancé.

La taxe à la production a beaucoup d’ennemis, les uns sont
loyalement inquiets de toucher à une ressource budgétaire
aussi capitale et qui assure le sixième du budget ; les autres,
‘1 faut bien le dire, n’ont pas l’élévation de pensée nécessaire
pour se détacher d’un avantage immédiat et voient sans plaisir
approcher le moment où cessera un régime qui assure un
substantiel privilège dans la concurrence journalière, aux
affaires concentrées, aux grands magasins et à bien des puis-
sances économiques. Nous avons assez souvent protesté contre
1n excès de démagogie pour dénoncer, avec la même liberté,
des retards et des lenteurs qui ne semblent pas uniquement
provenir des difficultés techniques du problème.

La loi de Finances du 4 avril 1926 prévoyait, à son article 60,
a nomination de plusieurs Commissions d’étude. Après de
a1ombreux rappels et une menace précise de M. Tranchand,
léputé, demandant où en était l’exécution des prescriptions
‘ormelles de la loi, on finit par nommer une seule des Com-
missions prévues. Créée par arrêté du 22 novembre dernier,
zette Commission étudie le cas des produits d'alimentation, et
2aous savons qu’elle travaille sérieusement. Nous suivrons, ses
ravaux avec soin et veillerons, dans la mesure de nos moyens,
à ce que la question avance.

Vous savez, par ailleurs, que ce même article 60 de la loi
précitée a institué la taxe à la production sur quelques
produits isolés, engrais, thés et cafés. Mais ce n’est qu’une
Stape vers une réforme qui s'impose.

Nous emes à intervenir pour éviter une superposition de
taxes tout à fait contraire à l’intention du législateur entre la
taxe à la production et la taxe à l’exportation, pour les quel-
ques produits que nous venons d’énumérer, et notre lettre du
[1 septembre 1926, à la Direction des Contributions Directes,
10us obtenait un prompt succès.
        <pb n="22" />
        al

l'axe d’apprentissage.

Nous avons apporté l'attention qu’elle mérite à l’application
l’une loi juste et utile dans son principe, mais dont trop
l’intérêts, qui n’ont que de lointains rapports avec les préoc-
œupations du législateur, s’efforcent de déformer l’esprit.

Nous prétendons que la volonté du Parlement a été de fixer
€ montant minimum que chaque chef d’entreprise devait con-
sacrer, comme prévision d’avenir, à préparer le recrutement de
demain des cadres et de la main-d’œuvre du pays. Et c’est par
une sorte de sanction que l’impôt vient prélever la portion non
attribuée du minimum prévu.

Notre thèse comporte donc un maximum de liberté dans
l’attribution des exonérations prévues par la loi, après consta-
‘ation, bien entendu, du caractère d’utilité des entreprises
subventionnées ou des dépenses directement faites par les
ntéressés chez eux. Nous l’avons défendue à chaque occasion,
st notamment par notre lettre du 15 novembre 1926, en réponse
à une question posée par M. le Directeur de l’Enseignement
Technique.

La thèse opposée, vous la connaissez, c’est la thèse étatiste.
Nul mieux que l’Etat ne serait qualifié pour organiser, subven-
tionner, maintenir les œuvres d'apprentissage ; les exonéra-
dons pour attribution directe doivent être une exception et la
masse de cette taxe doit rentrer dans les coffres de l’Etat et
Être répartie par lui.

Notre Société n’a personnellement qu’à se louer de la Com-
mission départementale qui statue sur les exonérations,
puisque ses Cours du soir ont été, pour toutes les années exa-
minées, inscrits parmi les œuvres reconnues comme donnant
droit à exonération totale.

Je vous rappellerai tout à l’heure l’importance croissante de
la belle œuvre dont le soin nous a été légué, et je vous demande
instamment d’augmenter vos souscriptions ou de nous les
apporter si vous n’êtes pas encore sur nos listes de bienfaiteurs.
Une carence dans les circonstances actuelles prendrait le sens
d’un accord avec la thèse étatiste et je vous sais convaineus
qu’en cette matière, comme en beaucoup d’autres, les meilleurs
résultats sont obtenus par les initiatives et le contact direct
que permettent seules des œuvres régionales autonomes.

Je m’en voudrais de ne pas rendre, à cette occasion, un
        <pb n="23" />
        39

hommage aux merveilleux dévouements avec lesquels la Com-
mission Départementale nous a mis en contact.

Il m'est agréable de citer notamment le nom de M. Pellegrini,
inspecteur régional de l'Enseignement Technique, qui apporte
dans l’accomplissement de ses hautes fonctions tant d’activité
intelligente et de zèle compétent, et celui de M. Bousquet, direc-
leur de la Chambre des Métiers de Marseille, qui fait bénéficier
cette institution, dont il est l’excellent animateur, de ses
brillantes qualités professionnelles et de la grande expérience
qu’il a acquise au cours de sa carrière administrative.

Questions douanières.
L’approche de la révision du Tarif Douanier a maintenu à
l’ensemble des questions douanières un degré d’actualité très
vif.

Dès juin 1925, interrogés par M. le Ministre du Commerce,
nous groupions les désirs des Syndicats qui avaient un pro-
gramme ou des revendications à présenter. C’est maintenant
à très brève échéance que vont s'engager les discussions parle-
mentaires sur la base des propositions élaborées au Ministère
du Commerce, Nous aurons très vraisemblablement à consacrer
une partie notable de notre action à ces pourparlers et le
moment est donc favorable pour vous rappeler la thèse
d’ensemble qui se dégage de nos études.

Sur l’aspect même du tarif, nous avons, en date du 23 mars
dernier, exprimé nos préférences pour une méthode qui tienne
compte des variations de valeur de la monnaie et, dans ut vœu
émis par notre Chambre Syndicale à l’occasion du projet de
majoration de 30 % des droits, nous nous déclarions favora-
oles soit à l’établissement des droits en or — toujours la
monnaie de compte —, soit à la fixation de droits de base
frappés de coefficients variant périodiquement selon la valeur
moyenne de la monnaie pendant la période écoulée.

Nous reconnaissons que cette dernière méthode présente des
avantages d’ordre administratif et il semble que c’est à elle que
s’est rallié le Gouvernement.

Nous nous opposerions à tout barême immuable qui, dans
l’état d’instabilité actuel, conduirait à des anomalies et à des
révisions qui ne sont pas à désirer.

Sur le niveau des droits, nous avons aussi une opinion
moyenne qui évolua, eu égard aux thèses antérieures de notre
        <pb n="24" />
        ZE

Société, suivant une ligne étroitement adaptée au processus de
l’activité marseillaise et du monde contemporain.

Autrefois libre-échangistes théoriques et pratiques, comme le
zomportait l’intérêt dominant d’une cité presque exclusivement
commerciale, une des grandes gares de triage du monde, vivant
du transit et de la consignation, nous ne pouvons plus nous
cantonner sur la même position absolue. Chez nous, les mêmes
intérêts subsistent, mais à côté d’eux s’est développée une
zomplexe et active vie industrielle qui vient compléter notre
activité commerciale millénaire.

Enfin, le monde entier, préoccupé souvent, hélas, de l’aspect
militaire des problèmes économiques, a adopté une attitude
presque générale de protectionnisme qui assimilerait au suicide
le fait pour une nation de s’orienter vers un libre-échangisme
isolé, véritable marché de dupe.

Mais de notre ancienne position et de la position spéciale de
ia cité, notre Société a conservé dans sa lente évolution le
principe de la modération douanière et de l’activité des
*changes.

Les tarifs doivent avoir pour résultats de compenser les
inégalités inévitables dans les prix de revient du même pro-
duit entre diverses nations, de façon à permettre le jeu d’une
utile concurrence el un maximum d’échanges. Ils doivent lais-
ser entièrement libre la circulation des matières premières
sous peine de conduire aux pires complications internationales.

Sur cette thèse de la modération douanière, nous nous som-
nes trouvés en plein accord avec-un groupement nouveau qui
s'était constitué récemment à Paris avec un programme pres-
que identique : le Comité d’Action Economique et Douanière,
présidé par M. Dal Piaz, armateur, c’est-à-dire échangiste par
léfinition, et dirigé par M. Elbel, qui habita Marseille, et dont
nous avons apprécié au Ministère du Commerce, où il fut
sous-directeur, la haute valeur. ;

M, Elbel a bien voulu nous donner, le 26 mars 1926, une
conférence sur l’état de la politique douanière de la France
qui a été fort goûtée (1); il a été, depuis, pour nous un informa-
teur obligeant et un conseiller avisé.

Comme la réforme douanière est, par nécessité, une œuvre
longue, nous nous sommes ralliés à la mesure provisoire que
constituait la loi du 7 mai élevant les droits de douane de 30 %..

1) V. Ann. x1, p. 185.
        <pb n="25" />
        Il était bien certain que, sauf peut-être quelques cas parti-
culiers dont nous demandions par notre vœu précité du
23 mers l’examen individuel, les droits, méme affectés des coef-
ficients les plus fréquents de majorations, ne correspondaient
plus à la protection qui avait été voulue par le législateur
de 1892 et de 1916 dont les intentions doivent guider l’appli-
sation des tarifs jusqu’à révision complète.

Sur ce point aussi, les événements ont donné raison à notre
argumentation. Nous disions : la dépréciation de la monnaie
n’a de valeur protectionniste que pendant la courte période
de décalage entre les valeurs intérieures et extérieures. Elle
n’est pas, en elle-même, une protection, et les prix de revient
se nivellent promptement aussitôt que le mouvement de baisse
s’arrête.

Qui peut prétendre, aujourd’hui, que la valeur du franc
semble momentanément stabilisée à quatre sous de sa valeur
d’avant-guerre, qu’il subsiste de ce seul fait une sutlisante
protection douanière ?

La vérité est que les questions monétaires n’ont sur les
échanges qu’un effet très passager et que la bourrasque passée,
les nations se retrouvent avec leurs avantages naturels et per-
manents qui entraînent pour leur bon équilibre économique
vénéral une raisonnable et adéquate protection douanière.

Problème financier et lois financières

Toutes nos difficultés personnelles ou corporatives, qu’il
s’agisse de l’aspect politique ou économique de chaque pro-
blème, ont pour cause commune et pour axe d’évolution ‘les
difficultés financières du pays.

Epuisé par une longue guerre, désappointé par les résultats
d’une paix dont les conditions économiques semblent bien avoir
été insuffisamment débattues et médiocrement conçues, mal
appuyé dans l’après-guerre par d’anciens alliés pressés par
de plus immédiats soucis et trop oublieux de leur rôle dans
la commune victoire, notre pauvre pays s’est trouvé en face
de difficultés financières écrasantes.

Pour faire face à de pressantes nécessités, pour reconstituer
ses régions dévastées, il a fallu escompter l’avenir, emprunter
en donnant en gage le travail des générations futures, se
débattre au milieu des plus urgents besoins d’arsent.
        <pb n="26" />
        n 3
PTT

L’œuvre du Gouvernement était d’une effroyable difficulté,
aggravée par l'incroyable ignorance du pays en matière fon-
cière et nous sommes bien obligés de constater que si l'on
avait voulu ou pu s'inspirer des principes que nous défendions
et que nous avons rappelés dans de nombreuses circonstances,
on aurait pu ne pas descendre si bas.

Quoi qu’il en soit, le problème financier a continué en 1926
à dominer toutes les préoccupations publiques et privées et
«da surtout été présent aux esprits sous sa forme monétaire.

.Les divers aspects de ce grave problème ont été à nouveau
zxaminés par votre Société, et votre Chambre Syndicale approu-
vait, le 23 novembre 1926, un rapport qui lui était présenté
par votre Président (1). Ses conclusions en étaient simples et si
vous me le permettez je les résumerai à nouveau en quelques
lignes, car votre Société a adopté sur cette question une attitude
qui, si elle est conforme à celle de notre Chambre de Com-
merce, de la Chambre de Commerce de Lyon et de quelques
autres, n’est cependant pas, et nous sentons la gravité de cette
divergence, celle de la majorité des porte-paroles qualifiés du
Commerce et de l’Industrie de France.

Votre Chambre Syndicale a donc accepté comme prémisses
que la charge budgétaire actuelle, provenant des arrérages des
dettes et des autres engagements de l’Etat, ne pouvait être
payée en francs-or sans excéder la puissance contributive du
pays.

Mais alors que beaucoup de bons esprits tirent, de cette
constatation, la conclusion qu’il faut créer par la stabilisation
une nouvelle monnaie définitive, fixant à quatre sous, par
exemple, la valeur du franc selon la méthode belge, nous pré-
tendons, nous, tout d’abord qu’une telle faillite englobant
l'Etat et les débiteurs particuliers, n’est pas nécessaire et qu’il
suffit de gagner du temps pour laisser agir l’enrichissement
rapide des nations modernes.

Le pays savait bien, ou aurait dû savoir, que ses dettes
engageaient du capital futur, escomptaient non la misère pré-
sente, mais la prospérité à venir.

Pourquoi soudainement changer de méthode et vouloir régler
définitivement, par voie de dividende, sur la base de la valeur
liquidative actuelle ?

(1) V, Ann. vit, p. 132,
        <pb n="27" />
        Nous sentons, nous, Marseillais, pour qui l’honneur com-
mercial est un instinct profond, plutôt qu’une vertu, que la
France, maison de commerce, est prospère ; qu’il lui faut ter-
mes et délais et non suspension de paiement et qu’elle doit se
comporter envers les créanciers de sa monnaie — les petits
et les moyens portefeuilles, véritable armature de la nation —
comme un débiteur malheureux, mais honnête, revenant peu
à peu à meilleure fortune.

Et si, par aventure, nos espoirs sur l’enrichissement du pays
sont trompés, c’est alors non une faillite de la monnaie, hypo-
crite mesure trop générale, mais une faillite partielle de l’Etat.
seul débiteur en cause, que l’on devra envisager.

Et comme corollaire de la politique de sage temporisation
que nous recommandons, nous supplions l’Etat de rendre au
Pays, par la liberté des stipulations en monnaie de compte,
‘’instrument contractuel qui lui manque.

Un aspect particulier de cette question frappa les Présidents
de Syndicats dont notre Société constitue l’organe de travail
en commun et, dans leur Assemblée du 28 mai 1926, ils émet-
‘aient le vœu que les bilans en monnaie de compte soient
autorisés et encouragés (1). Je crois compléter leur pensée en
ajoutant que ces bilans devraient être obligatoires.

Comment ne pas être saisis d’inquiétude en voyant interve-
nir, comparer, additionner comme chiffres comparables, dans
ies bilans des Sociétés les plus sérieuses, des valeurs aussi
disparates que des immeubles à leurs cours anciens qui étaient
des francs-or, des amortissements qui, pour les portions récen-
les, sont des francs-papier, des dettes obligatoires à longue
échéance qui ont été, sont et devraient être des dettes or, des
marchandises évaluées à leur cours du jour en francs-papier.
Que devient dans cet amas disparate la comptabilité, cette
science de voir clair, que devient le rôle du Conseil et du Com-
missaire aux comptes certifiant que les résultats sont effectifs ?

De cette tragique méprise, de ce brouillard artificiel main-
lenu sur le pays dans les buts les plus hypocrites ou les plus
srronés, que de malheurs émergeront quand l’impitoyable vérité
projettera ses froides et rudes clartés : des dividendes fictifs,
des amortissements insuffisants, la consommation du fonds
social et, dans tous les cas, l’appel nécessaire à un crédit oné-
"eux et rare.
1) V. Ann. vi, np. 127.
        <pb n="28" />
        Je sais bien qu’à Marseille le brouillard était moins épais
at que, par nos fenêtres largement ouvertes sur les valeurs
vraies du monde, entrait plus vite la vérité. Il m’est agréable
de pouvoir sur ce sujet citer l’opinion de l’un de vos plus
anciens Présidents honoraires, M. Henri Estier, qui disait, lors
de l’Assemblée Générale d’une des affaires qu’il dirige :

« C’est sur la valeur or du matériel que nous devons calculer
nos amortissements parce que, au fur et à mesure que nous
durons à remplacer les éléments qui le composent, nous
levrons payer les objets de remplacement un chiffre en
franes-papier correspondant au moins à la valeur en
irancs-or.

« Il nous apparaît donc qu’au fur et à mesure que le franc-

papier se déprécie, nous devons mettre de côté un nombre

de francs-papier plus grand pour correspondre à la valeur-
or à amortir.

« Si nous ne procédions pas ainsi, c’est en réalité une frac-

tion de votre capital que nous vous distribuerions »

Nous continuerons le bon combat sur ce point particulier.
Sans nous faire trop d’illusions sur la portée de notre voix,
10US savons que peu nombreux sont les parlementaires ou les
hommes influents dans la Nation qui forment l’opinion diri-
Jeante en ces matières.

Réussirions-nous à en convaincre un seul que nous aurions
bien servi le pays.

Dans cette longue controverse qui n’est pas terminée, ce
nous est un réconfort de nous retrouver en accord avec nos
Présidents honoraires, M. Antoine Boude, qui rapporta la
question à la Chambre de Commerce dans un sens presque
dentique, et M. Adrien Artaud, dont vous avez pu lire dans
e Journal des Débats et dans notre propre journal les articles
aussi fortement pensés qu’allègrement écrits.
Contribution volontaire

Je dois, pour compléter un tableau fidèle du rôle de notre
Société pendant l’année écoulée, vous rappeler l’appel du Gou-
vernement en faveur de la Contribution volontaire en mai der-
nier.

Généreuse, l’idée était digne d’un pays où les sentiments
’emportent parfois sur la raison.
        <pb n="29" />
        18 —

Limitée, orientée vers des buts précis, comme une amorce et
1n point de départ pour une œuvre autonome et de longue
haleine, on pouvait en attendre les plus heureux effets. Nous
sommes, dès les premiers jours, intervenus dans ce sens en
nous associant, par la voie de notre journal, à l’appel du Gou-
vernement, et l’Assemblée de Présidents de Syndicats ratifia
st amplifia notre manière de voir par son vœu du 28 mai
.926 (1).

Nos avis ne furent pas suivis et pour avoir voulu voir trop
srand, pour avoir ignoré les disponibilités éventuelles, pour
avoir, en un mot, cédé avec les incilleures intentions, mais cédé
out de même aux illusions ambiantes sur les possibilités d’un
prélèvement sur le capital, cette belle initiative ne rencontra
qu’un demi-succès, déconvenue inévitable sous la forme
adoptée, heureusement facilement oubliée au milieu du mer-
veilleux relèvement financier de l’été dernier.

Clauses de connaissements

À l’occasion d’une initiative parlementaire et de la confé-
rence internationale de La Haye, votre Société a repris l’étude
de la limitation légale des clauses d’exonération dans les
zonnaissements.

Sa Chambre Syndicale approuva, dans sa séance du 23 février,
le rapport que lui présenta M. Francis-Antonin Dufour, et
j'ai plaisir à signaler à votre attention le remarquable travail
par lequel! se révéla le jeune talent de notre collègue (2). C’est
1ne des fiertés de notre Société de voir les générations se succé-
der pour payer entre ses mains le même tribut de dévouement
au bien public, et M. Francis-Antonin Dufour semble vouloir
donner un nouvel exemple des vertus héréditaires.

Son rapport prendra dignement place auprès de celui que,
en 1895, notre Président, M. Turcat, consacrait à ce vieux
conflit et qui eut, vous le savez, l'honneur d’être officiellement
cité au Parlement comme la meilleure étude de cette question
complexe.

Il est un peu décevant de voir le peu de chemin parcouru
par cette bonne cause, mais il faut reconnaître que le caractère
international de la concurrence maritime rendait difficiles des

(1) V. Ann. vi, p. 127.
2) V. Ann, I11, p. 64.
        <pb n="30" />
        …_ 29 —

solutions nationales et il semble bien qu’après les conférentés
de La Haye et de Bruxelles nous nous acheminions vers un
pommencemenl de satisfaction.

Nous concédons volontiers que le jeu des assurances et des
prix de revient nivelle bien des choses, mais plus les affaires
deviennent complexes et difficiles, plus il est nécessaire de les
simplifier, d’éviter les points de friction inutiles entre corpora-
ions et de laisser à chacun la part de risques contre laquelle
1 peut le mieux se prémunir par une soigneuse gérance.

L’adhésion des armateurs aux conférences internationales
iisées ci-dessus et à leurs conclusions montre qu’eux-mêmes se
‘endent compte que leur ancienne attitude était inutilement
ntransigeante et contraire à leurs véritables intérêts qui sont,
zommie pour tous les autres vendeurs de matières ou de servi-
res, de chercher à contenter leurs clients sur la forme de
lacturation et de ne se disputer que sur le prix de la matière
su du service.

QUESTIONS REGIONALES

Chambre Arbitrale de Marseille.
La France était depuis de longues années un des rares pays
du monde, le seul avec le Mexique, m’assure-t-on, qui n’ait pas
‘éconnu la validité de la clause compromissoire ; si au moment
l’un contrat les deux parties convenaient de soumettre le
‘itige, non aux tribunaux, mais à l’arbitrage d’amis communs,
zette clause particulière de leurs accords était juridiquement
aulle et l’une ou l’autre des parties pouvait, au moment où
naissait le litige, refuser de le soumettre à l’arbitrage amiable,
cependant accepté par lui d’avance.

Non seulement cette situation était en soi anormale et privait
:e commerce loyal d’un outil qui complète parfois utilement
arsenal judiciaire, mais la différence des situations entre
rations amenait des complications inextricables.

Depuis longtemps, votre Société avait pris position sur cette
question, et ce m’est ici une occasion de rendre à nouveau, en
votre nom, un amical et respectueux hommage au souvenir de
son rapporteur, M° Félix Perrin.

Décédé pendant l’exercice écoulé, M° Félix Perrin laisse, dans
la défense de vos intérêts comme dans vos cœurs, un vide
lifficile à combler.
        <pb n="31" />
        — 30 —

D’une intelligence merveilleuse de clarté, apportant aux
ravaux de sa profession une ardeur incomparable, assidu à
aos propres réunions, aux dépens d’un temps précieux pour lui
plus que pour tout autre, toujours prêt à nous rédiger un de ses
l(impides rapports qui jetaient un faisceau de vive lumière
jusque dans les recoïns des questions juridiques les plus
complexes, M° Perrin donna à la Défense, par simple amour de
Marseille, le meilleur de lui-même.

Je saisis cette occasion de redire à ses fils la grande part que
notre Société a prise à leur douleur.

Dès 1922, vous réclamiez par un rapport de M° Perrin,
approuvé par votre Chambre Syndicale du 11 avril, que soit
votée enfin une loi trop retardée remettant la France sur ce
point dans l’état juridique normal des nations modernes.

Enfin parut, le 31 décembre 1925, cette loi si attendue.

Elle nous satisfaisait, en principe, mais elle était si brève que
les commentaires en étaierit nécessaires pour exposer à nos
adhérents le parti qu’ils pouvaient en tirer.

M° Perrin faisait approuver, le 2 février 1926, par votre
Chambre Syndicale, un nouveau rapport explicatif (1) et, quel-
ques jours après, le 22 février, M. Louis Louis-Dreyfus, qui
durant son passage au Parlement avait déposé, en 1907, la pro-
position de loi qui vient d’être votée, venait nous donner une
zonférence très remarquée (2).

Ces divers commentaires nous montraient qu’en l’état de
brièveté de la loi, qui ne fait que sanctionner un principe sans
sompléter encore le Code de procédure, le nouvel outil ne
pouvait être manié avec fruit que par l’existence d’une procé-
dure amiable précisant les conditions de nomination des
arbitres, les délais, ete. La nécessité de ces règles de procédure
implique à son tour l’existence d’un organe permanent, les
nstituant, veillant à leur exécution et surtout permettant aux
sontractants de préciser les conditions de leur accord arbitral
sans longueurs et sans discussions préalables, par la seule
mention du nom de cet organe.

En un mot, pour appliquer dans de bonnes conditions la loi
rendant légale la clause d’arbitrage, il faut des Chambres
Arbitrales.

Depuis plus de cinquante ans, notre Société avait organisé un
Fribunal Arbitral qui rendit de signalés services. et il est

(1) V. Ann. 11, p. EF”
"°9) V. Ann. 1x. np. 154
        <pb n="32" />
        AT

réconfortant de constater, une fois de plus, avec quel merveil-
leux sens de l’avenir nos prédécesseurs ont, sur les terrains les
olus variés, été des précurseurs.

Mais, bien que rajeuni, notre règlement avait conservé un
caractère d’organe amical, un aspect de rouage intérieur qui
demandait quelques modifications pour satisfaire aux condi-
tions nées de la loi nouvelle.

Nous avons alors pensé que de plus grands services pouvaient
ètre rendus par une Chambre Arbitrale généralisée, émanation
de la totalité du monde économique Marseillais.

Nous avons trouvé l’accueil le plus compréhensif auprès de
l’Union des Groupements, avec laquelle nous avons, à cette
secasion, resserré nos liens de bon voisinage et, après le retard
pecasionné par le décès de M° Perrin, les travaux furent repris
sous la présidence de M. Beau, et la Chambre Arbitrale Unique
de Marseille est maintenant définitivement constituée.

D’autres Groupements que le nôtre avaient organisé des
ribunaux arbitraux. Ils ont imité, par l’abandon de leur
ndividualité, notre sacrifice à l’intérêt de la cité et ont contri-
jué par leur expérience à l’élaboration du règlement.

Dès maintenant et à l’instar de Londres et des autres grandes
places mondiales, Marseille dispose donc d’un organe arbitral
complet à sections spécialisées possédant, nous l’espérons, tous
es moyens de prévenir les inconvénients reprochés à l’arbitrage,
Aucune raison n’existe plus d’accepter la juridiction de places
Strangères ni de se résigner à laisser impunie la mauvaise foi
d'un contractant, plutôt que de courir le risque des droits
d'enregistrement exagérés qui grèvent la voie judiciaire.

Il va sans dire que nous avons poursuivi cette création dans
Un sentiment d’amical respect pour le grand Tribunal de
Commerce, auquel nous unissent tant de liens. M. le Président
Labussière a bien voulu contribuer à notre règlement par de
précieuses observations et la présence statutaire, à la prési-
dence de la Chambre Arbitrale, du Président sortant du Tribu-
ral de Commerce ou, à son défaut, d’un remplaçant désigné
par les anciens juges, souligne aux yeux de tous des sentiments
dont ne pouvaient douter tous ceux qui connaissent notre
Tribunal.
        <pb n="33" />
        33 —

Postes, Télégraphes et Téléphones.

Nous avons poursuivi en plein accord avec M. L’Herbier,
directeur régional des P.T.T., notre action persistante pour un
bon fonctionnement de ces services d’où dépend dans une si
large mesure la vitalité de la cité.

Je me plais à reconnaître, en passant, que nos réclamations
ont toujours trouvé auprès de M. le Directeur Régional des
Postes, l’accueil le plus diligent et le plus éclairé.

Je suis heureux de l’en remercier publiquement.

Voici la note circonstanciée que ce haut fonctionnaire a bien
voulu nous adresser sur les amélicrations réalisées dans son
Administration au cours de l’année écoulée et celles prévues au
programme de travaux de l’exercice 1927 :
A). — SERVICE POSTAL

1° Créations de bureaux en 1926. — La recette auxiliaire
municipale de l’extrémité du boulevard Baille a été ouverte au
service le 20 janvier 1926. Après quelques mois de fonctionne-
nent, cet établissement a été fermé à la suite de la démission
du gérant. Des recherches sont entreprises en vue de la réou-
verture de cette recette auxiliaire.

Deux établissements secondaires ont été créés à Marseille,
’’un dans l’île du Château d’If, l’autre au siège de la Société
Marseillaise de Navigation aérienne, Cette dernière recette est
appelée à rendre les plus grands services aux usagers dè la
poste aérienne. L’Administration prévoit la création d’un
jureau annexe dans le quartier d’Endoume. Ce service pourra
lonctionner dès que nous aurons trouvé un local répondant
aux besoins de l’exploitation.

2° Distribution. — Quelques quartiers de ville et de banlieue
ant été dédoublés au cours de l’année dernière. L’organisation
plus rationnelle du service intérieur de tri du courrier arrivant
a permis d’avancer très sensiblement la sortie des facteurs à
‘a première distribution du matin, Nous demandons encore
du renfort pour augmenter la brigade de trieurs de nuit afin
de maintenir les améliorations obtenues tout en faisant face
à l’accroissement constant du trafic.
        <pb n="34" />
        ri A cr

Le courrier de Paris arrivant par train 31 est normalement
distribué avant midi.

Les disponibilités budgétaires n’ont pas permis de réaliser
la distribution des paquets encombrants par voiture automo-
bile. De nouvelles propositions vont être trahsmises à l’Admi-
nistration.
B). — SERVICE TÉLÉGRAPHIQUE
Le service télégraphique ne prend pas de développement par
suite de l’usage de plus en plus répandu du téléphone ; malgré
-ela, les améliorations techniques n’ont pas été négligées,

La mise en exploitation du nouveau câble Marseille-Philip-
peville, réalisée en avril, a très sensiblement amélioré les
relations télégraphiques avec l’Afrique du Nord.

Le réseau T. S. F. se développe sans cesse. Des relations
directes ont été établies entre la France et les pays suivants :
Le Togo, la Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Tahiti, le Siam,
‘a Turquie d’Europe, le Brésil, la République Argentine.

La station téléautographique a été mise en exploitation le
20 septembre 1926.

C). — SERVICE TÉLÉPHONIQUE

RÉSEAU DE MARSEILLE. — 1° Appareils. — La capacité du
multiple Manuel va être portée à 4.000 numéros. Cette mesure
permettra de donner satisfaction à un certain nombre de nou-
velles demandes d’abonnement en attendant la mise en service
du nouveau central de la rue Dragon. La Société Western est
chargée de l'équipement de ce central. Elle doit nous livrer
‘installation au commencement de l’année 1928.

La transformation du semi‘automatique du Central Colbert
en automatique est commencée ; elle doit s’achever au cours
de l’année 1927. L'extension des bureaux satellites Saint-
Louis, Saint-Marcel, Saint-Just, Saint-Giniez va être entreprise
immédiatement après la transformation du Central Colbert.
En attendant, pour faire face aux nécessités de l’extension,
un tableau Standard à 100 directions va être installé à Saint-
Giniez.
2° Lignes souterraines. — Le développement du réseau sou-
‘errain se poursuit activement par la pose de nouveaux câbles
dans les quartiers où l’absence de conducteurs disponibles ne
dermet pas actuellement de donner satisfaction immédiate aux
        <pb n="35" />
        BA

demandes d’installation. Cette fâcheuse situation sera très sen-
siblement améliorée au cours de l’année 1997.
Exploitation. — Un abattement de 5 % sur le montant des
communications a été consenti depuis le 1* juillet 1926 aux
abonnés du réseau de Marseille.

Relève des dérangements. — Une organisation nouvelle du
service des dérangements a été mise en application depuis
quelque temps. J’en attends les meilleurs résultats. Au surplus,
l’acquisitién récente de deux camionnettes automobiles spécia-
lement utilisées pour ce service va permettre une rapide relève
de tous les dérangements affectant les postes et les lignes des
abonnés.

3° Circuits, — Les circuits ci-après ont été mis en service
èn 1926 :

Marsceille-Paris, 5° et 6° ; Marseille-Toulouse : Marseille-
Saint-Etienne ; Marseille-Nîmes 3° et 4° : Arles-Tarascon 2° ;
Saint-Canadet-Puy-Sainte-Réparade: Saint-Estève-Janson-Puy-
Sainte-Réparade ; Saint-Joseph-Barbentane : Quatre Chemins
de la Barque-Fuveau ; et, récemment, Lunel-Arles.

Sont actuellement en construction : Marseille-Toulon 5° et
6° ; Marseille-Cannes 1° et 2° ; Marseille-Brignoles 1° et 2° ;
Marseille-Valence 2° ; Marseille-La Ciotat 2° ; Marseille-Mont-
pellier 1° et 2° ; Marseille-Martigues 2° ; Moulin du Redon-
Auriol ; Auberge Neuve-Cadolive ; Aix-Petit Roquefavour :
Camp-Major-Aubagne ; Saliers-Saint-Gilles ; Aix-Pertuis 2°
La Redonne-Carry ; Laure-Gignac. .(

Enfin, seront vraisemblablement entrepris, au cours de la
présente année, si le Département peut effectuer les avances
rorrespondantes, les circuits : -

Marseille-Lyon 4° et 5° : Marseille-Arles 3° et 4° : Marseille-
Sisteron.
4° Réseaux et cabines téléphoniques. — En 1926 ont été
sréés :

a) Des réseaux à : Vitrolles, Saint-Paul, Eygalières, Saint-
Estève-Janson ;

b) Des cabines téléphoniques à : Saint-Canadet (commune
de Puy-Sainte-Réparade), Saint-Estève-Janson, Saint-Joseph
(commune de Barbentanc). 4 Chemins de la Barque (commune
de Fuveau).
        <pb n="36" />
        — 8

En 1927 seront installées des cabines à : La Redonne, Moulin
lu Redon (commune d’Auriol), Auberge Neuve (commune de
Peypin), Petit Roquefavour (commune d’Aix), Camp Major
‘commune d’Aubagne). Saliers (commune d’Arles).

Rapports avec les Administrations.

Nos rapports avec les grandes administrations sont restés
des plus amicaux et nous nous plaisons à reconnaître avec
quelle urbanité et quel désir de résoudre les menues, mais
nombreuses difficultés inévitables, MM. les Directeurs de nos
grandes administrations ont accueilli nos nombreuses démar-
ches. C’est dans une large mesure, grâce à leur bonne volonté
et à leur initiative, que peuvent fonctionner des rouages lourds
st médiocrement ajustés.

La preuve en a été donnée sous une forme pittoresque, mais
symptomatique, quand, au cours de l’été dernier, des employés
du service des Douanes, mécontents de leur administration, ont
eu l’idée de manifester leur mécontentement par l’application
stricte du règlement. Les quais furent aussitôt embouteillés
par la mise en œuvre de mesures édictées il y a plus d’un siècle
en un temps où les tonnages n’étaient pas ce qu’ils sont
aujourd’hui.

Je ne sais si l’Administration Centrale a vu quel dangereux
signe de déliquescence de l’autorité était cette manifestation,
mais elle a semblé comprendre en tous cas que ces règlements
la rendaient ridicule et avaient besoin d’être modernisés.

Nous étions appelés à fournir nos suggestions et une Sous-
Commission spéciale, présidée avec son dévouement habituel
par notre vice-président M. Emile Régis, et dans laquelle nous
avions groupé les remarquables compétences dont nous dispo-
sons en cette matière, conclut, le 9 juillet dernier, à une série
de remaniements et d’améliorations.

Nous avons fait parvenir ces suggestions à l’Administration
et avons déjà reçu satisfaction sur plusieurs points importants,
notamment en ce qui concerne le mandat spécial pour repré-
senter le déclarant auprès de la Douane, l’ouverture des colis,
lorsqu’il s’agit de reconnaître l’espèce ou la qualité des mar-
chandises, la force probante des certificats délivrés par les
courtiers assermentés, etc…

D’autres restent en suspens, tels que la refonte du règlement
sur le travail spécialement rémunéré, la reconnaissance de la
        <pb n="37" />
        36 —

douane dans les magasins à étages, et nous avons bon espoir
de voir se continuer les manifestations de cet esprit de réno-
vation si agréable à constater.

Nous ne sommes pas de ceux qui daubent systématiquement
sur les fonctionnaires. Il suffit de les approcher pour apprécier
avec quelle abnégation ils persistent dans un métier où ils ne
trouvent plus guère que les satisfactions du devoir accompli.
On assure que les récentes classes, si on peut employer ce
jargon, sont moins dignes de louange et que l’esprit d’insubor-
dination y serait fréquent. Nous espérons que le mal est grossi
par une fréquente illusion d'optique ; la rouille est plus
encombrante que le fer et un peu de mousse tient beaucoup de
place au-dessus d’une eau profonde, mais si le mal existe, il
dépend de nous, en tant que partie non négligeable de l’opinion,
d’y remédier dans une large mesure.

Poussons, soutenons les cadres de hauts fonctionnaires, qui
sont véritablement l’armature du pays — réagissons contre la
théorie des nivellements vers la base, de la non proportionnalité
des augmentations de traitements — insufflons de nouveau la
foi dans l’avancement — redonnons à ces hauts fonctionnaires
la dignité et la considération qu’ils avaient — avec leur aide et
eurs conseils, rajeunissons les systèmes et les règlements —

ayons moins de fonctionnaires et payons les mieux. Soyons
ensuite plus exigeants, mais renonçons aux plaisanteries faciles
sur M. Lebureau et si nous n’obtenons de ce beau programme
qu’un pas dans la bonne direction, nous aurons, en redonnant
confiance aux bons éléments, amélioré le recrutement et
amélioré aussi l’avenir du pays.
Allocations familiales, …

Au premier rang des devoirs du patronat figure une équitable
répartition du salaire. Les pères de familles nombreuses ont
les droits spéciaux dans la nation, car sans eux, sans leur
lévouement chaque jour plus rare, l’avenir serait bien sombre
pour le pays. Nous ne sommes pas de ceux qui voient une
France anémiée, ne vivant que d’injections répétées de sang
étranger, et nous pensons que sur ce point encore on peut
croire à une crise passagère d’assimilation de la“ civilisation
moderne et que la race n’est pas menacée par l’euphémisme
vide de sens humain « de la nation de cadres ».

Mais pour cela il faut tout un ensemble d’efforts coordonnés.
        <pb n="38" />
        — 9237 -

Notre mission n’est pas dans la recherche d’une meilleure for-
mule politique donnant aux pères de famille le rôle auquel ils
ont droit, car eux seuls ont naturellement des vues d’avenir. Il
n’est pas non plus, du moins directement et facilement (il
faudra peut-être que nous nous en préoceupions un jour) dans
les questions de logement, cependant de si grande importance.

Îl ne l’est même pas dans la fixation des salaires, car la ques-
‘ion nous dépasse et les niveaux se fixent selon des évolutions
J'ailleurs mal connues, auxquelles nous pouvons peu.

Mais il est un point sur lequel notre action est déjà efficace
3t devrait être plus marquée encore, c’est l’attribution des
allocations familiales. Vous en connaissez le merveilleux
principe.

Ce n’est pas une générosité comme on le croit trop souvent,
mais un nouveau mode de répartition du salaire, qui, en
l’aifectant là où il est nécessaire, agit à la fois sur le coût de la
vie pour en ralentir la hausse et sur l’équilibre budgétaire des
familles nombreuses.

Le Sixième Congrès des Allocations Familiales s’est tenu à
Marseille en mai dernier. Nous avons été émerveillés des résul-
iats obtenus dans le Nord, à Paris, à Lyon, à Nantes, et si les
Statistiques de notre région montraient de beaux efforts et des
résultats appréciables, il faut avouer que nous n’avions pas
eu cependant d’être flattés des rapprochements et des
comparaisons faits au Congrès,

Celui-ci fut brillant. Votre Société prit une part active à sa
préparation, avec l’aide de tous ceux qui sur notre place s’inté-
ressent à cette grave question. Il y fut joint l’usuelle partie
iouristique, qui prit la forme particulièrement heureuse d’une
clôture des travaux à Nice, permettant à nos hôtes d’admirer
les sites de notre belle Provence.

Les travaux portèrent notamment sur les œuvres annexes,
qui complètent si admirablement la belle œuvre entreprise —
allocation-maladie, visiteuses de l’enfance, preventoria et sana-
toria. Le rêve ne serait-il pas que le faisceau des œuvres
patronales soit si serré que disparaisse le rôle d’intervention
directe de l’Etat dans la voie des assurances sociales et que ce
dernier n’ait plus que le rôle d’inspection et de contrôle, qui
est le sien.

Nous ne faisons pas assez dans cette voie à Marseille, et l’état
trop lentement progressif de notre propre caisse montre que
dans l’esprit de trop de patrons, il s’agit d’une générosité et non
d’une nécessité. Prenez garde. Messieurs. de ne pas rendre
        <pb n="39" />
        — 38

l’intervention de l’Etat nécessaire ; on la rend souvent inoppor-
tune et grosse d’imprévu. Est-il une classe sociale où les
allocations familiales soient aussi nécessaires que dans les
milieux. d’employés pour lesquels, pour cent raisons, l’enfant
sst une plus lourde charge encore que pour l’ouvrier, est-il une
slasse aussi, hélas, où le taux de compensation soit aussi bas ?

Et cependant, Messieurs, en dehors de quelques grandes
maisons qui donnent et compensent elles-mêmes leurs alloca-
tions, notre caisse est la seule qui existe pour le commerce.
Savez-vous combien nous avons de membres ? 93. Une graine
semée qui germe à peine.

Peut-être avons-nous été médiocres propagandistes ?

Ne nous en veuillez pas. Faites votre examen de conscience.
Si vous donnez déjà des allocations, envisagez de les faire
passer par notre canal pour ajouter à la force commune du
patronat, dont les statistiques groupées et l’unité de présenta-
lion sont un élément de vitalité. Si vous n’en donnez pas, venez
à notre caisse, écartez l’idée de générosité, considérez-le comme
un placement — le meilleur en justice, en sécurité, en sain
équilibre économique. Et je voudrais vous voir aussi un peu
d’émulation avec les autres centres. On ne peut pas laisser dire
que de tous les centres patronaux français, Marseille, rompant
une longue tradition de généreuse compréhension, est celui qui
a le moins bien rempli son devoir sur un point essentiel.

Transitaires.
Marseille n’était que transit. Elle est bien d’autres choses
maintenant, mais le transit y joue toujours un grand rôle.
Aussi les deux injustices fiscales, qui depuis plusieurs années
pesaient sur la corporation des transitaires, ont-elles eu toute
notre vigilante attention. L’une d’elles vient d’ailleurs de cesser
par le vote de la loi de Finances de 1927.

La taxe sur le chiffre d’affaires était due par les transitaires
sur le montant total de leur facture, lorsque celle-ci était un
forfait, c’est-à-dire comprenait des frais de transports terres-
tres ou maritimes déjà comptés dans les déclarations propres
de transporteurs et pour lesquels ces transitaires ne jouaient
que le rôle de collecteurs.

Nous sommes intervenus depuis plusieurs années et à main-
res reprises, et en particulier encore à la fin de 1926, et cette
        <pb n="40" />
        39

anomalie a été supprimée par l’article 9 de la loi du 19 décem-
ore 1926.

L’autre injustice, dont est victime cette corporation, provient
lu jeu des tarifs réduits de transports en vue de l’exportation.

On sait que certains tarifs de chemins de fer prévoient un
arif spécial plus bas que le tarif usuel quand les marchandises
spécialement désignées, qui en sont l’objet, sont exportées.
Actuellement, le bénéfice de cette mesure est appliqué d’office
aux marchandises adressées directement aux services de transit
des Compagnies de Navigation, il ne l’est que « a posteriori »
st par voie de détaxe quand les mêmes marchandises sont
zonsignées à des transitaires.

La raison de cette anomalie, ou du moins celle qui est
fournie, c’est que le contrôle des nombreux transitaires
individuels est plus difficile que celui des quelques Compagnies
de Navigation et que des abus pourraient se produire.

Nous avons répondu par un rapport de M. Edouard Rastoin
que votre Chambre Syndicale adoptait, dans sa séance du
20 avril 1926 et qui en proposant en fait des méthodes de
nature à résoudre la difficulté évoquée établissait une fois de
plus que la crainte d’un abus ne doit pas en amener un pire, en
organisant ou en maintenant, par voie de tarif de transport,
me différence de prix de revient entre deux groupes de
‘oncurrents (1).

C’est là une mesure apparentée de très près aux ristournes
particulières sur les tarifs qui ont amené de tels abus et de si
violentes protestations en Amérique, et qui sont impossibles
1 imaginer en France.

Aussi voulons-nous espérer que sur ce terrain les transitaires
auront gain de cause.

Nul plus que nous n’est partisan des concentrations indus-
‘rielles et commerciales qui, rendues possibles par la mobilité
actuelle des capitaux, constituent une face naturelle et indis-
pensable de la vie moderne. Mais, à côté de ces grandes
entreprises, le rôle des organismes spécialisés est nécessaire
aussi. Il l’est moralement et socialement en laissant ouvertes
les avenues d’accès au patronat, il l’est économiquement par
la constitution dé postes de contrôle rassurant l’opinion contre
les abus possibles, dont. tant de racontars inévitables augmen-
tent l’importance.

1) V. Ann. v, p. 121
        <pb n="41" />
        Je tiens à souligner ici l’appui actif et très souvent efficace
qu’ont apporté à notre action auprès des Pouvoirs Publics nos
représentants au Parlement. Sénateurs et députés des Bouches-
du-Rhône n’ont épargné ni leur temps ni leur peine pour faire
aboutir nos revendications et l’on ne s’étonnera pas si je fais
ane mention plus spéciale des noms de nos très distingués
collègues, MM. L.-J. Régis et Henri Tasso qui, en tant que
membres de notre Société, ont été mis par nous plus particu-
lièrement et plus fréquemment peut-être à contribution.

Que tous reçoivent de nouveau nos remerciements les plus
sincères,
Assurance-Crédit.

Beaucoup d’entre vous auront vu passer les projets d’origine
parlementaire sur les assurances-crédits en matière d’exporta-
tion. Le but est louable et il est certain que le développement
de notre commerce d’exportation est parfois entravé par la
meilleure organisation de certains pays concurrents en ce qui
concerne la surveillance des crédits fort longs, auxquels
certains acheteurs sont habitués.

Toujours fidèles à une opinion mille fois confirmée par les
faits, nous avons le sentiment très net que le rôle de l’Etat en
cette matière aussi doit être d’aide et de contrôle. mais non de
gérance.

Nous avons donc ouvert avec empressement nos portes et les
colonnes de notre journal à M. Weil, spécialiste en ces ques-
tions, qui est venu, le 3 mars 1926, nous montrer là commence-
ment de réalisation par l’initiative privée actuellement existant
:n France (1).
Plus récemment, nos amis lyonnais ont formé et développé
une Mutuelle d’assurances-crédits dont on nous dit grand bien
st qui pense à recruter des adhérents à Marseille. Nous savons
enfin qu’une affaire nouvelle, qui jouirait de certains appuis
gouvernementaux, est en gestation.

Nous suivrons le développement de cette question avec tout
l’intérêt qu’elle mérite et en contact-avec le groupement parti-
culièrement compétent que constitue en la matière le Comité
Régional des Conseillers du Commerce Extérieur.

1) V. Ann. x, p. 174,
        <pb n="42" />
        Relations avec les Associations Economiques.

À plusieurs reprises, dans ce long exposé, vous avez vu passer
es noms d’Associations Economiques, situées hors de Mar-
seille. Nous entretenons, en effet, les meilleures relations avec
les groupements qui partagent nos préoccupations d’intérêt
général, et si nous veillons jalousement à ne rien aliéner d’une
indépendance complète, nous reconnaissons que de nombreuses
questions ont plus de chance d’aboutir après un examen en
commun et que la France est trop petite et le monde économi-
que trop uni par mille liens pour que chaque région puisse
présenter ses solutions ou ses objections en ignorant le point
de vue des autres.

Cette politique avait été inaugurée par mes prédécesseurs en
acceptant d’adhérer à la Fédération des Grandes Associations
Régionales et à l’Association d’Expansion Economique, nous
l’avons continuée en nouant des rapports cordiaux avec le
Comité d’Action Economique et Douanière et la Confédération
Générale de la Production Française.

Nous n’avons eu qu’à nous louer de cette collaboration et
nous attribuons à celte union dans l’effort une part des
résultats heureux obtenus.

QUESTIONS INTERIEURES

Cours commerciaux.
Vous savez la large part de notre effort moral et financier
qu’absorbe Te soin des cours commerciaux créés par votre
Société.

En ce faisant, nos prédécesseurs et nous mêmes restons
üdèles aux principes directeurs qui guident notre Association
et qui sont orientés vers la durée, vers l’organisation de l’avenir
au sacrifice d’un peu de présent : élections consulaires, alloca-
tions familiales, politique financière et Cours commerciaux ne
sont que des aspects différents du même problème.

Et si les Cours commerciaux ont depuis leur création obtenu
ieur très large part, c’est que cet avenir à améliorer prenait
dans leur cas une figure particulièrement sympathique et
        <pb n="43" />
        19

concrète, celle de cette jeunesse studieuse dont nous facilitons
la voie vers une vie familiale plus heureuse et plus utile.

Nous avons eu le plaisir de voir se maintenir le chiffre très
$levé des inscriptions qui ont atteint à la rentrée 800 pour les
seunes gens et 285 pour les jeunes filles. représentant respecti-
rement 1.668 et 367 élèves,

Nous avons apporté quelques remaniements aux Cours ban-
zaires, dont l’organisation par M. le Président Toy-Riont est
venue heureusement compléter les possibilités d’enseignement
Jue nous offrons aux employés marseillais. On peut faire mieux
encore et, dans un domaine relativement nouveau, nous ne
pouvons pas nous étonner que la mise au point complète ne
soit pas instantanée. Il y a d’ailleurs un progrès des plus
sncourageants,

Nous étudions de même la possibilité de compléter nos Cours
de jeunes filles par un enseignement ménager encore embryon-
aaire à Marseille, et dont l’organisation est si bien dans la ligne
générale que nous rappelions plus haut. — travailler dans la
durée.

Mais ce programme implique de lourdes dépenses et, malgré
le merveilleux dévouement de notre personnel enseignant et la
modicité de sa rémunération, malgré les subventions qui nous
sont accordées et malgré le concours de nos donateurs, nous
avons à puiser largement dans la Caisse sociale.

Si vous voulez bien vous rappeler qu’il s’est agi, depuis trois
ans déjà, d’une sorte d’affectation partielle volontaire d’un
impôt, et que vous devez, de toute manière, verser à l’Etat votre
laxe d’apprentissage, vous apprécierez si vous faites envers nos
Cours l’effort nécessaire et je vous renouvelle, à ce sujet.
‘appel qu’à plusieurs reprises vous a adressé notre ioürnal.

Journal Commercial et Maritime

Là encore nous n’avons qu’à suivre la voie tracée par nos
prédécesseurs, qui ont voulu donner à notre journal le double
caractère d’une sorte d’Assemblée générale permanente, tenant
au courant tous les membres de la Société de l’action de ceux
qui gèrent momentanément les intérêts communs et d’une tri-
bune permettant des échanges publics de vues sur les prohlè-
mes économiques du jour.

Ils y ajoutèrent des cotations, dont la tenue particulièrement
soignée vaut à notre journal. comme organe d’informations
        <pb n="44" />
        sur les cours exacts du marché de Marseille, une juste
réputation.

Nous nous sommes efforcés de maintenir et d'augmenter ces
divers rôles et, grâce à la compétence et au dévouement de col-
lahorateurs de marque. nous pensons y avoir réussi.

Personnel administratif

Une activité aussi variée de votre Société ne pourrait se
-oncevoir sans le zèle et la capacité d’un personnel adminis-
tratif de choix.

Sans lui, le programme devrait être profondément simblitié
:t modifié.

Avec lui tout est possible et ne dépend que de notre force
motrice morale et pécuniaire.

La sagesse de nos prédécesseurs a su recruter ce personnel
j’élite. Que M. Vimar, secrétaire général de votre Société, me
permette de grouper sur lui tous nos remerciements. Comme
nos professeurs, mais d’une façon plus complète encore, il est
animé, soutenu par un véritable esprit de sacrifice, par la joie
intérieure de sentir qu’il remplit une grande tâche dont les
sffets sont durables. Et il apporte à cet apostolat une urbanité,
un tact, une compétence encyclopédique qui composent à cette
âme de notre Société un visage sympathique autant qu’efficace.

Il a su animer le personnel sous ses ordres du même zèle et
je le prie de transmettre à tous notre appréciation de leur
lévouée collaboration.

Trésorerie

Vous entendrez dans un instant le rapport de notre tréso-
rier. Notre dévoué collègue aborde à un mauvais moment une
tâche toujours difficile. Nos charges augmentent avec notre
-ôle et la hausse de nombre de nos sources de dépenses et
cependant la situation difficile du moment nous fait hésiter à
lemander à tous une cotisation augmentée.

Et pourtant, si vous voulez bien penser que nous assurons des
services accrus avec une cotisation qui n’atteint pas deux fois
et demie celle d’avant-guerre, vous apprécierez quel tour de
lorce réalise notre trésorier.
        <pb n="45" />
        14

Nous avons convenu, sous réserve de votre approbation, que
la cotisation personnelle resterait encore cette année sans
changement mais que les Syndicats pourraient voir la leur
portée à 300 francs. Il nous a semblé, en effet, que, soit par
leurs ressources réelles ou virtuelles, soit par les services plus
fréquents que nous sommes appelés à leur rendre, ces grou-
pements pouvaient équitablement supporter cette modeste
surcharge.

Ce sera peu et pour le reste nous comptons sur le recrute-
ment de membres nouveaux et surtout sur le dégrèvement de
nos charges pour les cours commerciaux par suite de vos
plus larges et plus nombreuses souscriptions sous la rubrique
laxe d’apprentissage.

Service du Contentieux Fiscal
Notre Service de contentieux fiscal, dont nous annoncions la

récente mise en fonctionnement lors de notre dernière Assem-
Llée Générale, a continué à assurer de mieux en mieux à ses
adhérents (membres individuels ou syndicataires) le bénétice
de ses excellentes consultations. Nous constatons avec satis-
faction que, pour l’exercice écoulé, son extension a été régu-
‘ère quoiqu’un peu lente peut-être dans sa progression, mais
à cette lenteur, inhérente d’ailleurs à la plupart des débuts,
il n’appartient qu’à vous, Messieurs, de porter remède. Recourez
de plus en plus nombreux à notre service fiscal dans tous les cas
— et ils sont légion certes à l’heure actuelle — qui vous embar-
rassent ; faites vérifier vos feuilles d’imposition ; demandez-lui
tous renseignements et éclaircissements d’ordre fiseal qu’il
vous est utile de connaître en matière d’enregistrement, de
douanes, de contributions directes ou indirectes, de succes-
sions, etc…, tout cela, vous le savez, à titre gratuit pour les
membres des Syndicats adhérents à ce Service, et au taux
modique de 60 francs par an pour les abonnements personnels.
Le Service se charge, en outre, aux conditions les plus réduites,
de toutes rédactions de requêtes et de mémoires, pétitions,
demandes en décharge et réductions, introductions d’instances,
offres de transactions, etc… qui lui sont demandées.

Ces avantages sont si manifestes et d’une utilité si particu-
lièrement opportune qu'ils assureront, nous en sommes per-
suadés, à notre nouveau service, des progrès de plus en plus
marqués et la destinée la plus favorable.
        <pb n="46" />
        Effectif de la Société
Le nombre des membres de notre Société se maintient tou-
jours aux environs de mille. Nous n’avons pu, malgré nos
efforts, l’augmenter comme nous l’aurions désiré, en raison
des vides inévitables qui se produisent par suite de décès ou
de cessation d’affaires et qui, suivant les années, compensent
inégalement le chiffre des adhésions nouvelles.

Permettez-nous de compter sur votre collaboration et votre
zèle pour nous aider à recruter le plus grand nombre d’adhé-
rents possible, de façon que l’effectif actuel s’accroisse, cause
et effet à la fois de l’importance et de l'influence grandissante
de notre Société.
Conclusion

Comment terminer ce long exposé de nos travaux de l’année.
De la façon la plus simple, Messieurs, en essayant de dégager
les conclusions que je voudrais vous voir tirer de ce détilé de
questions. Ce sont, d’une part, le droit à l’optimisme, un peu
de fierté de la tâche accomplie et surtout le devoir d’une vie
corporative plus active.

L’optimisme est de mise cette année moralement et maté-
riellement. Moralement, nous venons d’assister à un de ces
sursauts de vitalité et de bon sens qui sont la réaction devant
le péril d’une race sage, trop confiante parfois dans de mauvais
bergers, trop ignorante aussi des vérités économiques mais qui
a senti d’instinct avec une netteté de vues admirable où était
le chemin du salut. Quelle joie pour nous de voir enfin recon-
nues, même par nos pires adversaires doctrinaires, les vérités
que nous avions si longtemps proclamées dans le désert.

Matériellement, les effets de ce redressement ont été d’une
promptitude qui justifie aussi notre déjà ancienne insistance
sur la nature du mal financier. Elle est de 1923 notre étude
qui concluait que la situation n’avait de dramatique que son
incompréhension et qu’une sage gérance du pays pouvait tout
arranger. Après tant de fautes, de quelle belle élasticité a fait
preuve l’économie du pays !

Je sais bien que l’on parle de crise, voire de chômage et le
ralentissement des affaires n’est pas niable mais, dès le mois
de décembre. nous affirmions que la crise était une crise de
        <pb n="47" />
        46

réadaptation et d’hésitation et que, dans son ensemble, l’écono-
mie du pays n’était pas profondément touchée. Il est trop tôt
encore pour juger cette appréciation mais déjà des symptômes
apparaissent qui nous confirment dans notre manière de voir.
Sans doute, il nous faut renoncer aux illusions de Penrichis-
sement facile, sans doute cette remise au point de l’optique de
la nation révèlera quelques maux profonds, mais les outils
restent au bon ouvrier qu’est l’industriel ou le commerçant
français et le capital qu’il a consommé dans les illusions moné-
laires où l’incroyable aveuglement de l'opinion l’a maintenu
en quelque manière de force, il le reconstituera promptement
par les mêmes qualités qui l’avaient formé : l’économie, le tra-
vail, l’esprit d’entreprise, décuplées d’effet en vitesse et puis-
sance par les progrès de la technique.

Une menace, cependant, Messieurs, d’où peut sortir la ruine
de ces belles espérances. Nous manquons d’esprit corporatif.
Ce n’est plus isolément que l’on peut agir sur les éléments
matériels et moraux. Sans l’effort en commun qui seul apaise
les jalousies et les craintes de favoritisme, sans l’effort en
commun qui permet à vos Groupements de parler au nom de
portions notables de la vie nationale, sans l’effort en commun
Jui permet l’organisation féconde, l’étude, la création et l’usage
de collaborations impossibles.à chacun, c’est l’opinion et l’Etat
laissés à l’influence de l’ignorance et du parti-pris et ce peut
être demain le faux pas, l’erreur économique mortelle et la
ruine par l’extérieur de tant de cellules qui, trop préoccupées
de leur vie propre, ont négligé les nécessités de la vie commune.

Oui, certes, cette vie corporative entraîne des sacrifices
apparents, le temps est rare, quelque argent semble dépensé
èn vain quand il l’est sans intérêt immédiat et visible. Mais
ces sacrifices sont nécessaires et vous méditerez, Messieurs, ces
lortes paroles de l’un des plus grands Groupements Français :

« Il faut bien constater que trop nombreux sont ceux qui
« s’affranchissent de toute obligation de vie corporative. Ils
« croient qu’un égoïsme étroit est la suprême habileté, ils bor-

« nent leurs vues et emploient toute leur activité aux seuls
« profits personnels et immédiats, sans songer qu’ils fournis-
sent ainsi le meilleur argument aux théoriciens qui concluent
à l’inutilité du patronat.
« La période qui commence ne s’écoulera dans la paix
« sociale que si les dirigeants, et par ce mot nous entendons

ç
        <pb n="48" />
        « les industriels et les commerçants, savent assurer pleine-
« ment leur rôle, c’est-à-dire sauvegarder l’autorité dans
« l'Etat comme dans les entreprises, faire entendre leur voix
« commune pour désigner la route en matière économique et
« aussi assurer à leurs salariés le mieux-être progressif que
+ permettraient les progrès de la science agissant dans une
« atmosphère de justice et de vertu civique ».

Grave avertissement, Messieurs, que nous saurons entendre.
Beaucoup d’entre vous n’en ont pas besoin et ils me pardon-
aeront d’avoir voulu, dans ce milieu marseillais merveilleuse-
ment travailleur, économe, avisé-et souple, mais terriblement
absorbé par les intérêts immédiats, faire pénétrer un peu plus
avant la nécessité de l’union, du dévouement aux institutions
collectives, du sacrifice apparent et momentané volontairement
consenti aux intérêts généraux et permanents,

Et, reprenant la belle formule que le génie de Venise —
auquel tant de similitudes nous rattachent — rendit célèbre,
sous continuerons à agir en toutes choses « pour le profit et
pour l’honneur de la Cité » (Applaudissements prolongés).

Compte Rendu Financier
M. Elzéar Abcille, trésorier de la Société, présente dans un
rapport détaillé la situation financière à la fin de l’exercice
(926. .

Des explications données à l’Assemblée, il ressort que cette
situation est dans l’ensemble satisfaisante.

Le bilan de 1926 et le projet de budget pour 1927 sont
approuvés à l’unanimité.

Elections à la Chambre Syndicale et au Comité de Direction
des Cours Commerciaux

Le scrutin pour ces diverses élections est ouvert conformé-
ment aux statuts. Le dépouillement donne les résultats
siivants :
Chambre Syndicale
Ont été élus ou réélus pour un mandat de trois ans :
MM. Abeille, Elzéar, Superphosphates ; Aubert, Jean, Indus-
rie Immobilière : Aulin, Jean, Transports en commun :
        <pb n="49" />
        AR __

Baccuet, Gaston, Assurances-Accidents ; Beau, Arthur, Négo-
ciant-Commissionnaire ; Belieu, Marcel, Courtage : Blachère,
Alfred, Contentieux ; Brunet, Louis, Assurances Maritimes ;
Deville de Marigny, Bernard, Commerce général : Dumayet,
Jean, Grand Commerce de Détail ; Escudier, Jean, Denrées
Coloniales ; Falcot, Etienne, Constructions Mécaniques ; Gouin,
Edouard, Savonnerie : Imbert, Félix, Laines ; Leps, Jean,
Produits chimiques ; Martina, Joseph, Commerce des Huiles de
Salon ; Noel, Fortuné, Industrie Electrique : Rastoin, Edouard,
Huilerie-Savonnerie ; Régis, Jean, Assurances-Incendie ;
Renard, Jean, Questions Juridiques ; Rocca, JS.-B., Savonnerie :
Rogliano, Marcel, Courtier Maritime ; Rostand Auguste, Glycé-
rines ; Savon, André, Consignation de Navires ; Wolff, René.
Société des Commerçants, Magasiniers.

Comité de Direction des Cours Commerciaux
Ont été élus pour un mandat de trois ans :
MM. Pierre Bargeton ; Antoine Boude ; Frédéric Fournier.

INTERVENTIONS DIVERSES Le,

En dehors des questions traitées par M. le Président Rocca
dans le Compte Rendu général des Travaux de la Chambre
Syndicale, nous croyons devoir mentionner sommairement les
principales interventions que notre Société a eu l’occasion
d'effectuer en cours d’année :

Droits de chancellerie et frais de visa sur les certificats d’ori-
gine et les factures consulaires. — Sur la demande de plusieurs
de nos adhérents, nous avions demandé à M. le Ministre des
Affaires Etrangères :

1° Que les droits de chancellerie grevant les certificats d’ori-
gine délivrés par le Consulat Turc à Marseille et qui venaient
d’être majorés brusquement du quadruple soient ramenés à un
aux raisonnable :

2° Qu’il en soit de même pour les frais de visa excessifs
auxquels étaient également soumises les factures consulaires
pour les exportations en Portugal.

Sur ce dernier point, M. le Sous-Directeur des Relations Com-
merciales au Ministère des Affaires Etrangères a bien voulu
        <pb n="50" />
        nous faire connaître que son département saisi de la question
avait déjà tenté une démarche auprès des autorités portugaises
par notre représentant à Lisbonne, en vue d’obtenir une réduc-
lion du tarif actuel ; le résultat escompté n’avait pas été
atteint, le Pouvoir Exéculif n’ayant pas au Portugal le droit
d'accorder des réductions sur les taxes perçues en vertu de la
législation générale sur les revenus de l’Etat ; toutefois l’intérêt
qu’offrait la question pour notre expansion commerciale était
de nouveau signalé à notre chargé d’affaires à Lisbonne.
L’Exportation des Haricots secs exotiques en Espagne. —
Nous avions appuyé auprès du Ministre du Commerce et de
l’Industrie la requête du Syndicat Marseillais du Commerce et de
l'Industrie des Légumes secs et graines tendant à obtenir pour
les haricots exotiques ayant subi chez les industriels français
les opérations de triage, calibrage, criblage, etc, un régime per-
mettant de les exporter en Espagne ‘sur le vu de certificats
sérieusement établis et sans qu’ils soient frappés à leur entrée
dans la Péninsule d’un droit plus élevé que les haricots
importés directement des pavs producteurs : Roumanie, Italie,
ete…

Malheureusement cette demande se heurtait non seulement
à la décision d’ordre général prise par le gouvernement Espa-
gnol, mais encore au texte même de notre convention commer-
iale de 1922 qui prévoit que les avantages accordés ne. sont
applicables qu’aux « produits originaires et en provenance de
France &gt;.

Le procédé le plus efficace consistant dès lors à obtenir de
l’Administration compétente que l’exportation des légumes
français ‘soit autorisée toutes les fois qu’un contingent égal de
légumes secs exotiques serait exporté en France et livré à la
consommation, c’est dans ce sens que nous avons par la suite
orienté nos démarches.
L’Acheminement des Echantillons. — Notre Société ayant été
saisie de diverses plaintes concernant le retard apporté dans
l’acheminement des échantillons comparé à celui des lettres
missives, nous avions protesté auprès de l’Administration des
P.T.F.

Celle-ci s’étant bornée tout d’abord à nous.faire connaître
que les retards étaient dus au régime spécial nécessairement
appliqué à l’acheminement des échantillons, nous avons alors
proposé une solution que M. le Directeur Régional des P. T. T.
a bien voulu transmettre à son Administration supérieure et
        <pb n="51" />
        — 50 —

qui consistait à créer une catégorie d’échantillons urgents
bénéficiant du même acheminement que les lettres missives.
Nous avons reçu en réponse un commentaire administratif dont
voici les principaux extraits : &lt;« Suivant l’organisation en
vigueur, les paquets clos d’un ‘poids supérieur à 300 grammes
affranchis au tarif des lettres et les échantillons admis au tarif
réduit, sont acheminés dans des conditions différentes de celles
qui sont fixées pour la transmission de la correspondance
argente.

« Ces dispositions résultent de l'impossibilité de confier aux
oureaux ambulants le travail des objets encombrants dont le
aombre est allé sans cesse en croissant.

« Si l’on considère un paquet-lettre et un échantillon ordi-
naires d’un poids identique de 350 grammes, le premier de ces
objets doit être affranchi à 1 fr. 35 et le second à 0 fr. 65.

« L'adoption de la proposition dont il s’agit conduirait à don-
ner un acheminement rapide à l’échantillon au cas où l’éxpé-
diteur aurait acquitté une surtaxe de 0 fr. 30 et payé, par suite,
une taxe locale de 0 fr. 95 (0 fr. 30 +0 fr. 65) tandis que le
paquet-lettre de même poids, affranchi à 1 fr. 35, continuerait
d’être transmis dans les conditions actuelles, car les difficultés
de manipulation et de transport signalées ci-dessus subsis-
leraient.

« Une telle mesure aurait pour conséquence de faire passer
dans la catégorie nouvelle des échantillons urgents un grand
aombre de paquets clos.

« Il n’est pas possible de créer un tel privilège qui produirait
d’ailleurs, à la fois, un fléchissement des taxes postales et une
aggravation de la tâche des bureaux ambulants »*

Les exportations des dépouilles animales en Angleterre, —
De vives doléances nous ayant été faites au sujet de l’applica-
tion brusquée d’un Ordre britannique prohibant l’importation
ên Grande-Bretagne de toutes dépouilles animales en prove-
nance du continent européen, nous avons effectué auprès du
Ministère des Affaires Etrangères les démarches nécessaires
pour qu’une atténuation soit apportée à la rigueur de ces
Mesures exposant sans garanties possibles les exportateurs aux
fluctuations des changes et pour qu’une explication soit tout
au moins fournie sur la durée, la cause et la réalisation sou-
daine de cette interdiction.

M. le Ministre des Affaires Etrangères nous ayant effective-
ment fait connaître les raisons de la prohibition en nous
        <pb n="52" />
        — 51 —

communiquant la nouvelle d’une atténuation à cette prohibi-
lion, nous avons eru devoir insister à nouveau sur la nécessité
d’une entente entre les départements français et étrangers
compétents, de manière qu’à l’avenir de telles mesures soient
appliquées avec un préavis suffisant pour permettre aux com-
merces et aux industries intéressés de prendre toutes
précautions utiles,

Nous avons été tenus au courant par la suite des modifica-
ons réalisées sur ce point par la Grande-Bretagne dans ses
mesures prohibitives ; toutefois ces communications ont
continué à nous parvenir avec un certain retard.
Conclusion des Accords commerciaux franco-mexicains et
haitiens, — À la suite d’un vœu tendant à solliciter le prompt
renouvellement des accords commerciaux franco-mexicains et
haîtiens émis par le Syndicat des Négociants en Cafés, Poivres,
Cacaos et Thés de Marseille et que nous avions transmis aux
Pouvoirs Publics en l’appuyant très vivement, nous avons été
heureux de constater qu’en ce qui concerne Haïti une conven-
‘ion avait été conclue le 26 juillet 1926, tandis que l’accord
commercial franco-mexicain a été prorogé par tacite reconduc-
ion et le sera vraisemblablement jusau’à la conclusion d’un
nouvel accord.
Importation des Savons en Perse : augmentation des droits
de douane. — Le Gouvernement Persan ayant décrété en août
1926 qu’une majoration de 300 % affecterait les droits de
douane perçus sur les savons importés en Perse, nous avons
signalé aux Pouveirs Publics, sur la demande des intéressés, la
répercussion grave qu’aurait cette mesure sur le commerce
les savons et demandé qu’une amélioration soit apportée à ce
régime douanier excessif. Avec l’appui du Comité d’Action
Economique et Douanière et de l’Association Nationale
d’Expansion Economique et grâce à l’intervention du Minis-
tre de France à Téheran, la taxe de route perçue sur les savons
de Marseille soit réduite à 10 chais (1 chai = 1/200° de toman).
Création d’un Bureau d’Expertises pour la vérification des
pierres précieuses admises sous le régime de la soumission
cautionnée, — Sur la demande du Syndicat des Fabricants et
Détaillants bijoutiers, joailliers, orfèvres, horlogers de Mar-
seille et de la Région, nous sommes intervenus auprés de
l’Administration compétente en vue de faire établir à la douane
de Marseille un bureau d’expertises annexé au bureau de la
        <pb n="53" />
        39 —

garantie pour la vérification des pierres précieuses admises
sous le régime de la soumission cautionnée, l’absence d’une
organisation de ce genre créant aux intéressés de très regret-
cables difficultés.

La question est à l’étude et aboutira, nous l’espérons, à la
solution désirée.
. Modifications dans la dénomination de la gare Marseille-
Prado-Vieux-Port. — Certains de nos adhérents nous ayant
signalé les confusions  regrettables auxquelles- donnait lieu
dans les expéditions G.V. et P.V. la dénomination de la gare
Marseille-Prado-Vieux-Port, les marchandises arrivant le plus
souvent par erreur. à la gare Marseille-Prado, nous avons
demandé à la Compagnie des Chemins de Fer P.-L.-M. que la
gare du Vieux-Port soit désignée seulement sous la rubrique
« Marseille-Vieux-Port ».

Sur nos instances, la Compagnie P.-L.-M. a bien voulu nous
faire connaître que ce changement de dénomination présente-
rait un intérêt certain et qu’elle demandait au Ministère
compétent l’autorisation de l’effectuer. La gare Marseille-Prado-
Vieux-Port est en conséquence désormais dénommée Marseille-
Vieux-Port.
        <pb n="54" />
        DOCUMENTS

ANNEXES
        <pb n="55" />
        <pb n="56" />
        ANNEXE I.

LA TAXE UNIQUE A LA PRODUCTION

Lettre adressée à Monsieur le Ministre des Finances
le 21 Janvier 1928

MONSIEUR LE MINISTRE,
Nous suivons, avec l’intérêt que vous pouvez penser, les
débats relatifs à l’établissement du Budget et à l’assainissement
dinancier.

Il est inutile de vous assurer que, fidèle à ses traditions,
notre Société, qui groupe plus de cent Syndicats représentant
un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards, ne joint à ses
préoccupations financières, aucune sorte de souci politique.
C’est donc en toute liberté que nous venons attirer votre
attention sur le terrain transactionnel utile que semble repré-
senter le remplacement partiel ou complet, immédiat ou
différé, de la taxe sur le chiffre d’affaires et de l’impôt sur les
paiements par une taxe unique à la production. Nous nous
bornerons à rappeler qu’en dehors des avantages que cette
solution offre sur le terrain transactionnel politique, elle nous
semble présenter des avantages techniques certains :

1° Elle facilite et rend plus économique la perception de
l’impôt sur le chiffre d’affaires ou de ses succédanés. Il est
inutile de développer cet argument, la simple comparaison du
nombre des assujettis et de la nature de leur comptabilité
justifie l’affirmation ci-dessus ;

2° La taxe à la production devenant équitablement propor-
tionnelle au total accumulé des diverses taxes perçues à
chaque transmission, est susceptible de solutions faciles et
précises en ce qui concerne le commérce extérieur. Ce point a
une telle importance que vous nous permettrez d’expliquer
quelque peu notre pensée. En l’état actuel des choses, et quelle
que soit l’attention portée à ce côté du problème par les Com-
missions compétentes du Parlement, les produits français
voient leur exportation gênée par l’impossibilité de les
1. LA TAXE UNIQUE A LA PRODUCTION
        <pb n="57" />
        — 56 —

décharger de l’incidence accumulée des taxes subies à chaque
ransformation par la matière première ou le produit demi-
iabriqué. L’exemption de la dernière taxe n’est qu’un très
insuffisant palliatif. De même, l’importation des produits
fabriqués étrangers se trouve incontestablement facilitée par
l’absence des surcharges successives auxquelles sont soumises
en France les produits identiques. Et là encore, la taxe à
l'importation et les modalités diverses qui ont essayé de
remédier à cet état de choses ne compensent que très insuffi-
samment la gêne qui en résulte pour notre pays dans la
concurrence internationale.

Au contraire, l’adoption d’une taxe unique à la production
ou à l’importation, par le taux obligatoirement élevé qui serait
adopté, rendrait faciles et efficaces l’exemption à l’exportation
et la protection à l’importation ;

3° L'établissement d’une taxe à la production replacerait
les diverses industries successives dans l’état de libre concur-
rence qui est certainement à la fois à l’avantage du consomma-
teur et à celui de l’état social du pays. Le désir légitime d’éviter
légalement les taxes successives sur le chiffre d’affaires conduit
artificiellement à des groupements ou concentrations de l’ordre
dit vertical, alors que la taxe unique à la production ou à
l’importation laisse s’ajuster librement les divers rouages de
l’industrie et du commerce.

En résumé, Monsieur le Ministre, et bien que les détails
d'application d’un aussi vaste projet demandent un temps et
un soin qui semblent pouvoir leur être accordés, nous avons
cru de notre devoir d’attirer votre attention sur les avantages
économiques que possède en propre le principe de la taxe à la
production et qui semblent s’unir dans les circonstances
actuelles, à des qualités spéciales d’opportunité. Ce n’est pas
d'aujourd'hui que notre Société a émis cette opinion.

Elle a adopté à cet égard, au cours de ces dernières années
divers rapports dont nous avons remis le texte à M. le Président
de votre Commission.

Dans la pensée que notre manière de voir à cet égard aura
votre haute approbation, nous vous prions d’agréer, Monsieur
le Ministre, l'hommage de notre très respectueuse considé-
ation.

Le Président,
Maurice TOY-RIONT,
        <pb n="58" />
        ANNEXE II.

LA CLAUSE COMPROMISSOIRE

*N
MATIÈRE COMMERCIALE”

Modalités d’application de la loi du 31 décembre 1925 portant validité
de la clause compromissoire en matière commerciale

RAPPORT

Présenté à la séance

de la Chambre Syndicale du 2 février 1926
par M. Félix PERRIN

MESSIEURS,

La loi du 31 décembre 1925, promulguée au Journal Officiel
du 6 janvier 1926, a reconnu la validité de la clause compro-
missoire en matière commerciale, donnant ainsi satisfaction
aux vœux depuis longtemps exprimés par toutes les organisa-
ions du commerce.

Mais cette loi s’est bornée à compléter l’article 631 du code
de commerce et à poser en ces termes le principe du droit
pour les parties de soumettre leurs différends d’ordre commer-
cial, à des arbitres : « Toutefois, les parties pourront, au
« moment où elles contractent, convenir de soumettre à des
« arbitres les contestations ci-dessus énumérées, lorsqu'elles
« viendront à se produire &gt;».
Désireux de faire aboutir une réforme, pour laquelle ils
luttaient depuis plus de vingt ans, ses partisans ont jugé
prudent de réduire à cette simple proposition, le texte soumis
au Parlement, et le droit de compromettre. une fois consacré.

(1) V. aussi le rapport de M: Félix Perrin, présenté sur la même ques-
lion dans la séance de la Chambre Syndicale du 11 avril 1922 (N° 433).
2, LA CLAUSE COMPROMISSOIRE EN MATIERE COMMERCIALE
        <pb n="59" />
        — 58 —
de laisser à des délibérations ultérieures le soin de préciser les
modalités de l’exercice de droit.

Il y a donc lieu maintenant de compléter l’œuvre que vient
si péniblement d’accomplir le législateur et de régler la procé-
dure que les parties devront suivre, quand elles voudront user
de la faculté que leur reconnait le nouvel article 631 C com-
merce.

La conférence générale des Tribunaux de Commerce, dans
sa séance du mois de décembre dernier, s’est occupée de cette
mise au point et-a examiné les dispositions qu’il conviendrait
d’adopter, pour limiter et régler utilement les effets de l’arbi-
lrage, en matière de commerce,

Ces dispositions devraient concerner :

1° Le mode de rédaction de la clause compromissoire ;

2° La réserve du droit d’appel ;

3° La désignation des arbitres ;

t° Les honoraires des arbitres.

Mode de rédaction de la clause compromissoire
Une des craintes les plus sérieuses, manifestées par les
adversaires de la clause compromissoire, consistait à dire
qu’une fois ordonnée, elle deviendrait bientôt une clause de
style, imprimée en petites lettres dans les contrats, polices
d'assurance, connaissements, bordereaux des banques, bulle-
tins d’expédition, etc…, de telle sorte que les parties se
trouveraient liées, souvent sans ÿ avoir pris garde et que, de
facultatif l’arbitrage deviendrait ainsi bientôt obligatoire.

Comme le fait si justement remarquer M. Francis/Antonin
Dufour, dans son excellent article, paru dans le numéro
du 26 décembre du journal de la Défense : « La clause
« compromissoire doit rester éminemment facultative : il
« s’agit là, en effet, d’un droit exceptionnel, reconnu à deux
« co-contractants de renoncer aux juridictions régulières et
« aux garanties qu’elles leur offrent : cette dérogation au droit
&lt; commun ne peut être valable, que si elle émane véritable-
« ment du libre consentement des parties »,

Aussi, pour éviter les abus qui ne manqueraient pas de se
produire, conviendrait-il d’exiger que l’insertion dans un
contrat de la clause compromissoire soit manuscrite, écrite en
entier de la main de chacune des parties comme la loi
du 17 avril 1918 l’a imposé pour certifier la sincérité des
        <pb n="60" />
        59 -

déclarations dans les ventes d’immeubles ou de fonds de
commerce.

À cet effet, comme le propose la conférence générale des
Tribunaux de Commerce, il y aurait lieu de compléter ainsi
l’article 1005 c. p. c. « en matière commerciale, la clause
« compromissoire prévue par l’article 631 code de commerce,
« devra, à peine de nullité, être écrite de la main de chacune
« des parties ».
Réserve du droit d’appel

Un abus qu’il faut également éviter, c’est celui de la renon-
ciation, par avance, au droit d’émettre appel de la sentence
arbitrale.

Cette renonciation, si elle était permise, ne manquerait pas
en effet d’être insérée dans tous les contrats contenant la
clause compromissoire et les parties se trouveraient ainsi liées
à un moment où elles ignorent les difficultés qui pourront
surgir, leur nature, leur importance et leurs conséquences.

Elles pourront du reste le faire, au moment où elles signe-
ront le compromis et même au cours de l’arbitrage, comme
l’autorise l’article 1010 du Code de procédure civile ; mais
alors elles le feront sans surprise et en pleine connaissance de
cause.

Désignation des arbitres
Le choix des arbitres doit-il être fait au moment du contrat
qui contient la clause compromissoire, ou au moment du
compromis ?

Les opinions sont très partagées sur cette question, mais à
moins que ne fonctionne un organisme, comme il en existe
dans certaines industries, à qui les parties s’en remettent du
soin de désigner les arbitres, quand une difficulté surgit entre
elles, nous partageons le sentiment de la conférence des Tribu-
naux de Commerce et nous estimons que les arbitres devron’
être choisis, au moment de la signature du compromis.

Mais alors qu’adviendra-t-il si l’une des parties se refuse à
désigner son arbitre ?

M. Catalogne propose de donner au Président du Tribunau
de Commerce, après une lettre recommandée adressée à la
partie qui refuse, le droit de procéder, sur requête du deman-
deur. à cette désignation.
&gt; LA CLAUSE COMPROMISSOIRE FN MATIERE COMMERCIALE
        <pb n="61" />
        — 60 —

Dans le rapport que vous avez bien voulu adopter dans la
séance de notre Chambre Syndicale du 11 avril 1922, nous
avons développé les raisons qui ne nous permettent pas
d'accepter une pareille procédure. .

Ces raisons se résument d’un mot : l'arbitrage est un
contrat, né de la volonté des parties, par lequel elles substituent
au Tribunal de Droit Commun, un Tribunal constituant une
juridiction volontaire, composé de juges librement choisis par
slles.

Si l’un de ces juges est imposé à l’une des parties par une
décision de justice, il n’y a plus de compromis, le contrat ne
se forme pas, il n’y a pas d’arbitrage.

Dès lors on retombe dans le droit commun et il faut aller
levant les Tribunaux.

Mais la partie qui sera la victime du mauvais vouloir de son
adversaire ne sera pas désarmée pour cela, et elle pourra lui
réclamer des dommages-intérêts.

Nous pensons que la suggestion que nous avons soumise
dans notre précédent rapport, de donner au Tribunal, avant
de connaître le débat au fond, le droit de statuer sur les
dommages-intérêts auxquels la partie qui s’est refusée d’exé-
cuter son engagement devra être condamnée en tout état de
sause, même si elle venait ultérieurement à gagner son procès,
serait de nature à rendre extrêmement rares de pareils man-
quements et à sauvegarder les droits de celui qui en subirait
les conséquences.

L'article 1006 du c. p. c. devrait être complété dans ce sens.

Quant au choix du tiers arbitre, en cas de désaccord des
arbitres pour le désigner, il conviendrait de le confier, puisqu’il
s’agit de matières commerciales, au Président du Tribuñal de
Commerce, tout en précisant que ce sera toujours au Président
du Tribunal Civil qu’appartiendra le droit d’ordonner l’exé-
cution de la décision arbitrale.
Honoraires des arbitres :

L'obligation de payer aux arbitres des honoraires, parfois
irès élevés, alors que la juridiction consulaire est gratuite, a
fait l’objet.de violentes critiques, de la part des adversaires de
la clause compromissoire. - .

Cependant, ce danger, à notre avis, est loin d’être aussi
grand que l’on veut bien le prétendre et il sera facile, sinon de
l’écarter complètement. du moins de sensiblement l’atténuer.
        <pb n="62" />
        D'abord, il existe dans un grand nombre d’industries et de
syndicats, des chambres d’arbitrages dans lesquelles le taux
des honoraires des arbitres est tarifié par avance.

Notre Société s’honore d’avoir institué un Tribunal Arbitral
composé de membres qui ont fait partie de sa Chambre Syndi-
cale, presque tous anciens juges consulaires, présentant toutes
les garanties de savoir, d’indépendance et de compétence et
qui fonctionne gratuitement.

En outre, avec la loi nouvelle, il n’est pas douteux que dans
les grands centres se constitueront des organismes comme il
en existe déjà à Paris, pour en assurer l’application, dans des
conditions qui ne sauraient être onéreuses,.

Mais, au surplus, rien n’empêcherait de disposer, si une
difficulté venait à surgir entre les parties et les arbitres qu’il
appartiendrait au Président du Tribunal de Commerce,
statuant en référé, de fixer, après avoir entendu les intéressés,
le montant des honoraires légitimement dus aux arbitres.

Conséquences de l’application de la loi
au point de vue fiscal

Parmi les arguments invoqués devant le Sénat, pour faire
échec à la clause compromissoire, les adversaires du projet
laisaient valoir la perte qui en résulterait pour le Trésor.

Il est certain qu’en dehors du cas exceptionnel où l’une des
parties ne voulant pas exécuter là sentence, il faudra la faire
enregistrer avant de la déposer au Greffe, pour obtenir du
Tribunal l’ordonnance d’exequatur, les décisions rendues par
les arbitres n’étant pas soumises à l’enregistrement, pas plus
que les contrats et documents. divers visés dans la sentence,
le fisc sera privé des droits qu’il aurait perçus, si le litige eût
été porté devant un Tribunal et ces droits, d’après les rensei-
gnements fournis, s’élèveraient annuellement à des sommes
ronsidérables.

Mais c’est là une considération qui avait sa place au moment
de la discussion du principe voté par le Sénat le 8 décembre
dernier, et les adversaires de la loi ne se sont pas fait faute
d’y insister.

Elle n’a plus d’objet aujourd’hui qu’il ne s’agit que de com-
pléter la loi par les règles de la procédure qui doivent
s’appliquer à son exécution.

Au surplus, le but poursuivi par les défenseurs dévoués de
la clause compromissoire était précisément de permettre aux

9 LA CLAUSE COMPROMISSOIRE EN MATIERE COMMERCIALE
        <pb n="63" />
        39

commerçants et industriels non seulement d’obtenir une solu-
tion rapide, mais aussi d’éviter les frais excessifs qu’entraîne
toujours une décision judiciaire.

Ce serait donc aller à l’encontre de ce but, que de permettre
au fisc d'intervenir, en cas de sentence arbitrale, d’exiger
l’enregistrement des pièces soumises aux arbitres, et visées
par eux, et l'enregistrement de leur sentence, lorsque les parties
l’exécutent volontairement.

Il n’est pas douteux que les instructions données aux Tribu-
naux, touchant l’enregistrement des pièces produites en
justice, ne sauraient s'appliquer aux Tribunaux arbitraux, et
que l’un des avantages et non des moindres, que trouveront les
commerçants et les industriels dans l’usage de la clause com-
promissoire, sera l’économie des droits d’enregistrement
souvent excessifs qui en résultera pour eux.

CONCLUSIONS

Le vote de la loi du 31 décembre 1925 ayant rendu licite dans
les matières commerciales la clause compromissoire, il y aurait
lieu, pour faciliter aux parties l’exercice de ce droit, de
compléter par les dispositions suivantes, les règles prescrites
au titre de l’ « arbitrage » par le Code de Procédure Civile :

1° Art. 1005 :

«&lt; En matière commerciale, la clause compromissoire prévue

par l’art. 631 du Code de Commerce devra, à peine de nullité,

être écrite de la main de chacune des parties ».

2° Art. 1010 :

« Il est interdit aux parties, au moment où elles conträctent,

de renoncer par avance à l’appel, et de donner aux arbitres

la qualité d’amiables compositeurs.

« Elles pourront toujours le faire lors et depuis le

compromis ».

8° Art. 1006 :

« La partie qui, dûment sommiée, se refusera à désigner son

arbitre, sera passible envers l’autre partie de dommages-

intérêts qui comprendront les frais, honoraires et préjudices
de toute nature causés par son refus.

« Le Tribunal statuera sur les dommages-intérêts avant
« tout débat au fond, et son jugement ne sera susceptible
« d’aucune voie de recours s.

/
        <pb n="64" />
        — 63

4° A l’art. 1017, concernant la nomination par le Président
d’un tiers arbitre, il conviendrait d’ajouter :

« En matière commerciale, le tiers arbitre sera nommé par
« le Président du Tribunal de Commerce statuant en référé :
« saisi par la partie la plus diligente ».

5° Art. 1021 :

« Toutefois, en cas de décision arbitrale rendue par appli-
« cation de l’art. 631 du Code de Commerce, la connaissance
« de l’exécution du jugement arbitral sera de la compétence
exclusive du Tribunal Civil &gt;.

6° Enfin, ajouter un deuxième paragraphe à l’art. 1019 :
« En cas de difficultés sur les honoraires des arbitres, le

« montant en sera fixé par le Président du Tribunal de Com-
merce. statuant en référé ».

Le Rapporteur,
Félix PERRIN.

Ce rapport entendu, la Chambre Syndicale l’adopte à l’una-
nimité, le convertit en délibération et décide son impression et
son envoi aux Pouvoirs Publics compétents, à nos Représen-
tants au Parlement, aux groupements et personnalités inté-
ressés et à la Presse.

Le Président,
J.-B. ROCCA.

2. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE EN MATIERE COMMERCIALE
        <pb n="65" />
        ANNEXE III.

LA VALIDITÉ DES CLAUSES D'EXONÉRATION
DANS LES CONNAISSEMENTS

RAPPORT
Présenté à la séance de la Chambre Syndicale du 23 février 1926
par M. Francis-Antonin DUFOUR

MESSIEURS,

En me faisant l’honneur de confier à mon examen la propo-
sition de loi que MM. Roux-Fraissineng, Mallarmé et plusieurs
de leurs collègues ont récemment déposée sur le bureau de
la Chambre, vous avez remis à l’ordre du jour de vos délibé-
rations la question des clauses d’exonération de responsabilité
dans les connaissements. Question déjà ancienne et pourtant
toujours d’actualité, question depuis longtemps ardemment
controversée sans’ qu’aucun résultat pratique ait pu être
atteint. Lorsque, en 1895, M. Henri Turcat soumit à vos déli-
aérations le rapport remarquable qu’il avait rédigé sur ce
sujet, il ne pouvait s'empêcher de constater que le problème
dont il allait aborder l’étude était déjà ancien ; que devons-
nous dire, Messieurs, nous qui, plus de trente ans après, nous
réunissons dans le même but ! Tirons néanmoins des événe-
ments la leçon de modestie qu’ils comportent et constatons
que les efforts patients de générations successives n’ont pu
arriver encore aux résultats souhaités. Comme le remarquait
dans une circonstance récente notre Président, l’action de la
Défense est une pesée lente mais efficace en faveur de la
vérité, Poursuivant cette comparaison, je vous convie,
Messieurs, à joindre à nouveau vos efforts pour ébranler
définitivement le bloc des théories préjudiciables aux intérêts
cénéraux du commerce tout entier.

Non point qu’il faille faire montre de parti-pris et aborder
l’étude de ce grave problème avec des idées préconçues et un
svstème fixé d’avance : l’importance des divers intérêts en
        <pb n="66" />
        — 65 —

jeu est si grande, si grande également la répereussion que les
décisions prises à ce sujet peuvent avoir sur notre prospérité
commerciale, qu’il convient d’examiner la question en toute
impartialité. Serait-ce émettre un espoir vain que de souhaiter
qu’autour de cette table il n’y ait plus ni armateurs ni char-
geurs mûs les uns et les autres par des considérations person-
nelles, mais des hommes avertis des questions juridiques
autant qu’habiles dans la pratique des affaires commerciales,
désireux de donner une solution juste à une question impor-
tante et complexe. Complexité qui se traduit par des contro-
verses dans la doctrine et dans la jurisprudence, desquelles
résultent un certain sentiment d’hésitation et d’incertitude fort
préjudiciable à la bonne marche des affaires.

De façon à débrouiller l’écheveau compliqué des problèmes,
sbjections, discussions que soulève la question et désireux de
vous la présenter de façon aussi claire que possible, je vous
proposerai, Messieurs, de l’envisager d’abord au point de vue
juridique en passant rapidement en revue les opinions émises
par la Doctrine et leur répercussion sur la jurisprudence, puis
au point de vue dynamique en étudiant les résultats que
l’adoption par la jurisprudence des théories favorables aux
clauses d’exonération a eus en pratique et la réaction qui s’en
est suivie. Cela nous sera une occasion de faire le point (les
locutions maritimes me semblent à leur place ici) et de voir
si, après la période troublée des discussions et controverses
1ous n’approchons pas du port, je veux dire d’une solution
définitive de la question capable de concilier tous les intérêts.

LES CLAUSES D’'EXONERATION DANS LA DOCTRINE

À ne considérer que les principes du Code Civil et ceux du
Code de Commerce qui, en termes généraux ou particuliers
régissent la question, le contrat de transport s’analyse dans
l'obligation que contracte le voiturier de transporter la chose
qui lui a été confiée dans un lieu déterminé, en prenant les
soins nécessaires à sa conservation. Sa responsabilité se trouve
donc engagée en cas de non exécution ou d’exécution incom-
plète de son obligation. L'article 1147 du Code Çivil prévoit
en effet qu’il y a lieu à dommages-intérêts toutes les fois qu’il
y a retard dans l’exécution ou exécution incomplète à moins
que le débiteur ne prouve que l’inexécution provient d’une
cause étrangère qui ne peut lui être imputée. L'article 103 du

t. VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="67" />
        3h

Code de Commerce en fait application précise en matière de
transport. Donc, toutes les fois que le transporteur n’aura pas
accompli son obligation, il sera en faute. Actionné en domma-
ges-intérêts par le propriétaire de l’objet à transporter, il devra
prouver que la faute de la non exécution ne peut lui être
-mputable ; c’est ce qui arrivera notamment si elle est due à
la ‘force majeure. Il est à remarquer que la loi met sur le
même pied les termes force majeure et cas fortuits ; il
importe néanmoins de faire une distinction entre ces ‘deux
expressions. Le jurisconsulte autrichien Exner a montré dans
une étude sagace les différences qui existaient entre le cas
fortuit et la force majeure. Sans vouloir nous attarder à l’exa-
men de cette théorie, indiquons simplement que le cas fortuit
se différencie de la force majeure en ce qu’il émane d’une cause
inhérente à l’entreprise et que d’autre part il peut être prévu
par un homme de diligence normale. C’est ainsi qu’un incendie
provoqué par des flammèches s’échappant d’une locomotive
sera un cas fortuit, car il est dû à une cause inhérente à
l’entreprise et peut facilement être prévu tandis qu’un cyclone
s’élevant en mer et mettant en danger un navire et sa cargaison
sera un cas de force majeure extérieur à l’entreprise et impré-
visible. Le transporteur, d’après cette théorie, serait respon-
sable des dommages survenus par un cas fortuit, mais ne
répondrait pas de la force majeure. Outre les cas de force
majeure, le transporteur pourra toujours dégager sa respon-
sabilité en invoquant le vice propre de la chose ou la faute
même du chargeur. Comme le fait remarquer le professeur
Georges Ripert, le transporteur est garant de l’exécution du
contrat de transport sauf à lui à prouver qu’il n’est que
l’auteur apparent du dommage en en démasquant les auteurs
véritables. Le principe du droit commun est donc des plus
simples : obligation de transporter la chose, sinon dommages-
«ntérêts à moins que le transporteur ne prouve que l’inexé-
cution n’est pas duc à son fait.
Ce régime fut celui auquel furent soumises pendant très
longtemps les conditions du transport par mer. Les textes des
vieux connaissements de voiliers contenaient l’engagement de
livrer en même forme, sauf les périls et fortunes de mer, la
marchandise reçue « sous le franc tillac du bon bâtiment ».
Au moment où, à raison des progrès de la navigation les
dangers commencèrent à s’accroître, les armateurs anglais
prirent l’initiative de stipuler dans leurs connaissements que
leur responsabilité serait en jeu sauf dans certains « cas
        <pb n="68" />
        87

exceptés &gt;». La pratique ne tarda pas à se généraliser et à
passer en France, et ainsi le droit commun en matière de
transport dont nous venons d’exposer le principe commença
à subir de graves atteintes.

L’armateur essaya de s’exonérer de la responsabilité légale
qu'il encourait, par deux moyens : d’abord en précisant qu’il
ne répondrait pas des fautes de ses préposés, capitaine et
équipage : c’est la négligence-clause ; ensuite qu’au cas où le
dommage ne résulterait pas de la faute de ses préposés et où
sa responsabilité pourrait être mise en jeu il entendait s’en
(légager de façon formelle par une série de clauses portant sur
la quantité, la qualité, Pétat, les marques des marchandises
embarquées, fes causes diverses d’avarics, et ainsi on vit
s'ajouter à la négligence-clause, les clauses « que dit être »
« poids et quantités inconnus », clauses relatives à certaines
avaries ou à certaines causes d’avaries, Enfin, au cas où sa
responsabilité viendrait néanmoins à être retenue, il fixe par
avance le taux des dommages et intérêts qui pourront lui être
demandés. Ainsi à l’abri d’une triple enceinte : négligence-
clause, clause d’exonération de responsabilité personnelle,
clause limitative de responsabilité, le transporteur par mer
faisait par trois fois échec au droit commun, à l’article 1384
qui établit de façon péremptoire et irréfragable le principe de
la responsabilité du commettant par rapport à ses préposés;
à l’article 1382 qui pose en termes généraux le principe de la
responsabilité personnelle, et à l'article 216 du Code de Com-
merce qui n’autorise l’armateur à s’exonérer des conséquences
des fautes de ses préposés qu’en faisant l’abandon du navire
et du fret.

Devant cette manifestation d'indépendance à l’égard des
règles générales du Droit, la Doctrine représentée par Desjar-
dins, Pardessus, Aubry et Rau protesta contre les clauses
d’exonération de responsabilité, et en proclama la nullité
absolue. Ces jurisconsultes partaient de cette idée que la res-
ponsabilité est nécessaire à la vie sociale, qu’elle est le stimu-
lant des énergies, tient en éveil l’esprit de prévoyance en
rappelant à chacun que les conséquences de son acte ne
peuvent lui être indifférentes et qu’il s’en doit préoccuper. Tls
ae pouvaient done admettre que l’on put s’exonérer des consé-
quences dè ses fautes par des formules habilement choisies
et largement incompréhensives. C’était aussi l’avis des juris-
consultes de l’Ancien Droit : Pothier, Valin et Emerigon. Ils
voulaient ainsi éviter qu’une pareille clause devenant de style,
3. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMIENTS
        <pb n="69" />
        — 68 —

le principe de la responsabilité ne fut définitivement mis en
échec.
Ce système avait le mérite d’être catégorique et de faire une
simple application des principes généraux du Droit Civil.
Troplong et les jurisconsultes de son école vinrent y apporter
une modification. Se basant sur l’article 1157 du Code Civil qui
dispose que « lorsqu’une clause est susceptible de deux sens
on doit plutôt l’entendre dans celui avec lequel elle peut avoir
quelque effet que dans le sens avec lequel elle n’en pourrait
avoir aucun », ces jurisconsultes admirent qu’on devait donner
pour effet à la clause de non - responsabilité de détruire la
présomption de faute de l’armateur et d’obliger le chargeur à
prouver au contraire que l’armateur est responsable de la
ton exécution du contrat de transport. Mais ils maintenaient
le principe que l’on ne peut s’exonérer de la responsabilité de
ses fautes ou de celles .de ses préposés ; c’était d’ailleurs
affirmation purement platonique et le résultat restait le même
que si les clauses étaient licites car tout le monde sait combien
il est difficile de prouver la faute exacte de l’armateur ou des
gens de l’équipage. Le contrat de transport reçoit son exécution
hors la présence du chargeur et du destinataire ; il est donc
presque impossible à ces derniers de relever le fait précis qui
peut mettre en jeu la responsabilité du transporteur. En fait
ce système dit du renversement de la preuve, tout en mainte-
aant théoriquement la nullité des clauses d’irresponsabilité en
consacrait la validité en pratique.

De là à admettre que les clauses étaient complètement vala-
bles, il n’y avait qu’un pas ; il fut franchi en 1869 à la suite
d’une brillante démonstration de principe effectuée par M. de
Raynal, premier Avocat Général à la Cour de Cassation: À l’oc-
casion d’un procès où était discutée la responsabilité d’un
transporteur, il soutint la validité des clauses. À sa suite, des
jurisconsultes, notamment Tambour, admirent et démontrèrent
cette validité du principe de l’exonération de la responsabilité
mais n’en firent application qu’aux clauses de négligence.

Il appartenait à la doctrine contemporaine représentée par
MM. de Courey, Saleilles, Labbé, Lyon-Caen et Renault,
Danjon et Georges Ripert, d’étendre ce système à la responsa-
bilité des fautes personnelles et d’édifier la théorie de la
validité absolue des clauses d’irresponsabilité. Ils partent de
ce principe que si les clauses sont valables elles doivent l’être
intégralement et n’admettent pas la solution transactionnelle
du système intermédiaire. Il serait sans doute très intéressant
        <pb n="70" />
        — 688

d’entrer dans le détail de-la discussion juridique ainsi que
d’examiner les divers arguments que ces jurisconsultes fami-
liarisés avec l’étude des questions de Droit Maritime font
valoir à l’appui de leur thèse. Je craindrais, Messieurs, d’abuser
de votre attention et de vos moments et me contenterai
d'exposer dans ses grandes lignes le système qui actuellement
semble rallier la majorité des auteurs. Ils démontrent tout
d’abord que les jurisconsultes de la première époque qui
annulaient délibérément les clauses comme contraires à l’ordre
public commettaient une véritable pétition de principe en
invoquant les traditions de l’Ancien Droit. Si en effet on
remonte au Droit Romain on peut constater que l’exonération
de ses propres fautes était licite ; un fragment d’Ulpien en
édicte le principe, exception faite pour le dol ; c’est d’ailleurs
dans cet esprit qu’est conçu l’article 1134 du Code Civil
portant que les conventions légalement formées tiennent lieu
de loi à ceux qui les ont faites. MM. Iyon-Caen et Renault
prenant texte des dispositions du Droit Romain s’étonnent que
l’on puisse penser à restreindre la portée d’un principe aussi
libéral ; il faudrait nier l’idée de progrès, disent-ils, et penser
que l’évolution du Droit n’existe pas. Mais justement, qui nous
dit que ce principe d’une responsabilité plus rigoureusement
établie, sanctionnant de façon plus impérative l’exécution des
obligations contractées ne soit pas au contraire un progrès en
matière de droit ?

D’autre part, font remarquer les savants professeurs, le
contrat définit nettement les obligations de chaque partie ; rien
ne l’empêche en conséquence, en les limitant, de restreindre
l'étendue de leur responsabilité. Is invoquent à l’appui de leur
thèse un argument qui est assez séduisant : puisque, disent-ils,
l’armateur peut s’assurer contre les conséquences dommagea-
bles de ses fautes ou de celles de ses préposés, qui l’empêche
de choisir le chargeur comme assureur ? La prime à lui payer
le sera sous forme de diminution de fret ou de taux réduit.
Il y a là une véritable assurance. On a objecté avec raison, à
notre avis, que cet argument était fallacieux ; nous n’exami-
nons pas en effet la question des conséquences de la respon-
sabilité, mais bien la responsabilité elle-même. Ce n’est pas
parce que quelqu’un sera assuré qu’il ne sera pas réellement
responsable ; la Compagn'e d’Assurances se substituera à lui
pour le règlement de l’indemnité, mais n’endossera pas pour
cela la responsabilité de l’acte. Nous trouvons une application
de notre théorie lorsqu’en matière d’accident l’auteur peut

3. VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="71" />
        être condamné à payer des dommages et intérêts, que lui
remboursera la Compagnie, mais peut aussi être inculpé
d’homicide par imprudence et être soumis à la sanction pénale.
D'ailleurs, si l'indemnité à laquelle est condamné l’auteur de
l'acte dommageable est supérieure à la somme assurée, il sera
tenu personnellement de payer la différence, ce qui prouve
bien, et il nous paraît presque superflu d’insister sur ce point,
que l’assurance ne supprime point la responsabilité, mais
seulement ses conséquences.

Certains auteurs de cette école valident les clauses d’irres-
ponsabilité en créant une distinction entre la responsabilité
Jécoulant du contrat, et celle résultant des règles générales du
Droit commun posées dans l’article 1382. Cette théorie a été
spécialement développée par Sainctelette dans son traité « de
la responsabilité et de la garantie ». Cet auteur distingue
nettement les deux sortes de responsabilités et pour éviter
-oute confusion adopte même une terminologie nouvelle
appelant « garantie » la responsabilité contractuelle et réser-
vant le nom de « responsabilité » à la responsabilité délictuelle.
Le système de la dualité de la responsabilité est contenu tout
entier dans cette phrase « La loi et le contrat sont deux
-nstruments de règne nécessaires, distincts, jaloux, qu’il
-mporte de ne pas confondre et de contenir chacun chez soi,
mais auxquels il faut donner une égale dose de soins. Un
lommage peut être causé par une personne à une autre de
deux façons : en contrevenant à la loi ou en n’exécutant pas
le contrat, en enfreignant la volonté publique ou en manquant
à la parole donnée » (1). Or, on peut fort bien admettre que
la convention qui intervient entre deux parties puisse délimiter
st préciser les cas dans lesquels sera engagée leur responsabi-
lité. C’est une simple application du principe de la liberté des
zonventions. La responsabilité contractuelle ne pourra donc
ôtre appréciée qu’en tenant rompte des règles posées dans la
convention qui lui a donné naissance, et d’après ces auteurs,
supprimerait totalement la responsabilité délictuelle. Par
ronséquent, les clauses d’exonération de responsabilité seraient
pleinement valables.

D’autres jurisconsultes et notamment le professeur Georges
Ripert, tout en admettant l’existence des deux sortes de respon-
sabilité prétendent qu’elles peuvent fort bien coexister - les

(1) Sainctelette. Responsabilité et garantie, chap. I*. N°s 9 et 3. cité
par Dauion. Droit Mar. T. D… 8 728. n. 656.
        <pb n="72" />
        7 _

clauses d’irresponsabilité font disparaître la responsabilité
contractuelle, laissant subsister la délictuelle. Mais, dans ce
cas, on se trouve replacé dans les conditions normales de
l’exercice de l'action de l’article 1382 et c’est à celui qui pré-
tend souffrir d’un dommage, à prouver le fait et la faute
d’autrui. On aboutit ainsi au principe du renversement de la
preuve. Notons que, pour ingénieuse et juridique que soit cette
théorie de la dualité de la responsabilité, elle n’en rallie pas
pour cela l’unanimité de la doctrine. M. Planiol la conteste en
établissant qu’il n’y a qu’une responsabilité qui résulte de la
violation soit du contrat, soit de la loi, et cette responsabilité
serait délictuelle.

Le système de la doctrine contemporaine, compte tenu des
différences d'appréciation des divers jurisconsultes et de la
valeur qu’ils attribuent aux arguments que nous venons
d’exposer, semble assez bien résumé dans la démonstration
que fait Georges Ripert de la validité des clauses d’exonération
de responsabilité. Après avoir réparti les diverses clauses (qui
encombrent les connaissements, en spécifiant, d’après l’usage
anglais, tous les cas où la responsabilité ne jouera pas) en deux
grandes catégories, la négligence-clause et les clauses d’irres-
ponsabilité des fautes personnelles. il étudie les arguments
militant en leur faveur.

En ce qui concerne la négligence-clause, il est obligé de
reconnaître que l’article 1384 qui institue la responsabilité du
commettant au sujet des actes de ses préposés édicte une pré-
somption de faute et présomption irréfragable, c’est-à-dire
contre laquelle il n’est pas permis de faire la preuve contraire.
Comment, dans ce cas, justifier l’exception grave que la négli-
gence-clause apporterait au principe légal ? Par une considé-
ration de fait et une interprétation de la volonté supposée du
législateur. T1 semble difficile, soutient le professeur Ripert,
d’admettre que la responsabilité de l’armateur soit aussi gra-
vement et irrévocablement engagée que celle d’un commettant
ordinaire. En effet, il lui est très difficile de surveiller son
préposé qui jouit par essence d’une complète indépendance,
indépendance nécessitée d’ailleurs par les circonstances et que
rend effective l’éloignement dans lequel le capitaine se trouve
de l’armateur. « La clause d’exonération, ajoute Ripert, est
lout simplement la reconnaissance contractuelle de l’indépen-
dance du préposé » (1). D'ailleurs, pour renforcer sa théorie.

(1) Ripert. Droit Mar, IL, $ 1742, p. 608 (2° al.).
3. VALIDITE DES CLAUSES D’'EXONFRATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="73" />
        79

Ripert invoque l’argument tiré de l’assurance et que nous

avons déjà examiné, en faisant valoir toutefois cette considé-

ration que le chargeur peut de son côté contracter une
Assurance, ce qui l’'empêchera de supporter les conséquences
de la non responsabilité du transporteur et de ses agents.

En ce qui concerne la responsabilité personnelle de l’arma-

teur, Ripert conclut à la validité complète de la clause lui
permettant de s’en exonérer en constatant qu’elle dérive du
contrat et peut être réglée par lui sans qu’on contrevienne à
l’ordre public. « Elle naît en effet du contrat, dit-il, sa nature
contractuelle ne permet point de l’envisager comme une règle
d’ordre public. Il appartient aux parties de régler librement
l'étendue de l’obligation du débiteur ; en limitant ses obliga-
tions on modère sa responsabilité » (1). D'ailleurs, tout le
raisonnement de Ripert, comme nous l’avons déjà mentionné,
ne s’applique qu’à la responsabilité contractuelle, le principe
de la responsabilité légale ou délictuelle de l’article 1382 restant
sauf, Il admet d’ailleurs que l’armateur pourrait valablement
s’exonérer de cette dernière responsabilité, sauf le cas de
dol et peut-être de faute lourde, mais considérant que
la jurisprudence est d’un avis contraire et qu’il y aurait
matière à discussion, il n’insiste pas. Il se rallie donc à la thèse
de la jurisprudence et admet que la responsabilité délictuelle
restant entière il appartient au chargeur, qui prétend l’arma-
teur en faute, de le prouver.

Jusqu'à ces dernières années, l’unanimité de la doctrine
admettait donc, en se fondant sur divers systèmes la validité
de la stipulation d’irresponsabilité : et lorsque des groupe-
ments de commerçants, les Chambres de Commerce, votre
Chambre Syndicale, les Congrès de Chargeurs émettaient des
observations contraires, on leur répondait dédaigneusement
que leurs arguments avaient peut-être quelque valeur sur le
lerrain des faits, mais qu’ils étaient inadmissibles au point de
vue juridique et on leur opposait l’opinion inébranlable d’un
corps de jurisconsultes. Au point de vue juridique, soutenir
le contraire paraissait donc une hérésie. Or, depuis quelques
années, une opinion dissidente s’est formée dans la doctrine
et a été soutenue de façon brillante autant qu’énergique par
M. Julien Bonnecase, professeur à la Faculté de Bordeaux.
Nous devons nous féliciter hautement de voir un juriste entre-
prendre la démonstration victorieuse, à notre avis, de la
(1) Ripert, T. II, 8 1740, p. 605.
        <pb n="74" />
        —_— 73 —

non-validité des clauses d’exonération en fondant son opinion
sur des arguments juridiques. dignes d’être opposés à ceux des
jurisconsultes qui professent l’opinion contraire.

Il commence à éliminer du débat l’argument tiré de l’assu-
rance et qui est un des principaux que les partisans des clauses
d’irresponsabilité font valoir en leur faveur. L'assurance en
elle-même est quelque chose d’assez compliqué soumise à des
règles précises, et cette conception de l’assurance tacite est
vraiment trop simpliste. C’est une institution juridique diffé-
rente du contrat d’affrètement, elle peut le compléter mais ne
peut pas se combiner à lui au point d’en faire partie intégrante
comme on a voulu le prétendre. Comme le fait remarquer le
Professeur Bonnecase, dans la plupart des contrats d’assurance
maritime des franchises sont stipulées que nous ne trouvons
pas dans le contrat tacite que l’on invoque pour valider les
clauses. Ajoutons aussi que ce renversement des rôles paraît
surprenant. Que l’armateur s’assure directement, mais pour-
quoi passer par l’intermédiaire du chargeur qui est supposé
vouloir garantir le risque en payant un fret réduit quitte à se
‘éassurer ensuite auprès de compagnies d’assurances. Le
moins que l’on puisse dire de ce système c’est qu’il suppose des
intentions que les parties n’ont pas, et, pour ingénieux qu’il
soit, il ne nous en paraît pas moins contraire à la réalité des
Faits.
Abordant ensuite le principe même des clauses d’irrespon-
sabilité, le Professeur Bonnecase le déclare contraire à l’ordre
public. Il est assez difficile de définir l’ordre public et c’est
peut-être pour cela que cette notion reste encore assez vague
et suscite des difficultés d’interprétation. Ripert entend par
cette « expression assez imprécise, les rapports économiques et
sociaux qu’il importe de faire respecter &gt;». Pour Bonnecase :
« l’idée d’ordre public traduit pour une époque donnée la
limite que la convention des parties, ou des faits quelconques,
ne peuvent franchir sans choquer le sentiment social des
contemporains ». Le Droit ne reste pas immuable : il évolue ;
la notion d’ordre public au xx° siècle peut n’être plus la même
qu’au xvi1‘, cela dépend de l’état de la vie sociale au moment
où l’on se place. Or, à l’heure présente, nous prétendons avec
Bonnecase que la notion de responsabilité professionnelle
domine toute la société actuelle où les hommes sont unis les
uns aux autres surtout par des liens professionnels par suite
du développement intensif de la vie économique. Ce sont ces
rapports qu’il convient de faire respecter et on ne peut pas

3. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="75" />
        convenir de supprimer le principe de la responsabilité, fonda-
mental aujourd’hui, sans porter. atteinte à l’ordre public. On
ne peut pas davantage prétendre que si le principe de la
responsabilité délictuelle reste entier, du moins il soit possible
de mettre en échec celui de la responsabilité contractuelle. Il y
a une loi, supérieure aux conventions, et c’est seulement dans
les limites qu’elle trace que peut se manifester la volonté des
parties. Nous concluons avec le Professeur Bonnecase « que la
liberté contractuelle est toujours subordonnée à la règle des
articles 1382 et 1383 parce que cette règle est essentiellement
d’ordre public et que, par suite, il n’est pas possible, sous peine
de bouleverser l’économie des rapports sociaux, d’y échapper.
L’armateur, tout comme les autres, tombe sous le coup des
articles 1382 et 1383. Le fait de conclure un contrat n’est pas
suffisant pour lui permettre de s’y soustraire &gt; (1).

En somme, Messieurs, la loi avait édicté un précepte fort
sage : « que celui qui cause par sa faute, sa négligence ou son
imprudence un dommage à autrui est tenu de le réparer et
qu’il est également responsable du dommage causé par les
personnes dont il doit répondre ou des choses qu’il a sous sa
garde ». Ce principe était sain et raisonnable, il devait main-
tenir une certaine harmonie dans les rapports sociaux. On a
voulu l’annuler par des conventions particulières, et immédia-
lement il en est résulté une impression de malaise, en même
temps que s’élevaient de très nombreuses difficultés. On a
invoqué de multiples raisons pour justifier cette dérogation
au droit commun, des jurisconsultes célèbres ont imaginé des
théories juridiques pour la plupart fort séduisantes mais
néanmoins fort complexes et on a fini par perdre de vue qu’il
s’agissait au fond d’une question fort simple. La thèse du
professeur Bonnecase a le mérite de le rappeler, de préciser
à nouveau le grand principe de responsabilité et de prouver
qu’il n’est pas possible d’y déroger de facon essentielle.
LA JURISPRUDENCE ET LES CLAUSES
DE NON-RESPONSABILITE
Parallèlement à l’opinion doctrinale que nous avons vu se
former au cours du xrx® siècle et subissant sur certains points
son influence, la jurisprudence édifia une thèse originale en
‘aveur des clauses d’exonération de responsabilité. La Cour de
(1) Bonnecase, Droit Maritime.
        <pb n="76" />
        _— 75 —

Cassation n’eut véritablement à se prononcer sur la validité
de la négligence-clause qu’en 1877. Auparavant, en 1864, elle
en avait admis la validité de principe, mais il s'agissait de
savoir si la clause insérée dans un connaissement anglais
pouvait recevoir application en France et n’était pas contraire
à l’ordre public. En 1869 elle fut sollicitée par l’avocat général
de Raynal de fixer définitivement sa jurisprudence en faveur
des clauses d’exonération de responsabilité. Nous avons vu
précédemment que ce sont les théories exposées dans les
conclusions de l’avocat général qui déterminèrent dans la
doctrine un mouvement en faveur de la validité complète de
ces clauses. Nous retrouvons dans ces conclusions la plupart
des arguments qui devaient être développés abondamment dans
la suite par les auteurs.

Pour faire admettre la validité de la négligence-clause
malgré l’article 1384 du Code Civil, l’Avocat Général tente
d’établir que le contrat de transport maritime est tout à fait
différent du contrat usuel de transport. Il admet que dans tout
autre cas la clause qui permet de s’exonérer de sa responsa-
bilité ou de celle de ses préposés soit frappée de nullité « une
pareille convention de la part du transporteur terrestre, dit-il,
serait une prime donnée à toutes les négligences et à tous les
abus ». C’est vrai en matière de transport terrestre, mais
combien exact également en ce qui concerne les transports
maritimes et je ne crois pas être téméraire en affirmant que
la plupart d’entre nous en avons fait la regrettable expérience !
L'avocat général serait tenté de considérer l’armateur comme
un commissionnaire de transport dont le seul rôle serait de
mettre en rapport le chargeur et le voiturier (en l’espèce le
capitaine) plutôt que comme un entrepreneur de transport.
En raison des caractères particuliers du transport maritime,
dit-il, la personnalité du capitaine reste entière à côté de celle
de l’armateur, elle ne se confond pas avec la sienne ; dès lors,
pourquoi s’en tenir à la lettre de l’article 1384 du Code Civil ?
Le capitaine, en fait, n’est pas un préposé de l’armateur, c’est
un entrepreneur de transport distinct de lui, l’armateur n’étant
que le propriétaire du navire. Dès lors, l’article 98 qui s’appli-
que au commissionnaire de transport pourra l’être à l’armateur
et l’autoriser à stipuler son irresponsabilité. Diverses autres
considérations sont mises en jeu, notamment l’assurance et
l’idée que l’armateur s’assure implicitement auprès du char-
geur ! Nous ne savons pas quelles étaient en 1869 les conditions
de la navigation et du transport par mer, et il est possible, bien

8. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="77" />
        76 —

que nous restions assez incrédules, que l’appréciation de
l'éminent représentant du Ministère Public ait été fondée en
fait, mais je crois qu’à l'heure actuelle le doute n’est pas
permis. Le capitaine est véritablement le préposé de l’armateur,
son intervention, d’ailleurs, au point de vue commercial ne se
manifeste plus que rarement. Le chargeur a affaire avec les
employés terrestres de l’armateur auxquels est dévolue toute
la partie commerciale des fonctions du capitaine, le nom de
ce dernier n’est même plus mentionné dans le connaissement.
En fait, à l’heure actuelle, le véritable entrepreneur de trans-
port est la compagnie de navigation ; cela nous paraît hors de
doute. Il s’ensuit qu’elle doive être responsable des fautes ou
négligences de son préposé de l’activité duquel elle tire d’autre
part bénéfice. A l’heure actuelle, les conditions spéciales dans
lesquelles a pu s’exercer pendant un temps l’industrie des

transports maritimes se sont modifiées à tel point qu’elles ne

tnotivent plus à notre avis le système de faveur qui leur était

appliqué. Aujourd’hui, comme le disait alors M. de Raynal

pour le transporteur terrestre « une pareille convention serait

une prime donnée à toutes les négligences et à tous les abus ».

La Cour, résistant aux sollicitations dont elle était l’objet, ne
lrancha pas nettement la question de principe et'se fonda sur

d’autres motifs pour casser l’arrêt entrepris,
Elle fut appelée en 1875 à donner son avis sur la clause

« que dit être &gt; inscrite dans un connaissement et il importe,

Messieurs, de vous signaler l’arrêt rendu à ce sujet car il
intéresse tout particulièrement notre Société. C’est une des

premières manifestations effectives de la Défense dans la lutte
contre les clauses d’exonération. MM. Racine et Fils avaient
reçu ex-vapeur Tibre une quantité de six cent soixante-dix-huit
sacs d’orge embarqués à Smyrne. Ils constatèrent, à l’arrivée,
un manquant de 4.588 kilos et prétendirent compenser une
partie du fret qu’ils devaient avec la somme correspondante
à ce manquant. Assignés par la Compagnie des Messageries
Maritimes devant le Tribunal de Commerce de’ Marseille en
paiement du fret, ils obtinrent gain de cause, le Tribunal ayant
estimé « que le capitaine répond des marchandises qu’il reçoit
et par suite de leur poids, quand le poids a été reconnu, qu’un
connaissement est signé avec la déclaration d’un poids reconnu
Ou ävec un poids « que dit être &gt; selon les circonstances, qu’un
capitaine ne peut pas décliner d’avance pour quelque cas que
ce soit la responsabilité des énonciations du connaissement
qu’il doit signer, que, dans l’espèce, l’énonciation du poids sans
        <pb n="78" />
        5 —

line restriction mise par le capitaine est une présomption qu’il
y a eu pesage, que dès lors le capitaine et la Compagnie sont
devenus responsables du poids malgré la clause du connaisse-
ment imprimée d’avance… ». Le taux de l'affaire n’étant pas
suffisant pour permettre l’appel, la Compagnie des Messageries
Maritimes se pourvut en cassation contre le jugement de
Marseille. MM. Racine et Fils firent alors appel à notre Société
pour lui demander de supporter une partie des frais du procès
car la question soumise à la Cour Suprême était d’intérêt
général. Après en avoir délibéré, la Défense accepta et mit à
la disposition de MM. Racine et Fils une somme de trois cents
francs représentant la moitié des honoraires de l’avocat au
Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation chargé de la défense
de leurs intérêts. Ce dernier avait d’ailleurs peu de confiance
dans le succès de la cause et conseilla même de ne pas pour-
suivre l’affaire. Ses prévisions pessimistes ne se réalisèrent
point ; la Cour, au rapport du conseiller Hely d’Oissel, admit
que le Tribunal de Commerce de Marseille « s’était livré à une
appréciation souveraine de la convention qui échappe au
contrôle de la Cour de Cassation, et a pu, par suite condamner
dans l’espèce, la Compagnie des Messageries à tenir compte
aux défendeurs d’une partie du déficit constaté lors de la
livraison, sans qu’il en résulte aucune violation de la loi » par
ces motifs, rejeta le pourvoi et condamna la Compagnie des
Messageries à l’amende et aux frais (1).

La Cour, sans trancher le principe même, s’était inclinée
devant l'interprétation souveraine des juges du fait.

Elle ne devait se prononcer de façon définitive qu’en 1877
dans un arrêt connu sous le nom d’arrêt Duclaux-Monteil (2).
Cet arrêt valide la négligence-clause en se fondant sur les
caractères spéciaux du transport par mer qui place le préposé
dans une indépendance absolue vis-à-vis de son commettant.
S’appuyant aussi sur les articles 221 et 222 du Code de Com-
merce qui instituent la responsabilité du capitaine à raison des
fautes même légères commises dans l’exercice de ses fonctions,
il y trouve une preuve de plus de la situation spéciale dans
laquelle est placé le capitainé : sa responsabilité, dit-elle, est
« directe et principale ».

Le professeur Ripert réfute catégoriquement cet argument :
:« La Cour de Cassation. dit-il, dans les arrêts rendus sur la

(1) Cass, Chambre civile, 9 nov. 1875.
‘2) Sirey, 79. I. 423.
3. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="79" />
        _ 48 —

question, semblait considérer que le capitaine, véritable trans-
porteur, était personnellement responsable ; l’armateur ne
jouait alors que le rôle d’un commissionnaire de transports
pouvant réclamer l’application de l’article 98 du Code de Com-
merce qui admet la clause d’irresponsabilité, C’était là une
erreur complète : le capitaine est un préposé de l’armateur. Il
s’agit de savoir si l’armateur, civilement responsable des actes
le ses préposés, peut rejeter cette responsabilité. » (1).

L’arrêt Duclaux-Monteil que nous venons d’analyser et un
autre similaire rendu l’année suivante posaient en termes
absolus le principe de la validité de la clause d’exonération des
‘autes du capitaine. On tenta alors de faire une distinction
&gt;ntre les fautes commerciales et les fautes nautiques du capi-
‘aine, admettant la négligence-clause pour ces dernières, mais
1o0n pour les premières. La Cour de Cassation (Arrêt,
3usch &amp; C° du 31 juillet 1888) décide (2) « que rien, dans la
loi n’autorise cette distinction, que le Code de Commerce qui,
à raison de l’autorité particulière dont jouit personnellement
le capitaine du navire, lui impose une responsabilité directe
t principale, la lui impose aussi bien en ce qui concerne les
soins à donner aux marchandises dont il se charge (articles 292
et 229) qu’en ce qui concerne la conduite du navire ou autre
bâtiment (article 221)... que les raisons qui ont fait admettre
‘a validité des clauses d’exonération embrassent donc toutes
es fautes que peut commettre le capitaine dont les fonctions
déterminées par la loi elle-même constituent un ensemble qu’il
d'est pas permis de diviser ».

C’est toujours en développant ce principe de la responsabilité
personnelle du capitaine que la Cour Suprême en est arrivée
à édicter à son égard une véritable présomption de fäute
‘orsqu’il ne représente pas !es marchandises à l’arrivée. Nous
verrons que ce système ne fait qu’aggraver la situation défa-
vorable dans laquelle les arrêts précédents avaient mis le
chargeur. En effet, en vertu du droit commun, ce serait à
’armateur qui ne représente pas la marchandise à prouver la
faute du capitaine, faute dont ses connaissements l’exonèrent.
Or, la Cour de Cassation mettant une présomption de faute
à la charge du capitaine, l’armateur est dispensé d’en rapporter
la preuve et se trouve ainsi exonéré d’office. Ce sera donc au
shargeur à prouver que le capitaine n’a pas commis de faute.

1) Ripert. Droit Maritime, 2 éd. II, p. 606.
2) Revue Internationale du D. Maritime, 'T. IV, p. 199,
        <pb n="80" />
        —4#9_

par conséquent, à écarter l’application de la négligence-clause
?t à mettre en jeu directement la responsabilité de l’arma-
leur (1). En raisonnant de la sorte, la Cour Suprême semble
commettre une erreur sur l’interprétation de l’article 222 du
Gode de Commerce qui édicte bien la responsabilité du capi-
‘aine mais ès-qualités, en tant que représentant de l’armateur.
La Cour semble au contraire le considérer comme un entre-
preneur de transport autonome qui doit personnellement
vépondre de l’inexécution de son obligation. Analysant cette
jurisprudence, Georges Ripert admet « qu’on ne peut évidem-
ment interpréter l’article 222 du Code de Commerce pour y
voir la consécration d’une responsabilité personnelle du
capitaine, et que sur ce point les décisions rendues par la Cour
de Cassation sont mal motivées ». « La Cour, ajoute-t-il, a
été conduite à dire qu’il y a une présomption légale de
responsabilité du capitaine. Et c’est là l’affirmation douteuse,
zar elle crée, sans texte, une présomption légale. » « Cette
nouvelle jurisprudence, conclut l’_éminent auteur, entraîne des
zonséquences juridiques douteuses. »

Les arrêts que nous venons d’analyser portent sur la négli-
zence-clause ; les clauses d’exonération de responsabilité
personnelle sont aussi reconnues comme pleinement valables
par la Cour de Cassation. Elle le proclame de façon catégorique
dans un arrêt de 1912, l’arrêt Marie Brizard. Il s’agissait d’une
savoureuse espèce : six cents bouteilles d’eau-de-vie de la
fameuse marque chargées à destination de Port-Arthur et qui
n’arrivèrent jamais à destination ! C’était d’ailleurs tenter le
diable ! Naturellement, la Compagnie avait stipulé au dit
connaissement « qu’elle ne scrait pas responsable de ses fautes
st de celles de ses agents ni des fautes du capitaine et des gens
de l’équipage ». La Cour d’Appel de Poitiers avait condamné
la C° Peninsular ; son arrêt fut cassé, la Cour de Cassation
rappelant « que si de ces deux clauses (clause d’irresponsabi-
lité des fautes personnelles et négligence-clause) la première
ne pouvait avoir pour effet d’affranchir la Peninsular de toute
responsabilité, elle avait au moins pour conséquence, contrai-
rement au droit commun, de mettre la preuve des fautes qu’elle
avait commises à la charge des Héritiers de Marie Brizard et
Roger ; que l’effet de la seconde était absolu. ».

Ainsi, ce simple attendu résume toute la jurisprudence de
la Cour de Cassation : validité absolue de la négligence-clause
{1) Cass. Giv, 18 juillet 1900. S. 1902. 1. 84. 2 janvier 1901. S. 1902,
… 456.
} VALIDITE DÉS CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="81" />
        — 80

él, en ce qui concerne la clause d’irresponsabilité des fautes
personnelles, déplacement du fardeau de la preuve, l’effet de
cette dernière clause étant de substituer la responsabilité
délictuelle à la responsabilité contractuelle.

La jurisprudence de la Cour de Cassation fut admise à peu
près sans résistance par les Cours d’Appel. C’est à peine si,
dans les débuts, on relève quelques arrêts en sens contraire de
la Cour de Bordeaux. Mais, si les Cours se sont inclinées, il
n’en est pas allé de même des Tribunaux de Commerce, notam-
ment ceux de Marseille et de Bordeaux, qui surtout ces derniè-
res années se sont élevés avec vigueur contre cette jurispru-
dence. Il convient de citer, à cet égard, un jugement du
Tribunal de Commerce de Bordeaux du 7 janvier 1921 qui
aborde de front la discussion juridique de cette importante
quéstion et, après avoir examiné en détail tous les arguments
invoqués en faveur des clauses et les avoir savamment réfutés,
en condamne résolument le principe. Faisant valoir des consi-
dérations économiques très justes, le Tribunal constate « que
le transporteur maritime, couvert pai la clause de négligence,
se désintéresse de la perte ou de la destruction des marçhan-
dises qu’il transporte et qu’il estime même que le propriétaire
de ces marchandises peut s’en désintéresser aussi ou même
y avoir un avantage pécuniaire, s’il est remboursé de leur
valeur par les assureurs ; la conséquence fatale de cet état
d'esprit est cette funeste destruction de richesses sans profit
pour personne et au plus grand détriment de la collectivité ».
Son argumentation juridique est aussi des plus solides et fait
de ce jugement, comme dit le professeur Bonnecase « un véri-
table monument de saine doctrine qui a sa place marquée dans
histoire de la lutte contre les clauses de non-responsabilité ».

Le Tribunal de Commerce de Marseille a également refusé
d'appliquer la négligence-clause s’agissant d’un vol commis
par l’équipage. Il considère que l’armateur ne peut, dans ce
cas, dégager sa responsabilité car il a commis une faute per-
sonnelle en ne pas se préoccupant du choix de son équipage :
qu’en décidant autrement « on aboutirait à ce résultat immoral
de permettre à l’armement de se désintéresser du sort des
marchandises à lui confiées » (Jugement 9 novembre 1920.
Suec" de Casanove contre capitaine du Vénus et Affréteurs
Réunis). Dans un jugement du 14 décembre de la même année,
le Tribunal condamnant un capitaine faisait remarquer que
si les chargeurs voulaient épuiser leur droit et faire exécuter
les jugements obtenus contre les capitaines dont la seule
        <pb n="82" />
        … #l —

tesponsabilité est en jeu, en vertu de la négligence-clausé,
l’armement se trouverait par le fait même mis dans une
situation fort délicate car le recrutement des commandants
de navire doni la responsabilité deviendrait réelle, serait chose
impossible.

Il est à remarquer que le Tribunal de Commerce de Marseille
a toujours essayé de motiver ses jugements en se basant sur
l’appréciation des faits ou des conventions intervenues entre
les parties et en respectant en apparence les décisions de la
Cour Suprême. Dans des jugements de 1912, il avait posé
également un principe intéressant à savoir que les clauses des
connaissements ne pouvaient régir que la partie du transport
effectuée par mer, qu’ainsi lorsqu’une Compagnie de Naviga-
tion se chargeait de transporter une marchandise d’une ville
de l’intérieur à un port de destination, les opérations de
transport terrestre et de transit ne pouvaient pas être régies
par le connaissement et qu’en conséquence les clauses d’exoné-
ration ne pouvaient pas sortir leur effet. La Cour de Cassation
n’a pas admis cette thèse et décide au contraire « que lorsqu’il
n’y a qu’un seul contrat constaté par le connaissement, les
opérations qui en ont été le préalable ou devraient être la suite
du transport sont régies par le connaissement.

Et tout de même, malgré l’intransigeance dont a fait preuve
ia Cour Suprême à l’encontre de ces décisions des Tribunaux
de Commerce de Marseille et de Bordeaux, il n’en faut pas
moins reconnaître qu’elle a fait montre d’une certaine incer-
titude dans ces temps derniers. Elle a en effet, rejetant un
pourvoi formé contre un arrêt de le Cour d’Appel d’Aix du
17 février 1919, arrêt qui confirmait lui-même un jugement du
Tribunal de Commerce de Marseille du 7 mai 1918, décidé que
lorsque l’armateur a bénéficié de la faute lourde commise par
ses préposés il ne peut s’exonérer de la responsabilité qui en
résulte. Quinze fûts de vin avaient été, en l’espèce, chargés
d’Alger à Cette. Le capitaine, sans en donner avis aux expédi-
teurs les avaient chargés en pontée ; or, on avait payé un fret
de cale. Il avait ainsi commis une faute en chargeant en pontée
sans y être autorisé et d’autre part la Compagnie en avait pro-
fité en bénéficiant de la différence entre le fret de cale et le fret
du pont. Le Tribunal et ia Cour d’Aix avaient décidé que dans
ce cas la responsabilité de la Compagnie devait être retenue et
la Cour de Cassation adopta leur avis en déclarant « que dans
ces conditions la Cour d’Appel d’Aix a pu considérer que la
Compagnie Transatlantique était personnellement responsable

3, VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="83" />
        83 —

soit par son fait direct, soit par celui de ses préposés, de la
faute lourde nettement caractérisée par les motifs de l’arrêt,
sans que les clauses l’exonérant des faits du capitaine ou
limitant les conséquences de ses propres fautes fussent appli-
cables (1) ». Cet arrêt connu sous le. nom d’arrêt Teissier
marque une hésitation sensible de la Cour Suprême qui, pour
ta première fois, refuse d’appliquer une clause d’exonération.
À est très possible que les jugements répétés des Tribunaux de
Commerce partisans de l’opinion contraire à la validité des
clauses aient amené la Cour de Cassation à apporter une modi-
fication à sa jurisprudence. La Chambre des Requêtes a
également rendu le 29 juin 1922 (2) un arrêt décidant que les
clauses ne pouvaient s’appliquer lorsqu’on n’était pas certain
que la marchandise avait été réellement chargée et soumise
aux risques du transport maritime. Comme le constate l’arrê-
liste, cette décision permet aux chargeurs de marquer un point
dans leur lutte contre les clauses de non-responsabilité.

Il semble donc, Messieurs, qu’il est avec la Cour Suprême
des accommodements et qu’elle devient moins catégorique
dans ses décisions relatives aux stipulations d’irresponsabilité.
Gardons-nous néanmoins de penser qu’un revirement puisse
se produire prochainement dans sa jurisprudence ; il ne s’agit
que de rares décisions où elle a admis les considérations de
tait des premiers juges sans qu’il soit porté nettement atteinte
aux principes solidement établis de sa jurisprudence anté-
rieure.

De l'examen auquel nous nous sommes livrés, de l’opinion
le la doctrine et de la jurisprudence, il résulte que la quasi-
ananimité des auteurs aussi bien que la Cour Suprême et les
Cours d’Appel admettent la validité des clauses d’irresponsa-
dilité ; il ne restait donc plus aux chargeurs qu’à s’en remettre
à la sagesse du législateur pour trancher cette irritante
question. C’est cette réaction du commerce contre l’état de
zhoses établi par cette jurisprudence qu’il nous faut mainte-
nant envisager.

LA LUTTE CONTRE LES CLAUSES D’EXONERATION
L’émotion soulevée dans le monde des chargeurs fut telle,
et si énergiques les protestations qu’ils ne cessèrent d’élever
à la suite des divers arrêts de cassation qui reconnaissaient la

(1) Revue D. Mar, T. XXXII, 306/312. Cass.… Civ., 15 juin 1920.
(2) Arrêt du « Naxos ». Ch. Reg, 20 juin 1922.
        <pb n="84" />
        83

validité complète de clauses d’exonération, que le Parlement
y prêta attention. L'action législative fut sollicitée une pre-
mière fois en 1886 par le dépôt d’une proposition de loi
émanant de MM. Félix Faure et Siegfried qui interdisait
l'insertion de pareilles clauses dans les connaissements. Cette
proposition ne fut pas discutée au cours de la législature et
devint caduque. C’est le sort habituellement réservé par un
hasard malheureux autant qu’inexplicable à toutes les propo-
sitions, même aux projets de loi, tendant à opérer la réforme
lant souhaitée du monde des chargeurs.

En mars 1895, le Ministère du Commerce procéda à une
ronsultation des diverses corporations intéressées et au mois
d’octobre de la même année, MM. André Lebon et Trarieux
déposèrent un projet de loi au nom du Gouvernement qui
déclarait nulles les clauses en question. Ce projet de loi donna
lieu et nous devons le signaler ici, à un remarquable rapport
préseñté à notre Société par M. Henri Turcat, rapport auquel
je faisais allusion en commençant mon exposé, Dans son étude,
M. Henri Turcat avait entrepris victorieusement la réfutation
de tous les arguments que faisait valoir l'armement en faveur
de ces clauses. Et nous devons reconnaître plus de trente ans
après que la démonstration de M. Turcat n’a rien perdu de sa
valeur et reste l’un des plus parfaits exposés que l’on a faits
de la question. Pour examirer le projet gouvernemental, la
Chambre des députés institua une Commission spéciale devant
laquelle MM. Turcat et Baron eurent l’honneur de déposer au
nom de notre Société le 13 mars 1896. Poursuivi par le mauvais
sort qui semble s’attacher à toute initiative favorable aux
zhargeurs, le projet devint caduc et il n’en fut plus question.

Le Syndicat des Exportateurs de Marseille, désireux de voir
enfin une solution intervenir, prit l’initiative de réunir à
Marseille, les 2 et 4 octobre 1902, sous la présidence de
M. Desbief un « Congrès des Chargeurs Français ». Ce Congrès
où se trouvaient réunis les représentants des principales
Chambres de Commerce, les délégués des Syndicats et Groupe-
ments divers des chargeurs et notamment M. Adrien Artaud,
président de la Défense, adopta un projet de connaissement
qui lui avait été soumis par M° F.-C. Autran, avocat, doyen de
la Faculté Libre de Droit de Marseille, dont la compétence en
matière maritime s’imposait à tous. Le Congrès avant de se
séparer institua une Commission permanente chargée de la
réalisation des propositions et vœux qu’il avait émis. Cette
Commission entra en rapports avec les armateurs et proposa

3, VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="85" />
        à leur agrément un avant-projet sur la législation des connais-
sements rédigé par M° F.-C. Autran. Une Commission mixte
comprenant huit délégués des armateurs et huit délégués des
chargeurs se réunit à Paris le 14 mai 1903. Les chargeurs
avaient comme conseil M° Autran, les armateurs le Professeur
Lyon-Caen. Après une séance de deux heures et demie où les
conseils juridiques développèrent leurs théories et où une
discussion assez vive s’éleva entre M, Desbief et M. André
Lebon qui représentait le Comité Central des Armateurs de
France, l’accord ne put se réaliser.

Les chargeurs provoquèrent alors la réunion d’une Commis-
sion interministériclle dont le mandat était de trancher la
question préjudicielle suivante : « En l’état est-il opportun de
modifier la législation en vigueur sur les connaissements ».
Zette Commission instituée par arrêté ministériel du 13 février
1904 était composée de notables jurisconsultes.

Elle tint ses réunions sous la présidence de M. Durand,
conseiller à la Cour de Cassation et entendit les représentants
des divers groupements de chargeurs et d’armateurs.
M. ‘Artaud y soutint notamment, avec son autorité habituelle,
le point de vue des chargeurs. Le 17 février 1906, elle mettait
fin à ses travaux en adoptant le rapport que lui avait présenté
M° Rodolphe Rousseau, avocat à la Cour d’Appel, qui concluait
qu’il n’y avait pas lieu de modifier la législation existante,
IWvoquant notamment les dangers de la concurrence interna-
tionale et la situation impossible qui en résulterait pour
’armement français. Il ajoutait également que la possibilité
de contracter des assurances diminuait beaucoup l’intérêt que
les chargeurs portaient à la réforme projetée. Enfin il envi-
sageait seulement la possibilité de faire cesser le conflit'par
voie d’entente internationale.

Messieurs, il faut croire que la persévérance n’est pas la
moindre vertu des chargeurs. Bien que l’affaire parut défini-
tivement jugée, ils revinrent à la charge en 1910. À cette
époque, M. Maurice Colin, député d’Alger, déposa sur le
Bureau de la Chambre une proposition de loi portant la signa-

ture de 225 de ses collègues et tendant à prohiber d’une façon
générale dans les connaissements les clauses d’irresponsabilité
des fautes commerciales du capitaine. Cette proposition de loi
donna lieu à un rapport très documenté et faisant état de
considérations juridiques solidement établies par M° Antonin
[oannon, membre de notre Société. Sous quelques réserves, la
        <pb n="86" />
        1.85: —

proposition de loi Colin ralliait tous vos suffrages. La Chambre
de Commerce y fit aussi un accueil favorable ; la question avait
été rapportée par notre ancien président Henri Turcat, alors
membre de la Chambre. À ce moment là on vit « se rallumer
le flambeau de l’espoir » selon l’expression imagée de
M. Turcat. Il ne devait pas tarder à s’éteindre : la proposition
Colin ne vit pas le jour de la discussion.

Jusqu’à ce moment, les divers projets ou propositions de loi
procédaient par mesure générale en demandant la suppression
des clauses d’exonération dans tous les cas. C’était fournir aux
armateurs un argument qui avait sa valeur en leur permettant
d’invoquer les dangers de la concurrence internationale. F faut
reconnaître que cette considération a toujours été la pierre
d’achoppement des réformes proposées. Aussi dans sa proposi-
tion de loi de 1913, M. de Monzie voulut-il appliquer la réforme
à la navigation réservée seulement. Là en effet les armateurs
français jouissent du monopole de pavillon et n’ont plus à
craindre la concurrence étrangère. En restreignant ainsi la
portée de la réforme on la rendait beaucoup plus susceptible
d’aboutir. L’espoir pouvait renaître au camp des chargeurs.

La menace d’une intervention législative se précisant, les
armateurs entrèrent alors en composition et se mirent d’accord
avec la Chambre des Négociants, Commissionnaires et du
Commerce Extérieur sur un type de connaissement transac-
tionnel. Ce connaissement, calqué sur le connaissement de
Hambourg, donnait aux chargeurs satisfaction en principe,
mais dans la réalité, il n’apportait que des modifications insuf-
‘isantes au régime antérieur. L’armateur, outre l’obligation
qu’il assumait de mettre au départ à la disposition des char-
geurs un navire en bon état de navigabilité et à même d’accom-
plir le voyage projeté, se rendait responsable des fautes
commises par ses préposés dans l’arrimage réglementaire, la
conservation, la manutention et la livraison de la cargaison.
Dans la règle 2 néanmoins il s’exonérait de certains dom-
mages, notamment de ceux résultant du vol (à moins que le
vol n’ait. été commis par l’équipage), de la baraterie, de la
rupture des appareils de chargement, des dégâts au débar-
quement, « alors même que des actes illégaux, des négligences,
des erreurs ou des fautes du pilote, du capitaine, de l’équipage
ou d’autres personnes employées à son service auraient contri-
bué à déterminer ou à aggraver les dommages, les accidents
pu les pertes ci-dessus énumérées ». Enfin l’armateur n’était
’esponsable, pour chaque colis, que dans la mesure déterminée

3, VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="87" />
        R&amp;

par les conditions particulières de son connaissemient, condi-
lions particulières naturellement imposées au chargeur. Cette
lernière clause, à elle seule, en permettant à l’armateur de
imiter sa responsabilité à une somme dérisoire annulait toutes
@s concessions précédemment faites. D'ailleurs, sur beaucoup
de points ces concessions n’étaient qu’apparentes : c’est ainsi
qu’en ne répondant que du vol commis par l’équipage, l’arma-
‘eur mettait le chargeur dans l’obligation de faire la preuve
de la faute de l’équipage, preuve quasi-impossible à adminis-
trer. De même en s’exonérant de la responsabilité qu’il pouvait
&gt;ncourir au sujet des dégâts commis au débarquement, l’arma-
eur supprimait un des chefs de responsabilité des plus impor-
‘ants. Il était également peu admissible en outre qu’il déclarât
1e pas répondre des dégâts résultant de la rupture des appa-
reils de chargement. Il est normal qu’un entrepreneur de
-ransport se préoccupe du bon état des appareils servant à la
manutention des marchandises. Cette rapide analyse vous
permettra de vous rendre compte des principales imperfections
du connaissement de sortie des ports de France et d’Algérie ;
on lui faisait également d’autres griefs, notamment en ce qui
concerne la faculté de transborder la marchandise sur
n'importe quel navire : voilier, navire mixte ou chaland
remorqué, et la faculté de la débarquer au port le plus voisin
« lorsque le capitaine sera amené à se demander s’il pourra
atteindre le port de destination ».
Le Syndicat des Exportateurs qui avait été tenu écarté des
régociations protesta énergiquement, en sa qualité de repré-
sentant régulièrement mandaté des chargeurs, contre l’initia-
tive prise par la Chambre des Négociants-Commissionnaires,
initiative qui compromettait gravement les droits des char-
geurs, en laissait croire que cette transaction était librement
consentie par eux. Néanmoins, pour ne pas entraver l’œuvre
de conciliation il admettait le connaissement transactionnel à
condition que l’on y apportât les substantielles et efficaces
modifications qu’il avait proposées. Ces événements se pas-
saient en mai 1914 ; peu de mois après éclatait la guerre
européenne et d’autres préoccupations plus puissantes vinrent
S’emparer des esprits. Les armateurs avaient en l’occurence
habilement manœuvré et réussi à suspendre la discussion de
la proposition de M. de Monzie.
Les chargeurs, néanmoins, ne se tinrent pas pour baltus et
ontinuèrent à faire entendre leurs doléances. En 1915 se
        <pb n="88" />
        » RS

réunit, au Sous-Secrétariat d’Etat de la Marine Marchande,
1ne Commission ayant pour objet de préparer la Révision
du Livre II du Code de Commerce régissant le Commerce Mari-
lime ; naturellement la réforme des Connaissements figurait
à l’ordre du jour de ses travaux. Elle fut examinée par une
sous-commission composée de juristes, de parlementaires, de
spécialistes des questions maritimes et présidée par M. Petit,
président du Tribunal de Commerce de la Seine. Cette sous-
zommission consacra à l’étude du problème des .connaisse-
ments ses séances des 15 et 31 mai, 12, 26 juin et 10 juillet
1917. Le point de vue des chargeurs y fut brillamment soutenu
par un avocat marseillais de grand talent dont le nom est lié
à l’histoire des clauses d’exonération : M° Léopold Dor Fils.
MM. de Rousiers et Verneaux exposèrent la défense des arma-
teurs. Par douze voix contre quatre et une abstention la
sous-commission estima qu’il y avait lieu de reprendre la
proposition de loi présentée en 1913 par M. de Monzie et de
l’étendre à la navigation internationale. C’est à la suite de ce
vote, résultat d’une longue discussion et d’une étude sérieuse
de la question, vote qui prenait en considération les revendi-
cations formulées depuis plus de quarante ans par les groupe-
ments commerciaux intéressés que le Gouvernement présenta
au Parlement le 27 juillet 1917 un projet de loi contresigné par
le Garde des Sceaux, le Ministre des Travaux Publics et le
Ministre du Commerce d’alors, M. Clémentel, dont il porte le
nom.
Le projet Clémentel, qui s’étend également à la navigation
nternationale, interdit dans tout connaissement « ou titre
quelconque de transport maritime » l’insertion de clauses
« ayant directement ou indirectement pour objet de soustraire
l’armateur à sa responsabilité de droit commun, de renverser
le fardeau de la preuve, de déroger à l’article 229 du Code de
Commerce ou à la législation sur l’arrimage ou d’attribuer
compétence à un tribuna! étranger ». Il interdit toute clause
limitant la responsabilité de l’armateur et du capitaine à une
somme inférieure à 2.500 francs par colis. Il indique également
que les clauses « que dit être » « poids, qualité, contenu
inconnus » ont pour seul effet d’obliger le chargeur à prouver
‘a nature et la quantité des marchandises confiées au trans-
porteur sans qu’il ait à établir la faute de l’armateur en cas
de manquant comme l’y obligeait la jurisprudence. On peut
dire que le projet de loi gouvernemental opérait un règlement
squitable de la difficulté qui depuis si longtemps divisait

3. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="89" />
        28

chargeurs et armateurs. Quelque raison encore inexpliquée
empêcha le projet Clémentel de venir devant les Chambres.

Le souci d’exposer dans leur ordre chronologique les diverses

âtapes de la lutte qui a mis aux prises chargeurs et armateurs
au sujet des connaissements m’impose de mentionner ici
l'importante Conférence tenue à la Haye en août et septembre
1921 et qui aboutit à l’adoption par les armateurs, les char-
geurs, les banquiers et les assureurs d’un texte transactionnel
codifiant les principales conditions du transport par mer et
connu sous le nom de « Règles de la Haye 1921 ». Nous
réserverons à l’étude de cet important document, un para-
graphe spécial. Pour consacrer l’adoption de ces Règles par
ia voie diplomatique, deux conférences diplomatiques furent
‘enues à Bruxelles en octobre 1922 et 1923, diverses modifica-
ons de rédaction furent apportées aux Règles qui se
présentent dès lors officiellement sous forme de Convention
Internationale, signées déjà par de grandes puissances : la
France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d'Amérique, le
Japon, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Pologne
3t Dantzig et la Roumanie.

Dans son dernier état la question des clauses d’exonération
lans les connaissements vient de faire l’objet d’un très
important rapport présenté à la Chambre de Commerce le
3 mars 1925 par M. Alphonse Combarnous, membre de cette
Compagnie et ancien premier juge au Tribunal de Commerce
le Marseille. Après avoir exposé de magistrale façon la ques-
ion dans son ensemble, et avoir résumé les travaux et les
ontroverses auxquelles elle a donné lieu, M. Combarnous
Studie plus spécialement le projet Clémentel de 1917 et, dans
les conclusions auxquelles s’est ralliée la quasi-unanimité de
ia Chambre propose de procéder au règlement de cette question
en deux étapes : d’abord en appliquant sans délai la loi
Clémentel à la navigation réservée, ensuite, en ‘étendant cette
application à la navigation internationale lorsque la convention
de Bruxelles aura été ratifiée internationalement. Ces conclu-
sions très sages donnaient satisfaction aux chargeurs pour la
navigation réservée et, prenant également en considération les
ntérêts de l’armement français, réservaient l’application de la
loi à la navigation internationale jusqu’au moment où les
principales puissances maritimes adopteraient elles-mêmes la
Convention de Bruxelles. A ce moment-là les armateurs fran-
ais ne seraient plus dans une situation défavorable vis-à-vis
les armateurs étrangers et les chargeurs auraient enfin com-
plète satisfaction.
        <pb n="90" />
        — 89 —

Enfin, le 3 novembre 1925, considérant que le projet Clé-
mentel n’était pas venu en discussion et « qu’il importait de
mettre fin cependant aux pratiques des armateurs »,
MM. Roux-Freissineng, Mallarmé et plusieurs de leurs collè-
gues représentant pour la plupart nos départements algériens
sont à nouveau intervenus en faveur d’une réglementation
législative de la question des connaissements et ont déposé une
proposition de loi « tendant à prohiber dans les connaisse-
ments les clauses d’exonération de responsabilité ou d’attribu-
tion de compétence ».

La proposition de loi Roux-Freissineng reprend le projet
Clémentel en y apportant des modifications qui l’aggravent
sérieusement. Elle pose en termes absolus le principe de la
responsabilité de l’armateur et l’étend même aux fautes nauti-
ques. Il est à remarquer que le projet Clémentel dans l'exposé
des motifs (mais non dans le dispositif, ce qui paraît surpre-
nant) faisait une distinction entre les fautes commerciales et
les fautes nautiques, autorisant qu’on put s’exonérer des
conséquences de ces dernières. Cette distinction semble tout à
fait rationnelle, les Américains l’ont adoptée dans le « Harter
Act » qui régit chez eux les transports par mer et nous
l’approuvons, Il nous paraît en effet qu’on doive tenir quitte
l’armateur de ses obligations à cet égard lorsqu’il a fourni un
navire en bon état de navigabilité et qu’il en a confié le com-
mandement à un capitaine ayant les brevets nécessaires et
présentant toutes les facultés et aptitudes requises. Il ne faut
pas perdre de vue les difficultés que présente la navigation
maritime et il convient de considérer que les fautes que l’on
peut commettre dans la conduite du navire doivent être
déclarées excusables en grande partie. Nous ne vous propose-
rions donc pas de suivre sur ce terrain les honorables députés.
À notre avis, il faut uniquement s’en tenir aux fautes commer-
ciales. Il va sans dire qu’en interdisant aux armateurs les
clauses d’irresponsabilité le législateur prohibe également
celles qui ont pour effet de renverser le fardeau de la preuve.
Compte tenu des conditions spéciales dans lesquelles s’exerce
le transport par mer de pareilles clauses aboutissent pratique-
ment à une stipulation d’irresponsabilité.

Les clauses « que dit être » « poids, qualité et contenu
inconnus &gt;» sont admises mais avec l’unique effet de mettre à
la charge de l’expéditeur ou du réceptionnaire la preuve des
rhanquants. Les auteurs de la proposition reproduisent textuel-
lement à ce sujet le projet Clémentel. Nous admettons cette

3, VALIDITE DES CLAUSES D'EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="91" />
        clause avec la portée exclusive qui lui attribue la proposition
car sil’on permettait à la jurisprudence de continuer à exiger
du chargeur qu’il rapporte la preuve de la faute du transpor-
leur, preuve presque impossible d’ailleurs, on aboutirait d’une
laçon détournée à une exonération de responsabilité.

L'article 4 limite à 5.000 francs minimum par colis la
responsabilité du transporteur et du capitaine, sauf si une
déclaration de valeur figure au connaissement. Le projet
Clémentel fixait 2.500 franes comme minimum de responsa-
pilité ; M. Combarnous, dans un rapport précité proposait
« l'équivalent de £ 100 » pour s’en tenir.à la somme forfaitaire
adoptée dans les Règles de la Haye. L’avantage de la proposi-
lion de l’honorable Rapporteur est de parer aux fluctuations
du change et aux diverses variations de la valeur de notre
monnaie. Nous la préfèrerions donc à la somme fixe de 5.000 fr,
noncée dans la proposition de loi qui nous occupe.

L'article 5 dispose que la réglementation envisagée s’appli-
Juera à tout transport de marchandises à destination ou en
provenance des ports de France et des Colonies et ce, alors
même que le connaissement ou le titre de transport serait créé
1 l'étranger, entre étrangers ou que les parties stipuleraient
que le contrat de transport sera régi par une loi étrangère ;
loute stipulation contraire est nulle et de nul effet. Cette
disposition peut paraître exorbitante en ce sens qu’elle prétend
régler les contrats passés à l'étranger entre étrangers. La
commission de 1917 qui avait examiné déjà cette difficulté
avait néanmoins adopté ce point de vue en constatant qu’une
semblable stipulation se trouvait dans la loi américaine. Malgré

les objections que l’adoption de cette clause pourra soulever
zhez les spécialistes du droit international nous pensons que
‘es raisons invoquées en 1917 sont déterminantes et en consé-
Juence, vous conseillons de vous rallier à ce point de vue.
C’est toujours en s’inspirant du « Harter Act » que l’article 6
de la proposition Roux-Freissineng (ancien article 5 du projet
Clémentel) prévoit la sanction d’une amende de 2.000 francs
pour toute infraction commise contre les règles ci-dessus. Le
recouvrement de cette amende pourra être poursuivi par les
administrations de la douane et de l’enregistrement. Cette
disposition rend la loi efficace à l’encontre des armateurs
étrangers puisqu’elle permet de les atteindre au moment même
de la délivrance d’un connaissement irrégulier. C’est la sauve-
garde des armateurs français qui seront obligés d’appliquer
à loi et seraient en état d’infériorité si les armateurs étrangers
        <pb n="92" />
        — 91 —

parvenaient à en éluder les dispositions. La sanction de
l’article 6 nous paraît donc essentielle et nous en préconisons
le maintien, sous réserve cependant des complications inter-
nationales qui pourraient s’élever par la suite. Dans ce cas il
faudrait sous une autre forme maintenir cette disposition
protectrice des droits des armateurs français.

Nous avons réservé pour l’étudier en dernier lieu l’article 2
de la proposition Roux-Freissineng s’oceupant particulièrement
de la question de compétence. Cet article est ainsi conçu : « Le
Fribunal compétent pour connaître de tous litiges relatifs au
transport par mer est celui du port de destination et au cas
où ce port serait à l’étranger, celui du port de départ en
France.
« Si le transport est effectué d’un port étranger à un port
Îtranger le défendeur sera assigné devant le Tribunal de son
domicile en France. Est nulle et de nul effet toute clause
contraire insérée dans un connaissement ou un titre
quelconque de transport maritime ».

Le premier paragraphe est surtout défavorable aux arma-
eurs français auxquels il interdit d’attribuer compétence à
1n tribunal français détermiiné. Cette prétention des auteurs
de la proposition de loi nous paraît excessive. Le projet
Clémentel dont celui-ci n’est qu’une aggravation, interdisait
seulement à l’armateur français d’attribuer compétence à un
tribunal étranger et c’était équitable ; il était en effet difficile
d'admettre pareille stipulation entre Français. La Jurispru-
dlence reconnaissait cependant la validité d’une telle clause,
t’est pour éviter cet abus que le projet Clémentel en interdisait
l’insertion dans un connaissement. Mais, dans l’exposé des
motifs on reconnaissait qu’il était impossible de faire davan-
‘age et qu’il ne serait pas juste de refuser aux armateurs une
‘aculté dont jouissent les chargeurs qui dans leurs contrats
attribuent compétence au Tribunal du lieu de leur domicile.
D'ailleurs les auteurs du projet de loi de 1917 reconnaissaient
les sérieuses garanties que présentaient pour les chargeurs les
divers Tribunaux de Commerce appelés à juger les contesta-
lions relatives aux transports maritimes : « Au surplus, il faut
sien reconnaître, disait l’exposé des motifs, que les Tribunaux
de Commerce des grands ports comme ceux de Marseille et du
Havre ont une expérience particulière en la matière, une
tradition séculaire, une solide jurisprudence ; les juges qui
les composent sont, de par la nature de leurs occupations

3, VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="93" />
        — 99 —

personnelles au courant des affaires maritimes ». Nous esti-

mons donc qu’il n’est pas possible de refuser aux armateurs

une faculté dont tous les citoyens français ont l’exercice et
nous ne pouvons accepter le point de vue de MM. Roux-

Freissineng, Mallarmé et leurs collègues.

Quant au paragraphe second du même article, il se borne à
reproduire la règle contenue dans l’article 14 du Code Civil
prescrivant que l’étranger pourra être cité devant les tribunaux
français pour l’exécution des obligations par lui contractées
en France ou à l’étranger envers des Français.

Nous vous proposons donc de remplacer l’article 2 de la
proposition Roux-Freissineng par cette simple disposition :
« Il est interdit de faire attribution de compétence à un
Tribunal étranger ».

Envisagée dans son ensemble, la proposition de loi de
MM. Roux-Freissineng, Mallarmé et leurs collègues nous paraît
préconiser en plusieurs endroits des solutions excessives et par
-rop rigoureuses à l’encontre des armateurs. De même que les
chargeurs n’ont pas admis qu’on pût leur imposer des condi-
tions draconiennes, de même ne devons-nous pas souhaiter
davantage qu’un texte de loi vienne édicter à l’égard de
l'armement des prescriptions exorbitantes du droit commun.
Si vous voulez bien suivre mon opinion, vous rejetterez de la
proposition de loi Roux-Freissineng toutes les aggravations
qu’ils ont apportées au projet Clémentel qui par lui-même
assure satisfaction absolue aux desiderata des chargeurs. Au
cours d’un article du professeur Georges Ripert paru dans le
Sémaphore du 16 février, il était indiqué que la Commission du
Commerce et de l’Industrie de la Chambre aurait fait un
accueil favorable à la proposition Roux-Freissineng. Nous ne
saurions vous engager à la suivre dans cette voie.

Messieurs, avant de vous inviter à émettre un vœu à ce
sujet, il convient de vous mettre à même de vous prononcer
sur une question d’un ordre plus général et à laquelle des
événements récents viennent de donner un très vif intérêt.
Vous savez que chargeurs et armateurs réunis à la Haye
en 1921 ont, après une longue discussion réussi à se mettre
d'accord sur des Règles définissant de façon précise la respon-
sabilité du transporteur maritime. À la suite de deux Confé-
rences diplomatiques tenues à Bruxelles en 1922 et 1923, les
représentants officiellement accrédités des puissances intéres-
sées ont concouru à la rédaction d’une Convention Internatio-
pale qui était la reproduction à quelques modifications près
        <pb n="94" />
        — 98 —

du texte des Règles de la Haye. Cette Convention Internationale
a été signée comme je vous l’indiquais précédemment par la
France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon, les Etats-Unis
d’Amérique, la Belgique, l’Allemagne, la Pologne et Dantzis,
la Roumanie et l'Espagne, puissances qui, comme le fait
remarquer Georges Ripert dans son article précité, représentent
à elles seules les neuf dixièmes du tonnage maritime du monde.
Or, une récente note officieuse parue dans les journaux nous
informait, en date du 28 janvier 19260, que le Sous-Secrétaire
d'Etat à la Marine Marchande, devait déposer prochainement
sur le Burean des Chambres « les projets de loi destinés à
introduire dans Ja législation française, les résolutions adoptées
par la Conférence maritime internationale de Bruxelles et qui
nnt abouti à la Convention de Bruxelles que le Gouvernement
français a signée ».
Le texte de ces projets de loi est élaboré par une Commission
juridique présidée par M. le Professeur C. Lyon-Caen. Il vous
appartient donc, Messieurs, en présence de cette situation toute
nouvelle de décider s’il ne conviendrait pas mieux d’attendre
les projets gouvernementaux avant d’émettre un vœu relatif
à la proposition Roux-Freissinensg.
Ces projets seront la reproduction sous une forme mieux
appropriée aux conceptions juridiques françaises des résolu-
{tons adoptées par les armateurs et les chargeurs réunis en
Conférence à la Haye en 1921 et connues sous le nom de
Règles de la Haye 1921. Il est done nécessaire de vous faire
un exposé de ces Règles dans un dernier paragraphe de cette
étude déjà trop longue et je vous prie de m’en excuser.

LES REGLES DE LA HAYE 1921

Si la possibilité d’une entente internationale entre chargeurs
?t armateurs n’avait pu'être envisagée plutôt avec chance de
succès, cela tenait avant tout à l’attitude intransigeante des
armateurs anglais. Ceux-ci vinrent à composition lorsqu’en
1921, l’Imperial Shipping Comittee recommanda au Gouver-
nement Britannique l’adoption d’une législation unique sur le
connaissement pour tout l’Empire Britannique, législation qui
sS’inspirerait notamment du « Water Carriage of Goods Act »
en vigueur au Canada et favorable à la défense des intérêts
des chargeurs. Il fut décidé que la Conférence de l’Interna-

3. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="95" />
        tional Law Association qui devait se tenir à La Haye en août
1921 mettrait la question à l’étude (1).

La Conférence se réunit à la Haye le 30 août 1921, les délé-
gués des armateurs, des chargeurs, des assureurs, des
banquiers s’y trouvaient rassemblés. L’élément anglais
dominait. Etaient représentés également : la Belgique, la
Hollande et les pays scandinaves, l’Espagne, la Grèce et
‘’Australie. L’armement français avait comme représentant
MM. de Rousiers et René Verneaux ; il n’y avait aucun délégué
des chargeurs français, mais à maintes reprises M. Léopold Dor
qui siégeait à la conférence fit valoir leur point de vue. Le
compte rendu sténographique des débats se trouve reproduit
dans la Revue Internationale de Droit Maritime, tome XxXxXIII
sage 502 et suivantes et page 976 et suivantes. La Conférence
‘init par adopter un texte qui donnait dans une très large
mesure satisfaction aux chargeurs.

Pour en faciliter l’examen nous suivrons le plan même
adopté dans la rédaction du texte. Il est d’ailleurs très simple :
sept articles. L’article premier comporte la définition des
termes employés dans les règles : transporteur, contrat de
‘ransport, marchandises, navire, transport des marchandises.
L'article II énonce les opérations envisagées dans les règles :
shargement, manutention, arrimage, etc…

L’Article III précise les responsabilités et obligations du
transporteur. D'abord, nécessité pour le transporteur de mettre
le navire en bon état de navisabilité pour lui permettre
d'accomplir le voyage dans les meilleures conditions. En ce
qui concerne les marchandises, l’armateur est responsable de
leur manutention et de leur transport et ne peut s’exonérer de
zette responsabilité. Le connaissement délivré en échange des
marchandises devra indiquer les marques nécessaires à l’iden-
Hfication des colis, le nombre, la quantité, le poids, l’état
apparent et le conditionnement des marchandises. Ce connais-
sement, pour toutes marchandises autre que celles chargées
en grenier ou les cargaisons de bois, constituera la
présomption que les marchandises ont bien été livrées telles
qu’elles ont été décrites. Le capitaine pourra administrer la
preuve contraire. Cette règle supprime donc les clauses « que
dit être » « poids, qualité, contenu inconnus ». En cas de

(1) Voir de Rousiers, « Les Règles de La Haye et leur application », di.
Int. de D. Mar, T. 33, p. 683, et Léopold Dor, « Les Règles de La Haye
1921 ». Compte rendu critique de la Conférence de La Have. R. I. D, M.,
T. 33. n. 701.
        <pb n="96" />
        —

réclamations, elles doivent être formulées par écrit au
transporteur avant l’enlèvement des marchandises. Cet enlè-
vement ne met pas le réceptionnaire dans l'impossibilité
d'intenter une action en responsabilité contre le transporteur
mais il constitue une présomption que les marchandises étaient
èn bon état. Le chargeur ou le réceptionnaire a douze mois
pour intenter cette action du jour de l’enlèvemeint du colis. On
voit que ces dernières dispositions sont beaucoup plus libérales
que celles du droit français qui fait une obligation au chargeur
de protester dans les vingt-quatre heures et d’assigner dans le
nois sous peine de forclusion.

Dans l’article IV sont prévus les droits et exonérations du
iransporteur : il peut se dégager de la responsabilité des fautes
ou négligences de son équipage en tant qu’il s’agit des fautes
nautiques ; il ne répond pas naturellement de tous les cas de
force majeure, ainsi que de ceux résultant du fait du chargeur
ou du vice propre. Enfin une clause très importante contenue
dans ce même article fixe comme limite minimum de la res-
ponsabilité le taux de £ 100, limite beaucoup plus élevée que
celle envisagée dans les divers projets ou propositions de loi
irançais.

L'article V autorise toutes les exonérations de responsabilité
ci-dessus prohibées dans des conventions conclues entre un
agent du transporteur, le capitaine ou tout autre et un
chargeur mais décide que dans ce cas il ne pourra être délivré
de connaissement mais seulement un simple récépissé « non
négociable ». Enfin, la règle VI précise que ces règles ne
s’appliquent qu’au transport maritime proprement dit.

Cet exposé, bien incomplet cependant, vous aura permis
d'apprécier les importants avantages que ces règles confèrent
aux chargeurs. Néanmoins, deux points de ces règles présen-
tent quelque obscurité. L’article IV dans son paragraphe 9
exonère l’armateur de sa responsabilité pour, perte ou dommage
résultant « de toute autre cause ne provenant pas d’une faute
positive ou de la participation du transporteur ou de la faute
ou négligence des agents, préposés ou employés du transpor-
teur &gt;». Faut-il entendre par là que le chargeur aura à faire
la preuve de la faute ou négligence des préposés, ou bien que
zette charge incombera à l’armateur ? La question est très
importante et l’efficacité des règles dépend de la solution qui
lui sera donnée, car je vous ai démontré au cours des déve-
loppements antérieurs combien il était important de ne pas
-enverser les règles de la preuve, le chargeur ne pouvant que

3 VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="97" />
        difficilement démontrer la faute ou la négligence des préposés
de l’armateur.
Le principe posé dans l’article V qui autorise la conclusion
de contrats de transport non soumis à ces règles pourvu qu’ils
ne donnent pas lieu à la délivrance d’un connaissement peut
aussi provoquer quelque inquiétude, les armateurs pourraient
s’autoriser de cet article pour essayer de tourner les règles.
C’est la crainte que formule le Professeur Bonnecase dans
l’examen auquel il se livre des Règles de La Haye, auxquelles
il reproche avant tout de manquer de précision.

Ceci s’explique d'ailleurs aisément en tenant compte de ce
fait que les règles ont été proposées et rédigées par des prati-
ciens anglais. Or l’esprit anglais précise chaque cas et procède
par énumération, l’esprit français aime au contraire s’en
rapporter à quelques idées claires et fondamentales et en tire
lui-même les conséquences. C’est en somme le travail d’adap-
tation des règles à la conception juridique francaise qu’élabore
actuellement la commission Lyon-Caen. Il convient donc
d'attendre le dépôt du projet de loi pour pouvoir formuler une
appréciation à cet égard.

Quoi qu’il en soit, les Règles de la Haye 1921 qui ont été
signées par les délégués des grandes puissances maritimes
constituent un très louable effort en vue d’arriver à une unifi-
cation internationale des règles du transport par mer. En cette
natière, nous avons éprouvé si souvent des déceptions qu’il
serait peut-être imprudent de se féliciter dès à présent des
résultats acquis ; constatons seulement que l'accord est en
bonne voie et souhaitons que la ratification que le Parlement
va être appelé à lui donner, règle définitivement cette question
au mieux des intérêts des deux parties. ; “

CONCLUSIONS

Messieurs, le moment est venu de résumer cette longue étude
sur cette importante question. Je désire, avant de terminer,
m’execuser tout d’abord auprès de vous d’être entré dans de si
longs développements. Il m’a paru cependant nécessaire au
moment où va probablement intervenir une solution définitive
de cette grave controverse qui depuis cinquante ans met aux
prises armateurs et chargeurs, de vous tracer un tableau fidèle
et aussi complet que possible des diverses phases de cette
lutte ainsi que des diverses opinions émises à son sujet.
        <pb n="98" />
        97

Au point de vue juridique, il nous semble que les théories
des chargeurs doivent être considérées comme bien fondées en
1roit malgré l’avis autorisé de jurisconsultes éminents.

En ce qui concerne la jurisprudence, il nous paraît que la
cour Suprême en se limitant à une interprétation par trop
intransigeante des clauses d’exonération de responsabilité s’est
écartée de la véritable tradition juridique et qu’en l’espèce les
Tribunaux de Commerce de Marseille et de Bordeaux en
suivant l’équité se sont conformés au Droit.

Enfin, vous aurez pu constater qu’après une période de lutte
active qui a duré trente ans les chargeurs sont à la veille
d’obtenir enfin satisfaction. Doit-on pour cela, en s’inspirant
des réformes proposées depuis 1886 opérer directement par
voie législative ou bien en tenant compte de l’important accord
intervenu librement à La Haye entre chargeurs et armateurs,
an obtenir la ratification du Parlement Français une fois que
le texte aura reçu les modifications nécessaires pour le rendre
conforme à notre conception nationale de Droit ? J’opterai
volontiers pour cette deuxième solution en vous demandant la
permission de citer.à l’appui de mon opinion la conclusion
d’un récent article du professeur Georges Ripert : « Il faut
on réalité suspendre tout le travail qui a été entrepris. La
France qui a signé une convention a l’obligation morale de la
ratifier et elle ne refusera certainement pas de le faire. Les
armateurs de tous les pays du monde se trouveront placés
sous le même régime de transports, Il convient avant de songer
à d’autres réformes de voir comment se comporte ce régime
nouveau et s’il donne satisfaction aux intéressés. C’est une
expérience à faire. Tout le monde convient que le régime qui
a été créé, bien que prêtant à critique sur certains points est
supérieur au régime actuel. Il faut donc appliquer les Règles
de la Haye. Si dans cette application, des critiques apparaissent
qui soient justifiées, il sera toujours temps de se remettre à
œuvre » (1).

Pratiquement la question se pose de savoir à quel moment
seront prêts les projets de loi destinés à faire entrer dans notre
égislation les règles de la Haye et un certain sentiment de
méfiance persiste dans le monde des chargeurs si souvent
abusé. Il craint de se trouver à nouveau en présence d’une
mesure dilatoire comme l’a été l’établissement du connaisse-
ment transactionnel en 1914 sous la menace de la proposition

1) Sémaphore, 16 février 1926.
3, VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
-
        <pb n="99" />
        de loi de Monzie. Nous ne pensons pas qué ces craintes soient
réellement fondées, l’œuvre de la Haye est une œuvre intérna-
‘jonale qui a donné lieu à une Convention diplomatique déjà
signée et ratifiée par d’importants Etats. Le Gouvernement
Anglais l’a incorporée dans sa législation et mise en vigueur
depuis 1925. La France va le faire ; nous sommes, en effet,
persuadés que le Gouvernement ne tardera pas à en soumettre
la ratification aux Chambres.

Votre Commission a pensé que tout en marquant sa faveur
pour une solution qui mettrait ainsi d’accord chargeurs et
armateurs, il convenait cependant de faire état de la proposi-
lion Roux-Freissineng modifiée ainsi qu’il a été indiqué, car
alle est susceptible de venir plus rapidement en discussion, le
rapport favorable auquel elle a donné lieu ayant été déjà
déposé. Il est d’ailleurs très probable qu’au moment où les
débats s’ouvriront sur cette question à la Chambre, le Gouver-
rement déposera les projets actuellement en préparation.

C’est. dans cet esprit que nous vous proposons d'émettre le
vœu suivant :

« La Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie
de Marseille considérant que les clauses d’exonération qui
figurent dans les connaissements sont très préjudiciables aux
intérêts majeurs dit commerce maritime en ce qu'elles permet-
lent aux armateurs de se dégager pratiquement de toute
‘esponsabilité; que ce sentiment d’irresponsabilité favorise la
dégligence et qu’il en résulte un état de choses peu favorable
à la bonne conservation des marchandises transportées.

Considérant qu’une Convention Internationale reproduisant
tes accords librement adoptés en 1921 à là Haye entre aïma-
leurs et chargeurs a été signée par la France et les grandes
puissances maritimés, ratifiée par la plupart d’entré elles et
nise déjà en vigueur en Grande-Bretagne pour la navigation
nternationale notamment ; que du fait de la nouvelle légis-
ation britannique les exportateurs et les importateurs français
t par répercuüssion le commerce tout entier vont se trouver
dans une situation défavorable.

Qu’il importe donc pour le législateur en présence de cette
aouvelle situation d’intervenir sans aucun retard.

Sous réserve de l’examen des projets gouvernementaux por-
ant ratification de la Convention de Bruxelles, projets qu’elle
souhaite voir déposer le plus rapideimént nossible.
        <pb n="100" />
        99 — _
Emet le vœu :

Que la proposition de loi Roux-Freissineng, dépouillée de
Joutes les dispositions qui aggravent le projet Clémentel,
Tenne sañs retard en discussion devant le Parlement et fasse
’objet d’un vote favorable qui permettra d’arriver à la
solution . définitive d’une question dont le règlement n’a été
Tue trop longie:nps ajourné.

Le Rapporteur,
Francis-Antonin DUFOUR.

Ce rapport entendu, la Chambre Syndicale l’adopte à l’una-
nimité, le convertit en délibération et décide son impression
et son envoi aux Pouvoirs Publics compétents, à nos Représen-
‘ants au Parlement, aux groupements et personnalités inté-
-essés et à la Presse.

Le Président,
JS.-B. ROCCA.

3}. VALIDITE DES CLAUSES D’EXONERATION DANS LES CONNAISSEMENTS
        <pb n="101" />
        ANNEXE IV.

LA TAXE A LA PRODUCTION

Étude des conditions de son application éventuelle
aux Produits de quelques Industries de la Région Provençale

RAPPORT
Présenté à la séance de la Chambre Syndicale du 23 mars 1926
var M. Emile REGIS

MESSIEURS,
Si un certain nombre de Chambres de Commerce et de
Groupements économiques avaient accepté, lorsque cette
question était à l’ordre du jour, le principe d’une taxe sur les
paiements se superposant à la taxe sur le chiffre d’affaires, et
s’ils ne font pas d’opposition aujourd’hui encore à l’augmen-
tation du taux de cette taxe, l’unique raison qui les guide dans
cette voie est d’ordre patriotique.

Il était et il demeure d’une nécessité impérieuse d’alimenter
le Trésor par des ressources nouvelles à rendement élevé et
immédiat.

Il n’est pas douteux qu’une politique d’économies et de
meilleure répartition des charges fiscales devrait suffire à
boucher les fissures du budget, et si, seulement, les finances
de notre pays étaient conduites avec quelque esprit de suite,
point ne serait besoin de forger aussi hâtivement des impôts
lont la répercussion peut être très grave pour l’économie
nationale.

Les industries de transformation vivent déjà difficilement
avec la taxe sur le chiffre d’affaires ; beaucoup disparaîtront
si cette taxe est aggravée. L'industrie, en ce cas, aura de plus
en plus tendance à se concentrer verticalement, et cette
rancentration de l’industrie serait toute artificielle parce que
        <pb n="102" />
        inf

notivée non par une raison industrielle, mais seulement par
1ne raison fiscale.

Or, la France est un pays où l’industrie est assez divisée, et
1 serait fâcheux qu’une mauvaise fiscalité transformât cette
harmonie qui est nécessaire pour le bon ordre économique et
social.

C’est pourquoi dans l’esprit même de ceux qui ont fait voter
par le Sénat la taxe sur les paiements, et dans l’esprit de notre
Ministre des Finances, M. Raoul Péret, toute mesure aggravant
la taxe sur le chiffre d’affaires ne pourra être considérée que
somme une nécessité budgétaire provisoire qui devra être une
ransition entre l’impôt actuel à l’occasion de chaque transac-
tion et l’impôt futur dit à la production, qui serait perçu à
’occasion d’une transaction seulement.

Il faut tenir compte d’autre part que l’opinion est très
1ettement orientée, aujourd’hui en matière d’impôts indirects,
vers la concentration des taxes en un nombre d’assujettis aussi
réduit que possible, pour rendre au commerce et à l’industrie
leur élasticité, pour éviter les vérifications de l’administration
at faciliter la perception.

Du reste, si en matière d’impôts directs, il est nécessaire de
irapper tous les individus, et si la tendance qui consiste à
dégrever la masse pour ne frapper qu’une minorité de citoyens
est d’ordre démagogique, il n’en est nullement ainsi en matière
l’impôts indirects ; ces derniers étant récupérables sur la
marchandise, peu importe qui en est le collecteur, Ils atteignent
forcément tous les commerçants, qui touchent aux produits
‘axés, et tous les citoyens, qui sont des consommateurs.

La Chambre se préoccupe aussi de cette question et a
nommé à cet effet une sous-commission, dite de la « Taxe à
a Production ». Nous avons pensé que si nous pouvions lui
présenter un projet concret poussant dans le détail l’étude de
application éventuelle de la taxe à la production en prenant
pour exemples quelques industries de notre région, ce travail
serait de nature à aider à la solution du problème.

Nous apprécions la manière prudente dont M. le député
Delesalle, président de la sous-commission ci-dessus, envisage
‘a taxe à la production, dont il est fermement partisan, mais
sur laquelle il s’exprime en ces termes dans « La Petite

Tribune » :
« Si l’on me demandait de voter demain un projet de taxe
à la production, je voterais contre, car c’est une taxe dont
4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="103" />
        _— 109

l’aménagement doit être soigneusement étudié quant à ses
‘neidences ».

Pour répondre à ce désir, il a été formé au sein de notre
Chambre Syndicale une sous-commission dont le but bien
précis a été d’étudier comment se comporteraient en cas
d'application généralisée de la taxe à la production les indus-
‘ries principales de notre ville : Minoterie et Semoulerie, Huile-
rie et Savonnerie, Métallurgie, Produits Chimiques.

Mais passant du particulier au général, il nous a paru inté-
ressant et utile d’élever le débat, et tout en spécialisant notre
âtude à ces industries régionales, d’en déduire quelques idées
générales sur l’ensemble de la question.

ETAT DE LA QUESTION
Dans un excellent rapport qu’il présentait le 13 février 1925
à la Chambre de Commerce, notre distingué président hono-
raire, M. Antoine Boude, tout en demandant la plus grande
prudence pour l’établissement d’une taxe à la production, en
approuvait le principe pour les produits allant à la consom-
mation sans subir de transformation industrielle.

M. Pierre Fajon a présenté à notre Société le 24 mars 1925
ün rapport très documenté où il concluait à l’utilité de l’ache-
minement vers la taxe à la production, toujours sous les
réserves de prudence qu’impose un si vaste problème. :

M. Maurice Toy-Riont, alors président de notre Société,
rappelait à M. le Sénateur Milliès-Lacroix, par sa lettre du
21 janvier dernier, que l’établissement de la taxe à la produc-
tion appliquée dans un délai convenable et avec la prudence
nécessaire, était à la fois un élément non négligeable du
redressement financier, un avantage pour les assujettis, et
même pour l’Administration par rapport aux difficultés de la
taxe sur le chiffre d’affaires.

Enfin, M. René Wolff, président de la Commission Commer-
ciale de la Société des Commerçants, Magasiniers et Industriels
de Marseille, présentait à cet important groupement, le
10 février dernier, un excellent résumé de la situation, cet
soncluait, comme nous, à l’intérêt que présenterait cette
‘ormule plus simple à tous points de vue que les taxes
superposées.

La Chambre, entrant dans cette voie, a-voté le 13 février 1925
e remplacement des taxes superposées par une seule taxe
        <pb n="104" />
        pour une série de produits pour lesquels l’application de la
nouvelle méthode est le plus facile : sucre, cacao, thé, café,
shocolat, riz, viande, charbon, coke, alcool dénaturé.

- Notre Société a approuvé le principe de ce vote et, poussant
aujourd’hui la question plus avant, apporte une nouvelle pierre
à l'édifice en étudiant l’application de l’impôt à la production
à quatre grandes industries de notre région. |

Nous invitons les groupements économiques des autres
grandes villes de France à nous suivre dans cette voie, et à
aborder ce même problème dans son application aux industries
qui les concernent plus spécialement.

Cette étude est à l’ordre du jour : il est nécessaire que les
sroupements corporatifs en assurent la préparation afin
d’éviter les surprises d’un vote hâtif des Chambres.

AVANTAGES DE LA TAXE UNIQUE

Une application méthodique de la taxe à la production pré-
senterait vraiment pour le commerce en général, grand et petit,
t les industries de transformation, de très réels avantages:

Au risque de nous répéter, il est indispensable de rappeler
fuels sont ces avantages, au début de notre étude :
{° Il serait incomparablement plus facile de contrôler et de
percevoir cet impôt unique centralisé entre les mains d’un
nombre réduit de producteurs, que les multiples échelons de la
laxe sur le chiffre d’affaires qui s’applique à tous les indus-
Tiels et commerçants tenant ou non une comptabilité ;

2° La taxe sur le chiffre d’affaires, perçue à l’occasion de
zhaque transaction, crée un avantage aux industries dites
verticales, qui groupent l’achat dè la matière première à
l’origine, plusieurs transformations industrielles, et quelque-
‘ois la vente au détail, par rapport aux industries de trans-
formation, qui achètent la matière première à un importateur
et vendent leurs produits au commerce de gros lequel les cède
à son tour au commerce de détail. Deux taxes seulement
‘rappent le produit dans le premier cas ; cinq dans le second
2as.

Il est nécessaire de ne pas augmenter ce déséquilibre et d’y
:emédier si possible.

3° Les droits de douane qui frappent les produits étrangers
à l’occasion de leur importation en France ne ticnnent pas

t. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="105" />
        — 104 —

compte des multiples taxes sur le chiffre d’affaires qui touchent
les mêmes produits quand ils sont fabriqués en France.

Le remplacement de ces taxes multiples, dont le nombre est
variable, par une taxe unique de 4 ou 5 % par exemple sur le
produit fabriqué permettrait d’atteindre du même pourcentage
le même produit fabriqué quand il serait importé de l’étranger.

4° Quand un produit est fabriqué en France, il est —
jusqu’à présent — exonéré de la taxe sur le chiffre d’affaires
de 1,30 % à l’occasion de sa vente à l’exportation ; mais ce
produit a déjà acquitté plusieurs taxes depuis l’importation
des matières premières ayant servi à le produire jusqu’au
moment où il devient exportable.

Si une taxe unique de 4 % par exemple est appliquée, c’est
de l’intégralité de ce pourcentage que doit être dégrevée la
marchandise exportable.

5° Certains commerçants ne se rendant pas suffisamment
compte de la répercussion de l’impôt sur le chiffre d’affaires,
car leur prix de vente ne leur permet pas toujours de le
récupérer, ont tendance à majorer leur prix d’un pourcentage
supérieur à la taxe ; et ceci arrive à l’occasion des quatre ou
cinq transactions que supportent en moyenne les produits de
sonsommation,

Au contraire, une taxe unique, qui serait facturée, — nous
insistons sur ce point — ne serait incluse dans le prix de vente
des produits que pour son montant exact.

6° La taxe unique permettra d’en accommoder plus aisé-
ment le taux aux besoins du Trésor ; et si un meilleur
équilibre des charges fiscales permettait un jour de décharger
le commerce, un changement de taux portant sur une taxe
1nique serait toujours plus facilement assimilable.

7° Enfin, il faut considérer que le commerce tend à se
soustraire à la taxe actuelle en groupant les industries de
transformation, en augmentant le rôle des commissionnaires,
et par diverses autres méthodes encore, qui sont de nature à
diminuer le rendement de la taxe.

Les effets de cette tendance ne se sont pas encore fait sentir
très apparemment, parce qu’il est normal qu’un impôt de
consommation relativement nouveau ait une tendance à la
progression, et aussi parce que la dévalorisation du franc fait
apparaître d’illusoires excédents de rendement. Mais il arrivera
certainement un jour prochain où la diminution réelle de
recette sera nettement accusée.
        <pb n="106" />
        -- 105

La taxe à la production, qui rend leur élasticité aux transac-
tions, ne peut causer aucune surprise de cette nature.

Il est évident que l’application de la taxe à la production
présente des difficultés ; mais l’industrie n’a-t-elle pas pris
l’habitude, depuis quelques années, de vivre au milieu des
difficultés ?

Celle-ci n’est nullement insurmontable ; il apparaît même
que les avantages que nous venons de citer sont d’une telle
importance que le commerce a intérêt à préparer les voies à
l'application de ce système.
À QUEL STADE DE LA PRODUCTION
FAUT-IL APPLIQUER LA TAXE ?

La première préoccupation de votre Commission a été
l’étudier à quel stade : importation, matière première, ou
fabrication, doit être établie la taxation, et s’il y a lieu d’appli-
quer en cela la même méthode à toutes les industries.

De l’enquête que nous avons menée auprès des industries
intéressées, il ressort qu’à priori, il y a une tendance à désirer
la solution la plus simple qui consiste à taxer la matière
première à l’occasion de son importation, ou de sa production
en France si la matière première est française.

Cette solution serait simple, présenterait peu de difficultés
d'application, et son contrôle en serait facile ; mais elle ne
permet pas de profiter des avantages que nous avons énumérés
aux troisième et quatrième alinéas qui précèdent : protection
à l’entrée, exonération à la sortie.

En effet, comment calculer la protection qui doit être
accordée à un produit fabriqué si c’est sa matière première
seule qui est taxée ? Et comment exonérer à la sortie un
produit fabriqué pour la taxe qui a frappé ses matières
premières ?

Comme ce sont là pour le commerce et l’industrie les deux
avantages principaux de la taxe unique, il faut rechercher une
méthode qui permette d’en profiter, et cette méthode est de
lrapper de la taxe unique le produit fabriqué au moment où il
est terminé et où il sort de l’usine,

Certains ont proposé d’associer les deux systèmes en taxant
d’une part les matières premières d’un droit faible, puis l’objet
fini au moment où il sort de l’usine pour être livré au com-
merce ou à la consommation. Cette méthode ne laisse qu’une

4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="107" />
        — 106 —

partie des avantages signalés plus haut et présente la compli-
cation d’une double taxation.

Enfin d’autres ont pensé aussi qu’il serait plus simple de
maintenir les taxes actuelles à l’importation et sur le chiffre
d’affaires pour les ventes d’industrie à industrie, et de faire
payer au produit fini, au dernier stade industriel au moment
où il est livré au commerce ou à la consommation, une taxe
de 2 à 3 % qui remplacerait seulement les taxes de transmis-
sion entre commerçants.

C’est là une formule intermédiaire que nous empruntons à
M. Antoine Boude, sur laquelle nous reviendrons plus loin et
qui doit être retenue tout au moins comme premier stade
d'application pour les produits à multiples transformations,
pour lesquels l’établissement d’une taxe unique présente des
difficultés particulières.

Quant aux autres produits pour lesquels l’adaptation est
plus facile, si l’on veut leur appliquer immédiatement et inté-
gralement la taxe unique, il n’y a que deux systèmes possibles :

Ou la taxe unique sur les ‘matières premières, soit à
l’occasion de leur production en France comme le sel, soit à
l’occasion de leur importation comme les graines oléagineuses.

Ou la taxe unique sur les produits fabriqués, au moment
de leur dernière transformation et de leur passage au com-
merce ou à la consommation.

Le premier système, qui est le plus facile, prive seulement
des avantages signalés plus haut, mais peut être retenu pour
les produits qui ne nécessitent qu’une transformation indus-
trielle simple avec très peu de main-d’œuvre. On peut trouver,
en ce cas, sur les matières premières, une taxe à taux modéré
qui frapperait à l’origine tous les produits de transformation;
et l’on atteindrait ainsi, par des taxes massives à grand ren-
lement fiscal et sans évasion possible, l'immense famille des
dérivés de ces matières premières.

Mais il ne peut être acceptable de taxer à l’origine des
produits qui subissent deux ou trois transformations indus-
trielles, dont certaines exigent une main-d’œuvre importante.
[1 faudrait alors appliquer une taxe d’un taux tellement élevé,
pour représenter l’équivalence des taxes actuellement payées,
que les produits intermédiaires et de première nécessité
seraient exagérément chargés et nullement défendus contre la
roncurrence étrangère.

Exemple : Si on devait taxer à l’origine la fonte ou le métal
sn lingot, pour atteindre comme il conviendrait tous les dérivés
        <pb n="108" />
        tels qu’une pompe, une machine à vapeur ou un bronze d’art,
il faudrait appliquer à ces matières premières un taux très
important ; et dès lors, les grosses pièces de fonte ou les fers
à plancher, par exemple, seraient exagérément chargés au
profit des produits de luxe.

Il ressort de ces considérations que, si la taxe unique sur les
matières premières est admissible pour les produits dont la
transformation est simple ct n’exige que peu de main-d'œuvre,
elle est impossible pour les produits à transformations compli-
quées et coûteuses.

En ce cas, l’application de la taxe sur le produit fini est la
seule qui ne charge que dans une limite normale les produits
intermédiaires, et qui permette de mesurer exactement : d’une
part, la protection qu’il faut donner au produit fabriqué contre
l'importation étrangère du même produit, et d’autre part,
l’exonération qui doit lui être accordée à l’occasion de son
exportation.

Ceci est, du reste, tellement essentiel, que même pour les
produiis chimiques (superphosphates, acide tartrique et
soufre) qui nécessitent peu de main-d’œuvre et une transfor-
mation industrielle simple, notre rapporteur, M. Elzéar Abcille,
préfère abandonner la taxation unique sur les matières pre-
mières, et se rallie à l’application de la taxe sur le produit fini.

Bien entendu, l’application de la taxe sur le produit fini
demande une étude spéciale pour chaque industrie : un produit
peut être livré à la consommation et dans ce cas, il devra être
taxé comme produit fini ; mais il peut être livré aussi à une
autre industrie qui le transforme encore. Ce cas est extrême-
ment fréquent :

L'huile peut être livrée à la consommation ou à la savon-
nerie.

La semoule peut être livrée à la consommation ou à l'usine
de pâtes alimentaires.

Un robinet, un thermomètre, un moteur électrique peuvent
être livrés à la consommation, ou — ce qui revient au même
— à un industriel qui utilisera directement le robinet pour un
appareil, le thermomètre pour son laboratoire, le moteur élec-
trique pour actionner une transmission, et c’est toujours là de
la consommation. Mais ce robinet, ce moteur électrique, peu-
vent être acquis par une usine de constructions mécaniques,
qui placera le robinet sur une chaudière, et le moteur électrique
sur un treuil, ou l’accouplera à une turbine pour le revendre
ainsi sous une autre forme.
4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="109" />
        — 108 —

II faut éviter de taxer deux fois l’huile, la semoule et le
robinet, dans le cas où ces produits sont utilisés par une
‘ndustrie qui les transforme ou les achète pour les revendre
sous une autre forme ; et pour cela, la seule méthode pratique
consiste à taxer le produit fini à sa sortie de l’usine, sauf dans
le cas où ce produit passe à une autre industrie qui, en l’ache-
tant, déclare à son vendeur que l’objet est destiné à être
‘ransformé. Ainsi l’huile comestible livrée à l’épicerie pour
l'alimentation est taxée à sa sortie de l’huilerie : mais si cette
huile est achetée par un margarinier ou un savonnier, ceux-ci
déclareront au fabricant d’huile qu’ils achètent pour transfor-
mer : le margarinier ou le savonnier deviennent de ce fait
comptables de la taxe. De même la semoule paiera sa taxe à
la sortie de la semoulerie quand elle sera livrée à la consom-
mation, et ne la paiera pas quand elle sera livrée au fabricant
de pâtes qui devient comptable de la taxe. Le robinet, le
thermomètre, le moteur électrique, paieront la taxe à la sortie
de l’usine qui les fabrique quand ils seront livrés à la consom-
mation ; mais ils ne la paieront pas quand ils seront ‘acquis
par une usine de constructions mécaniques qui les appliquera
à de nouveaux appareils soumis à la taxe.

Mais quelles complications dira-t-on ! Comment suivre tel
produit à l’occasion de sa transmission d’une industrie à une
autre ? Comment éviter les fuites ?

Ne serait-il pas plus simple de taxer toujours le produit
fabriqué, même s’il est acquis par une autre industrie de
transformation, et, en ce cas, d’autoriser cette dernière à
déduire du prix taxable de la nouvelle fabrication la part qui a
Sté déjà frappée ?

Par exemple : Autoriser un constructeur de chaudières à
déduire pour la taxation, du prix de sa chaudière, les robinets,
les tubes, les thermomêtres, et autres outils qui ont été déjà
laxés.

Nous avons étudié cette formule et l’avons rejetée, car, pour
paraître plus simple à priori, elle est à l’examen d’une applica-
tion beaucoup plus difficile. T1 faudrait, en effet, en ce cas,
qu’un fabricant de savon, par exemple, déduise du prix de son
savon — pour le caleul de la taxe — le prix des huiles, des
graisses, des produits chimiques et autres marchandises
nombreuses encore, qui entrent en composition dans son
savon. Comment pourrait-il calculer exactement l’incidence de
la taxe sur le prix de son savon ?

Nous préférons donc, quand une marchandise devra subir
        <pb n="110" />
        — 109 —

plusieurs transformations industrielles, exonérer l’industriel
en amont, plutôt que l’industriel en aval.

D'autre part, le système que nous préconisons : qui ne fait
payer le produit que lorsqu’il est livré au commerce ou à la
consommation, mais l’exonère lorsqu’il est livré à une autre
industrie qui le transforme, et qui fait en ce cas prendre en
charge la taxe par l’industrie] acheteur, est un système qui
cxiste déjà et est appliqué en matière de douanes et de
sontributions indirectes.

En matière de douanes, un produit acheté à l’entrepôt peut
subir, d’une industrie à l’autre, des mutations d’entrepôt
jusqu’au moment où il est mis à la consommation. En matière
d'octroi, un produit peut être mis à l’entrepôt d’octroi et subir
des mutations jusqu’à sa consommation. ;

En matière de régie, l’alcool par exemple est livré couram-
ment d’une industrie à une autre sans acquitter les droits,
lesquels ne sont payés que par celui qui met à la consomma-
tion.

Nous pensons qu’il est préférable d’adopter un système
Squivalent pour les marchandises qui, livrées d’une industrie
à une autre, ne seront taxables qu’au dernier stade industriel.
Ces marchandises seront à l’entrepôt autant que l’acheteur
déclarera qu’il reçoit pour transformer. Dans le cas contraire,
alles seront mises à la consommation par le dernier échelon
industriel.

Le fisc peut avoir un contrôle facile et suivre les marchan-
lises qui vont d’une industrie à l’autre sans payer la taxe. II
suffira d’imposer à l’industriel qu’il transcrive ses factures,
sur deux livres différents suivant qu’elles sont sujettes ou
non à la taxe à la production, Il ne nous appartient pas du
reste de préciser les justifications à donner pour les mutations
d’une industrie à l’autre. Il nous paraît que l’application ne
doit présenter aucune difficulté, et nous laissons au règlement
d'administration publique le soin de déterminer exactement la
manière dont devront être tenues les copies de factures, et les
léclarations à demander aux industriels.

Cette taxe sur le produit fini étant ad valorem et appliquée
au dernier stade de fabrication, comprendra tous les frais de
transformation et de main-d’œuvre qui ont grevé le produit
depuis l’origine. Aussi l’application d’un taux relativement
modéré donnerait aisément un rendement aussi important que

les diverses taxes superposées aujourd’hui au titre « chiffre
d’affaires ».

{ LA TAXE À LA PRODUCTION
        <pb n="111" />
        — 110 —

NÉCESSITÉ DE PROTÉGER LE PRODUIT FABRIQUÉ FRANÇAIS
PAR UN DROIT A L'IMPORTATION ÉGAL A LA TAXE
ET DE LA DÉGREVER A L’EXPORTATION

Comme nous l’avons déjà dit, la méthode que nous venons
d'exposer et qui tend à taxer le produit fini d’une seule taxe
remplaçant celles qui sont perçues aujourd’hui au titre chiffre
d’affaires, est la seule qui permette de frapper les produits
fabriqués étrangers d’une taxe d’importation égale à la taxe à
la production qui toucherait les produits français, et d’exonérer
entièrement ceux-ci à l’exportation, de l’ensemble des taxes
concentrées dans la taxe à la production.

Mais encore faut-il démontrer la nécessité qu’il y a pour
notre pays à poursuivre ces mesures, car les pays avec lesquels
nous entretenons les relations commerciales pourraient être
amenés à penser que, d’une part, la baisse du franc nous
protège suffisamment contre la fabrication étrangère, et d’autre
part, que l’exonération à l’exportation serait une mesure de
Dumping.

Il faut considérer qu’en France les droits de douane ne
représentent que 5 % des recettes du budget, tandis qu’en
Angleterre, qui se dit libre-échangiste, ils représentent 12 %.

Les Anglais prélèvent, par leurs droits de douane, l’équiva-
tent de 12 milliards de francs, tandis que nous n’en prélevons
qu’un milliard et demi. Ceci provient surtout du retard apporté
par le Gouvernement à la révision de notre tarif douanier.

Nos droits de douane, exprimés pour la plupart en francs
par cent kilos, ne sont plus, en raison de la baisse du franc,
que d’une incidence très faible sur les produits. Les droits
d'avant-guerre n’ont été, en effet, augmentés que de coefficients,
lesquels n’ont pas été revisés depuis le commencement de 1923.
Or, depuis 1923, l’indice des prix de gros s’est élevé de 370
à 646 %.

L'Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal, d’autres pays
encore, ont établi chez eux le paiement des droits de douane
sn or.

Pour des raisons diverses, la France n’a pas suivi cette voie,
et, sans entrer dans ce débat qui sortirait du cadre de notre
exposé, les indications qui précèdent doivent suffire à établir
que les nouvelles taxes intérieures instituées au titre chiffre
d’affaires ou taxe à la production doivent nécessairement
        <pb n="112" />
        11ii —

trouver ue contrépartie à l’entréé en Franée des produits
étrangers.

Quant au dégrèvement que nous demandons sur les produits
2xportés, ce serait commettre une grave erreur que de l’appré-
cier comme un Dumping. Cette mesure n’a d’autre effet que de
nous rapprocher du régime de libre concurrence.

L'industrie française supporte la plus lourde charge, par les
dombreux impôts qui la frappent, de la faillite des engagements
de l'Allemagne. Elle assure à elle seule la plus grande partie
des ressources de notre lourd budget. Et si les taxes perçues
au titre chiffre d’affaires, ou production, n’étaient pas suppri-
imées à la sortie, les exportations françaises se trouveraient
grandement diminuées.

On a parlé, au cours de ces dernières années, de l’améliora-
tion de la balance commerciale de la France. Mais a-t-on tenu
sompte de tous les éléments de cette balance ? .

À la séance du 5 février dernier du Sénat, M. le Sénateur
Japy faisait remarquer qu’en 1924 nos exportations ont dépassé
xos importations de 350 millions de franes-or.

Mais, dit-il, si l’on en déduit l’excédent des exportations aux
colonies qui ont pour monnaie le franc, excédent qui s’élève
à 250 millions de francs-or ; si l’on déduit les frets que nous
payons à l’étranger et qui représentent approximativement
350 millions ; si l’on déduit encore l’exportation des capitaux
effectuée par les ouvriers étrangers que les pertes de la guerre
et l’application de la loi de 8 heures nous obligent à appeler
en France, exportation qui représente encore 300 millions de
trancs-or, l'addition de ces chiffres montrera que le soi-disant
excédent de balance commerciale de 1924 semble*s’être traduit
par un large déficit, même en tenant compte des dépenses des
touristes étrangers. Il est donc capital de ne pas entraver notre
exportation. -

Or il apparaît que, pour les derniers mois de 1925, le déficit
de notre balance se produit de nouveau ou redévient apparent :
nos importations qui étaient, en ‘septembre 1925, de 441 mil-
lions, ont progressé en octobre à 498 millions : novembre,
501 millions ; décembre, 559 millions,

Si l’on compare les chiffres de ces mêmes mois pour 1924
et 1925, on trouve que nos importations ont progressé : en
octobre, de 32 % ; en novembre, de 33 % : en décembre,
de 38 %, alors que, parallèlement, nos exportations n’ont
progressé : en septembre, que de 22 % ; en octobre, de 19 % ;
en novembré, de 18 % ; en décembre, de 10%,

4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="113" />
        — 1192 —

Comme il est très exactement exposé dans le projet de loi
portant modification au tarif des douanes, qui a été présenté
à la Chambre le 23 février dernier, la progression de nos
2xportations (après avoir été ralentie par l’élévation récente
les barrières douanières de certains pays étrangers), est par
ailleurs gênée par des obstacles d’ordre intérieur qui diminuent
les moyens d’expansion de nos industries.

Sans même envisager les augmentations de leurs charges,
alles ont, du fait des fluctuations monétaires, à subir des
resserrements de crédit. Les fonds de roulement, quand ils
&gt;xistent, ne sont pas engagés en totalité par crainte d’une
hausse des prix et des besoins d’argent qu’elle entraîne : les
affaires sont mises au ralenti, celles à l’étranger surtout, qui
exigent souvent des facilités de crédit dont dépend leur
sonclusion.

Donc, dans un pays comme la France, qui doit panser tout
seul les plaies de toutes sortes causées par la grande guerre, et
où l’industrie supporte une charge plus grande proportionnel-
lement que n’importe quel autre pays, les puissances étran-
sères qui veulent bien examiner impartialement nos conditions
de travail sont bien obligées de reconnaître que la détaxe du
chiffre d’affaires que nous réclamons à la sortie de nos
produits ne fait que diminuer, dans une faible mesure du reste,
te handicap que supporte l’industrie française par rapport à
ses voisines.

Ces mesures que nous préconisons sont donc équitables, et
pour les réaliser, il est nécessaire que la taxe à la production
frappe le produit fini.

Telles ont été, Messieurs, les conclusions générales auxquel-
les s’est ralliée votre sous-commission, tout en laissant le
champ libre à ceux de nos collègues qui ont bien voulu se
charger plus spécialement du cas de l’étude des industries
qu’ils représentent dans notre Société, et qui tous ont conclu,
après étude, à une solution à peu près semblable.

Minoterie et Semoulerie
A) Minoterie. — M. Charles Tassy, qui a bien voulu se
charger d’étudier l’application de la taxe à la production à la
minoterie signale que cette industrie jouit d’un traitement
particulier en ce qui concerne la taxe sur le chiffre d’affaires.

Pour éviter toute cause de hausse du prix du pain, l’article 3
de la loi du 24 décembre 1924 stipule que les affaires de vente,
"ommission. importation. courtage, portant sur les grains de
        <pb n="114" />
        +

blé tendre et seigle destinés à la fabrication du pain, seront
&gt;xemptées de la taxe sur le chiffre d’affaires.

Donc actuellement, la minoterie, c’est-à-dire la fabrication
de la farine de blé tendre, et ses commerces annexes, ne sont
taxés du 1,30 % que sur la vente par l’usine, de sa farine et
de ses sous-produits. C’est une taxe à la production sur le
produit fabriqué et à un taux modéré.

Dans ces conditïons, il n’y a rien à changer à ce qui existe ;
mais si les circonstances changeaient et que les affaires se
rapportant à la minoterie devinssent sujettes, comme les autres
‘ndustries, à la taxe sur le chiffre d’affaires, la minoterie pour-
rait accepter en ce cas l’application de la taxe à la production
portant sur le produit fini, c’est-à-dire la farine, ou les sous-
produits qui vont à la consommation des bestiaux. Si ces
sous-produits étaient livrés à une autre industrie, comme par
exemple les sons qui sont vendus pour la fabrication des
produits mélassés, ils seraient en ce cas exemptés et c’est le
’abricant de produits mélassés qui prendrait en charge la taxe.

La minoterie estime que la taxe devrait être calculée sur une
moyenne de trois transactions.

B) Semoulerie. — Voici les conclusions de l’excellent
rapport de M. Edmond Barbaro concernant la semoulerie.

La semoulerie, dont la matière première est le blé dur, a

pour objet de produire des semoules dont une partie va à la
consommation sous le nom de « semoules à potage », et une
partie sert de matière première à l’industrie des pâtes alimen-
taires.
Ces deux industries n’exigent que des frais de fabrication
relativement peu élevés, et si, pour elles, la taxe était placée
à l’origine, c’est-à-dire sur le blé dur à l’occasion de son entrée
à la semoulerie, estimant que du blé aux pâtes alimentaires
on doit compter une moyenne de quatre transactions, la taxe
à la production — pour produire un égal rendement — devrait
être de 5,30 % si elle était appliquée à la matière première
“blé dur), ou de 4 % si son application était fixée au produit
fini : les pâtes alimentaires.

Néanmoins, M. Barbaro conclut que la semoulerie ne pour-
rait accepter le remplacement des taxes actuelles par une taxe
à la production que si cette taxe était appliquée non pas à
l’origine, mais sur le produit fini. Or, le produit fini est :

a) La semoule, lorsqu’elle ‘est livrée directement à la
zonsommation, et ses sous-produits, tels que gruau, sons et
‘epasses, lorsqu’ils sont livrés aussi à la consommation :

4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="115" />
        — 114 —

b) Les pâtes alimentaires quand les semoules transitent à
l’usine de pâtes : en ce cas, les semoules sont prises en charge
par le fabricant de pâtes, et la taxe doit être appliquée au
produit fini, c’est-à-dire aux pâtes alimentaires.

Sans vouloir fixer le chiffre d’une façon définitive, et pour
indiquer seulement un ordre de grandeur en vue du rempla-
cement de la taxe sur le chiffre d’affaires, les pâtes pourraient
supporter un taux de 4 %, tandis que les semoules et sous-
produits de la minoterie livrés à la consommation (qui sont
des produits intermédiaires), de 2,50 %.

Quant aux sous-produits de la mouture des blés durs :

a) Les farines dérivées de la semoulerie : SBDS, Gruau D,
Minot D (15 % environ) sont généralement exportées sous le
régime de l’admission temporaire ; elles auraient à supporter
la taxe à la production toutes les fois qu’elles seraient livrées
à la consommation en France.

b) Les issues : sons et repasses (20 % environ) supporte-
raient aussi la taxe à la production à l’occasion de la livraison
par le semoulier au consommateur.

Le taux de la taxe à appliquer aux farines dérivées de semou-
erie et aux issues peut être évalué à 1,5 %.

Les conclusions de M. Barbaro, qui sont étayées d’excellents
arguments pour justifier le désir de la semoulerie de voir taxer,
non pas la matière première, mais les produits finis, ont été
adoptées par votre sous-commission à l’unanimité,

Huilerie et Savonnerie :
Suivant l’excellent rapport qu’ont fourni MM. Auguste
Rostand, Edouard Rastoin et Edouard Gouin, qui représentent
au sein de notre Société l’industrie de l’huilerie et savonnerie,
l’huile et le savon subissent en moyenne quatre ou cinq tran-
sactions:

- Ces industries sont, comme la semoulerie et la minoterie, de
celles dont les frais de fabrication sont peu élevés. On peut
théoriquement envisager pour elles la taxe à l’origine aussi
dien que la taxe sur le produit fabriqué.

L'huilerie importe pour 2 milliards 700 millions de matières
premières, sur lesquels 750 millions sont réexportés.

Ces chiffres sont suffisants pour baser une taxe à l’origine à
aux relativement modéré qui serait susceptible de remplacer
es taxes actuelles.
        <pb n="116" />
        ‘15

Néanmoins, comme la semoulerie, l’huilerie et la savonnerie
marquent une préférence très nette pour la taxation du produit
fini. Ce produit est l’huile, si elle est livrée directement au
sommerce ou à la consommation, ou le savon, si l’huile ou les
produits intermédiaires de raffinage d’huile transitent entre
les mains du savonnier.

Dans le premier cas, la taxe de 3 % environ serait payée par
ie fabricant d’huile ; dans le deuxième cas, le savonnier
prenant l’huile en charge deviendrait redevable sur son produit
fini, le savon, de la taxe unique dont le taux pourrait être
de 4 % environ.

La savonnerie elle-même livre des sous-produits à d’autres
industries, la glycérine par exemple. En ce cas, c’est la raffi-
aerie de glycérine qui prendra en charge la glycérine, sa
matière première, et devra acquitter la taxe sur son produit
Îni, la glycérine raffinée.

Bien entendu, fabricants d’huile, fabricants de savon, raffi-
neurs de glycérine, doivent tenir deux livres, sur lesquels ils
rranscriront leurs factures suivant qu’elles sont passibles ou
non de la taxe ; ce qui permettra au fise de suivre la marchan-
dise et d’exercer un contrôle facile.

Produits chimiques
Le rapport très documenté que nous a fourni M. Elzéar
Abeille conclut, comme les précédents, à la taxation unique
sur les produits finis.

M. Abeille a limité son étude au cadre, fixé d’avance de
zertaines industries chimiques régionales : les soufres, les
superphosphates et l’acide tartrique.

Pour les produits ci-dessus, l’importance de la valeur des
matières premières est considérable par rapport à la valeur
du produit vendu : 60 à 80 % environ : le reste étant main-
d’œuvre, frais généraux et bénéfice. Ces industries sont donc
de celles qui peuvent en principe envisager l’application de la
‘axe unique à la matière première : phosphate, pyrite, nitrate,
jute indirectement, sels, calcaires.

Cette solution, plus simple, serait bonne au cas où le Gou-
vernement commettrait l’erreur de cesser de dégrever les
produits, de la taxe, à l’occasion de leur exportation. Mais
autant que notre législation voudra bien encourager l’exporta-
ion française cn dégrevant les produits fabriqués en France

4. LA TAXE À LA PRODUCTION
        <pb n="117" />
        — 1168 —

des taxes perçues au titre « production &gt;» ou « chiffre d’affai-
res », il sera nécessaire d’appliquer la taxe unique au produit
fini.
En ce cas, et pour indiquer seulement un ordre de grandeur,
la taxe unique pourrait être environ de : 3 % pour les super-
phosphates, 2,85 % pour le soufre, 2,60 % pour l'acide
‘artrique.

Bien entendu, ces conclusions se rapportent seulement aux
exemples locaux ci-dessus de la grande industrie chimique,
mais non par exemple aux multiples industries des produits
dérivés, notamment les spécialités pharmaceutiques. Pour
celles-ci, le problème est beaucoup plus compliqué en raison
des nombreux échelons de transformation, et nous estimons
qu’il y a lieu de leur appliquer la solution intermédiaire et de
transition dont nous parlerons dans nos conclusions. …

En ce qui concerne nos industries régionales de produits
chimiques, la taxe à la production intégrale paraît pouvoir être
immédiatement appliquée.

Métallurgie
MM. Paul Duclos et Henri Martiny nous ont apporté sur
sette question de très intéressantes suggestions.

Spécialistes de la ‘métallurgie et de la construction mécani-
que, leurs avis sont ceux de techniciens, qui ont étudié au
sein de notre commission et sous toutes ses formes possibles,
l’application de la taxe à la production à leur industrie. Ils ont
conclu à titre personnel à la taxation de l’objet fini. Leur
syndicat hésite cependant à les suivre et préfèrerait taxer-les
matières premières.

Nous avons exposé plus haut les raisons qui nous retenaient
de baser la taxation sur les matières premières, surtout
rorsqu’il s’agit d’industries où les transformations peuvent être
nombreuses et la main-d’œuvre importante. Aussi estimons-
nous que la métallurgie est de ces industries pour lesquelles
la taxe unique ne peut être équitable, productive, et d’une
application facile, qu’en lui appliquant une solution intermé-
diaire et de transition énoncée dans nos conclusions et qui
‘orme l’objet de notre deuxième vœu.
        <pb n="118" />
        — 117 —

CONCLUSIONS

Nous vous avons exposé, au cours de cette étude, Messieurs,
nos vues d’ensemble sur l’application de la taxe à la production
au commerce et à l’industrie en général, et particulièrement
à quelques industries de notre région. Il est bien entendu que
cette étude n’a pour but que de fournir des éléments d’appré-
ciation aux autres groupements économiques régionaux et
nationaux et aux organismes administratifs et parlementaires
sans que nous entendions parler au nom de l’ensemble des
industries envisagées ni à plus forte raison préconiser en ce
qui les concerne une application anticipée et isolée d’un
régime qui doit être général.

Nous vous proposons, en conclusion, d’adopter les vœux
suivants :

Considérant qu’il y a intérêt à remplacer la taxe sur le
chiffre d’affaires et la taxe sur les paiements par une taxe
unique, les avantages de cette méthode étant :

a) Simplification puisque la taxe serait centralisée entre les
mains des producteurs ;

b) Elasticité rendue aux industries de transformation et aux
[ransactions commerciales ;

c) Meilleure défense . contre l’importation étrangère des
produits fabriqués ;

d) Complète détaxe à l’exportation ;

e) Répercussion proportionnelle, et non exagérée, sur les
orix de facturation :

f) Plus de souplesse pour toute modification du taux ;

g) Plus de sécurité pour les recettes du Trésor.
Considérant que le remplacement de toutes les taxes super-
posées au titre « chiffre d’affaires » par une taxe unique peut
être appliqué aux matières premières et/ou d’importation si
la valeur des matières premières est importante par rapport
au produit fabriqué, c’est-à-dire s’il s’agit de transformations
simples et exigeant peu de main-d’œuvre ; mais cette méthode
ne permettant pas une défense équivalente contre le produit
‘abriqué étranger, ni une exonération bien calculée à l’expor-
tation, les industries intéressées préfèrent en général, après

4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="119" />
        118

étude du problème, la taxation du produit fini et au dernier
échelon de la transformation industrielle, avec un régime
équivalent à une mutation d’entrepôt quand un produit passe
d’une industrie de transformation à une autre, et ainsi
jusqu’au dernier échelon industriel qui, livrant au commerce
ou à la consommation, devra inclure et facturer la taxe :

Considérant qu’il résulte des conclusions de nos rapporteurs
spécialisés que la taxe à la production intégrale, qui existe déjà
pour la minoterie, à un taux modéré, peut, s’il est décidé de
la généraliser, être appliquée à la semoulerie, à l’huilerie, à là
savonnerie et à certaines branches de l’industrie des produits
chimiques (soufre, superphosphates, acide tartrique) :

Considérant cependant qu’il est impossible, sans gêner consi-
dérablement l’économie nationale et sans risque grave pour les
recettes du Trésor, de remplacer immédiatement les taxes sur
le chiffre d’affaires par une taxe à la production intégrale pour
toutes les industries et tous les commerces français ;

La Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie de
Marseille estime qu’on peut classer les industries françaises
en deux catégories : les unes simples qui s’appliquent à des
produits dont le nombre de transformations et de transac-
tions est à peu près invariable et pour lesquelles le remplace-
ment des taxes superposées en une taxe unique est désirable ;
les autres qui, sujettes à des transformations multiples et
difficiles à apprécier, ne peuvent supporter un changement de
régime immédiatement et sans transition ;

Considérant que, pour ces dernières, deux solutions sont
possibles : la première consistant à surseoir à toute modifica-
tion de leur régime, attendre le résultat de l’application du
système nouveau aux autres industries pour lesquelles la
solution aura été facile, laisser les syndicats intéressés profiter
de l’expérience des autres industries et les inviter à apporter
dans un délai convenable la solution de leur problème ; la
deuxième consistant à maintenir comme mesure transitoire la

taxe sur le chiffre d’affaires à ces industries, et à appliquer au
dernier échelon de transformation industrielle qui livre le
produit fini au commerce ou à la consommation, une taxe qui
remplacerait les taxes commerciales : ce serait le maintien du
système actuel pour les transactions d’une industrie à l’autre
et la concentration des taxes actuelles qui frappent les ventes
entre commerçants, en une seule taxe qui serait payée par le
dernier échelon de transformation industrielle :
        <pb n="120" />
        119 —

Considérant que la première de ces solutions, le statu quo,
l’avancerait pas, pour ces industries, la question fort intéres-
sante de la taxe à la production ; que cette première solution
maintiendrait obligatoirement la taxe sur le chiffre d’affaires
pour certains produits au commerce de gros et de détail tandis
que èe même commerce serait exonéré de la taxe pour les
produits qui auraient acquitté la taxe à la production ;
Considérant d’autre part, que la deuxième solution, préco-
nisée par M. Antoine Boude, qui maintient le système actuel
pour les transactions entre industries, et remplace les taxes
de commerce par une seule taxe au dernier échelon industriel,
offre les deux avantages suivants :

a) Suppression définitive de la taxe sur le chiffre d’affaires
pour les commerces de gros et de détail :

b) Application immédiate de la taxe à la production à tous
les produits : taxe à la production intégrale pour les industries
Jui peuvent la supporter immédiatement, taxe à la production
de transition pour les industries qui ne peuvent la supporter
mmédiatement ;

EMET LE VŒU :
[° Qu’en remplacement des taxes actuelles perçues au titre
« chiffre d’affaires », la taxe à la production intégrale soit
appliquée au produit fabriqué fini à l’occasion de sa livraison
au commerce ou à la consommation, pour toutes les industries
Jui peuvent supporter cette modification sans dommage ;
2° Que, pour toutes les industries qui ne peuvent supporter
cette modification radicale, sans dommage, le régime actuel
de la taxe sur le chiffre d’affaires soit maintenu, mais pour
les transactions entre industriels seulement, et qu’une taxe dite
à la production et de transition soit appliquée à la dernière
‘ransformation industrielle sur le produit fini, en remplace-
ment des taxes commerciales de gros et de détail : ;
3° Que les groupements corporatifs et économiques régio-
naux, sous le couvert des chambres de commerce et des grands
groupements économiques tels que la Confédération de la
Production française et l’Association Nationale d’Expansion
Economique, reprennent l’étude de cette importante question,
on l’appliquant aux industries qui les concernent plus spécia-
lement ; et si les deux vœux que nous venons d’émettre sont
de nature à recevoir leur approbation, que leurs conclusions
4. LA TAXE A LA PRODUCTION
        <pb n="121" />
        — 120 —

permettent de classer toutes les industries françaises dans
l’une des deux catégories que nous venons de citer, afin de
faciliter l’établissement rapide pour tous les produits de la
-axe à la production.

4° Que les taxes à établir au titre « taxe à la production »
ne soient jamais en francs aux cent kilos mais toujours « ad
valorem ».

Le Rapporteur,
Emile REGIS.

Ce rapport entendu, la Chambre Syndicale l’adopte à l’una-
nimilé, le convertit en délibération et décide son impression et
son envoi aux Pouvoirs Publics compétents, à nos représen-
lants au Parlement, aux groupements et personnalités intéres-
sés et à la presse.

Le Président,
JS.-B. ROCCA,
        <pb n="122" />
        ANNEXE V,

Les Transitaires et la Détaxe à l'Exportation

RAPPORT

Drésenté à la séance de la Chambre Syndicale du 20 avril 1926
par M. Edouard RASTOIN

MESSIEURS,

Le Syndicat des Transitaires de Marseille a demandé à notre
Société de bien vouloir étudier le régime consenti à ses adhé-
ents par les Compagnies de chemins de fer pour l’application
les tarifs spéciaux d’exportation.

Ce régime a déjà été l’occasion de vœux du Conseil Général
les Bouches-du-Rhône, du Conseil Municipal et de la Chambre
le Commerce de Marseille. Dans tous les grands ports mari-
‘imes, et dans notre port en particulier, il est étudié et
zondamné par les divers Syndicats de Transitaires qui en
demandent une modification profonde. C’est dire aussi l’im-
portance de la question, et qu’il est légitime que notre Société
en poursuive l’examen dans sa constante préoccupation des
ntérêts généraux du commerce et de l’industrie.

Pour favoriser l’exportation, les Compagnies de chemins de
‘er appliquent des tarifs spéciaux et considérablement réduits
aux marchandises destinées à être exportées.

En principe ces tarifs ne peuvent s’obtenir que par voie de
détaxe ; les marchandises sont transportées au tarif général
st sur production des pièces justificatives de l’exportation, les
Compagnies ristournent la somme perçue en trop par rapport
au tarif réduit.

Indiquons de suite que cette réduction est considérable. De
Paris à Marseille par exemple, les produits de quincaillerie
paient 310 francs la tonne au tarif général et 85 francs au
‘arif spécial d’exportation, soit une réduction des trois-quarts.

5. LES TRANSITAIRES ET LA DETAXE A L’EXPORTATION
        <pb n="123" />
        — 122 —
Un transitaire recevant en port dû un wagon de quincaillerie
aura ainsi à payer 3.100 francs sur lesquels lui seront
ristournés ensuite 2.250 francs.

On peut voir immédiatement les inconvénients de ce

régime : Tout d’abord circulation d'argent inutile, et nous
savons combien actuellement, pour éviter une inflation géné-
ratrice de la dépréciation de notre monnaie, l’on doit éviter
out mouvement de fonds qui ne soit indispensable ; perte
l’intérêts ensuite, car l’exportation ne peut être faite sur le
zhamp, les vapeurs ne sont point aussi réguliers ni aussi
fréquents que les trains et pour certaines destinations l’on doit
souvent attendre un mois et plus ; — enfin perte de temps et
d’argent dans l’établissement des pièces nécessaires à la
détaxe, les démarches diverses, l’examen des demandes, et
cette perte est partagée par les Compagnies qui doivent entre-
tenir pour cela un personnel nombreux groupé dans un
service dont l’entretien, à la gare de Marseille-Arene. revient
à près de 200.000 francs par an.

Ces inconvénients, sur lesquels il serait facile de s’étendre
plus longuement, ont été reconnus en quelque sorte officielle-
ment par les autorités compétentes, puisqu’il y a quelque vingt
ans, le Ministre des Travaux Publics d’alors a fait insérer dans
‘e cahier des charges des Compagnies un article 61 dans le
but d’y remédier partiellement.

Cet article 61 stipule que : « les prix des tarifs d’exportation
sont appliqués immédiatement aux marchandises exportées
directement par mer, et consignées à un port de l’étranger, de
Corse, d’Algérie, de Tunisie ou des Colonies, ou simplement
onsignées, dans l’un des ports désignés au tarif, soit à une
ntreprise de navigation desservant directement et régulière="
ment les points précités, soit aux représentants du Ministère
des Colonies ».

En vertu de cet article sur la légalité duquel il est possible
de faire des réserves, les Compagnies de Navigation se trouvent
privilégiées, et l’on peut se rendre compte du détriment causé
ainsi aux transitaires au profit des services de transit des
Compagnies.

Ce privilège est doublement précieux : d’une part, l’exporta-
teur qui au départ veut payer les frais de transport, adressera
tous ses envois aux Compagnies de Navigation, puisque, par
pe moyen, il obtient l’application immédiate du tarif d’expor-
lation ; d’autre part, les services de transit des Compagnies
        <pb n="124" />
        — 123 —

évitent des débours d’argent inutiles et fonctionnent plus
économiquement que ceux mêmes des transitaires.

Ceux-ci s’élèvent avec insistance contre un régime que nous
avons essayé de résumer, et nous ont demandé de rechércher
avec eux le moyen de l’améliorer.

Une solution simple vient tout de suite à l’esprit et c’est la
suppression de l’article 61. C’est l’égalité dans la gêne et notre
Société est trop préoceupée des intérêts généraux de notre
commerce d’exportation pour préconiser un seul instant une
sareille mesure.

Elle considère de son devoir au contraire de rechercher une
solution qui facilite le commerce et permette aux transitaires
le remplir plus efficacement leur rôle.

M semble qu’il convienne avant cette recherche d’aller au
devant d’une objection souvent répétée : les transitaires ne
sont que des intermédiaires et.à ce titre peu intéressants.

Intermédiaires, d’après cette seule désignation beaucoup
d’entre nous pourraient être condamnés, et nous sommes
même tous, peu ou prou, des intermédiaires dans la chaîne
des échanges. Une chaîne se compose forcément de maillons,
et le tout est de savoir si tel ou tel maillon est bien utile ou
pourrait être supprimé sans inconvénient.

Marseille est une ville assez antique pour que nous puissions
évoquer l’image de ces premiers commerçants importateurs,
exportateurs et navigateurs qui accompagnaient leurs mar-
zhandises dans les contrées lointaines et rapportaient en
*change les produits exotiques.

C’était la suppression absolue de tous les intermédiaires et
je ne crois pas qu’on puisse l’invoquer comme un progrès.
Bien au contraire, et au fur et à mesure que les échanges
internationaux s’amplifièrent, chacun se spécialisa dans une
tâche précise et limitée.

Le ‘siècle dernier a été caractérisé par un immense perfec-
llonnement des moyens de transport et leur concentration
dans quelques puissantes entreprises. À côté des commerçants,
à côté des transporteurs, devait naturellement se préciser et
se développer la fonction des transitaires qui indiquent aux
zommerçants les meilleurs modes et les meilleures voies de
transport, groupent les marchandises, se chargent de leur
réception, de leur transbordement, des formalités douanières
at autres.
5. LES TRANSITAIRES ET LA DETAXE A L'EXPORTATION
        <pb n="125" />
        — 1234 —

Plus particulièrement — et nous devons insister sur ce point
Jans notre Société — les transitaires sont auprès des Compa-
gnies de transport les représentants des usagers, ils savent
leurs obligations mais aussi leurs droits, et, en cas de dom-
mage ils interviennent très efficacement, au contraire du
réceptionnaire non avisé dont la réclamation est presque
toujours sans effet.

C’est donc dans l’intérêt de nos commettants, et plus parti-
sulièrement des exportateurs, que nous demandons une plus
‘Aibérale application des tarifs d’exportation aux envois adres-
sés aux transitaires.

En recherchant comment l’on pourrait y arriver, nous ne
voulons nullement perdre de vue l’intérêt très légitime des
Compagnies de chemins de fer. Celles-ci nous disent : « les
transitaires nous ont démontré les abus qui pouvaient se
glisser par la porte demi-entr’ouverte par l’article 61. Ouvrons
la porte toute grande et les abus augmenteront naturellement
en proportion. Une insuffisance de recettes en sera la consé-
quence, insuffisance à laquelle devra suppléer la collectivité »,

Nous sommes évidemment tout à fait d’accord sur le fait
qu’il ne doit point y avoir d’abus. Si, dans le nationalisme
économique qui donne à toutes les nations le mot d’ordre :
« exportez plus, importez moins », ce n’était point une hérésie,
nous saisirions sans doute cette occasion pour faire des réser-
ves à l’égard d’un système qui consiste à transporter en y
perdant 200 % des casseroles de Paris à Marseille parce
qu’elles sont destinées à l’exportation. Mais le système appli-
qué, il importe qu’il soit le moins onéreux possible et pour
sela nous devons unir nos efforts à ceux des Compagnies.

Pour atteindre ce but, il nous semble qu’il est deux procé-
dés : Suivre le premier, c’est s'opposer à toute interprétation
ibérale des règlements, voir dans chaque usager un fraudeur,
multiplier les restrictions et les barrières.

Adopter le second, c’est baser les facilités accordées sur une
onfiance méritée, c’est s'appuyer le plus possible sur le crédit.

La première manière conduit à la raréfaction des échanges,
&gt;t ne supprime point les fraudes, car les barrières fixes sont
vite repérées par les fraudeurs, et les connaître c’est vite
ronnaître aussi le moyen de les éviter.

La seconde a permis ce développement prodigieux des
changes, développement basé à tous les échelons et d’un
‘chelon à l’autre sur une confiance réciproque et motivée.
        <pb n="126" />
        mm: ÈIS: vomm

C’est dans cette voie que les transitaires et les Compagnies
doivent rechercher, nous semble-t-il, la base d’un accord, et
s’il n’entre point dans nos attributions, ni dans notre compé-
“ence d’en fixer les modalités d’application, nous pouvons du
moins en rechercher les principes dans l’exemple donné par
une administration qui passe en général pour peu novatrice,
’administration des Douanes.

Certains produits importés et qui ont à payer soit la simple
taxe d'importation, soit des droits de douane élevés, peuvent
Stre exonérés de ces droits lorsqu’ils sont réexportés, même
après avoir subi des transformations importantes.

Il est ainsi permis d’importer du fer blanc et d’en faire des
stagnons. Ces estagnons, exportés, permettront de ne point
acquitter les droits de douane sur la tôle dont ils sont formés.

L'administration des Douanes aurait pu exiger de l’impor-
lateur le paiement immédiat des droits, elle accepte de l’en
exonérer, sous condition de recevoir une caution, soit direec-
-ement, soit par l’intermédiaire d’une maison spécialisée en
cet office que la Douane connaît et qui connaît les clients pour
«e compte desquels elle soumissionne et se porte garant.

Voici le principe qui pourrait servir de base à l’accord que
nous souhaitons. Dans notre ville ne seraient admis à recevoir
des marchandises au tarif d’exportation que les transitaires
qui auraient fourni la caution nécessaire.

La perception des taxes complètes ne serait que suspendue,
2t pourrait, en tout temps, être exigée faute des justifications
requises par les Compagnies.

Ces justifications devraient être très simples, analogues à
z2elles demandées aujourd’hui pour les achats de devises. Le
meilleur moyen d’éviter les abus serait l’organisation d’un
rontrôle mobile et permanent procédant par sondages répétés
st qui fonctionnerait plus économiquement et plus efficace-
ment que le service actuel des détaxes.

Nous espérons donc que sous le bénéfice de ces quelques
remarques, notre Société voudra bien adopter le vœu que nous
lui proposons ainsi :
« La Société pour la Défense, saisie de la demande des
ransitaires tendant à obtenir le bénéfice de l'application
immédiate des tarifs d’exportation pour les envois qui leur
sont adressés sous la mention « exportation », émet le vœu

5. LES TRANSITAIRES ET LA DETAXE À L’EXVORTATION
        <pb n="127" />
        126 —

que les Compagnies de chemins de fer suivent dans cette voie
l'exemple donné par l’administration des Douanes ;

« Que les tarifs spéciaux soient accordés sous le bénéfice
de la soumission cautionnée, les modalités d’application étant
1 déterminer d’un commun accord par les intéressés :

« Qu’ainsi soit adopté un régime qui, sans frais nouveaux,
‘avorise le commerce d’exportation dont les transitaires sont
es auxiliaires précieux ».

Le Rapporteur,
Edouard RASTOIN.

Ce rapport entendu, la Chambre Syndicale l’adopte à l’una-
rimité, le convertit en délibération et décide son impression
:L son envoi aux Pouvoirs Publics compétents, à nos Repré-
sentants au Parlement, aux Groupements et Personnalités
intéressés et à la Presse.

Le Président,
J.-B. ROCCA.
        <pb n="128" />
        ANNEXE VI.

‘ŒUE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

DES
Présidents des Syndicats Patronaux de Marseille

DU 28 MAI 1926

Les Présidents et Délégués des Syndicats affiliés à la Société
pour la Défense du Commerce et de l’Industrie de Marseille
‘dont les noms sont annexés au procès-verbal de séance), réu-
nis en Assemblée Générale le 28 mai 1926, au siège de cette
Société, sous la présidence de M. J.-B. Rocca, président de la
« Défense », assisté de M. Henri Lanteaume et de M. le vice-
président Paul Thierry, représentants du Tribunal de Com-
merce et de la Chambre de Commerce, ont. émis les vœux
suivants :

Vœu concernant la Contribution volontaire

« L'Assemblée;

« Persuadée qu’il est du devoir comme de l’intérêt bien
2ompris de tous les Français de répondre largement à l’appel
lu Gouvernement en faveur de la Contribution volontaire :

« Convaincue que le monde des affaires a plus encore que
loute autre section de la communauté un impérieux besoin de
stabilité et que le succès de la Contribution volontaire est un
3lément utile à la réussite de l’ensemble des mesures tendant
à retrouver plus de sécurité monétaire. financière et écono-
mique :
Décide d’intensifier la propagande et l’action directe des
syndicats auprès de leurs adhérents pour qu’ils prennent la
plus large part à l’effort de redressement financier. certaine par

ASSEMBLEE DES PRESIDENTS DES SYNDICATS
        <pb n="129" />
        - 198 —

ailleurs que, malgré les lourdes charges qui pèsent sur eux,
Bous les commerçants et industriels de Marseille et de la région
endront à honneur de s’associer à cette œuvre de salut
œational :
« Estime que parmi les résultats escomptés de la Contribu-
tion, le principal peut-être serait une activité accrue du mar-
zhé des fonds d’Etat et l’amélioration des cours de ces valeurs,
véritable mesure de confiance nationale et internationale dans
la gestion financière d’une nation.

« Estime également que ces avantages sont plus directement
profitables aux rentiers et qu’il existe, par suite, une situation
10uvelle qui, sans coercition et sur la seule base de Pintérêt
nutuel, peut conduire à des accords nouveaux allégeant le
poids des annuités de la dette,

« Emet le vœu :
« Qu’en tout état de cause, l’effort de la caisse se porte plus
particulièrement sur l’amortissement des rentes obtenant ainsi
le maximum d’effet utile, direct et indirect, des sommes dont
slle disposera ;

« Que soit examinée la possibilité de limiter les avantages
de l'amortissement aux titres ayant accepté une équitable
conversion, tenant compte des profits en capital découlant de
zette situation nouvelle s

V œu concernant la taxe à la production .
« L’Assemblée,
« Considérant que le remplacement des taxes successives
sur le chiffre d’affaires par une taxe unique dite à la produc-
on est désirable à bref délai pour obtenir à la fois :

une perception plus facile et moins onéreuse de l’impôt :

une protection adéquate à l’importation et une nécessaire
détaxe à l’exportation :
le maintien des industries de transformation indépendantes,
maintien nécessaire à l’équilibre économique et moral du
IAVS :
        <pb n="130" />
        — 199 —

« Considérant que ce remplacement implique la solution des
difficultés inhérentes à la nature de chaque produit et doit, par
suite, comporter une étude technique préalable approfondie,
ronduite en contact étroit avec les organismes professionnels
compétents ;
« Regrette que les dispositions de l’article 60 de la loi du
{ avril 1926 et de l’instruetion ministérielle interprétative
du 20, n’aient pas été élaborées dans des conditions d’études
suffisantes :

« Emet le vœu :
« Que l’extension de la taxe à la production, en remplace-
ment de l’impôt sur le chiffre d’affaires, soit poursuivie acti-
vement en faisant appel, pour l’étude et la solution de chaque
zas particulier, à la collaboration des organismes qualifiés :
Chambres de Commerce, Fédérations et Groupements ».

Vœu concernant les Chambres arbitrales

: L’Assemblée,
« Désireuse de voir le monde des producteurs utiliser, dans
les meilleures conditions, les possibilités de la loi du 31 décem-
bre 1925 portant validité de la clause compromissoire
« Considérant que pour produire tous ses effets utiles, la
loi implique l’existence de Chambres arbitrales dont les règle-
ments prévoient et règlent d’avance les difficultés de procédure
pssentielles :
« Considérant que l’interpénétration des commerces et des
industries ainsi que les besoins d’une bonne organisation
administrative rendent désirable la constitution, à Marseille,
d’une Chambre arbitrale unique comportant, avec les disposi-
lions générales communes, les précautions nécessaires pour
assurer à chaque spécialité la technicité indispensable :

« Emet le vœu :
« Que soit étudiée, en accord avec les organismes existants,
a réalisation de cette Chambre arbitrale commune à l’ensemble
Ju corps commercial et industriel marseillais ».
ASSEMBLEE DES PRESIDENTS DES SYNDICATS
        <pb n="131" />
        859

Vœu concernant les bénéfices commerciaux réels
et leur évaluation fiscale

L’Assemblée,

« Considérant le poids des imapôts qui frappent le bénétice
des commerçants et industriels ;

« Considérant que pour tous les commerçants travaillant
sous leur nom propre ou sous le régime de la Société en nom
zollectif la détermination des bénéfices commerciaux se réper-
sute sur l’impôt global sur le revenu ;

« Considérant que les fluctuations des changes peuvent faire
apparaître en monnaie légale des bénéfices fictifs entraînant
de lourdes perceptions fiscales, alors que les pertes de même
source, dans un exercice suivant ne donnent, sous le régime
actuel, droit à aucune détaxe :

€

« Considérant que ce régime, en menaçant de pertes injustes
les capitaux investis dans les affaires, diminue l’activité pro-
luctrice, seul facteur réel du relèvement du pays ;

: Emet le vœu :

« Que disparaisse cette situation dangereuse, soit par des
mesures s’inspirant des projets basant les bénéfices commer-
ciaux et les impôts qui s’y réfèrent sur les résultats moyens
des cinq dernières années précédant l’imposition, soit par la
consécration de la légalité fiscale de l’établissement des bilans
sn monnaie de compte stable &gt;».
AMocations familiales

M. le Président Rocca a entretenu l’Assemblée du succès
abtenu par le récent Congrès des Allocations familiales, dont
les assises sc tinrent à Marseille, Toulon et Nice. Il a saisi cette
occasion pour exposer et souligner l’intérêt de plus en plus
opportun pour notre ville et notre région, — malheureusement
distancées sur ce point par beaucoup d’autres centres commer-
ciaux et industriels de France — à entrer largement dans la
voie des allocations familiales. Il a donné à ce propos toutes
        <pb n="132" />
        i3l

les raisons qui militent en faveur de cette institution et la
rendent actuellement particulièrement souhaitable, puis il
Invita tous les Présidents de Syndicats, qui ne l’ont pas fait
encore, à mettre la question à l’étude dans leurs groupements
respectifs (étude pour laquelle toute documentation pourra
leur être fournie par la Société pour la Défense du Commerce),
chacun ayant la possibilité, soit d’adhérer à ces Caisses suivant
la nature de son commerce ou de son industrie, soit de’ faire
procéder à la création des sections ou des organismes auto-
tomes nécessaires.

L’impôt sur le chifêre d’affaires des intermédiaires

Sur l'intervention de M. Camau, président de la Compagnie
des Courtiers assermentés, qui s’est élevé contre la taxation
à 2 fr. 50% de l’impôt sur le chiffre d’affaires appliqué aux
intermédiaires, M. le président Rocca a rappelé que la Société
s’était déjà émue de cette augmentation (d’autant plus injus-
ifiée à ses yeux, dans son principe même, qu’elle considère les
opérations de courtage comme n’étant pas des opérations com-
m'erciales) et qu’elle était intervenue à cette occasion très éner-
siquement dès le mois de février dernier, par une lettre
adressée à M. le Ministre des Finances notamment. dont M. le
Président donne lecture. Ces démarches seront renouvelées en
remps opportun.

Le Président de l’Assemblée Générale,
J.-B, ROCCA,
’résident de la Société pour la Défense du Commerce
et de l’Industrièe.

ASSEMBLEE DES PRESIDENTS DES SYNDICATS
        <pb n="133" />
        ANNEXE VII.

ST'ABILISATION OU REVALORISATION

RAPPORT
Présenté à la séance de la Chambre Syndicale du 23 novembre 1925
par M. J.-B. ROCCA

MESSIEURS,
Après avoir été la victime impuissante des événements
matériels ou psychologiques, la monnaie française semble
entrer dans la période où la Nation peut enfin avoir une poli-
tique monétaire, choisir une voie, se diriger vers une solution
sans plus être bousculée par d’immédiates nécessités.

L’opinion elle-même a müri, elle est prête à comprendre et
à accepter les solutions nécessaires et nous sommes fiers d’avoir
ici quelque peu contribué à cette éducation des esprits.

On comprend maintenant, comme nous le disions dès 1923,
qu’un grand pays a besoin d’une monnaie stable et qu’il est
dangereux pour sa santé d’être soumis au régime des fluctua-
tions continues de la valeur de tout son actif, sans sécurité du
lendemain, sans possibilité de contrats à livrer, supprimant
tout à la fois, l’appel normal au crédit, l’esprit de prévoyance
et d’écomomie, tout ce qui constitue les forces vives d’un pays
civilisé.

Il ne peut donc exister en politique monétaire qu’un seui
but : sortir de cette situation intenable par le rétablissement
de la monnaie échangeable à un taux invariable contre de l’or.

Mais pour atteindre ce but, il faut choisir les chemins et les
méthodes.

Deux semblent se partager actuellement la faveur des spécia-
listes et des hommes d’Etat : Stabilisation ou Revalorisation
progressive.
        <pb n="134" />
        — 138 —

En cette matière comme en bien d’autres, un problème bien
éclairé est à moitié résolu. Efforçons-nous de comprendre
d’abord en quoi consistent ces deux méthodes. Voyons ensuite
leurs inconvénients et leurs avantages, et nous aboutirons
peut-être à une conclusion qui ne saurait laisser indifférents
les Pouvoirs Publics, quand elle représente l’opinion d’un
Groupement qui, comme le nôtre, parle au nom d’une portion
considérable du commerce extérieur français.
STABILISATION

La stabilisation d’une monnaie, au sens où nous l’entendons
et où elle vient d’être pratiquée en Belgique, c’est le rétablis-
sement de la convertibilité-or du billet, mais à un taux qui n’est
pas le taux ancien.

Le billet de banque de cent francs portant la signature de la
Banque de France était racheté par elle, avant guerre à présen-
tation, cinq louis d’or.

La stabilisation à Ia parité de 125 francs la livre par exem-
ple veut dire que la Banque reprendra le rachat à présentation
de ses billets, mais qu’au lieu de cinq louis elle n’en donnera
qu’un.

Il va sans dire que nous présentons l’opération en raccourci,
mais qu’elle peut comporter des modalités diverses, telles que
la création d’une nouvelle monnaie, la limitation du change
fixe aux opérations de commerce extérieur, ete…, mais son
essence est bien celle que nous indiquons : échange illimité des
billets contre un poids d’or inférieur au poids d’or qui était
donné avant-guerre en rachat du même billet.

CONSEQUENCES DE LA STABILISATION

En supposant la stabilisation réussie, et nous verrons plus
loin que c’est une œuvre délicate, ses conséquences sont mul-
tiples.

Sauf conventions contraires, la nouvelle valeur du billet
désormais constante, mais diminuée, règle l’exécution de tous
les engagements. Toujours en supposant la base 125 pour la
livre, l’Etat au lieu de payer ses rentes en billets de 100 francs
valant chacun 100 francs-or, ou par exemple vingt journées de

7. STABILISATION OU REVALORISATION
        <pb n="135" />
        84 —

travail, les paierait en billets de 100 francs valant 20 francs-or
ou quatre journées de travail.

Les créances et les dettes des particuliers sont désormais
fixées sous la même forme.

Et cette lessive faite, ce concordat signé, la vie reprend sur
des bases désormais normales de saine monnaie échangeable
contre de l’or à un taux connu et immuable.

AVANTAGES DE LA STABILISATION

Le grand avantage du système, celui qui lui vaut les sympa-
thies de beaucoup d’hommes d’affaires, c’est la promptitude du
résultat et de ses effets sur les activités économiques nouvelles
du Pays.

Du jour au lendemain, en supposant l’opération réussie,
voici la vie normale reprise, les budgets enfin solidement assis,
les contrats possibles et le Pays replacé en état de concurrence
loyale et normale avec les pays où la monnaie n’a pas cessé
d’être un instrument de mesure.

INCONVENIENTS DE LA STABILISATION
Deux reproches peuvent être faits à ce système : son insé-
curité et son injustice.

Insécurité. — Nous avons vu que l’essence de la stabilisation,
c’est le libre échange au nouveau taux du billet de banque
contre de l’or. “

Des réserves jugées suffisantes sont préalablement accu-
mulées à l’intérieur ou à l’extérieur, et on espère que l’opinion
des détenteurs des billets acceptera comme définitif le nouveau
laux, avant que ces réserves soient épuisées.

Cet espoir est souvent trompé et les exemples de stabilisa-
tions manquées sont nombreux.

Remarquons en effet que rien ne permet d’apprécier avec
exactitude le montant des réserves nécessaires. Même la
Banque possèderait-elle dans ses caves ou sous forme de crédits
étrangers la totalité de la couverture à 100 % des billets en
circulation, que le maintien du cours de stabilisation ne
pourrait être assuré.
        <pb n="136" />
        -—— 135 —
Il suffirait que les détenteurs de billets manquant de
confiance aillent chercher l’or correspondant et le conservent.
La circulation ayant ses nécessités matérielles, la Banque
devrait émettre d’autres billets qui seraient eux sans couver-
ture.

L'opération, même faite avec un maximum de garantie, reste
donc une opération de crédit toujours aléatoire, tant qu’une
longue période de calme n’aurà pas réhabitué les esprits à la
confiance totale envers la monnaie de papier.

Les risques politiques s’ajoutent aux difficultés purement
financières : la situation vous donne-t-elle une impression de
sécurité définitive telle que des engagements illimités d’échange
du billet contre de l’or puissent être pris ? Que seraient les
élections de demain ? Les réserves jugées suffisantes en telle
hypothèse, le seront-clles dans telle autre ?

Résumons d’un mot, en rappelant que l’échange contre l’or
ne constitue nullement en soi une stabilisation définitive, Les
spéculateurs de change du monde. entier soupèseront pendant
des années la situation de la balance des paiements et de la
capacité budgétaire du Pays et si leur opinion moyenne est
que le taux de stabilisation est fixé trop bas, c’est-à-dire que
l’or est vendu en France bon marché, il n’est pas de réserves
qui puissent tenir pour défendre un taux bien à tort jugé
définitif.
Injustice, — Mais supposons ce tour de force accompli, il
n’en reste pas moins la monumentale injustice d’une pareille
méthode.

Soit, l’Etat est actuellement en état de faillite virtuelle
puisqu’il ne peut; de toute évidence, prélever des impôts suffi-
sants pour payer en or les arrérages de sa dette. Mais pourquoi
rendre définitive cette faillite, consacrant ainsi la ruine de la
partie peut-être la plus spécifiquement française de la Nation ?

Et aussi pourquoi joindre la faillite des particuliers à celle
de l’Etat ? Combien de dizaines de milliards-or ont-ils été réel-
lement placés en or, c’est-à-dire en matières ? Les dépréciations
accentuées du franc datent de 1922 ou 1923. Les engagements
pris depuis 4 ans, sont peu de chose dans l’ensemble de la vie
de la Nation.

Un propriétaire d'immeuble a emprunté sur hypothèque
100.000 francs-or, sa maison a conservé à peu de chose

7. STABILISATION OU REVALORISATION
        <pb n="137" />
        — 136 —

près sa valeur en or. Une dévalorisation définitive lui permet-
trait de procéder au remboursement en conservant son
immeuble et en frustrant son prêteur des 4/5“ si on stabilise
base 125 la livre.

Même situation pour les obligataires. Avec leur argent on a
construit des immeubles, des bateaux, etc. qui sont de l’or,
et on leur rendrait le cinquième de ce qu’ils ont prêté.

Un tel déplacement injustifié de richesses, un tel bouleverse-
ment des intentions des parties, joints à la ruine définitive de
tous ceux qui eurent confiance en l’Etat, sont un prix trop
cher à payer en échange des avantages d’une stabilisation dont
nous avons vu par ailleurs les dangers.

Je sais bien que cette situation ne serait pas nouvelle et que
nous y sommes en fait habitués depuis plusieurs années. Mais
ce qui est transitoire est acceptable. Ce qui est définitif et
sanctionné par une loi ne l’est plus, et prenons bien garde que
parmi les avocats de la stabilisation ne se trouve une majorité
d’emprunteurs.

Faudrait-il, comme en Allemagne, aborder la discrimi-
nation entre les sortes de dettes, apprécier que les obligations
de Sociétés possédant des choses, c’est-à-dire de l’or, seront
revalorisées dans des conditions différentes des obligations des
villes ou de corporations n’ayant pas fait ou pu faire
d’emploi-or.

Que de difficultés pratiques, que d’injustices, que de procès
sn perspective !
REVALORISATION

C’est le retour progressif vers l’ancienne valeur-or de la
monnaie, vers l’échange des billets de 100 francs contre cinq
louis d’or.

Possibilités, — Nous avons rappelé que par suite de l’éléva-
tion des dettes de l’Etat, il était impossible actuellement
d'envisager des impôts suffisants pour que les engagements de
l'Etat soient payables en francs-or, d’avant-guerre, mais ce qui
est impossible aujourd’hui peut être possible demain.

Il suffit que l’enrichissement du pays ait créé une quantité
suffisante de matières imposables nouvelles pour que le rende-
ment des impôts se maintienne malgré la hausse du franc et
        <pb n="138" />
        —- 197 —

permette un jour relativement prochain d’asseoir un budget
équilibré comportant le paiement en or des coupons et des
retraites.

Nous avons essayé ailleurs de mesurer la vitesse de cet enri-
chissement, et nous avons abouti à la conclusion qu’en France
comme dans tous les pays modernes, cet enrichissement était
rapide, et de rapidité croîssante, et qu’en 20 ans, 10 ans peut-
être, on pouvait espérer voir le budget équilibré malgré le
paiement en or des arrérages actuellement réglés en francs à
quatre sous.
Conséquences. — Comme l'Etat, les débiteurs et les créan-
ciers s’achemineront vers le règlement en francs-or de leurs
engagements actuellement décomptés en francs à quatre sous.

Avantages. — It n’est plus pris par l’Etat d’engagements
dangereux, puisque la convertibilité n’est pas rétablie à un taux
artificiel.

L’Etat maintient son crédit en agissant en loyal débiteur
revenant peu à peu à meilleure fortune.

Les classes moyennes, les mineurs, les retraités sont replacés
peu à peu dans leurs droits, et la Nation conserve le bel équi-
libre d’un édifice social solidement entretoisé de modestes
situations acquises, juste et précieuse rétribution de services
passés.

INCONVENIENTS

Impossibilité d’envisager une sagesse politique suffisante
pendant la longue période nécessaire. — L’argument, s’il est
inquiétant, l’est encore bien plus dans l’hypothèse d’une stabi-
lisation. Une mauvaise gérance du pays rendrait plus lente ou
compromettrait la revalorisation, mais elle rendrait dramatique
l’échec d’une stabilisation hâtive.
Danger d’une crise prolongée de chômage ou de paralysie
pendant la période de revalorisation. — Ce danger est presque
une certitude, mais il est commun aux deux systèmes. La crise
en pareil cas est due à la fin de l’excitation factice causée par le
décalage des prix intérieurs et des prix extérieurs. C’est une
crise de rétablissement d’équilibre. Le nivellement des prix

7. STABILISATION OU REVALORISATION
        <pb n="139" />
        138 —
intérieurs s’obtient tout aussi sûrement par la stabilisation et
la prime à l’exportation artificielle, dont il est bien douteux
d’ailleurs qu’il faille se réjouir, disparaît dans un cas comme
dans l’autre.

Mentionnons en passant que l’on peut être optimiste, au
moins relativement, même sur ce terrain.

Protégée par la merveilleuse harmonie de ses productions,
par sa lenteur d’évolution économique, par l’accumulateur que
constitue la main-d’œuvre étrangère qu’elle emploie, par la
complexité de ses impôts même, la France traversera cette
période avec une aisance relative.
Difficulté de concilier l’activité économique nécessaire avec
l’instabilité prolongée de la période de revalorisation. — Nous
avons vu le besoin qu’a le pays de retrouver un étalon de
valeur et il est pénible de voir s'éloigner la perspective de dis-
poser d’une monnaie stable et de n’avoir devant soi qu’une
longue période d’incertitude, car si nous affirmons que la reva-
lorisation est possible, nul ne peut prévoir le temps qu’il faudra
pour parcourir le chemin,

Que de ruines à chaque fluctuation de la monnaie, et qu’il
est pénible de se sentir longtemps encore manœuvrés par des
spécialistes de cet agiotage dont tant de commerçants sont
victimes !
Injustice. — Enfin, si les situations anciennes sont respec-
lées, si notamment les créanciers de PEtat, les obligataires
anciens de villes, ou de chemins de fer, ou de Sociétés indus-
trielles s’acheminent vers'une juste restitution, les situations
des créanciers et des débiteurs récents peuvent se voir à leur
tour injustement bouleversées.

Voici, Messieurs, loyalement exposées les caractéristiques et
les conséquences des deux systèmes que vous voyez prôner ou
critiquer dans tant d’articles et de discours.

On peut presque résumer, avec les imperfections que com-
porte un raccourci de ce genre, en disant que ceux qui ont
plutôt en vue les activités nouvelles des particuliers ‘sont
favorables à la stabilisation définitive et prompte, en risquant
les dangers financiers et moraux qu'elle comporte, et que ceux
qui ont plutôt en vue le maintien du crédit de l’Etat, le réta-
blissement d’un harmonieux édifice national et un maximum
de solidité du corps social, sont en faveur de la revalorisation
        <pb n="140" />
        139

en risquant ses conséquences sur les activités immédiates du
Pays.

Mais, Messieurs, nous pensons qu’une troisième solution
existe. Elle est recommandée par nous depuis des années et
l'expérience semble démontrer chaque jour qu’elle doit per-
mettre d’éviter la plupart des redoutables récifs dont nous
avons vu hérissées les routes décrites plus haut.

Nous l’appellerons, faute de mieux, du nom peu harmonieux
de :

REVALORISATION SOUS LE REGIME
DE LA DOUBLE MONNAIF

Dans cette hypothèse et pendant la période de revalorisation,
l’Etat crée, ou peut-être laisse créer, la monnaie de compte,
c’est-à-dire la possibilité pour les contractants de stipuler leurs
engagements, non plus en francs nominaux dont personne ne
peut prévoir la valeur au moment de leur paiement, mais en
une monnaie étalon fixe qui conservera son rôle d’instrument
de mesure et se verra au moment du paiement traduite en
franes au cours du jour.

Précisons par un exemple :
Je construis une maison, et pour la compléter j’emprunte
au Crédit Foncier en monnaie de compte la parité de 50.000
francs or, soit 50 @% de la valeur de construction de mon
immeuble. Au moment de mon contrat, la livre vaut 125 francs
et je reçois 250.000 francs-papier qui me servent à terminer ma
maison. Dix ans plus tard je dois rembourser mon hypothèque,
la livre est à 62,50. Si je n'avais pas conclu en ‘monnaie de
compte, je devrais rembourser la parité de 100.000 franes-or
et, comme les maisons nouvelles se seraient nivellées avec
la valeur nouvelle de la monnaie, je devrais peut-êtré vendre
ma maison et n’avoir pas encore assez pour payer mon créan-
cier,

Comme j'ai stipulé en monnaie de compte, je rembourse
125.000 francs-papier au lieu de 250.000, c’est-à-dire encore,
toutes choses égales d’ailleurs, la même proportion de la valeur
de la maison que j'avais touchée. Quant au Crédit Foncier, la
valeur d’achat de ce que je lui rembourse reste de 50.000
francs-or, et il n’est lésé en rien.
7. STABILISATION OU REVALORISATION
        <pb n="141" />
        120

Un tel régime répond à la fois aux besoins que nous avons
vu également essentiels et alternativement servis et desservis
par la stabilisation ou la revalorisation.

H permet le juste acheminement des contrats anciens de
l’Etat, comme des particuliers vers l’équitable rétablissement
des situations et de la rémunération des services rendus. Il
maintient ainsi à l’Etat un crédit dont il peut avoir besoin
demain.

Il permet cependant le maximum d’activité nouvelle par la
sécurité des contrats nouveaux pendant la période de revalo-
risation,

On comprend mal la résistance que rencontre le recours à
la double monnaie pour sortir de ce qui, sans elle, est une
impasse, Nous voudrions que les patriotes si justement cha-
touilleux sur le prestige du franc y voient le seul moyen de se
diriger vers son rétablissement intégral, sans faillite et sans
ruines.

La méthode a fait ses preuves et le franc lui-même ne fut
pendant de longues périodes de notre histoire qu’une monnaie
de compte valant 20 sous tournois théoriques, et une somme
singulièrement variable de monnaie de règlement au cours du
change.

La monnaie de compte a servi pendant plus de siècles d’his-
toire que le billet échangeable à taux fixe contre l’or, elle a
permis de traverser toutes les périodes troublées. =

Pourquoi s’obstiner plus longtemps à ne pas y avoir recours
pour sortir de nos difficultés actuelles ?

Que l’Etat en limite même l’emploi, s’il le désire, aux
contrats à terme. Et voilà le pays attendant sans désordre dans
son activité essentielle, que sa richesse augmentant, la mon-
naie de règlement vienne se confondre avec la monnaie de
compte.

Et quelle souplesse dans la gérance financière de l’Etat !
Plus de stabilisation définitive à grand orchestre, mais quand
l’Etat le peut, intervention dans le marché de la monnaie de
règlement pour assurer des paliers successifs remplaçant les
dents de scie d’un marché livré à lui-même.

Enfin, si l’Etat répugne à l’aveu de la faillite momentanée
qu’est la double monnaie officielle, qu’il laisse faire. C’était
notre conclusion en 1923. Combien plus forte est-elle aujour-
d’hui !
        <pb n="142" />
        _ idi __

Qu’il laisse l’ingéniosité des contractants trouver la monnaie
de compte, qu’il constate officiellement la validité de ces stipu-
lations et la liberté des contractants en pareille matière, el
qu’après avoir consolidé ces abris de fortune protégeant l’acti-
vité du pays contre les variations de la monnaie de paiement,
il attende de voir comment le pays supporte la crise du retour
à la parité des valeurs d'achats intérieures et extérieures, qu'il
attende, en les freinant par les moyens en son pouvoir, de voir
décroître l’amplitude des oscillations dues à la spéculation
internationale, qu’il attende enfin de voir'si le pays est mainte-
nant convaineu que la finance a des lois qui ne suivent pas les
désirs d’une foule mal renseignée. Et, alors seulement, qu’il
soit question non d’une stabilisation — faillite définitive —
mais peut-être d’une stabilisation moratoire par paliers de
convertibilité fixe mais temporaire, selon une méthode dont
l’amorce existe dans les achats d’or de la Banque.

Messieurs, si vous partagez cette manière de voir, je vous
propose le vœu suivant :
La Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie,
Considérant qu’une stabilisation définitive de la monnaie
constituerait actuellement à la fois une faillite de l’Etat, dont
la nécessité n’est pas prouvée, et une immense injustice envers
les particuliers créanciers de francs ;

Considérant qu’une telle entreprise est dangereuse en l’état
de l’impossibilité de prévoir l’avenir avec assez de précision
pour fixer et maintenir le taux de stabilisation ;

Considérant que l’augmentation de fortune du Pays doit
permettre de revaloriser la monnaie et de la ramener à sa
valeur ancienne dans un délai qu’il est permis à une nation
d’envisager ;

Considérant que pendant cette période le commerce et l’in-
dustrie doivent disposer pour leurs contrats d’une base stable ;

Considérant que pendant la période de revalorisation, il est
hautement désirable et probablement nécessaire au maintien
de l’activité économique de voir le relèvement du franc carac-
térisé par des paliers de stabilité étagée de durée aussi longue
que possible :
7, STABILISATION OU REVALORISATION
        <pb n="143" />
        — 149 -…

EMET LE VŒLU :

Qu’aucune stabilisation définitive de la monnaie ne soit
envisagée actuellement ;

Que les stipulations contractuelles en monnaie de compte
soient légalement consacrées ;

Que tous les moyens dont dispose l’Etat soient employés en
vue d'obtenir que les étapes du relèvement monétaire complet
soient constituées par des paliers de stabilité étagée de durée
aussi longue que possible ;

Que le Gouvernement apprécie si la création officielle d’une
monnaie de compte ne faciliterait pas la gestion financière de
l'Etat et la vitalité économique de la Nation pendant la période
de revalorisation.

Ce rapport entendu, la Chambre Syndicale l'adopte à l’una-
nimité, le convertit en délibération et décide son impression et
son envoi aux Pouvoirs Publics compétents, à nos Représen-
lants au Parlement, aux groupements et personnalités intéres-
sés et à la Presse.

Le Président,
J.-B. ROCCA.
        <pb n="144" />
        ANNEXE VIII.

DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX
DES COURS GRATUITS DU SOIR
DE LA
SOCIÉTÉ POUR LA DÉFRNSE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE

Discours de M. le Président J.-B. ROCCA

La distribution des prix et diplômes aux élèves des cours
gratuits du soir de la Société pour la Défense du Commerce a
eu lieu le samedi 6 novembre 1926, à 15 heures, dans la salle
d'honneur de la Société, élégamment décorée pour la circons-
lance. ;

C’est devant un public nombreux et choisi où l’on pouvait
remarquer la présence de plusieurs dames patronnesses et de
diverses notabilités marseillaises, que notre Président, M. J.-B.
Rocca, prenant la parole, a prononcé le discours suivant, très
fréquemment ef vivement applaudi de l’auditoire :

MESDAMES, MESSIEURS,
CHERS ELÈVES,
Appelé depuis quelques mois seulement à la Présidence de
la Société pour la Défense du Commerce et de l'Industrie de
Marseille, c’est la première fois que j'ai l'honneur de présider
cette cérémonie. La principale peut-être de nos fêtes annuelles,
elle témoigne de l’importance que nous attribuons à cette
institution des cours du soir, en laquelle, pour reprendre la
jolie formule de M. Antoine Boude, l’un de mes récents pré-
décesseurs, la Défense « chérit le meilleur d’elle-même ».

Avant même de remercier les personnalités qui ont bien
voulu marquer, par leur présence, que cette fête de famille
était aussi de celles auxquelles s’intéresse l’élite de la Cité, je

8. DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR
        <pb n="145" />
        [44 —

tiens à exprimer en votre nom le pieux et reconnaissant sou-
venir que nous gardons aux disparus, qui, fidèles habitués de
cette solennité et dévoués collaborateurs de notre œuvre, nous
ont quitté pendant l’année :

M. Busser,’ sous-directeur de l’Ecole Supérieure de Com-
merce, directeur de nos Cours de jeunes filles, professeur et
conseil de deux générations de commerçants et d’industriels,
toujours prodigue d’un temps précieux quand il s’agissait de
faire le bien :

M° Félix Perrin, trésorier de notre Société, dont l’intelligence
vive, la grande expérience et le jugement droit étaient pour
nous, c’est-à-dire pour vous, chers Elèves, mis à la disposition
du dévouement le plus absolu et d’un grand cœur.

Tous deux vous laissent le souvenir de leur exemple et vous
leur conserverez, comme nous, nous en sommes certains, une
affectueuse reconnaissance.

J'ai l’agréable mission de souhaiter la bienvenue à M. Ram
bert, récemment nommé directeur de l’Ecole Supérieure de
Commerce, qui a bïen voulu accepter de prendre place à nos
côtés au Comité de Direction des Cours du Soir et dont nous
avons déjà pu apprécier l’urbanité, la haute culture et l’intel-
ligent dévouement à la grande cause de l’Enseignement
Technique.

Nous n’avons garde d’oublier la gratitude que nous devons
au Conseil de l’Ecole de Commerce, qui, en mettant à notre
disposition depuis tant d’années les vastes locaux de la rue
Paradis, nous apporte l’aide matérielle et morale d’une institu-
tion à laquelle tant de négociants marseillais doivent leur
formation.

M. Combes, directeur honoraire de l’Ecole, a bien voutu,
malgré le légitime désir de repos ressenti après toute une vie
de travail acharné, nous continuer, comme directeur de nos
cours de jeunes gens, son précieux concours, et nous l’en
remercions à nouveau.

J’ai enfin à présenter, à la fois, nos regrets et nos remer-
ciements à M. Boell, qui nous quitte après vingt-cinq ans de
la collaboration la plus généreuse. Professeur de nos cours de
jeunes filles depuis leur fondation, M. Boell — lui aussi ancien
élève de l’Ecole Supérieure de Commerce — donne le bel
exemple d’une brillante et rapide carrière, au cours de laquelle
le bien public a reçu sa large part de temps et de vigoureuse
initiative.
        <pb n="146" />
        jidis —

Nous avons été heureux de lui attribuer la modeste médaille,
qui lui procurera parfois, nous l’espérons, l’occasion du sou-
venir amical que l’on garde à ses bonnes actions.

M. Casanova, représentant M. Delfini, préfet des Bouches-
du-Rhône ;

M. le Conseiller Bouvet, représentant M. le Sénateur-Maire
de Marseille ;

M. Labussière, président du Tribunal de Commerce

M. Rastoin, président de la Chambre de Commerce »

M. Félisaz, inspecteur d’Académie ;

M. Pellegrini, inspecteur régional, et MM. les Inspecteurs
départementaux de l’Enseignement Technique ;

M. le Lieutenant-Colonel Moro, M. le Capitaine Ortoli, repré-
sentant M. le Général Commandant le XV° Corps et M. le
Général Commandant la Place :

M. Ducros, représentant M. le Président de l’Union des
Groupements Industriels et Commerciaux ; M, Wolff, vice-
président et délégué de la Société des Commerçants Magasi-
niers ;

MM. Hubert, Thierry, Toy-Riont, de la Chambre de Com-
merce et présidents honoraires de notre Société ; nous vous
remercions d’avoir bien voulu, une fois de plus, répondre à
notre appel. Nous voudrions, Messieurs, que cette cérémonie
éveille en vous quelque fierté de l’œuvre à laquelle, à des titres
divers, vous apportez la vie matérielle et le secours moral.
A vous, Messieurs, Présidents ou représentants des Corps Elus
qui nous subventionnent ; à vous, généreux donateurs, qui
rendez suffisant notre maigre budget ; à vous tous, qui, par
votre encouragement et votre aide, rendez possible notre täche,
nous apportons notre grand merci.

Oui, c’est vraiment une belle œuvre. Avec les 30.000 destinées
qu’elle améliora, elle tient, croyons-nous, en France un rang
digne. de notre Cité.

Elle est aussi la preuve vivante de l’existence permanente
de qualités que l’on nous discute trop souvent : la continuité
dans l’effort, la compréhension et la poursuite de buts lointains.
Elle témoigne également du nombre élevé de ceux qui, selon
une belle formule, sont prêts « pour acheter de l’avenir à payer
an peu de présent &gt;».

Mais une œuvre de cetle nature ne vaut que si elle sait se
renouveler et suivre les besoins nouveaux qui se manifestent.

8. DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR

L0
        <pb n="147" />
        146 —

Nous nous efforcons de rester dignes, sur ce point aussi, de la
belle tradition qui nous fut léguée.

Les cours bancaires, créés l’an dernier par mon prédéces-
seur, M. Toy-Riont, ont été assez profondément remaniés à la
lueur de l’expérience de celte année d’essai.

Le chiffre élevé des inscriptions, dès cette seconde année,
prouve que cette jeune pousse est vigoureuse et qu’elle
grandira.

Nous avons pensé aussi qu’en présence de la multiplication
de nos cours de Comptabilité et de leur dispersion, une coor-
dination s’imposait, et nous avons fait pour cela un nouvel
appel au dévouement de M. Ridart, déjà directeur de nos
cours de jeunes filles et professeur de notre cours de Compta-
bilité supérieure. Nous le remercions d’avoir bien voulu accep-
“er cette nouvelle charge.

Ces modifications et améliorations semblent bien corres-
pondre à des besoins, puisque nous atteignons cette année, au
1°” novembre, le chiffre record de 936 élèves.
CHERS ErÈVvEs,

La tradition veut que la lecture du Palmarès soit précédée
d’un discours et vous étiez résignés d’avance à ce dernier sacri-
fice, léger après tout, à côté de celui de tant d’heures- de
liberté.

Sur un point cependant, je me permettrai de m’écarter quel-
que peu de la voie classique. Ces discours passent pour devoir
être didactiques et moraux et je veux essayer de remplacer les
conseils par un appel à la confiance dans votre succès, par une
sorte d'encouragement à l’optimisme.

Voyez-vous, je suis de ceux qui prendraient volontiers le
contre-picd de la célèbre parole de Guillaume le Taciturne et
j'assurerais qu’en sobre vérité humaine « il faut espérer pour
entreprendre, et réussir pour persévérer ».

Si je parviens à vous fournir quelques raisons d’espérer, à
rendre voulue et raisonnée la confiance instinctive qui doit
être la compagne de la jeunesse, j'aurai, à mon tour, apporté
ma contribution à la réussite de vos carrières et à votre
bonheur ; car, tour à tour cause et effet, la confiance est une
puissante génératrice de succès personnel comme de prospérité
vénérale.
        <pb n="148" />
        — 147 —

Votre assiduité à nos cours, yotre présence ici, prouve que
vous possédez trois qualités qui, si elles ne suflisent pas à
assurer le succès, lui sont nécessaires : le caractère, la techni-
que, et, ne vous étonnez pas, l’imagination.

Le caractère, cette qualité mystérieuse du métal de nos
âmes, qui vous donnait le courage mériloire d'ajouter la fati-
gue de vos cours du soir à celle dela journée et de renoncer
pour eux à des délassements légitimes, c’est elle qui classe
les hommes en deux catégories : Ceux qui achètent du présent,
en. acceptant des traites sur l’avenir ; ceux qui achètent de
l'avenir, en payant avec un peu de temps présent.

Vous êtes de ces derniers, et vous sentez que si le caractère
ne suffit pas, il conserve cependant le rôle dominant, qui faisait
dire à Voltaire : « C’est le caractère qui fait réussir les
hommes ».

La technique fut toujours utile à qui voulait mettre les
chances de son côté ; elle est devenue maîtresse de la vie
inoderne. Voyez autour de vous la vitesse avec laquelle tout se
modifie. L’application de la science à l’industrie et au com-
merce, décuplée de puissance par l’universalité des moyens
tapides de transport, transforme et repétrit le monde en
salayant devant elle, en même temps que des mœurs respec-
‘ables, cette sorte de lenteur d’évolution qui laissait subsister,
parmi les anomalies, l’exécution médiocre de tâches mono-
“ones. Rien ne.sert de regretter les temps où la vie était plus
lente et peut-être plus douce. Ils sont aussi révolus que l’âge
de pierre. Les temps modernes sont affamés de technique et
longtemps encore ce mouvement s’accélèrera suivant le sillage
que trace devant nous cette fabuleuse Amérique, où le travail
humain de bonne qualité est toujours en quantité insuffisante
pour suivre le rythme accéléré de la technique.

Vos cours du soir vous auront donné, je l’espère, le goût
du résultat nouveau, le désir d'apprendre, plus encore que la
science, et, linguistes émérites, comptables au courant des
solutions qu’exigent les problèmes chaque jour nouveaux de
la législation, de la comptabilité industrielle, du machinisme
de bureau, l’esprit ouvert et préparé, vous entendrez un jour
l’appel de la destinée qui, autour de vous, dira une fois de
plus : cetle affaire pourrait être créée ou renflouée, étendue
ou installée à l’étranger, mais « où sont les hommès ? »

L’imagination aussi.cst nécessaire, ou plutôt cette sorte de
préoccupation de l’avenir qui façonne en quelque mesure les
3vénements, en préparant l’écho qu’ils auront en nous.

3. DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR
        <pb n="149" />
        — i48 —

Vous l’aviez pour acquérir votre technique, et si le caractère
l’a rendue réalisable en résistant aux empêchements ou aux
tentations, il vous a fallu l’étincelle, le désir d’apprendre, la
vision de l’avenir meilleur, auquel vous permet de prétendre
votre qualité meilleure.

Conservez, cultivez cette vision. Réfléchissez aux moyens de
mieux accomplir la tâche qui vous incombe.

Pensez à ce que vous feriez si vous étiez chef de service,
d’abord, puis directeur ou patron.

Efforcez-vous de prévoir les connaissances qu’il vous scrait
utile d’acquérir. Regardez autour de vous, en vous intéressant
au passionnant spectacle de l’évolution moderne et là, encore,
l'événement vous trouvera prêt.

Permettez-moi deux brèves citations. ;

C’est Shakespeare qui dit dans « La Tempête &gt; :

« Notre vie est tissée dans la même trame que nos rêves ».

Et Maeterlinck :

« Rien ne nous arrive qui ne soit de la même nature que
« nous-mêmes, Toute aventure se présente à nos âmes sous
« la forme de nos pensées habituelles. Gravissez la montagne
« ou descendez dans le village, allez au bout du monde ou

promenez-vous autour de la maison, vous ne rencontrerez

que vous-même sur les routes du hasard ».-

Vous voilà donc abordant la vie avec courage et espoir.
Mais le bonheur de tous, et plus directement celui des travail-
ieurs que nous sommes les uns et les autres, est étroitement
lié à la prospérité de la Patrie. Dans un pays sans vitalité,
sans sécurité, l’esprit d’entreprise s’étiole en même temps que
disparaît la prospérité matérielle et nous avons traversé des
jours noirs, où il semblait que notre pauvre pays, anémié par
la guerre, en butte à des difficultés financières en apparence
inextricables, ne conservait plus d’espoir de survie dans la
liberté, qu’à travers je ne sais quelle opération chirurgicale
de reniement d’engagements, compromettant pour plusieurs
générations sa prospérité, et secouant les bases mêmes de
l’Etat. ;

Maintenant que l’horizon s’est éclairci, nous tirons quelque
fierté dans celte maison de n’avoir jamais désespéré et d’avoir
toujours prêché la confiance en en disant les raisons. Notre
théorie économique — vous m’exeuserez de la rappeler car

«
        <pb n="150" />
        149 —

elle a besoin d’adeptes pour l’aider à triompher au plus vite
— est basée sur le même principe que je vous esquissais tout
à l'heure : les effets des applications de la science à l’industrie
sont loin d’être épuisés ou, en d’autre termes, l’enrichisse-
ment du patrimoine national est rapide et de rapidité crois-
sante. Une chute d’eau qui s’équipe, un progrès industriel
comme il s'en fait mille par an, une amélioration agricole,
l’ouverture d’une mine, l’augmentation d’une production colo-
niale de caoutchouc ou de café, ce n’est pas toujours, par suite
de la concurrence, l’enrichissement des particuliers, mais c’est
toujours, par la diminution des prix de revient ou l’abondance
accrue, l’enrichissement du pays.

Cet enrichissement est si rapide que nos problèmes budgé-
taires feront sourire nos enfants.

Que faut-il donc faire pour sortir des difficultés du moment ?
Rien de plus que ne fait le bon fermier qui voit pousser et
grandir sa récolte ; la soigner et se débrouiller au mieux en
l’attendant. La soigner, c’est-à-dire tout faire pour encourager
la production, l’esprit d’initiative, le travail.

Se débrouiller au mieux en attendant, trouver les solutions
temporaires les moins dangereuses pour attendre la récolte,
c’est-à-dire les pléthoriques excédents budgétaires que rappor-
teront des impôts allégés, mais portant sur une masse énorme
de matière imposable.

Les problèmes sociaux et budgétaires ont donc comme axe
la production de richesses nouvelles et non, comme le croient
tant d’esprits généreux et mal informés, la répartition d’une
richesse acquise, dont l’existence même est douteuse,

Comme l’équilibre du cycliste qui est fait de mouvement et
cesse avec lui, ainsi la richesse moderne faite de crédit et
d’une consommation grandissante a besoin, pour exister, de
toujours s’accroître.

Suivre cette loi inéluctable sans céder au vertige de la
vitesse, conserver aux édifices si vite construits la force de
résister aux orages, protéger ces poussées de vitalité en évitant
les crises de croissance, c’est le problème de la société moderne
et le génie français y est admirablement adapté.

Curieux des nouveautés et fidèle à la tradition protectrice,
ardent et prudent tout à la fois, désireux de joies nouvelles,
mais économe et tenace, vous verrez notre beau pays reprendre
— en richesse aussi — le rang auquel son histoire et ses vertus
lui donnent droit dans la hiérarchie des nations.
8, DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR
        <pb n="151" />
        150 -

Je sais que de dures crises jalonnent cette voie montante,
je n’ignore pas que le manque de compréhension des vérités
monétaires entraînera, notamment au point de rencontre du
coût de la vie et de la valeur de la monnaie, une période de
grave malaise. Mais, nous nous efforcerons tous de voir, à
travers ces tristesses momentanées, la reprise de cette marche
en avant qui conduit au mieux être général par l’enrichisse-
ment de la nation.

Malgré les détours où_m'’entraîne cette causerie, je n’oublie
pas mon « leitmotiv » : vous donner confiance dans la vie qui
s’ouvre devant vous.

Nous avons vu que vous pouviez avoir confiance en vous
et confiance dans le pays, mais, pour réussir, il faut encore
autre chose : il faut aimer son travail. La joie seule permet
l’ouvrage parfait et apporte à l’entreprise la poussée intérieure
qui la fait sortir du rang. On pourrait presque dire, paraphra-
sant à peine la belle apostrophe d’un grand orateur politique,
que « la joie seule est créatrice ».

C’est un grand moraliste qui écrivait : « L'accomplissement
« du devoir est peu de chose ; le devoir s'impose sous des
« sanctions sûres — il faut l’aimer — et quand l’amour et
« le devoir se rencontrent, alors naissent les réalisations et
« s’affirme le bonheur ».

Mais, pour aimer son travail, il faut Pestimer, avoir foi en
son ulilité intrinsèque, ne pas croire que l’on vit on parasite
social, par je ne sais quelle rouerie constamment couronnée de
succès. Et pour vous tous, nos collaborateurs, peut-être nos
confrères de demain, je voudrais tenter une réhabilitation du
rôle moral des affaires, justifier la fierté que vous devez res-
sentir du genre de vie où vous placérent les cireonstances, un
des plus nobles, je le prétends, qui soit donné à un-homme,
en l’état actuel de la civilisation.

Que de sarcasmes dans la littérature, que de imépris encore
latent dans les mœurs, pour l’industriel et le négociant : « Les
affaires c’est l’argent des autres &gt; — « Le gendre de Monsieur
Poirier »&gt;.— et la plus venimeuse de toutes les allusions mépri-
santes, cette affirmation que « Les affaires sont les affaires »,
c’est-à-dire qu’elles comportent une morale à part qui n’est pas
celle de tout le monde et en tout cas pas celle des honnêtes
gens.

Cette double calomnie que l’homme d’affaires est un homme
inférieur et quelque peu taré, pèse lourdement sur l’histoire
        <pb n="152" />
        151 —

moderne de notre pays. Il est légitime de chercher à encourager
ses fils ou ses proches dans des professions qui leur assurent
Ja considération de leurs concitoyens et toute profession décriée
se recrute mal et risque de mériter un jour les reproches qui
lui furent d’abord injustement décernés.

Je ne veux pas rechercher si, en des temps lointains, ou
encore dans d’autres pays, ces reproches ne furent pas justifiés,
ni même si une écume de mauvais aloi ne peut pas, aujour-
d’hui encore, donner le change aux esprits routiniers ou peu
observateurs, mais je prétends que de nos jours et à Marseille
le métier des affaires est beau et qu’il est noble et loyal.

Produire et distribuer ; être celui qui, à un titre modeste
ou insigne, sent battre ses affaires à l’unisson du grand rythme
du progrès ; voir et comprendre les améliorations techniques ;
contribuer à la création de produits nouveaux qui enrichissent
une consommation toujours grandissante ; suivre et deviner
parfois les modifications profondes que telle extension de
culture ou telle invention nouvelle apporte aux marchés ;
soupconner les lois de dépendance réciproque qui lient, dans
un désordre apparent, les mouvements matériels et moraux
des hommes et des choses ; entendre, non plus à longue
échéance, mais à temps pour rectifier l’allure, la réponse des
événements à des efforts heureux ou mal appliqués, c’est la vie
pleine et belle de l’homme d’affaires moderne. Et votre sort
est d’y être mêlé, d’en être un rouage, parfois modeste, mais
toujours nécessaire et vous vous efforcerez de ressentir quelque
fierté de la marche puissante et sûre de la grande œuvre à
laquelle vous collaborez.

Si le temps est passé où l’homme d’affaires pouvait être
médiocre, il est passé aussi celui où il pouvait être malhonnête.

Fini le temps des tromperies sur la marchandise ou sur le
poids. L'activité de la concurrence, la perfection des moyens
de transport rendent la plus scrupuleuse honnêteté nécessaire
à qui veut durer.

Chaque jour soumis au referendum de ses clients, l’indus-
triel ou le commerçant ne peut survivre qu’en s’appliquant la
règle qu’un lord anglais léguait à son fils : « Soyez droit comme
di canon de fusil. mais pas aussi dur ».

3. DISTINBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR
        <pb n="153" />
        — 152 —
MESDEMOISELLES,
Je ne prétendrai pas que cet hymne à la confiance dans le
succès ait été rédigé en pensant particulièrement à vous, car,
à part de rares exceptions, — sont-elles enviables ? — la
femme aspire à un rôle plus nécessaire encore et, en tout cas,
plus doux,

Vous aurez acquis pendant votre passage dans les bureaux
et, je l’espère, à nos cours du soir, de précieuses notions. Gagne
pain d'aujourd'hui et de demain, elles vous permettront après-
demain de mieux régler les dépenses de votre ménage et d’être
pour votre mari la compagne intelligente et avertie qui donne
leur sens aux triomphes, en augmente les joies et adoucit les
amertumes des échecs.

Je demande d’ores et déjà votre aide dans une grande
œuvre.

Nous avons été, dans la région, parmi les plus zélés propa-
gandistes de la création, puis de la généralisation des alloca-
tions familiales. Vous savez ce dont il s’agit.

Tout récemment encore, deux thèses s’affrontaient pour la
fixation des salaires.

L'une était la loi d’airain des économistes : le salaire est une
marchandise achetée et vendue au meilleur prix obtenable.
Cette conception conduit à des salaires insuffisants et à de
ruineux conflits. Elle est affreuse de conséquences pour la
famille.

L'autre était la thèse du salaire familial, suffisant pour que
chaque salarié puisse élever une famille nombreuse. Elle est,
hélas, impraticable, non seulement parce qu’elle conduirait à
des prix de revient excessifs, mais parce que les célibataires
et les pauvres d’enfants, qui ont moins de besoins et le mèmè
salaire, font, sans malice, par le simple poids de leur pouvoir
d'achat, monter les prix à un niveau tel que les familles nom-
breuses — trop rares — sont toujours les victimes dans la
course infernale, coût de la vie, salaire, coût de la vie.

Les organisateurs des allocations familiales ont voulu trou-
ver la solution moderne de ce dilemme. Elle consiste à donner

à part, par le soin d’organisations indépendantes, un salaire
supplémentaire auquel l’employé et l’ouvrier ont droit, non en
raison de leur travail, mais en raison du nombre de leurs
znfants.

Déjà, à Marseille, plusieurs centaines de maisons sont affi-
liées à l’une ou l’autre des cinq organisations qui distribuent
        <pb n="154" />
        — 153 —
ce genre d'allocations. Beaucoup reste à faire. Soyez nos
collaboratrices, répandez cette idée, demandez à vos frères, à
vos pères, plus tard à vos maris, de nous aider à défendre la
famille et la sécurité du fover en réclamant les allocations
familiales.

Chers Elèves, un peu ou beaucoup de ce discours vous aura
peut-être paru dépasser vos forces et vos ambitions, mais je
me suis laissé entraîner par la conviction que j’ai de parler à
une élite.

De grand cœur je souhaite que l’enseignement, qu’à la suite
de nos anciens nous vous avons procuré, vous aide vers de
brillants succès, mais je voudrais vous convaincre aussi que
la destinée plaça les moindres d’entre nous à un poste inté-
ressant et noble où, par la seule exécution loyale de notre
travail quotidien, nous pouvons nous sentir utiles.

Comment pourrais-je faire mieux qu’en paraphrasant les
magnifiques vers de Kipling si difficiles à traduire littéra-
lement :
« Ceux qui ont créé le monde moderne, enrichi le plus
« humble foyer de commodités et de luxes que n’auraient pas
« rêvé les princes d’autrefois, ceux qui fondent les empires
« et font la force des nations ne sont pas les génies ou les
« héros, mais la foule anonyme des consciencieux » (Vifs
applaudissements).

8, DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX DES COURS GRATUITS DU SOIR
        <pb n="155" />
        ANNEXE IX.

LA CLAUSE COMPROMISSOIRE

CONFÉRENCE DE M. L. LOUIS-DREYFUS
Ancien Député

La très intéressante conférence de M. L. Louis-Dreyfus,
ancien député, auteur de la proposition de loi devenue la « Loi
du 31 décembre 1925, portant validité de la clause compromis-
soire en matière commerciale », a eu lieu le lundi 22 février
(926, à 16 h. 30, dans les locaux de notre Société.

Un très nombreux auditoire que l’importance et l’actualité
du sujet, aussi bien que la personnalité de l’orateur avait attiré,
se pressait pour entendre l’éloquent défenseur de l’arbitrage
commercial.

Après une brève et aimable allocution de notre Président,
M. J.-B. Rocca, le distingué conférencier prit la parole en ces
termes :

MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MESSIEURS,
Je vous remercie pour votre bienveillant accueil et je suis
particulièrement sensible aux aimables paroles de votre émi-
nent Président. Je ne crois pas pouvoir mieux y répondre —
étant comme vous un homme d’affaires — qu’en me montrant
très bref, entrant sans délai dans l'examen de la question que
je voudrais — c’est ma seule ambition — développer devant
vous avec toute la clarté qu’il me sera possible d’y apporter.

J'aurais été tenté de m’en tenir à la ‘question du jour :
« l’organisation de l’arbitrage commercial s, mais les circons-
lances m’obligent à faire un retour vers le passé ; en effet, je
vous dois cette confession puisque nous sommèés entre nous,
que certaines institutions, d’ailleurs très respectables, certaines
personnalités qui méritent l’estime, se sont réveillées brusque-
ment lorsque après dix-sept ans, ce petit bout de proposition
de loi s’est trouvé adopté par le Sénat.
        <pb n="156" />
        — 155 —

Des difficultés sont soulevées de nature à entraver l’exécution
de la loi cependant votée, et contre elle on renouvelle les objec-
tions antérieures à son adoption.

Je vois à l'horizon de nombreuses résistances, ce qui fait que
je vais devant vous discuter les objections qui depuis longtemps
ont été faites contre la clause compromissoire et réapparaissent
aujourd’hui sous forme d’opposition, peut-être même d’obstrue-
tion. Ce sera mon premier chapitre. Le second consistera dans
la discussion des critiques auxquelles la loi nouvelle dont je
suis l’auteur ou le coupable est déjà soumise quant à son
exécution pratique.

Enfin, et ce sera le troisième chapitre, si vous le voulez bien,
nous examinerons de concert — non pas que j'aie la prétention
de vous donner des conseils —, je pourrais plutôt ici en rece-
voir — quelle est l’organisation pratique que nous devons
assurer sans retard, et je m’expliquerai tout à l’heure sur ces
mots : « sans retard » à la clause compromissoire enfin
devenue valable.

Mais, au seuil de ces explications, je tiens en une sorte de
déclaration liminaire, à bien affirmer qu’à aucun moment
l’auteur de la loi n’a pensé donner à la clause compromissoire
un caractère d’obligation ou à lui imprimer la nature d’un acte
forcé. La clause compromissoire est une décision libre que les
parties prennent ou ne prennent pas avec cette seule différence
sur ce qui se passait autrefois, qu’à partir de l’instant où, d’un
commun accord, on aura, librement, je le répète, volontaire-
ment, consenti à saisir des arbitres des difficultés futures, les
signatures seront valables et indiscutables ; on n’en pourra
plus, comme. par le passé, invoquer la nullité grâce à
l’article 1006 du Code de Procédure Civile.

Je vais aussi — dès l’abord — relever une critique que je ne
crois pas fondée, en vertu de laquelle ce seraient les grandes
sociétés, les gros capitalistes. (Sourires)… qui auraient tout
l’avantage de l’arbitrage commercial.

Messieurs, nous ne sommes pas ici pour faire de la politique,
Dieu nous en garde, cette séance pourrait peut-être mal finir.
{Sourires).…, je suis bien convaincu, au contraire, que nous
nous retirerons tous, conservant cette estime mutuelle qui se
dégage constamment de vos utiles réunions.

Mais, à l’heure où nous sommes, quand un homme a le sen-
timent des nécessités de la situation, il ne doit pas s'attacher
à une réforme et nous autres, hommes d’affaires qu’on critique
souvent si injustement, nous ne devons pas la poursuivre si

9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="157" />
        — 156 —

Nous ne sommes pas assurés qu’il importe de la réaliser dans
‘intérêt général, dans l’intérêt du suffrage universel, des petits
zommerçants et des petits industriels ; or il me paraît tomber
sous le sens que ce qu’il y a de redoutable pour une maison
modeste ayant des capitaux limités, qui peut craindre à tout
Instant l’immobilisation de son capital, la fermeture des
crédits, oui, ce qu’il y a de plus redoutable pour ce modeste
commerçant, c’est un procès qui comporte de gros frais et des
lélais très longs ; la procédure arbitrale est bien préférable
sour lui.

Ces dangers c’est lui surtout qui les court plutôt que la
contre-partie si elle est riche et puissante.

Ces déclarations préalables achevées, j’affirme que s’il y a eu
chez nous une telle antipathie contre la validité de la clause
zompromissoire, il faut pour l’expliquer remonter aux souve-
airs d’autrefois.

Mais avant cet historique, deux définitions juridiques sont
nécessaires :

Vous savez tous que le compromis est la convention par
-aquelle une difficulté étant déjà venue au monde, des experts
ou des arbitres qui viennent d’être désignés sont chargés de la
régler. Arbitres nommés, difficultés précisées : voilà le
*ompromis.

Au contraire, la clause compromissoire est un engagement
pris à l’avance au moment de la signature du contrat, avant que
fe soit né aucun différent, de le déférer, s’il venait à se pro-
luire, à des arbitres. La validité du compromis n’a jamais été
sontestée ; c’est la clause compromissoire qui, pour certaines
considérations d’ordre juridique et empirique. n’avait pas de
lorce légale.

Et pourquoi ?

Nous avons beau être un pays de révolutions et aussi,
paraît-il de nouveautés, nous fûâmes et restons profondément
solidaires du passé, des traditions d’autrefois. Dans le bon
vieux temps, vous savez que tout pouvoir émanait du monar-
Jue ; On ne comprenait pas, on ne pouvait pas admettre qu’un
ritoyen pût rendre la justice s’il n’en avait pas été investi par
une sorte de nomination régalienne : du temps des rois, sauf
pendant quelques périodes très courtes et pour quelques cas
particuliers, on ne reconnaissait pas à un simple bourgeois le
droit de « faire le Droit ».

C’est plus tard, par une sorte de réaction assez coutumière
chez nous. où trop souvent on va d’un extrême à un autre, que
        <pb n="158" />
        — 157 —

ia clause compromissoire, l’arbitrage commercial et même civil
ont joui de la plus insigne faveur et cela pendant la période
révolutionnaire. -

En effet les constitutions, les lois de 1790, 1791, 1793 et 1795
proclament qu’il ne faut toucher en quoi que ce soit à la valeur,
à l’autorité de l’arbitrage, que personne, même le pouvoir légis-
latif, n’a le droit de porter une atteinte à tout ce qui fait la
{orce de l’arbitrage. On était allé tellement loin que le magistrat
était purement et simplement dessaisi en de nombreuses
matières, civile ou commerciale, et que c’étaient souvent des
juges nommés sans conditions d’instruction par le suffrage
même de leurs compatriotes qui rendaient les jugements et
les arrêts ; et c’est dans ces conditions qu’une réaction s’est
ensuite produite. Certains excès, certaines iniquités, certaines
srreurs graves ayant été le résultat de cette prédominance, de
cette quasi-exclusivité de l’arbitrage, il tomba peu à peu en
défaveur et la clause compromissoire se vit entourée de multi-
ples ennemis. Tribunaux et Parlements soulevèrent de lourdes
et nombreuses objections et il me paraît nécessaire de les
Évoquer car je les vois réapparaître.

On cherche, ah bien inutilement !…. à nous mettre des bâtons
lans les roues pour l’exécution de la loi nouvelle.

Ce fut Rigaud, membre du Corps Législatif, qui mena
éloquemment la bataille. Ce fut la Cour de Cassation qui, à
partir de 1843, en de nombreux arrêts, sapa la clause compro-
missoire, laquelle est la clef de voûte de l’arbitrage.

Il est évident en effet que l’arbitrage commercial ne devien-
dra puissant, ne s’étendra de plus en plus que si c’est au
moment où n’est pas encore née la difficulté qu’il est adopté
par les parties. C’est une chose humaine — et au cours de cette
causerie, je m’efforcerai de toujours tenir le plus grand compte
des traditions, des mœurs ou habitudes, je dirai presque des
préjugés — c’est une chose humaine qu’au moment où deux
négociants signent un contrat, ils le font de bonne humeur ou
volontiers ; ils ont à ce moment de bons rapports entre eux +
si on est à la campagne, on va choquer le verre, si on est à
Marseille, il n’est pas défendu de faire amicalement le tour de
la Cannebière. Tout est rose alors ; tous deux sont contents car
ils estiment chacun qu’ils ont fait un bon contrat ; ils sont tout
disposés à ce moment-là à accepter cette clause qui par avance
leur inspire sécurité et confiance. Mais plus tard, si un litige
se produit, alors l’humeur change, chacun peut croire que c’est
lui qui a raison, que son co-contractant est un chicaneur, qu’il

9, LA CLAUSE COMPRONISSOIRE
        <pb n="159" />
        — 158 —

lait injure aux principes dont on était convenu, et ainsi c’est

1n état permanent d’hostilités qui est créé.

Je vais prendre un exemple que vous connaissez tous : il y

1 quelques mois — je me transporte sur le terrain internatio-
ral, car toutes ces questions d’arbitrage sont solidaires — un
lifférend grave s’est produit entre deux pays belliqueux : la
3ulgarie et la Grèce, On avait déjà fait appel à la poudre et
'eût été vraisemblablement la guerre si la Société des Nations
l'avait pas pu évoquer un engagement antérieur — une clause
ompromissoire — je souligne ces mots — en vertu de laquelle
zes deux puissances orientales s’étaient heureusement engagées
par avance, s’il venait à surgir dans la suite des difficultés entre
alles, à les faire résoudre pacifiquement par Jl’arbitrage à
zenève de la Société des Nations. Et la guerre fut évitée.

Voilà, Messieurs, l’intérêt de la question. Voilà comment, je
&gt;rois, nous devons tous être d’accord pour la voir. Et ici, je ne
vous cacherai pas combien j'ai été soutenu par l’exemple si pré-
ieux de la ville de Marseille, où la Société pour la Défense du
Commerce et de l'Industrie, où les Byreaux d’Expertises nous
ont enseigné comment il fallait mettre en valeur la clause
zompromissoire et organiser en pratique arbitrage et expertise.
soutenus encore, nous l’avons été par la Chambre de Commerce
le Strasbourg et nous sommes ainsi arrivés tous à cette convic-
‘lon qu’il valait mieux « concilier » que &lt;« plaider &gt;». N’en
TOUVONs-nous pas encore un exemple précis dans cette histoire
le « l’Huître et les Plaideurs », racontée avec tant de délicatesse
par le grand fabuliste français que nous apprécions tous ?

Et j'en reviens, Messieurs, à mon bon Rigaud, membre dis-
tingué du Corps Législatif, qui, chargé en 1856 du rapport sur
l’arbitrage obligatoire, dénia dans son réquisitoire les bienfaits
le l'arbitrage quel qu’il soit.

Que nous reproche-t-il à nous autres, hommes d’affaires ?
1 expose une première objection au sujet de la moralité des
arbitres, une seconde au sujet de leur impartialité et enfin, il
eur reproche d’avoir trop peur de se faire des ennemis.

La moralité des arbitres ?.. Dans chaque groupe d’activité,
lans chaque association, dans tous les corps de métiers, dans
outes les administrations, dans tous les ordres d'idées, qu’il
s'agisse du législatif, de l’exécutif ou même du judiciaire, n’y
a-t-il pas des brebis galeuses ? Et je ne vois pas pourquoi —
‘out en rendant un très grand hommage à l’impartialité, à Ia
moralité indiscutée de nos magistrats consulaires et judiciaires
— je ne vois pourquoi, dis-je, un citoyen français qui a du
        <pb n="160" />
        — 159 —

sang français dans les veines, qui a suivi les mêmes traditions,
ayant le mème idéal, serait un homme qui ne pourrait pas
donner dans ses jugements arbitraux la preuve d’une
zonscience qui s’exprime librement et honnêtement (A pplau-
dissements).

Et puis, disait Rigaud, le juge est impartial ; il n’en est pas
de même de l’arbitre. L’arbitre, la plupart du temps, est dési-
gné par les parties ; il défend donc la cause de son client plutôt
zomme un avocat que comme un juge. Laissez-moi d’abord
vous faire remarquer — et nous en reparlerons tout à l’heure,
à propos de la désignation des arbitres, de leur sélection, de
‘eur mode d’élection -— laissez-moi d’abord vous dire que si
plus tard — je ne dis pas tout de suite parce que je crois que
ce serait imprudent — au lieu de laisser nommer les arbitres
par les parties on les faisait désigner par l’impartialité du Pré-
sident de la Chambre Arbitrale, cet argument tomberait de
ui-même puisque, en réalité, les arbitres ainsi désignés
n’auraient aucune apparence d’intérêt personnel.

Mais tout de même, soyons pratiques et reconnaissons donc
une chose : c’est que devant le juge il y a aussi des avocats
Jui plaident, l’un pour, l’autre contre. Je vois- devant moi des
maîtres éminents du Barreau dont le talent est égal à la
conscience et je ne pense pas être contredit si je déclare qu’en
toute sécurité un avocat peut défendre mordicus la cause de son
:lient, ne fut-ce que parce qu’il peut toujours faire valoir les
points faibles de la thèse de son adversaire. De même je ne vois:
bas grand mal à ce que les arbitres désignés par Pune des
parties prennent la défense chacun de celle qui l’a nommé.

Quant à la dernière allégation quê les commerçants fonction-
nant comme arbitres ont peur des responsabilités qu’ils
sraindront de se faire des ennemis, l’expérierice a constamment
démontré que pour se livrer à notre genre d’occupations et
d’amusements il faut avoir du tempérament et de la résistance,
&gt;t même (souvenez-vous de la guerre) du courage ! Je ne crois
sas que ces hommes qui à tout instant doivent lutter contre les
difficultés toujours grandissantes de la situation économique,
se préoccuper de l’affrètement, de la hausse brusque ou de la
paisse inattendue et quelquefois irrationnelle des denrées, qui
loivent envisager quel sera le change ct examiner les prévisions
sur lesquelles ils doivent tabler, je ne crois pas, dis-je, que ces
rommes d’affaires soient d’une nature telle qu’ils aient peur de
léclarer, par exemple, que tel blé ou telle denrée ont été livrés

2. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="161" />
        - 166 —

dans les, conditions qui comportent une bonification (Applau-
dissements).

Au surplus, courage pour courage, ne poussons pas les cho-
ses trop loin et ne demandons d’être des héros ni à ceux qui
portent la robe du magistrat, la toge de l’avocat, ni à ceux
qui seront demain vos arbitres.

En tous cas, il ne me paraît pas douteux — et j'en aurai
lerminé avec ce chapitre qui est pour ainsi dire antérieur à
celui que je voulais traiter devant vous — il n’est pas douteux
qu’au point de vue de la célérité, au point de vue des frais,
même de la discrétion, voire de la compétence, l’arbitrage est
In instrument merveilleux qui permet de se faire rendre
justice rapidement sans exposer des sommes considérables
pour le paiement des frais judiciaires, sans craindre encore
jue la marchandise, pendant que l’affaire se discute, ne dépé-
‘isse, sans avoir à redouter que le magistrat lui-même, ayant
reconnu la nature des faits, déclare qu’il y a lieu de désigner
un expert, sans redouter que cet expert mette des mois et des
mois à faire connaître son rapport.

L’arbitrage, d’ailleurs, a fait ses preuves. Il existe dans le
nonde entier à l’exception d’un ou deux pays lointains. Par-
lout, il a produit d’excellents effets. En tout cas — et ceci est
déjà un premier résultat certain sur lequel il est permis de
zompter — il débloquera le rôle des Tribunaux de Commerce
et nous ne serons plus les uns et les autres obligés de subir
l'encombrement du rôle qui nous oblige à attendre pendant
des années entières que justice nous soit rendue (Applaudis-
sements). ;

Et maintenant, mes chers collègues, j’aborde le chapitre 2,
celui des objections et des critiques que j'ai vu formuler quant
à la mise en pratique de la nouvelle loi.

Je fais en particulier allusion, pour leur rendre hommage,
à des travaux très intéressants de l’éminent jurisconsulte
M. Ripert, de M. F. Dufour, le distingué collaborateur du Séma-
phore de Marseille, de M. l’avoué Perrin, que je salue comme
un ami de la première heure, homme sage qui s’efforce aussi
bien de reconnaître les vérités que les erreurs, et enfin du
Président du Tribunal de Commerce de cette ville, M. Labus-
sière, qui, je crois — car j'ai suivi ces questions d’assez près
— lors d’un discours inaugural de ses fonctions fit, avec cette

autorité et ce talent que nous lui connaissons tous, l’éloge de
l’arbitrage commercial : il exposa plus tard un certain nombre
        <pb n="162" />
        i6i —

de critiques que, à son avis, le fonctionnement de la loi noeu-
7elle permettait de prévoir ou de redouter,

Mais, je m’empresse de le dire, parmi ceux qui défendent
l'utilité et les mérites de l’arbitrage commercial, il y en a qui
vont trop loin ; en particulier, en ce qui concerne le Tribunal
de Commerce de Marseille, il fut injustifié de prétendre que
les juges n’ayant pas toujours les qualités que présentaient
‘es arbitres pour décider certaines questions, s’en remettaient
à des experts, lesquels auraient été en réalité les véritables
rédacteurs du jugement. Non, je déclare avec vous que les
arrêts sont rendus avec une conscience à laquelle il faut rendre
hommage, et que les juges consulaires s’acquittent d’une façon
honorable et consciencieuse des mandats qui leur sont conliés
et qu’ils remplissent eux-mêmes jusqu’au bout, à Marseille en
particulier.

Quelles sont les critiques et les difficultés que l’on aperçoit
maintenant que la loi est devenue effective ? Ah ! c’est un
&gt;nfant qui est venu tard au monde ; il a mis dix-sept ans à
voir le jour ; mais il est bien décidé à se défendre contre ses
ennemis qui n’ont pas désarmé, et même — laissez-moi vous
le dire — à se garder aussi des amis un peu timorés ou trop
zélés, qui, sous prétexte de nous donner des conseils de pru-
dence, risqueraient de nous amener à ce qu’il y a de pire :
les solutions négatives et peureuses. Il ne faut pas que vous
perdiez de vue que nous avons créé un « Droit nouveau »
et que nous sommes assez grands garçons, conscients de nos
obligations, pour assurer à ce « Droit nouveau » le sort dont
il est digne pour, tout en respectant scrupuleusement les lois,
établir un statut nouveau par nos propres forces, par notre
propre expérience, sans avoir besoin de craindre d’innombra-
bles complications qui nous rappelleraient le maquis de la
procédure et que nous avons le devoir d’éviter. Mais, existe-t-il
quelque institution parfaite ? (Applaudissements).

On me dit encore : « Mais dans quelle situation piteuse
allez-vous vous trouver si après avoir signé l'engagement de
déférer les différends futurs aux arbitres, une des parties
récalcitrante ou de mauvaise foi, venait à ne pas respecter sa
signature, c’est-à-dire, croisant les bras, à refuser de désigner
son arbitre. Comment allez-vous, vous autres qui ne devez pas
avoir usé vôs pantalons sur les bancs de l’école de Droit ou
dans les fauteuils des Tribunaux, vous débrouiller pour avoir
recours à l’arbitrage si l’une des deux parties venait à ne pas

9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="163" />
        — 1862 _—

désigner son arbitre ? Que ferez-vous contre cette grève perlée
d’une partie récalcitrante ?

Rien de plus facile, à condition, bien entendu, que nous
rherchions les solutions nous-mêmes,

Laissez-moi d’abord vous dire que les circonstances de fait,
le bon sens militent en notre faveur. En effet, faisant partie
d’une Association, celle du Bureau d’Expertises de Marseille,
par exemple, ou de la Société pour la Défense du Commerce,
la personne qui après avoir donné sa signature, viendrait à y
manquer, serait disqualifiée, serait l’objet d’une mesure de
répression de la part de ses collègues, ne fut-ce que l’exclusion.
Mais cela ne suffit pas : il y a cent façons — étant dans le Midi,
je sais bien qu’on pourra dire que j’exagère en déclarant qu’il
y a cent façons — il y a, si vous préférez, plusieurs façons de
résoudre la difficulté. D'abord, le Droit Commun : celui qui
viole sa signatuwe doit y réfléchir car il se rend passible de
gros dommages-intérêts que prononcera le Tribunal et ensuite,
‘aites-vous justice à vous-même, ce sera la bonne justice pra-
‘rique instaurée dans votre Règlement, dans votre contrat
« type » ; si le cas se produisait, c’est-à-dire, si une parlie
par manque de dignité ou de bonne foi, ne désignait pas son
arbitre, celui-ci serait nommé d’office par le Président de la
Chambre Arbitrale.

Et puis, c’est un autre point inspiré par le désir — seulement
apparent — de donner à ce « tard venu &gt;» une force qui pour-
rait lui manquer, on déclare que la clause en question devra
être rédigée d’une façon manuscrite, sous peine de nullité. On
dit : Faites attention, la clause arbitrale va être insérée dans
un grand nombre de contrats imprimés, ce sera la lutte du
pot de terre et du pot de fer. ». Je vous ai démontré tout-à
Pheure que la rapidité, le bon marché de la procédure d’arbi-
trage sont surtout des avantages pour ceux qui ne disposent
pas d'importants capitaux. On insiste : « Faites attention, il
faut qu’avant de consentir à cette grave opération les intéres-
sés réfléchissent, qu’ils prennent leur plume, qu’ils la trem-
pent dans l’encre et qu’ils méditent longuement avant d’écrire,
comme s’ils allaient rédiger leur propre testament pour le
notaire… &gt;.

Croyez-vous vraiment que les petits négociants des diffé-
rents coins de notre Provence, croyez-vous que la plupart
d’entre nous soient encore disposés à recourir à l’arbitrage si
des formalités de cette nature, obstacles de fait, sont oppo-
        <pb n="164" />
        sées ?… Cependant nous sommes des hommes à qui on recon-

naît la capacité de vendre, d’acheter, d’aliéner, de prendre part

à des réunions commerciales et industrielles importantes, sans

clauses manuscrites. Faisons sa part à l’expérience ; ne nous

croyons pas toujours dans notre pays, liés aux vieilles tradi-
tions de Droit écrit qui ont eu, certes, je n’en disconviens pas,
leur grandeur, ni astreints aux formalités solennelles et for-
melles, mais plaçons-nous donc au moment où nous vivons,
celui du téléphone, du télégraphe, de la T. S. F., suivons le
progrès, ne demandons pas à notre pays de rester dans une
immobilité constante, laissez-le s’adapter aux nécessités moder-
aes. Si la clause compromissoire a des inconvénients, mais
s’est le coût de toute découverte, la rançon de toute amélioration
humaine. Abandonnez à ces honorables négociants et indus-
triels le droit de se débrouiller tout seuls, donnez-leur l’habi-
tude de raisonner leurs affaires ; que le citoyen comme le
négociant ne s'adresse pas toujours au Conseil d’Etat pour un
décret d’administration publique, aux magistrats pour résoudre
les différends, à la Chambre pour faire de lois où les amende-
ments s'amoncellent de telle façon qu’on ne peut plus com-
prendre ce qu’elles veulent dire. De grâce, respectez nos
-nitiatives, laissez-nous travailler en paix (Applaudissements).

Croyez-vous, Messieurs, — j'avoue mon crime — que ce n’est
pas en parfaite connaissance de cause, appartenant à cette
époque à un milieu parlementaire que je respecte d’autant plus
que j'y rentrerai peut-être un jour (Sourires) ; croyez-vous,
dis-je, que si j'avais fait une proposition de loi où il y aurait
eu Un grand nombre d'articles — au lieu de la rédaction en
trois lignes — la réforme aurait fini par passer ?…. Non Mes-
sieurs, elle serait encore en panne au Parlement. Pour éviter
ce risque nous avons demandé une seule chose : « Le droit de
s'engager à déférer à des arbitres les difficultés ultérieures ».
Ayant procédé par l’affirmation d’un prineipe, nous nous
sommes conformés à l’esprit de la Constitution, au rôle du
législateur ; celui-ci devrait se contenter de voter certains
principes, et s’en remettre ensuite, pour leur application pra-
‘ique, à des règlements professionnels, faisant confiance au
son sens des populations beaucoup plus fréquent que le bon
sens des élus (Sourires et applaudissements).

Et puis, il y a eu — c’est une primeur que je vous apporte
-— Un coup de la dernière heure. Jusqu’à présent nous
croyions tous dire la vérité lorsque nous proclamions que

9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="165" />
        — 164 —

l’arbitrage commercial ne comportait pas les mêmes frais
qu’un jugement, avec toute la procédure devant le Tribunal,
la Cour d’Appel et ensuite la Cour de Cassation. Mais, sans
le chercher, nous avons ému — je le dis avec déférence et
aussi sans aucune crainte — nous avons ému les avocats, le
Conseil de l’Ordre : ce n’est pas notre faute, ils n’avaient qu’à
veiller au grain à temps. mais la maison construite, ils veulent
a posteriori la rendre inhabitable. Maintenant que la réforme
est définitivement votée et qu’elle sera grâce à vous appliquée,
ces défenseurs tard venus veulent assimiler les sentences arbi-
trals à des jugements et faire payer aux premières les lourds
droits d’enregistrement. Cela, Messieurs, signifie le coup de
grâce donné à l’arbitrage.

Ça c’est passé très simplement. Il y a à la Chambre une
commission de législation civile présidée par un avocat distin-
gué qui certainement entre deux plaidoiries aura parlé avec
ses confrères du Palais et leur aura dit : « Je vais proposer à
la Commission du Budget qu’on enregistre les sentences arbi-
trales ; cela va faire rentrer des dizaines de millions dans les
:aisses de l’État ». Evidemment, la Commission du Budget a
accueilli à bras ouverts, peut-on ‘dire, cette proposition, et un
peau jour — il y a peu de temps — on apprit à Paris, parmi
les gens qui s’intéressent à la question, que le droit d’enregis-
trement allait être dû par les sentences arbitrales et cela en
vertu d’un vote enlevé à la Chambre dans la confusion du
lernier débat financier.

Fort heureusement, le Sénat, composé de membres sages, qui
réfléchissent, était là, je dis le Sénat, c’est plutôt sa Commission
des Finances qui se mit d’abord en travers ; elle estima qu’il
serait inique et contraire à l’esprit de l’arbitrage de soumettre
à l’enregistrement toutes les sentences arbitrales. que ce serait
lénaturer la procédure arbitrale.

Le Sénat votera, espérons-le, l’amendement présenté par
M. Roy à sa Commission des Finances, et adopté par elle ; c’est
une formule d’après laquelie les sentences donneront lieu à
une sorte de procès-verbal qui sera’ déposé au Greffe. Il ne sera
pas permis de dire que si nous acceptons des sentences arbi-
trales c’est pour dissimuler nos bénéfices. Par conséquent, le
fisc aura un droit de regard, ce qui n’est que juste. En second
lieu, la Commission des Finances du Sénat a édicté que si l’une
des parties opposait des difficultés à l’exécution d’un arbitrage
et mettait ainsi l’autre dans l’obligation de s’adresser pour
l’exéquatur à la justice régulière. dans ce cas les droits seraient
        <pb n="166" />
        165 —

payés ; ce serait d’ailleurs une juste pénalité contre le délin-
quant. Espérons donc déjouer cette manœuvre du droit
l'enregistrement qui serait presque l’avortement de la réforme.

Voilà la situation parlementaire actuelle, en quelques mots.
Comme vous l’indiquait tout à l’heure, avec un certain scepti-
cisme votre Président, on a parlé de la nécessité d’un décret
d'administration publique ; il n’y en aura pas ; la loi votée se
suffit à elle-même. Elle a été placée dans le Code de Commerce
le façon qu’il n’y ait pas d’ambiguïté ; elle complète l’arti-
gle 631, elle se suffit !

C’est à vous, je le répète, dans la plénitude de vos droits, à
‘aire ou parfaire votre organisation et maintenant j'en arrive
au chapitre qui n’est peut-être pas le moins important de la
Conférence, la rédaction de votre règlement arbitral.

Quatre questions parmi tant d’autres — et nous ne pouvons
pas les examiner toutes — nous paraissent devoir être très
nettement débattues devant vous et décidées par vous.

Si vous le voulez bien, nous les appellerons : « les quatre À ».
C’est la question des Arbitres, celle d’Amiable composition
ou arbitrage pur et simple, celle d’Appel et enfin celle relative
aux Avocats.

Les arbitres ? qui les désignera ? où seront-ils choisis ?
Grosse difficulté pour quelques jurisconsultes éminents, chose
lacile à régler cependant par des hommes d’affaires. II ya
différents systèmes qui peuvent être opposés l’un à l’autre, ou
se compléter, chacun ayant ses avantages et ses inconvénients.
Certains esprits estiment que l’arbitrage de premier degré
devrait être rendu par un arbitre unique ; d’autres considèrent
qu’il est bon qu’il y ait deux arbitres, représentant chacune des
thèses en présence et, par conséquent, nommés par chacune
des parties, et d’autre part un tiers arbitre pour les départager.
D’autres, enfin, estiment que les trois arbitres devraient être
choisis impartialement par le Président de la Chambre d’Arbi-
Lrage.

Tous ces systèmes présentent des avantages et des inconvé-
aients ; leur exposé vous permettra cependant de vous former
ane opinion personnelle. Laissez-moi vous dire toutefois que
dans les règlements très intéressants que j'ai trouvés ici de &lt; la
Société pour la Défense du Commerce », qui rend des services
considérables dans les milieux commerciaux et industriels,
services qui grandiront encore, j'en exprime l’espoir et j'en
lormule la certitude avec l’application de l’arbitrage, on a une

9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="167" />
        Êt

tendance à laisser désigner les arbitres par le Président de la
Chambre d’Arbitrage.

Dernièrement, à Paris, où s’étaient réunis sous l’égide du
Syndicat Général de la Bourse de Commerce, les Présidents
et Délégués d’un grand nombre d’Associations (courtiers, mino-
tiers, graines, graines, alcools, caoutchouces, huiles, riz, sucre,
etc…), on a adopté une solution que je crois ingénieuse, qui est,
en tout cas, une mesure temporaire destinée peut-être à être
modifiée ; on a tenu compte d’abord — et c’est toujours la
rature humaine qu’il faut considérer en premier lieu quand
on veut appliquer une réforme — de la mentalité de notre
peuple ; on a estimé qu’il convenait dans les premiers temps,
&gt;n tout cas, dans le but même de propager l’arbitrage, de
permettre à chacun des contractants de désigner son arbitre,
allons, disons le mot, d’avoir une sorte d’avocat ; il fallait éviter
que la partie perdante qui, bien entendu, ne sera pas contente,
se dise : « Si j'avais pu choisir un brave homme de mes amis
dont j'aurais trouvé le nom sur le tableau institué par la Cham-
bre Arbitrale, si j'avais pu faire mon choix, j'aurais pris un tel
qui aurait mieux expliqué la chose au tiers arbitre. « On en
est arrivé ainsi à cette solution qui se tient très bien, qui a
Îîté une sorte de transaction entre la Chambre Arbitrale de
Strasbourg d’une part et d’autres éléments présents à Paris,
en vertu de laquelle chaque partie choisira son arbitre, mais
c’est le Président de la Chambre Syndicaie qui nommera le tiers
arbitre ; celui-ci assistera à la discussion et alors, ou les deux
arbitres tombant d’accord le tiers arbitre n’a plus à intervenir,
ou ils ne peuvent pas s’entendre, et alors c’est lui, nommé par
le Président, qui les départage.

Comme vous le voyez, messieurs, c’est une solution qui
correspond purement et simplement à la fusion de deux
systèmes.
Le deuxième point — et celui-là est grave et délicat — est
de savoir si on adoptera l'arbitrage pur et simple ou l’amiable
composition. Très grosse est la différence. L’arbitre, dans le
sens habituel et juridique du mot, est celui qui s’inspire des
conventions et de la loi, qui juge, je ne dirai pas en conformité
avec la lettre même des textes, mais qui cependant se soumet,
aussi complètement que sa conscience le lui permet, à ce qui
est écrit dans la convention et dans la loi. C’est dans cet esprit
qu’il donne raison à l’une ou l’autre des parties.

L’amiable composition laisse aux arbitres un pouvoir bien
        <pb n="168" />
        77

plus complet d’appréciation. Les arbitres, amiables composi-
leurs, sans doute ne négligent pas les textes écrits ; ils doivent
les lire, au contraire, avec soin ; ils doivent tenir compte de
la convention de base, comme de l’interprétation des textes de
loi ; mais l’amiable « compensateur », si l’on peut ainsi dire,
peut apprécier que, nonobstant tous ces textes, c’est telle sen-
lence qui s'impose en équité. Cé qui décide l’arbitre, c’est la
loi ; ce qui décide l’amiable compositeur, c’est l’équité.

Je prends un exemple.

Nous savons tous que lorsqu’on vend un chargement de
denrées aux conditions CAF, il est prévu dans le contrat que
le vendeur, le chargeur si vous voulez, a la latitude de livrer
:n plus ou moins 5 % pour les parcelles, 10 % pour les char-
gements entiers. On ne peut, en effet, pas savoir exactement,
quand on charge un navire aux Indes, au Sénégal, en Améri-
que, ou dans toute autre partie du monde, la quantité exacte
de marchandises qui entrera dans les flanes du bateau. Quand
le bateau arrive à destination, l’acheteur n’a donc pas le droit
de refuser la marchandise sous prétexte qu’il y a 5 ou 10 %
de marchandise en plus ou en moins que la quantité stipulée
au contrat.

Mais prenons le cas où le chargeur n’a pas tenu compte du
pourcentage fixé et a embarqué, dans le cas d’un vapeur entier
plus de 10 % en plus ou en moins.

Si je suis un arbitre tel que ceux qui fonctionnent à Londres,
je suis obligé, consultant le contrat qui établit 10 % comme
maximum ou minimum, de donner raison à l’acheteur et de
rejeter purement et simplement tout le chargement, si la lati-
tude de 10 % a été dépassée dans un sens ou dans l’autre.

Mais, au contraire, si j'ai les pouvoirs d’amiable composi-
teur, il m’est permis de faire venir les intéressés et de leur
dire : « C’est entendu, vous avez reçu 12 % de marchandise en
trop, les 10 % ont été dépassés de 2 %. Cela ‘est d’autant plus
fâcheux que la baisse est survenue dans l’intervalle ; il serait
vraiment trop dur pour une faute, d’ailleurs commise très
souvent de bonne foi par le chargeur, de l’obliger à laisser
débarquer la totalité des marchandises sur les quais et de le
livrer à toutes les difficultés qu’il rencontrerait pour leur
écoulement en période de baisse ; dans ces conditions, nous
allons arranger cela équitablement. Peur la faute commise, il
vous sera dû une indemnité de.…., qui viendra en déduction du
pourcentage prévu ».

9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="169" />
        — 168 —

Voilà, Messieurs, le raisonnement de l’amiable compositeur.
Je ne cherche pas à savoir s’il est exact ou faux, s’il a tenu un
juste compte de la bonne foi réciproque des parties. Je voulais
simplement vous faire toucher du doigt l’énorme différence qui
existe entre les deux systèmes. Je n’ignore pas qu’un grand
nombre d’entre vous soutiendront que tant qu’à faire d’aller en
arbitrage il vaudrait mieux faire de l’amiable composition. Là
encore, permettez-moi de prêcher la sagesse et la prudence.
L’inexpérience des débuts peut rendre dangereuses certaines
solutions fournies par l’amiable composition.

Je sais fort bien — et je l’ai lu dans un journal de Marseille

— que ce choix entre les deux modes d’arbitrage serait lié à
liverses conditions précises. Mais soyez bien convaincus que
3i l’option ne doit s’exercer qu’une fois l’état de guerre déclaré
entre les parties, celles-ci n’opteront jamais pour l’amiable
composition.

Ensuite se pose la question de l’appel ; elle est aussi de la
plus haute importance. Je me contenterai de vous indiquer les
différentes solutions envisagées. En ce qui concerne l’appel,
que dit le droit commun ? Réponse : l’appel est de droit quand
les parties n’ont pas clairement stipulé qu’elles y renoncent.
Le droit commun établit de plus que, sauf stipulation contraire,
l'appel d’une sentence arbitrale doit se faire devant un Tribu-
aal : Tribunal de Première Instance, si, dans le cas où le juge
eût été saisi dès l’origine au lieu de l’arbitre, le montant en
discussion était de la compétence d’un juge de paix ; Cour
d’Appel, si le montant en discussion entraînait la compétence
dp Tribunal de Première Instance. Si done vos contrats se
bornent à invoquer la nouvelle loi, sans rien spécifier de plus,
’appel ordinaire vous restera ouvert.

Je sais que l’appel judiciaire répugne à un grand nombrë
d’entre vous qui disent : « Pas d’appel du tout. Le premier
arbitrage, que nous appelons par prudence sentence arbitrale,
du premier degré, suffit. Il n’en sera pas fait appel ». D’autres,
la majorité, je crois, estiment que l’appel, en tout cas, ne devra
pas venir devant une Cour d’Appel ou un Tribunal de première
instance, mais devant une juridiction arbitrale de deuxième
degré.

S'il m’est permis, comme à chacun d’ailleurs, de donner un
avis, je vous déclare immédiatement que je suis hostile à
l’appel judiciaire, car alors ce ne serait vraiment pas la peine
d’avoir organisé l’arbitrage professionnel {Applaudissements).

L’appel doit être porté devant une assemblée d’arbitres et
        <pb n="170" />
        ‘69

là, au seuil d’une question aussi délicate, je vous renvoie au
règlement de votre Chambre d’Expertises. Vous y exigez, pour
cet arbitrage du second degré, une majorité de quatre voix
contre une ; pour que le jugement arbitral du premier degré
soit annulé, il vous faut que quatre voix contre cinq le
déclarent mauvais.

À Paris, Messieurs, nous nous sommes contentés de dire
qu’il suffirait de la majorité ordinaire, soit trois voix sur cinq,
pour que la sentence arbitrale du premier degré fût annulée,
st remplacée par une sentence d’appel. Je comprends d’ailleurs
‘rès bien votre pensée, elle est semblable à celle que je
retrouve en Angleterre, au sein de ces organisations vraiment
modèles des arbitres commerciaux, telles que la London Corn
Trade Association.

Par des modifications successives, les Anglais ont fini par
rendre l’arbitrage d’appel, je ne dirai pas impossible, mais très
difficile, ou tout au moins rébarbatif. Il comporte en effet sept
juges et il faut que six d’entre eux déclarent que la première
sentence sera annulée. Il faut donc réunir la presque unani-
mité contre elle. Et de plus, les frais d’appel sont considérables,
seci afin de réduire chez les parties le désir d’en appeler d’une
sentence arbitrale.

Chez vous, très sagement, on a fait sa part à cette préoceu-
pation en édictant, si je ne me trompe, que les honoraires des
arbitres, honoraires d’ailleurs si réduits qu’ils permettent à
peine de payer le taxi pour se rendre à l'arbitrage, seraient
doublés en appel. Et ceci ne signifie pas que vous vouliez
rémunérer davantage les arbitres d’appel que ceux de première
instance, mais que vous avez voulu avertir les parties,, déjà
condamnées par un premier arbitrage, qu’elles doivent hésiter
à tenter l’appel.

Enfin, Messieurs, le quatrième À : la question des avocats.

fl ne nous a jamais échappé qu’en dehors des questions
d’expertises proprement dites — et c’est à cet ordre de préoc-
cupations que répond surtout la Chambre d’Expertises et
d’Arbitrages — il pouvait se produire entre négociants des
litiges d’une gravité particulière ou affectant un caractère juri-
dique très délicat. C’est dans ces cas, où les parties prévoient

qu’il y aura une difficulté juridique à résoudre, qu’elles pour-
ront librement stipuler que l’appel se fera devant un Tribunal.
Mais il y a une autre solution qui me paraît beaucoup plus
naturelle, et la voici : quand une difficulté vient à naître, vous
9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="171" />
        — 170 —

savez que chacune des parties désigne son arbitre, ou bien
encore le Président de la Chambre Arbitrale, suivant un autre
système, les nommerait aux lieu et place des intéressés : mais
quand les parties (ou les arbitres) s’apercevront qu’il y a une
difficulté à résoudre, une question juridique importante, nous
avons voulu, dans le règlement élaboré récemment à Paris,
ouvrir largement la porte comme ayant voix au chapitre, non
seulement aux arbitres, mais encore aux avocats, aux avoués,
aux agréés en exercice ou en retraite, aux membres des tribu-
naux de commerce et des chambres de commerce, aux experts
zomptables, ete. Nous avons donc stipulé que chacune des
sarties intéressées pouvait soit venir elle-même à l’arbitrage,
soit s’y faire représenter si ses affaires l’empéchaient d’y assis-
ler, et même encore s’y faire assister par tout mandataire à
son choix, et mandataire peut vouloir dire avocat. si vous le
voulez ainsi.

Donc, faisons confiance à l’expérience, car rien en ce monde
ae s’édifie sans la collaboration patiente et quelquefois doulou-
reuse du temps.

Je ne crains pas l’usage de la liberté, parce que justement
si nous commettons des fautes nous nous corrigerons par
notre propre vertu sans aller chercher ailleurs un sauveur
“A pplaudissements). ;

Une dernière observation. J’ai lu dans le Règlement de la
Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie une
phrase qui me paraît devoir être méditée “il est dit que le
règlement en question ne peut être utilisé que par les membres
de l’association eu-mêmes, mais on exclut les étrangers.

Du reste, je vais vous donner lecture de cet article 7 :

« Seuls les membres de la Société pourront profiter des

présentes dispositions, mais ils pourront constituer un

arbitrage avec une partie qui n’appartiendra pas à la

Société &gt;».
Par conséquent, lorsque deux tommerçants ne seront pas
membres de la Société pour la Défense du Commerce de Mar-
seille, ils ne pourront pas venir vous demander de résoudre,
par votre arbitrage, les difficultés qui les divisent. Eh bien,
je ne crois pas cela de bonne politique. J’estime que pour le
rayonnement de votre Association, il serait bon de ménager
un accueil plus large et d’accepter même les non-adhérents :
ils deviendraient certainement, demain, membres de votre
Société : ils auraient appris à apprécier vos services et ils
        <pb n="172" />
        ue

viendraient ensuite contribuer, par leur adhésion, au dévelop-
pement de votre magnifique groupement (Applaudissements).

Messieurs, j'en ai terminé ; il est bien entendu que l’idéal
serait une législation arbitrale uniforme, la création — comme
on en a exprimé le désir à Paris — d’une sorte de Greffe cen-
tralisateur, mais à chaque jour suffit sa peine et dans une
grande ville comme Marseille, qui a un rayon si important, il
est bon que vous accomplissiez d’abord votre travail avec indé-
pendance et avec méthode, que vous repreniez vos règlements.
que vous les complétiez et que vous voyiez ensuite dans quelle
mesure vous pourriez adhérer à une organisation centrale ;
cela n’est pas l’œuvre d'aujourd'hui, mais de demain.

En tout cas, je tiens à vous exprimer ma vive reconnais-
sance ; je le ferai sobrement, n’oubliant pas que l’heure de
a Bourse vous appelle et décidé à vous rendre cette liberté
que j'invoque en toute circonstance. Je désire, mes chers collè-
gues, vous exprimer ma gratitude profonde pour l’attention si
courtoise, si soutenue que vous m’avez accordée. La vieille ville
phocéenne joua un grand rôle dans le monde ; son phare, qui
éclaire tout le chemin de l’Orient, fera bien de se diriger quel-
que fois vers Paris et même vers le Palais Bourbon, qui a,
certes, besoin dre lumières (Sourires). Votre influence est
considérable, aussi je viens vous demander, moi qui suis un
peu le père de cette loi nouvelle, concours et sympathie.

Je vous le demande parce que je suis un peu marseillais. Ah,
on ne l’est jamais assez, je le sais bien, c’est pourquoi je dis
« Un peu &gt; par modestie !

Après la guerre de 70, mon grand-père, âgé de 73 ans, en
quittant l’Alsace pour opter au nom de ses enfants mineurs
pour la France, désigna Marseille pour son domicile ; mon père
fit de même, nous avions d’ailleurs déjà une succursale dans
votre belle ville ; moi-même j'ai connu, étant très jeune, des
nabitants de votre cité, qui ont gardé une place, non seulement
dans ma mémoire, mais encore dans mon cœur. Je ne les
aommerai pas tous, mais permettez-moi d’évoquer le souvenir
des Féraud d’Honnorat, amis de ma famille et de ma maison,
l’un « Augustin », président de la Société Marseillaise, homme
éminent, si droit, si pénétrant, l’autre « Léonce », loyal colla-
borateur de mon Père, et à qui l’expérience, souvent mélanco-
lique de la vie, n’avait pas fait perdre le bon sourire de
l’indulgence. J'ai connu également Thierry, qui fut ün grand

9 LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="173" />
        — 172 —
parlementaire et, à l’étranger, le noble défenseur de notre pays.

Dans ma reconnaissance, dans mes remerciements, il y a
beaucoup de sincérité, il y a aussi quelque peu d’émotion
“A pplaudissements prolongés).

ALLOCUTION DE M. LE PRESIDENT J.-B. ROCCA
MESSIEURS,
Je suis sûr d’être votre interprète en remerciant M. Louis
Louis-Dreyfus de la remarquable conférence par laquelle il
aous a développé toutes les questions qui se rapportent à la
nouvelle loi relative à la clause compromissoire. Il nous a dit
que la loi était définitive, que les bruits que nous avons recueil-
lis sur un décret, sur un règlement d’administration publique
en préparation, étaient des bruits erronés. Il nous a indiqué,
3n outre, qu’il dépendait de nous de mettre la loi en application
pratique. Il a bien voulu rappeler encore que le Tribunal arbi-
tral de la Société pour la Défense du Commerce, créé il ya
pien longtemps déjà, était à Marseille un centre autour duquel
pouvaient se grouper les nouveaux règlements rendus néces-
saires par la nouvelle législation. Il a fait au règlement du
Tribunal arbitral une petite critique ; je l’en remercie en lui
rappelant que ce règlement, fort ancien, ne prévoyait pas
l'extension en quelque sorte générale qu’est appelée à prendre
cette question depuis le vote de la nouvelle loi. Et, messieurs,
si vous me permettez de redevenir momentanément le Prési-
dent de la Société pour la Défense du Commerce, au lieu d’être
un simple président de séance, je vous dirai que dans les
modifications que nous allons nous efforcer d’apporter à ce
règlement, nous tiendrons compte des préoccupations de
l’heure et, en particulier, de la nécessité de travailler en
commun avec notre remarquable Tribunal de Commerce. Voilà
des siècles que le Tribunal de Commerce de Marseille mérite la
gratitude de tous les négociants, de tous les industriels de la
cité. Si la récente loi est venue apporter des possibilités nou-
velles dans les directives, si vous avez besoin d’un nouvel outil,
il ne s’ensuit pas, forcément, qu’il faille une sorte de boule-
versement général et qu’il y ait impossibilité de collaboration
avec le Tribunal de Commerce, non pas seulement cette colla-
boration de l’amitié que nous ressentons tous, cette collabora-
fion des personnes qui fait que notre Tribunal arbitral est
        <pb n="174" />
        — 178 —

composé exclusivement d’anciens juges au Tribunal de Coni-
merce, mais une sorte de collaboration étroite entre le Tribunal
arbitral officiel et le Tribunal de Commerce. Je ne sais pas, au
juste, ce qui sera possible dans ce sens, mais nous nous effor-
cerons, par tous nos moyens, d’arriver à ce résultat, car la
jurisprudence arbitrale est faite pour compléter la jurispru-
dence commerciale. La vitesse, la technicité, l’évolution de la
législationh par rapport aux besoins nouveaux doivent être à la
base de la jurisprudence de demain, mais ceci ne doit pas nous
2mpêcher de travailler étroitement en commun et je suis
persuadé que nous répondrons aux désirs de tous en donnant
d’abord satisfaction aux besoins nouveaux tout en maintenant
l'accord, le prestige, et en témoignant toute notre reconnais-
sance à la juridiction consulaire dont le Président actuel
maintient les vieilles traditions (Vifs applaudissements)

3 LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
        <pb n="175" />
        ANNEXE X.

L’ASSURANCE-CRÉDIT

Sa pratique à l’Étranger
st sa réalisation en France

CAUSERIE DE M. ANDRÉ WEIL
Docteur en Droit

M. André Weil, Docteur en Droit, a fait, le 3 mars 1926, au
siège de notre Société une causerie sur « L’Assurance-Crédit »
lont nous reproduisons ci-après les principaux passages.

L’exposé de la question fait par le distingué conférencier fut
admirablement clair, précis et complet.

Après avoir été présenté par notre Président, M. J.-B. Rocca,
M. André Weil prenant la parole s’attacha d’abord à montrer
somment, avec le développement de l’industrie, naquit le crédit
&lt; arme utile, efficace sans doute, mais arme dangereuse », ; de
tà les tentatives en vue de parer aux risques inhérents au crédit,
et l’idée d’assurance appliquée à ces risques. Et après avoir
analysé très complètement les éléments du risque « insolva-
bilité », ses caractères, les causes qui lui donnent naissance, &lt; il
en résulte dit-il que l’évaluation du risque, l’établissement de
‘a prime, s’établiront par une étude de ces’ différentes causes *
La prime, — En principe, le taux d’une prime d’assurance est
basé sur la valeur du risque pris en considération. Un premier
ordre de grandeur des taux de prime devra être établi en tenant
compte des chances de réalisation des sinistres, d’après les
statistiques de faillites, et qui révèlent des coefficients à peu
près semblables dans tous les pays. Mais ces coefficients ne sont
plus les mêmes dans tous les pays, si on observe les différentes
branches d’industrie : l’industrie du cuir aux Etats-Unis,
souffre relativement peu du risque d’insolvabilité, tandis que le
nême risque pour d’autres sera assumé à des taux relativement
        <pb n="176" />
        = + 1YŸE ——

élevés ; la situation est inverse en France. D’autre part, le
“isque du vendeur de matière première sera moins taxé que
selui du vendeur de produits fabriqués. Donc, le taux sera
cout d'abord facteur de l’industrie envisagée et des conditions
économiques de cette industrie au moment de la souscription
lu risque.

Puis viendra une appréciation des causes développées par
Bradstreet, de leur influence possible sur la situation de celui
qui sera l’objet du crédit.

Enfin, plus matériellement, on s’efforcera de connaître sa
sitfiation financière, son capital, ses disponibilités, ses besoins.

Ces différents facteurs permettront de justifier le montant et
la durée du crédit demandé, d’une manière générale de donner
au risque son prix, c’est-à-dire de fixer la prime.

Ainsi, le risque étant spécifié, la prime établie en raison de
laquelle, en cas de réalisation du risque une indemnité déter-
minée sera payée, nous sommes bien en présence d’un contrat
d'assurance susceptible d’être soumis aux lois qui régissent ces
contrats dans tous les pays.

Réalisation pratique. — Si donc, Messieurs, en théorie, le
risque insolvabilité est un risque assurable, si, de plus, l’assu-
rance est le seul moyen logique d’en éviter les effets pour les
[ndustriels, les Commerçants et les Banquiers, comment cette
dée est-elle mise en pratique ?

Je ne vous ferai pas l’historique de l’Assurance-Crédit, sa
réalisation dans tous les pays, et dès 1890 en France, ses
méthodes imprécises, ses conditions trop rigoureuses, l’incom-
préhension d’un public mal initié, et les litiges qui en
résultèrent entre assureurs et assurés.

Son développement, son. évolution, furent longs, difficiles,
semés d’erreurs, Faut-il en conclure que l’Assurance-Crédit, si
èlle est viable en théorie, est irréalisable en pratique ?

L'assurance maritime existe depuis trois siècles, et pourtant
ae repose sur des bases scientifiques, que depuis 30 ans.

Par conséquent, nous ne sommes pas trop en retard, et le
succès des tentatives récentes, le développement pris par cette
nouvelle branche d'assurance dans tous les pays à l’heure

actuelle, les progrès réalisés chaque jour, sont le meilleur
-émoignage des avantages qu’elle présente.

Si, à l'heure actuelle, et dans les pays où l’Assurance-Crédit
sst pratiquée depuis quelques années, les méthodes diffèrent,
du moins certains princines sont unanimement observés par

10. L’ASSURANCE-CREDIT
        <pb n="177" />
        — 176 -

ous ceux qui prétendent à une certaine connaissance de la
question.
Couverture de la perte nette définitive. — Le premier prin-
cipe découle de la définition même de l’insolvabilité. L’insolva-
bilité est la situation dans laquelle se trouve un débiteur qui
ne peut faire face à ses engagements. La manifestation de
l’insolyabilité est la faillite, la liquidation judiciaire, ou la
sonclision d’un règlement amiable réduisant le montant du
passif du défaillant.

Cette situation implique une perte pour ceux qui ont accordé
du crédit à ce défaillant. C’est cette perte, et seulement cette
perte, que les assureurs couvrent. Par conséquent, c’est seule-
ment lorsque cette perte aura été établie que les assureurs
nterviendront.

Il en est de même dans toutes les branches d’assurances. En
matière d'incendie, par exemple, les assureurs n’interviennent
qu’après établissement des pertes résultant de l’incendie. Sans
doute, dans certains cas, la perte résultant d’une insolvabilité
est longue à établir, mais il appartient alors aux assureurs
slairvoyants de faire des avances à leur assuré, sans enfeindre
toutefois le principe que l’assurance couvre la perte nette
définitive.

2° La co-assurance. — Un deuxième principe est le principe
de co-assurance. I serait dangereux, anormal, que l’assuré soit
couvert contre la totalité du risque. Le plus sérieux, le plus
prudent n’étant plus retenu par aucun frein, serait entraîné à
accorder des crédits inconsidérément. L’assurance-insolvabilité
serait détournée de son but essentiellement moral en poussant
à la spéculation. Il est donc nécessaire que l’assuré reste inté-
ressé au risque. Ceci est réalisé par le principe de co-assurance,
moyennant lequel l’assuré reste son propre assureur pour un
pourcentage généralement fixé à 25 %.

3° Pas d’assurance préventive. — Un troisième principe est
de ne jamais assumer le risque qu’au moment où le crédit est
accordé, . c’est-à-dire ne garantir, en matière d’insolvabilité,
l’exécution d’un contrat qu’au moment où il est conclu.

La raison s’en conçoit fort bien. Si la confiance règne à la
conclusion du contrat, que par la suite seulement le vendeur
cherche à s’assurer, c’est que, entre temps, il a eu des raisons
nouvelles d’agir ainsi et, par conséquent, le risque assumé par
l’assureur ne serait plus un risque normal par les craintes
mêunes de celui qui demande à s’acsnurer
        <pb n="178" />
        177 —

Les différents modes d’application. — On distingue trois
systèmes différents d’assurance-insolvabilité : le système
anglais, le système allemand, le système américain.

Si les principes, les organes essentiels sont partout les
mêmes, du moins l’application diffère :

En Angleterre, l’assureur prend en considération les opéra-
tions individuellement réalisées par un industriel.

La prime est fonction tout d’abord de l’industrie envisagée,
de la situation morale et matérielle du débiteur telle qu’elle est
révélée par les renseignements, enfin de l’importance du crédit
demandé et de sa durée.

L’assureur tient compte également de l’importance possible
du bénéfice de l’assuré dans l’opération pour établir sa parti-
cipation au risque, suivant le principe de co-assurance que nous
avons vu tout à l’heure.

L’assureur tient peut compte du proposant puisque, en
somme, il a tous les moyens d’étudier la valeur du risque qui
lui est proposé.

Cette assurance est réalisée au moyen de deux polices « the
pill of exchange policy », qui couvre le risque représenté par
«es traites acceptées par le débiteur ; « the open account
policy », qui couvre les simples découverts accordés par un
industriel ou un commerçant sans qu’il y ait tirage de traites.

La caractéristique générale de ces deux types de polices est
qu’elles ne couvrent que des opérations individuelles qui
exigent, de la part du proposant, une déclaration mentionnant
te tiré, le montant du découvert accordé. la durée de ces
lécouverts.

D’autres polices, sans doute, sont en usage adaptées aux
besoins des différentes industries, mais il serait trop long
l’entrer dans leurs détails.

L'expérience a été très heureuse en Angleterre puisque deux
importantes Compagnies d'assurances : la British General C°,
et plus particulièrement la Trade Indemnity C° Ltd, ont vu
teur champ d’activité se développer dans de larges proportions,
ces dernières années, et leur encaissement de primes augmenter
beaucoup.

En Allemagne, le système est différent. Souvent sans doute,
les assureurs emploieront le système anglais des polices indi-
viduelles, mais ce système présente à leurs yeux un grave
\nconvénient, c’est d’être en butte à une sélection, de la part
des assurés, des risques à leur détriment. L’industriel étant
libre de choisir parmi ses risques. ceux qu’il veut couvrir, sera

10. L’ASSURANCE-CREDIT
        <pb n="179" />
        - 178 —

lenté de soumettre aux assureurs des risques anormaux, dans
le seul but de réaliser une opération qu’il n’aurait point réalisée
autrement.

Par conséquent, les Allemands, pour se défendre contre cette
sélection, tendent à exiger de leurs assurés qu’ils couvrent tous
leurs risques.

Il en résulte que la police la plus généralement appliquée est
ia police globale, qui couvre un industriel sur tous ses risques.
Celui-ci devra soumettre à la Compagnie la liste de tous ses
lients avec, en regard de chacun d’eux, l’indication du décou-
vert qu’il a l’intention de leur accorder, ses conditions de
paiement et, moyennant un taux moyen de prime établi après
l'étude de cette liste, l’assuré est couvert sur toutes ses
ransactions.

Il lui suffit de déclarer chaque mois, à son assureur, le chiffre
d’affaires réalisé dans le mois précédent pour que le taux
moyen de prime prévu à la police soit appliqué à cette décla-
ration, l’assuré étant ainsi couvert contre 75 % des pertes qu’il
pourrait subir du fait de l’insolvabilité de l’un quelconque de
ses clients, survenant pendant la durée de la police.

Vous vcyez done que la formule générale est différente,
puisque l’assuré n’est plus libre de sélectionner les risques, et
il s’agit bien pour les assureurs d’assumer un risque tout à fait
1ormal.

L'assurance-crédit en Allemagne est pratiquée par plusieurs
Compagnies, dont les plus connues sont la Hermes et la Vater-
landische Credit Algemeine Versicherung.

Ce systènie allemand se rapproche plus. que le système
anglais du système américain, que l’on peut considérer comme
le modèle du genre puisqu’il met certainement le plus en
lumière l’idée de l’assurance-crédit, facteur de sécurité. Ce
système pratiqué depuis de nombreuses années, résultant d’une
&gt;xpérience de trente ans, a donné des preuves de plein succès.

L'assurance-crédit repose aux Etats-Unis sur des bases beau-
zoup plus scientifiques que dans les autres pays. . '

Des tableaux comparatifs des pertes provenant d’incendie et
le défaillances commerciales, de 1900 à 1910, ont été établis.

En avril 1919, les premiers résultats de compilation des

statistiques des pertes crédit ont paru dans un manuel, revisé
en octobre 1923. Ce manuel donne les bases uniformes et légales
des taux d’assurance-crédit pour les assureurs.
        <pb n="180" />
        (79 —

Ces taux sont basés sur plus de vingt-cinq ans d’expérience,
comprenant deux périodes de guerre, trois périodes de crises et
deux périodes de prospérité.

Le cycle entier des affaires a été complété deux fois. com-
srenant deux désastres extraordinaires.

Durant cette période de plus de vingt-cinq ans, les Compa-
gnies ont compilé, classifié et interprété l’expérience de milliers
d’industriels, commerçants, négociants aux Etats-Unis, le détail
des ventes aux catégories d’acheteurs différemment cotés, le
pourcentage des pertes par rapport aux ventes effectuées ou
AUX primes reçues.

Les polices américaines prennent en considération le risque
total encouru par le proposant, en raison de son chiffre d’af-
aires, qui est pris comme base de calcul de la prime. Elles
couvrent contre un certain coefficient (de 70 à 90 % en général)
de la perte nette totale subie du fait de l’insolvabilité de l’un
quelconque ou de plusieurs des clients de l’assuré, en excédent
ioutefois d’une certaine perte considérée comme normale. Les
assureurs américains considèrent, à juste titre en effet, que
loute activité commerciale implique des pertes, à peu près les
mêmes d’année en année, en période normale, et si on les
envisage sur un nombre suffisant d’années, Il leur paraît donc
tout à fait inutile de couvrir des pertes que chaque industriel
peut à peu près exactement chiffrer en s’en rapportant à son
:xpérience des années précédentes.

Le but de l'assurance est de couvrir des pertes, au contraire,
essentiellement ancrmales et pour ainsi dire impossibles à
prévoir par chacun isolément, résultant des causes générales
Jue nous avons étudiées,

Ainsi, une première perte, appelée perte normale, évaluée
dans chaque industrie d’après les statistiques des pertes subies
en période normale, par la moyenne des individus, une pre-
mière perte, disons-nous, est laissé» à la charge de l’assuré.

Mais l'assuré, couvert contre l’excédent de cette perte nor-
male, est-il libre d’octroyer des crédits à sa volonté, et n’y-a-t-il
pas à craindre des abus de sa part ? Les Américains ont pourvu
à cette objection par des limitations des crédits.

Ces limites sont fixées dans des cotes de crédits établies par
les agences commerciales de renseignements Dun et Bradstreet.
Ces cotes donnent : 1° Une appréciation de la valeur morale des
différentes firmes américaines, basées sur le passé de ces
firmes, leur réputation commerciale ; 2° une appréciation du
-apital des moyens financiers de ces firmes d’après les figures

10. L’ASSURANCE-CREDIT
        <pb n="181" />
        — 180 —
des derniers bilans que toute Société doit publier aux
Etats-Unis.

Le montant du crédit pouvant être accordé est facteur de
ces deux appréciations et de tableaux fournis par les Compa-
gnies, indiquant les chiffres exacts qui ne peuvent être
dépassés en raison de ces appréciations.

Il suffit donc à un assuré de consulter ces registres pour
savoir jusqu’à concurrence de quel montant il est couvert à
’égard d’un client déterminé.

L’expérience des Compagnies d’assurances-crédit dans les
dernières années révèle la valeur de ces cotes.

Classe Classe
élevée inférieure
de crédit de crédit

\nnées

Total

1919...
(920...
FOUL, 2 5x à
La. Luna à
1993.

# %
2,4 27.6
6.7 93.3
7,2 92.8
4.9 95.1
4.5 954

%
100
100
100
100
100
Les Compagnies américaines qui assument le risque insol-
vabilité fonctionnent donc sur des bases scientifiques. Elles ont
eu des crises très graves, telles qu’en 1921, sans trop souffrir,
tout en apportant une aide inestimable aux firmes assurées,
«eur évitant des pertes susceptibles d’affecter leur solvabilité.

Les Compagnies, dont la National Surety C° et l’American
indemnity C° encaissent chaque année un montant considéra-
ble de primes (2 millions de dollars pour la National Surety
C°), paient des indemnités importantes, comme nous l’avons
vu, et malgré cela parviennent à se constituer des réservès
unportantes en prévision des crises, ,

C’est cette expérience, ce sont les expériences anglaise, alle-
mande, qui ont donné naissance, il faut le reconnaître, à
l’assurance-crédit ‘en France.

Cette assurance répondait à un besoin et le besoin a créé
l’organe.

Le risque insolvabilité n’est plus, en effet, ce qu’il était avant
la guerre.

Au lendemain de la guerre, une hausse toujours grandissante
de la matière première, des salaires, sans hausse proportion-
nelle du capital dans les entreprises, se manifeste. impliquant
une gêne dans la trésoterie des sociétés.
        <pb n="182" />
        — IST _—

En outre, à une direction entièrement responsable de la
gestion, en la personne du patron qui subira toutes les
sanctions en cas de l’insolvabilité de l’entreprise, est substituée
une direction assumée par un Conseil, dont les membres ne
seront pas personnellement atteints par la faillite. C’est la
Société anonyme à. responsabilité limitée, dont le capital
répond seul des engagements.

Il en résulte une grande évolution dans la moralité commer-
ciale, qui provoque un accroissement important du nombre des
défaillances,

Ces deux facteurs particulièrement et bien d’autres encore,
l’instabilité des changes, les problèmes politiques, tous ces
facteurs créent une incertitude de plus en plus dangereuse, et
contre laquelle il faut réagir. L’assurance-crédit est apparue
comme un des moyens de réaction et s’est ainsi beaucoup
développée en France depuis un an.

Ses instigateurs ont bénéficié de l’expérience réalisée dans
les pays étrangers. Les Compagnies qui la mettent en pratique
$mettent les deux types de polices qui leur paraissent devoir
répondre le mieux aux besoins de l’Industrie et du Commerce
français, la police individuelle et la police globale.

La police individuelle, — La police individuelle, dite « Effet
de Commerce », est délivrée aux firmes qui ont obtenu de leurs
clients des traites acceptées.

La police individuelle, dite « Découverts Commerciaux », est
destinée aux firmes qui consentent des découverts à leurs
clients, sans que ces découverts soient ratifiés par des accep-
tations.

Ces polices s’appliquent, soit à une opération déterminée, soit
à toutes les transactions qui peuvent intervenir entre l’assuré
et les clients proposés et acceptés par la Compagnie pendant
une période déterminée (généralement une année). elles sont
lacitement renouvelables.

Le taux de la prime à payer par l’assuré est fixé par la
Compagnie, après étude du ou des clients proposés ; il varie

naturellement, non seulement suivant le degré de solvabilité,
mais également suivant le montant du découvert maximum
prévu, les conditions de paiements envisagées et les pays avec
lesquels ont lieu les transactions.

À titre d'indication seulement, nous pouvons vous dire que
se taux varie de 0,50 à 1,50 % à 90 jours.

Mais dans tous les cas, l’assuré n’est débité de la prime qu’au
lur et à mesure des transactions qu’il déclare à la Compagnie

10, L’ASSURANCE-CREDIT
        <pb n="183" />
        89 _—

el en raison du montant exact de ces transactions. Toutes
facilités, d’ailleurs, sont données aux assurés pour effectuer les
déclarations dont il s’agit.
Police globale. — Cette police s'adresse aux industriels et
commerçants désirant être assurés contre toutes les pertes
qu’ils peuvent subir sur l’un quelconque de leurs clients.

Elle englobe tout le chiffre d’affaires qui est pris comme base
de caleul de la prime.

La Compagnie garantit à l’assuré jusqu’à 75 % de la perte
totale subie par lui pendant la durée de la police, déduction
faite d’une certaine franchise restant à la charge de l’assuré,
qui est déterminée en tenant compte des pertes normales subies
par lui au cours des dernières années. |

La détermination du taux de la prime (compris entre 2 et
5 %@ du chiffre d’affaires), de la franchise et d’une manière
générale l’établissement de la police, sont basés sur les rensei-
gnements suivants fournis par l’assuré, auxquels bien entendu,
la Compagnie réserve un carâctère strictement confidentiel :

Chiffre d’affaires des dernières années ;

Pourcentage du chiffre fait avec l'étranger et dans quels
pays ;

Chiffre des pertes subies pendant les dernières années i

Découvert moyen habituellement accordé à l’ensemble des
clients ;

Découvert maximum accordé à certains clients ;

Liste des clients auxquels est accordé un découvert supérieur
au découvert moyen et ordre de grandeur de ces découverts :

Durée habituelle des découverts.

La prime est établie d’après le chiffre d’affaires global prévu
pour la durée de la police. Si ce chiffre d’affaires était supérieur
à celui prévu, l’assuré acquitterait une prime supplémentaire
sur l’excédent, celle-ci étant calculée proportionnellement et
suivant les mêmes modalités.

Ce type de police s’applique particulièrement aux crédits à
l'exportation ou, lorsqu’un commerçant tient à se couvrir en
raison de l’importance du découvert par rapport à son propre
capital. Il ne peut être question, en effet, de délivrer des polices
individuelles qui permettraient de ne céder aux assureurs que
«es risques particulièrement aléatoires.

Avantages généraux. — Ainsi d’une manière générale, et
quelles que soient les modalités d’application dans les différents
pays, l’assurance-crédit présente les avantages essentiels
        <pb n="184" />
        — 183 —

suivants : 1° Elle constitue un effet préventif par les rensei-

gnements qu’elle met à la disposition des assurés ; |

2° Elle présente une grande régularité dans les transactions
commerciales des sociétés par la certitude de ne subir aucune
perte du fait d’une crise, d’un bouleversement économique
quelconque, elle implique par là même une grande sécurité ;

3° Elle apporte le moyen, dans certains cas, d’augmenter le
chiffre d’affaires dont le développement était limité par un
capital insuffisant ;

4° Elle apporte des facilités d’escompte par la garantie que
constituera la police à l’égard des banques.

Seules, les méthodes de l’assurance peuvent présenter ces
avantages à un taux raisonnable par le fait de la répartition du
risque sur la collectivité.

Crédits à l’exportation. — Ces avantages incontestables, et
généralement reconnus, se manifestent encore plus en matière
de crédit à l’exportation.

Il peut apparaître relativement aisé pour un industriel
d’évaluer le crédit d’un commerçant de sa région, de son pays,
mais comment suivre la vie économique d’un pays lointain,
connaître et suivre la situation d’un client dans ce pays. Com-
ment, en outre, en cas d’insolvabilité, poursuivre ce client.

Le plus souvent, il faudra, en présence d’une insolvabilité,
abandonner la créance plutôt que de risquer des frais élevés
à en poursuivre les recouvrements très aléatoires.

Le système souvent utilisé de l’agent ducroire est insuffisant,
nous l’avons vu, puisque la garantie qui en résulte pour l’in-
dustriel, est plus morale que matérielle. En cas de sinistre, la
garantie de l’agent ducroire ne jouera pas, puisque celui-ci sera
dans l’impossibilité de payer.

Le ducroire réalisé plus particulièrement par les Allemands
avant la guerre, nous l’avons également vu, est une formule
erronée.

Ces considérations, et pourtant la nécessité de soutenir la
concurrence, de développer les débouchés, ont amené certains
gouvernements à instituer, au lendemain de la guerre, des
organes officiels d'assurance, gouvernementaux, couvrant
contre les risques des crédits à l’exportation.

Sans entrer dans le détail de ces organismes, qui ont existé
notamment en Angleterre et en Belgique, on peut dire que la
principale raison de leur échec réside dans ce qu’ils étaient
précisément des organismes gouvernementaux liés dans une

10. L’ASSURANCE-CREDIT
        <pb n="185" />
        — 184 —

réglementation trop étroite. En outre, et surtout, leurs procédés
furent bien plus des procédés bancaires que des procédés
d’assureurs.

Le risque, dans les crédits à l’exportation, est bien celui que
nous avons étudié.

Seul, un assureur, avec ses méthodes propres, peut l’assu-
mer ? Mais, me direz-vous, pour apprécier un risque, il faut
pouvoir le connaître, et les assureurs seront tributaires des
mêmes renseignements tendancieux que ceux obtenus par les
exportateurs.

C’est ici qu’apparaît le rôle de la réassurance. Sans doute, un
assureur belge aurait-il des difficultés à apprécier lui-même un
risque en Argentine par exemple, et en cas de sinistre, à en
poursuivre le recouvrement. Aussi n’en fera-t-il rien lui-même,
laissant tout le soin, et de l’appréciation du risque et du recou-
vrement éventuel, à son réassureur résidant dans le pays
étranger. Ce réassureur, assumant lui-même une partie du
risque, sera directement intéressé à fournir des appréciations
exactes, à agir rapidement et utilement en cas de sinistre,
suivant les moyens les plus efficaces et propres à son pays.

C'est ainsi qu’une tendance s’est manifestée dans tous les
pays d'établir une organisation internationale de l’assurance
insolvabilité par un lien entre les principales Compagnies
existant dans chaque pays et la création des Compagnies
nouvelles daus les pays où il n’en existe pas. -

Ces Compagnies se consultent sur la solvabilité des firmes de
leurs pays respectifs, se réassurent entre elles par la cession à
la Compagnie du pays importateur, de la plus grosse partie
du risque accepté par la Compagnie du pays exportateur. Par
ce moyen, les relations économiques sont largement facilitées
ot pour chaque Compagnie, il n’y a pas accroissement de ris-
ques du fait des crédits couverts dans les pays étrangers.

Les avantages que nous avons développés se manifestent
ainsi plus nettement dans le domaine de l’exportation. Ils sont
une confirmation de l’utilité en matière de crédit de l’assurance,
seule formule capable d’apporter la sécurité, la régularité dans
la vie des entreprises, une certaine stabilisation dans la vie
économique des nations, au grand bénéfice de la production
mondiale, de l’écoulement des produits. Elle facilite des rela-
tions économiques normales et régulières parmi les peuples.
Ces relations seront, sans nul doute, un des facteurs essentiels
de la Paix Universelle, qui devra assurer le règne du Travail.
        <pb n="186" />
        ANNEXE XI

LA POLITIQUE DOUANIÈRE
ET LES
ÉCHANGES INTERNATIONAUX

CONFÉRENCE DE M. Paur ELBEL
Directeur du Comité d’Action Economique et Douanière
Ancien Sous-Directeur au Ministère du Commerce

Une très nombreuse assistance était venue écouter, le
26 mars 1926, la parole autorisée de M. Paul Elbel, directeur
du Comité d’Action Economique et Douanière, ancien sous-
directeur au Ministère du Commerce, qui traitait sous la prési-
dence de M. le Lieutenant-Colonel P. Thierry, vice-président de
la Chambre de Commerce et président honoraire de la
« Défense », la question particulièrement complexe et délicate
de « La Politique Douanière et les Echanges Internationaux ».
Le succès de cette conférence a été vif. Prenant tout d’abord
la parole, M. le Lieutenant-Colonel P. Thierry a présenté le
distingué conférencier en ces termes :
MESSIEURS,

Le Président de la Chambre de Commerce, M. Rastoin, avait
accepté avec plaisir de présider la conférence que vous allez
entendre, mais les devoirs de sa charge l’ont inopinément
appelé à Paris. Il m’a chargé de vous en exprimer tous ses
regrets.

M. le Président de la Société pour la Défense du Commerce
m’a demandé de le suppléer et je n’ai pas cru pouvoir décliner
l’honneur qui m’était fait. Croyez que je sens tout le prix de
cette désignation que peut seule excuser ma qualité de prési-
dent honoraire de la Défense.

Dois-je vous présenter le conférencier ?

11. LA POLITIQUE DOUANIÈRE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="187" />
        — 186 —

C'est sans doute précaution inutile étant donné sa grande
et légitime notoriété ; mais il faut respecter les usages dans
un temps où la tradition perd vraiment trop ses droits. J’ai
d’ailleurs d’autant plus de plaisir à cette présentation que
M. Elbel est mon compatriote, enfant de cette terre d’Alsace
que nous avons eu tant de joie à voir revenir à la Mère Patrie
après le long arrachement qui a fait de nous pendant un
demi-siècle les déracinés dont le grand Barrès a décrit les
vicissitudes.

Je sais qu’il a connu mon père et mon frère regrettés,
retrouvés pendant ‘son séjour dans notre cité qui a été si
accueillante à ma famille.

Beaucoup d’entre vous, anciens élèves du Lycée de Marseille,
ont connu M. Paul Elbel qui y a professé pendant plusieurs
années avec la haute autorité et la distinction qui earactérisent
les esprits supérieurs. Je me plais à penser que M. Elbel ne
doit pas être fâché de retrouver ici, en y portant la bonne
parole, le souvenir des années qu’il a passées dans notre belle
ville, années qu’on regrette toujours car elles sont le passé.

Depuis, notre conférencier a porté son activité vers un autre
champ d’action, en passant une douzaine d’ans au Ministère
du Commerce comme sous-directeur à la Direction des Accords
Commerciaux. Il convient de rappeler la part importante qu’il
a prise aux côtés de M. Serruys, aux accords commerciaux qui
ont été conclus pendant ces dernières années.

Il y a quelques mois, M. Flbel a quitté le Ministère pour
devenir directeur du Comité d’Action Economique et Doua-
nière, dont le président est M. Dal Piaz et dont le Conseil
comprend nombre de personnalités éminentes, parmi lesquel-
les je citerai M. Rastoin, président de notre Chambre de
Commerce.

Le sujet de la conférence est : « La Politique Douanière et
les Echanges Internationaux ».

Vous serez heureux d’entendre sur ces questions aussi
vitales pour notre pays et pour notre grand port un orateur
dont la compétence est indiscutable et qui a puisé ses opinions
aux meilleures sources.

Le Comité d’Action Economique et Douanière a été fondé,
je crois, dans le but de propager les idées échangistes et vous
me permettrez, en m’excusant d’invoquer une mémoire qui
m’est chère, de rappeler que mon regretté frère, si longtemps
président de la Commission des Douanes à la Chambre, a, le
premier. revendiqué l’étiquette d’échancgiste. c’est-à-dire. de
        <pb n="188" />
        — 187 —

partisan des échanges internationaux tout en admettant
certaines dérogations et certaines restrictions commandées par
les circonstances.

Mais il ne m’appartient pas d’anticiper. J'ai déjà abusé de
votre bienveillante attention qui attend le régal d’un verbe plus
autorisé que le mien, je m'’en excuse et donne immédiatement
la parole à M. Elbel. (Vifs applaudissements).
CONFERENCE DE M. PAUL ELBEL
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MESSIEURS,
En m’accueillant d’une façon si cordiale et si élogieuse, vous
augmentez certes encore et mon trouble et mon émotion : mon
trouble, parce qu’il est toujours un peu impressionnant de se
voir présenter comme un orateur compétent quand on n’a
d’autre dessein que d’apporter son modeste témoignage à des
hommes d’affaires comme vous et d’essayer d'étudier avec eux,
en toute simplicité, les problèmes économiques de l’heure ;
mon émotion, parce que Vous avez rappelé des souvenirs qui
me sont chers, entre autres celui de nos origines communes et
celui de l’accueil que nous, déracinés, avons trouvé dans votre
ville de Marseille où je comptais — et où je compte encore —
tant d’amis. (A pplaudissements).

Comme vous avez bien voulu le dire, Monsieur le Président,
le problème dont nous avons à nous occuper est un de ceux
qui, dans la gravité des circonstances présentes, offrent une
importance particulière puisqu’il s’agit, en somme, de fixer le
statut de nos échanges avec les pays étrangers.
La théorie : Droits protecteurs et droits compensateurs. —
La politique douanière, il y a quelque temps encore, apparais-
sait assez simple. On pouvait essaver de la résoudre par
quelques formules.

Une sorte de compromis s’était établi entre les partisans du
libre échange et les partisans de la protection, et nos tarifs
de 1892 proclamaient ce principe qu’un tarif, pour être bien
équilibré, doit établir une juste compensation entre les charges
qui pèsent sur la production nationale et celles qui pèsent sur
les principales industries concurrentes.

Telle était du moins la doctrine et la théorie.

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="189" />
        — 185 —

Que cette théorie n’ait pas subi quelques accrocs, que la
compensation ait toujours été très équitable, que certaines
industries mieux protégées que d’autres n’aient pas profité de
certaines circonstances exceptionnelles, je n’oserais pas l’af-
firmer. Ces inégalités, ce qu’on a pu même appeler ces
injustices du tarif de 1892, on les voit se perpétuer dans le
nouveau tarif de 1910 ; et lorsque, après la guerre, on essaya
par le système des coefficients d’éliminer ces inexactitudes ou
ces inégalités, nous avons alors assisté à ce spectacle de
quelques industries plus puissamment organisées, plus habi-
lement soutenues, qui arrivaient à obtenir des coefficients plus
protecteurs et une péréquation plus intéressante pour elles.

Je ne vous cacherai pas que c’est avec l’intention de rétablir
l’équilibre rompu, de réagir contre les appétits démesurés de
quelques industries, d’offrir aux pouvoirs publics qui subissent
parfois avec impatience cet état de choses, un contrepoids
nécessaire, et de maintenir enfin le tarif douanier dans des
limites modérées et équitables, que s’est constitué le Comité
d’Action Economique et Douanière aux destinées duquel j’ai
l’honneur de participer.

Mais quittons, si vous le voulez bien, le domaine de la
théorie. Les questions de doctrine, le choix entre les tendances
libre-échangistes et les tendances protectionnistes, tout cela
reste dans l’abstrait, et je crois être d’accord avec vous et avec
le tempérament réaliste que l’on se plait à reconnaître aux
commerçants et aux industriels de Marseille, si j'essaie de
pénétrer les choses de plus près et d’examiner avec vous le
problème douanier à la lueur des faits.
L'observation des faits. — Or, dans la vie économique
actuelle il me semble qu’il y a trois ordres de faits qui doivent
retenir plus spécialement notre attention.

Le premier fait, c’est la situation nouvelle créée à la France
dans l’Europe et dans le monde entier par ce que nous pourrons
appeler le réveil des nationalismes économiques.

Le deuxième, c’est cette situation particulièrement trouble et
difficile qui provient du désaxement des changes, c’est le désé-
quilibre monétaire dans l’espace et dans le temps.

Enfin le troisième, conséquence des deux premiers, c’est
cette crise latente dont apparaissent déjà les premiers
symptômes : crise de surproduction d’une part et de sous-
consommation de l’autre.

Si vous le voulez bien, nous allons essayer de reprendre ces
trois ordres de faits et de considérer les conséquences qu’ils
        <pb n="190" />
        — 189

peuvent entraîner dans la contexture de notre tarif douanier
et dans l’élaboration de notre politique douanière.

j mx

Réveil des nationalismes économiques.
Notre politique contractuelle.
Tout d’abord, ce que nous avons constaté au lendemain de
la guerre, c’est le réveil des nationalismes économiques.

Avant 1914, certes, chaque pays s’efforçait d’avoir sa vitalité
propre, de soutenir ses industries, de développer ses échanges :
mais un certain équilibre s’était établi, et l’on ne voyait pas
triompher cette conception, que chaque pays doit tâcher de
se suffire à lui-même.

La guerre en se terminant a laissé derrière elle non seule-
ment toutes les ruines et toutes les désolations que vous savez,
mais elle a laissé également un immense arriéré de rancunes,
de craintes, d’espérances, de jalousies qui ont fait que chaque
pays, chaque nation a voulu à la fois se prémunir contre les
conséquences possibles d’une guerre nouvelle et essayer de
tirer parti de l'outillage que lui avait laissé la guerre qui
finissait.

Voyez ce qui s’est passé chez nous : certaines industries
obligées de fuir devant l'invasion s’étaient installées vaille que
vaille à l’intérieur du pays ; c’est le cas d’une partie de nos
industries mécaniques et de nos industries textiles.

Une fois la guerre terminée, une loi de réparation permet à
ces industries, que dis-je, ordonne à ces industries de se
réinstaller dans leurs provinces d’origine et de se reéquiper
avec l’argent des dommages de guerre et, bien entendu. de
inonter un outillage nouveau. :

Pendant ce femps, les usines de l’intérieur du pays conti-
nuaient à exister sur le sol même où elles s’étaient établies.
Enfin le retour à la Mêre-Patrie des provinces reconquises
ajoute encore à ce potentiel accru de production. Voilà des
industries sans cesse menacées d’une crise de surproduction,
dont il est bien difficile de prévoir dès maintenant les consé-
quences et aussi la fin.

Ce qui se passe chez nous se passe également dans les pays
voisins. Des industries nombreuses s’y sont créées pour les
besoins de la guerre ; elles veulent continuer à vivre, et c’est
ainsi que tous les anciens belligérants ont continué à traîner
derrière eux ce lourd héritage de la guerre qui pèse lourdement
sur leur économie nationale.

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="191" />
        — 190 —

En même temps, chacun d’eux se rappelle que pendant la
guerre les transports étaient difficiles, onéreux, meurtriers ;
le souvenir est resté cuisant des sacrifices consentis pour
constituer les approvisionnements nécessaires et improviser
les moyens de production défaillants. Hantée par ces craintes
et par ces souvenirs, chaque nation a cherché à constituer un
tout économique, à ne plus demander aux voisins que les
produits absolument indispensables. Le résultat, c’est qu’on
a vu se constituer une sorte d’économie artificielle qui entrave
les échanges et fausse les relations de peuple à peuple.

Si vous considérez par exemple, les pays de l’Europe Cen-
trale provenant du démémbrement des anciens territoires de
l’Autriche-Hongrie, vous voyez que sur les débris de cet empire
se sont constituées des nations nouvelles dont chacune cherche
à être indépendante de la voisine. L’Autriche n’est plus qu’une
‘ête sans corps ; la Hongrie, pays de productions agricoles, est
privée de ses forêts ainsi que de ses principales industries. Eh
bien ! chacun de ces malheureux lambeaux de pays essaye de
devenir un tout, une unité indépendante et de s'affranchir du
voisin. C’est le système que les Américains appellent le « Self
sufficient Unit », et que les Allemands désignent sous le nom
dl’autarchie.

De là, surproduction et par suite édification de barrières à
seu près infranchissables : car chacun de ces pays, pour
défendre ses industries, augmente les droits de douane et
s’oriente vers un système de protectionnisme qui fait qu’on
ne laissera plus passer les produits du pays voisin que
moyennant de lourdes contre-parties.

Et c’est ainsi que l’on est entraîné peu à peu à concevoir le
‘arif douanier non plus seulement comme un moyen de
compensation des charges de l’industrie nationale à l’égard des
industries concurrentes, mais comme un élément de troc, et
pour tout dire un instrument destiné à permettre la discussion
des traités de commerce.

[ci encore nous avons eu d'assez grosses déceptions.

Dans les derniers mois de l’année 1918, dans l'ivresse de la
victoire qu’on voyait approcher, et aussi dans l’illusion que Îe
iront unique ne se disloquerait pas aussitôt, la France a cru
pouvoir modifier sa politique de relations économiques.

C’est alors qu’au mois de septembre 1918 elle a dénoncé
fous ses accords commerciaux, si bien qu’aujourd’hui nous
vivons encore dans ce régime provisoire de traités de commerce
lénoncés avec tous les pays du monde et qui sont renouvelés
par tacite reconduction de trois mois en trois mois.
        <pb n="192" />
        — 191 —

La loi du 29 juillet 1919. — Pour conclure dé nouveaux
traités qui devaient se substituer aux’ premiers, on avait
d'autre part élaboré une doctrine qui prit corps sous là forme
de la loi du 29 juillet 1919.

Cette loi très discutée a été cependant la charte de nos
négociations économiques. Elle autorise le Gouvernement à
mettre en vigueur par simple décret des droits intermédiaires
calculés en pourcentages de réduction sur l’écart entre le tarif
minimum et le tarif général, ces droits intermédiaires étant
accordés aux pays étrangers comme des avantages consentis
en échange de contre-parties.

Il a semblé à certains que cette loi excluait l’idée de l’octroi
de la clause de la nation la plus favorisée. Interprétation
discutable, et qui a donné lieu à de nombreuses controverses.
Les uns disaient : « C’est une loi qui ne fait que s’ajouter au
régime déjà en vigueur ; du moment qu’il n’est pas indiqué
expressément que les lois précédentes sont abrogées, nous
pouvons toujours traiter sur. la clause de la nation la plus
favorisée ». D’autres, au contraire, et parmi eux la Commission
des Douanes du Sénat à la tête de laquelle se trouvait
M. Touron, affirmaient que cette loi devait abroger en fait les
dispositions antérieures et qu’on était contraint de ne plus
donner aux pays contractants que des droits intermédiaires.

Et de fait, dans les années qui suivirent la guerre, les
premiers accords commerciaux conclus furent négociés sur
la base de ces droits intermédiaires. C’était avec la Finlande,
l’Esthonie, la Tchéco-Slovaquie, la Pologne, plus tard l’Autri-
she, la Hongrie que ces droits étaient applicables.

Cela n’alla pas sans difficultés. A chaque fois que l’on entrait
en discussion avec les représentants de ces nouveaux peuples
Il fallait d’abord pendant d’interminables séances leur expli-
quer non seulement le mécanisme de la loi, mais encore
essayer de leur faire comprendre les raisons pour lesquelles
nous leur demandions en notre faveur la clause de la nation
la plus favorisée alors qu’en vertu de-notre propre doctrine
nous la leur refusions à eux.

À ce moment-là, selon un rite immuable, les délégués nous
demandaient de reprendre le train et d’aller en conférer avec
eur Gouvernement.

Et puis, quinze jours après ils revenaient, nantis de nouvel-
les instructions, et ils acceptaient, non sans amertume…….

Tout cela alla tant bien que mal tant qu’il s’agit de nations
neuves, de nations mineures en quelque sorte. Mais lorsqu’on

it. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="193" />
        — 199 —

3é trouva er présence de pays plus solidement armés, eh bien !
véritablement cette loi fut beaucoup plus difficile à appliquer.
Avec l'Espagne, par exemple, il fallut six mois de négociations
précédés de quatre mois de rupture économique pour arriver
à lui faire convenir qu’elle pourrait se passer du tarif mini-
mum pour certains articles. Avec l’Italie, la Belgique, la
Turquie même, il failut user de subterfuges. On déclara :
« Nous ne traitons pas avec ces pays-là, nous modifions
simplement les accords existants. » C’est ainsi que l’accord
fait avec la Belgique en 1923 commençait à peu près en ces
termes : « Les deux Gouvernements sont convenus de modifier
ainsi qu’il suit le traité de commerce établi en 1891 entre les
deux pays. »

Par conséquent, un traité nouveau, pour pouvoir se confor-
iner au texte de la loi du 29 juillet 1919 devait prendre l’aspect
l’un simple avenant à un traité en vigueur.

La clause de la nation la plus favorisée. — Eh bien !
messieurs, je crois que le moment est venu de se demander
s’il faut continuer à interpréter de cette façon la loi ou si nous
ne devons pas revenir à cette notion que pour traiter avec
certains grands pays c’est encore sur la base de la nation la
plus favorisée qu’il faut conclure. Mettons-nous en face de la
réalité. Avec des pays comme la Suisse, l’Angleterre, l’Italie;
la Belgique, il est impossible d’espérer pouvoir leur dire :
« Vous nous donnerez le traitement le plus favorable pour tous
nos produits, mais une partie seulement de vos marchandises
passeront au tarif minimum. » Il faut se résigner à cette
conception que nous serons obligés dans bien des cas, de
iraiter sur la base de la réciprocité de droit et de fait.

Et alors une question se pose. Cette clause ne comporte-t-elle
pas des dangers ? Nous allons traiter avec des pays qui n’ont
pas tous les mêmes bases de négociation. Il y en a quelques-uns
qui possèdent un tarif que l’on appelle « Tarif autonome »,
c’est-à-dire un tarif à une seule colonne, sur lequel ils
consentent des abattements — c’est le cas de l’Allemagne — ;
dans quelle situation allons-nous nous trouver à leur égard ?

Tarif à deux colonnes ou tarif autonome. — En présence de
sette difficulté, l’idée est venue à quelques-unes des hautes
personnalités qui ont à s'occuper de ces questions que l’on
pourrait peut-être, à l’exemple de l’Allemagne, transformer
notre système tarifaire et substituer au tarif à deux colonnes
un tarif autonome sur lequel seraient consenties, par voie de
négociations, des réductions ultérieures.
        <pb n="194" />
        6) 4

Je vous avoue que cette conception m'’effraie. Et voici
pourquoi. Supposons que nous adoptions la formule de la
colonne unique, du tarif de base unique. Cela nous conduira
à mettre les droits aussi haut que possible, pour les abattre
ensuite au gré des négociations. Combien de temps cela va-t-il
demander ? Les négociations économiques sont toujours très
longues ; on sait quand ça commence, mais on ne sait jamais
quand ça finit (Rires). C’est ainsi que les négociations avec
V’Allemagne durent depuis dix-huit mois, et nous ne sommes
pas encore au bout.

Or, si l’on nous dit : « Nous allons mettre provisoire-
ment des droits très élevés sur toutes les marchandises, mais
nous nous réservons de les réduire au fur et à mesure que
nous aurons conclu de nouveaux traités de commerce »,
indiscutablement nous en avons pour plusieurs années à subir
ces tarifs démesurément élevés. Et c’est, il ne faut pas le
cacher, une série de représailles qui vont s’exercer contre nous.
Tarif minimum « de négociations ». — Ces arguments, nous
l’avons pas manqué de les faire valoir, ils ont porté. Mais
alors, on a imaginé un autre système qui consisterait à
uaintenir le tarif à deux colonnes, mais à élaborer un tarif
minimum de négociation, c’est-à-dire, en d’autres termes, un
tarif minimum supérieur de 25 à 30 % à ce qu’on désirait qu’il
soit ; au cours des négociations on le ramènerait par paliers
au niveau normal.

Idée compliquée, idée dangereuse, en premier lieu parce que
notre tarif risque de rester longtemps avec cette surcharge
provisoire de 25 ou 30 %, ensuite et surtout parce que avec
ce système de « volets » qui s’abattront au hasard des négo-
ciations, toute l’harmonie du tarif va être détruite.

Sans compter que l’on ne s’explique guère ce que pourrait
être un tarif minimum qui ne serait pas minimum, c’est-à-dire,
qui ne représenterait pas les droits les plus bas que l’on puisse
atteindre.

Aménagement du régime actuel. — Ainsi,’ après avoir
envisagé toutes les hypothèses, on en revient peu à peu à l’idée
d’aménager le mieux possible les textes et les habitudes
existants. C’est à mon avis la sagesse.

Transformer complètement l'assiette de notre tarif, lui
donner une structure nouvelle, soit. que l’on adopte le système
du tarif à une seule colonne, soit qu’on relève le tarif minimum

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
8
        <pb n="195" />
        “CA

pour avoir la facilité de l’abaisser ensuite, tout cela, voyez-
vous, c’est peut-être séduisant en théorie, mais dans la pratique
sela semble extrémement dangereux.

C’est que nous ne travaillons pas dans l’abstrait, nous tra-
vaillons dans une matière qui nous met en contact permanent
avec les pays voisins, nous travaillons avec des réalités jour-
nalières, Si nous pouvions mettre notre tarif au niveau qui
aous conviendrait et le malaxer à notre gré sans qu’il y ait
à craindre de répercussions de la part de l’étranger, la question
se poserait autrement : mais nous n’en sommes pas là :
l’étranger nous surveille et quand il se croit lésé, il proteste,
1 réagit, il va au besoin jusqu’à la rupture des relations
Sconomiques. Il ne faut pas avoir la phobie des repré-
sailles mais il ne faut pas non plus fermer les yeux pour
ne pas voir le danger. Souvenez-vous que la rupture avec
l'Espagne en 1922 nous a coûté 800.000.000 d’exportations ;
èlle a paralysé les mouvements d’échanges avec notre voisin
qui est aussi, tout le monde le sait, un de nos principaux
slients. C’est un genre de risques que l’on n’aime pas à courir
trop souvént. Et c’est pourquoi j'estime qu’on ne doit toucher
à notre régime tarifaire et contractuel que d’une main prudente
st délicate.

En somme, si l’on maintient la structure actuelle du tarif,
3 l'on admet qu’il y aura comme par le passé, un tarif mini-
mum et un tarif général et, à la rigueur, des droits intermé-
diaires sagement calculés, on n’aura rien « cassé », rien
bouleversé, on aura laissé à notre pays un moyen de discussion
et de négociation assez souple pour se prêter à toutes les
éventualités.
Abaissement du tarif général. — Pestime cependant qu’il y
aurait intérêt à ramener notre tarif général à un taux plus
raisonnable que le taux actuel. Vous savez que ce tarif qui
était jusqu’au 28 mars 1921 de 50 % supérieur au tarif mini-
mum a été à ce moment-là porté à 300 % au-dessus du tarif
minimum. On avait fait cela parce qu’on voulait se prémunir
contre les importations allemandes et aussi parce- qu’on
craignait la concurrence des pays à change déprécié.

Depuis lors, les conditions économiques se sont beaucoup
modifiées, et il est apparu que l’existence d’un tarif aussi élevé
présentait peut-être plus d’inconvénients que d’avantages.

Je ne vous citerai qu’un seul cas.

Vous vous rappelez comment, il y a trois ans, à la suite d’un
malentendu à jamais regrettable nous avons vu se produire la
        <pb n="196" />
        95

rupture économique avec le Portugal. Cette rupture a été une
des choses les plus douloureuses et les plus stupidement
mnuliles auxquelles on puisse assister dans l’histoire économi-
que de deux peuples. À la suite d’une série de malentendus, de
promesses hasardeuses et d’engagements imprudents sur les-
quels il vaut mieux ne pas insister, on appliqua d’abord le tarif
général aux vins portugais, y compris les vins de liqueur —
puis à toutes les marchandises portugaises. Le Portugal
répliqua en nous soumettant aux droits les plus élevés de son
tarif.

Mais son tarif général ne fait que doubler les droits du tarif
minimum. Le nôtre les quadruple.

Au bout de quelques mois, les Portugais se lassèrent de subir
ze régime inégal et pourtant inévitable, et pour ne pas être en
reste avec nous, ils triplèrent à notre usage les droits inscrits
à leur tarif. C’était peut-être de bonne guerre, — mais c’était
la guerre ; et pendant plus de quinze mois il nous fut impos-
sible de vendre chez ce peunle ami ni une aiguille ni un peloton
le fil.

Voilà ce que nous avait coûté la rigueur d’un tarif général
qui n’avait pas été fait pour ces cas-là et qui resté essentielle-
ment prohibitif.

Il me semble donc que si nous conservons le système des
droits actuels, il sera sage d’abaisser le farif général, de le
rapprocher quelque peu de la normale, de telle sorte que dans
des cas spéciaux comme celui-là il n’y ait pas occasion de
rupture entre deux peuples qui cherchent lovalement à
entendre.
Les droits intermédiaires. — Quant aux droits intermédiai-
res prévus par la loi du 29 juillet 1919, je ne verrais pas
d’inconvénient à ce qu’on les maintint, mais avec quelques
aménagements. Il s’agirait d’abord de bien interpréter cette
loi dans le sens que je vous indiquais tout à l’heure, c’est-à-
dire, comme une facilité nouvelle laissée aux négociateurs, et
non pas comme une interdiction absolue d’accorder la clause
de la nation la plus favorisée. Il s’agirait surtout de lui assurer
olus de simplicité dans l’application.

En effet, comment voyons-nous appliquer ces droits inter-
médiaires ? Ils sont, nous l’avons dit, concédés sous forme
de pourcentages de réduction sur l’écart entre les deux tarifs.
Selon les nécessités des négociations, selon l’importance des
concessions que nous obtenons en contre-partie, disons le mot,
selon l’Apreté des marchandages auxquels il a fallu se livrer,

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="197" />
        — 196 —

des pourcentages seront extrêmement variés. Telle nation
obtient 30 % de réduction, telle autre 50 %, telle autre 65 %
et telle autre 80... De telle façon que si vous regardez
aujourd’hui un tarif douanier vous voyez un énorme document
où il y a des quantités de colonnes. Première colonne : tarif
générai ; deuxième colonne :. tarif minimum ; troisième
colonne : les surtaxes ; puis une dizaine de colonnes contenant
les tarifs spéciaux applicables aux différentes nations avec
lesquelles nous avons traité depuis la guerre : Pologne,
Hongrie, Espagne, Tchéco-Slovaquie, ete. .

Ainsi, pour le même article, il peut y avoir dix droits diffé-
cents suivant la provenance. Si vous ajoutez à cela la
complexité des nomenclatures, et si vous réfléchissez que pour
les tissus de coton, par exemple, il y a je crois dix-huit pages
de nomenclature, suivant le poids au mètre carré, suivant que
dans un carré d’un centimètre de côté il y a tant de fils de
chaîne et de trame, suivant qu’il s’agit de fils écrus, blanchis,
glacés ou mercerisés, que sais-je encore, vous reconnaîtrez sans
aucune peine que le tarif des douanes devient une espèce de
rasse-tête effroyable et que pour s’orienter dans ce dédale il
laut être un Pie de la Mirandole doublé d’un calculateur
3mérite.

Je crois que ce serait une simplification d’admettre que si
l’on maintient le système des droits intermédiaires il n’y aura
cependant qu’un ou deux paliers entre le tarif minimum et
le tarif général. On accordera:t selon les besoins et les possi-
bilités de la négociation, le tarif À qui serait par exemple
de 50 % au-dessus du tarif minimum, le tarif B qui serait
de 100 % plus élevé, et c’est tout. ;

Je m'excuse, Messieurs, d’être entré dans ces détails quelque
peu techniques, mais je crois que j'y étais autorisé par-la
compétence particulière de mon auditoire, et puis c’est de tous
ces détails que sera fait notre tarif douanier de demain, et
l'importance de chacune de ces questions, si avides qu’elles
paraissent, ne vous aura pas échappé.
I — Le déséquilibre monétaire.
Je vous ai dit en commençant que trois faits, à mon avis,
dominaient l’examen que nous faisons des conditions dans
lesquelles doivent être établis nos tarifs douaniers.

Le premier fait, nous l’avons vu, c’est ce sentiment
d’égoïsme ou de sauvesarde nationale qui pousse maintenant
        <pb n="198" />
        197 —

chaque pays à avoir son autonomie économique et à s’entourer
à cet effet, de barrières douanières toujours plus élevées.

Le deuxième fait, qui est peut-être plus grave et plus trou-
blant, c’est l’instabilité monétaire dans laquelle nous avons
véeu depuis la guerre et dont les conséquences ne semblent
pas aller s’améliorant à l’heure où je vous parle.

Celle instabilité se manifeste, pourrait-on dire, à la fois
dans l’espace et dans le temps. Instabilité dans l’espace,
puisque nos clients et nos fournisseurs ont des monnaies
différentes de la nôtre, de telle façon que pour chacun des
produits que nous voulons protéger, nous nous trouvons en
présence de concurrents placés dans des conditions économi-
ques différentes. Celui-ci a un change apprécié, celui-là une
monnaie dévalorisée ; l’un est en pleine crise d’inflation,
autre en période d’assainissement, et cet autre jouit d’une
monnaie stable. Autant de cas particuliers à analyser.

Instabilité dans le temps, hélas, puisque d’un jour à l’autre
notre monnaie varie, que son pouvoir d’achat diminue ou
augmente, que nos prix de revient sont l’objet de modifications
incessantes, et que par conséquent les conditions dans lesquel-
les le tarif va être établi sont telles que nous ne savons pas ce
qu’elles deviendront demain.

Et alors, Messieurs, en présence de difficullés qu’offre
cette instabilité monétaire on a cherché différents movens de
remédier à la situation.

La théorie de la péréquation. — Depuis quelque temps une
théorie semble gagner du terrain et se faire jour : c’est l’idée
de la péréquation. On peut la schématiser ainsi : les droits
de douane ne sont plus adaptés à la valeur des produits ; une
marchandise qui valait 1.000 francs il y à cinq ans en vaut
2.000 aujourd’hui ; les droits de douane qui lui sont applica-
bles, s’ils étaient de 100 francs en 1921 devraient être de
200 francs pour rétablir l’incidence de la protection voulue
par le législateur.

Eh bien ! il me semble qu’on prend là le problème sous un
angle un peu étroit, et qu’il y a à la base de ce raisonnement,
très simpliste et très séduisant, quelque chose d’un peu
inexact. Ah ! je comprends très bien que s’il s’agissait d’une
taxe purement intérieure, ces dispositions pourraient peut-être
trouver leur application ; il suffirait de dire : telle marchan-
dise coûtait autrefois tant, son prix a doublé, eh bien ! la taxe
qui était de cinq francs. par exemple, devra être désormais de
dix francs.

(1. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="199" />
        — 198 —-

Si les droits de douane étaient un impôt comme les autres
le raisonnement serait inattaquable, mais il a été entendu de
lout temps que les problèmes douaniers sont des problèmes
d’ordre purement économique, et que toute considération de
fiscalité doit être laissée au second plan lorsqu’on traite des
questions de cet ordre.

Je crois que sur ce point-là nous sommes à peu près unani-
mement d’accord ; et alors, abandonnant le terrain fiscal, et
me plaçant sur le terrain économique, je soutiens que l’idée’ de
la péréquation, l’idée que les droits de douane doivent suivre
automatiquement l’ascension des prix libellés en francs-papier,
est, dans une certaine mesure, la négation même de la théorie
depuis fort longtemps admise, et que personne ne conteste
sérieusement, du droit compensateur.

Pour bien expliquer ma pensée, je vous demande la permis-
sion de me reporter aux années 1921 et 1922, alors que
fonctionnait la commission des coefficients que présidait
M. Bolley. Voici deux produits différents qui valaient, je
suppose, l’un et l’autre 100 francs. en 1913, et qui étaient
protégés l’un et l’autre par un droit de 10 francs. En 1922 leur
valeur a triplé ; et cependant le premier n’obtiendra que le
oefficient 2, l’autre le coefficient 5 : l’un sera protégé désor-
mais par un droit de 20 francs, l’autre de 50. Pourquoi ? Parce
que, au regard de la commission des coefficients, un droit de
20 francs suffit pour compenser l’écart des prix nationaux et
des prix étrangers pour le premier de ces produits, et que pour
te deuxième un droit de 50 francs est apparu nécessaire pour
établir cette compensation. Ainsi, en 1922, il y a eu adaplation
des droits d’avant-guerre aux nouvelles conditions de la
concurrence étrangère, et non pas péréquation systématique et
brutale.

Et l’on vient nous dire : ces droits qui n’ont plus été rema-
riés depuis 1922 ne correspondent plus à la valeur des choses.
l'ous les prix ont doublé depuis lors. Il est logique de doubler
toutes les taxes douanières. Voici par exemple une machine
que l’on ne peut se procurer qu’aux Etats-Unis. Elle vaut mille
dollars. Vous la payerez 28.000 francs, alors qu’en 1922 vous
pouviez l’avoir pour 12 ou 13.000 francs. Et voici à peu près le
langage que l’on va tenir à l’importateur déjà si lourdement
handicapé par le change. « Mon pauvre ami, c’est bien
ennuyeux pour vous de payer 28.000 francs une machine que
vous auriez pu avoir pour 12.000 seulement si vous l’aviez
achetée il v a quatre ans : souffrez que je double également las
        <pb n="200" />
        — 199 —

droits que vous aurez à acquitter ». Vraiment, messieurs,
est-ce qu’en agissant ainsi vous faites une politique économi-
que inattaquable ?.. N’êtes-vous pas victimes d’une espèce de
mirage ? Est-ce qu’en définitive cette dévalorisation de notre
monnaie, seule cause de l’enflure artificielle des prix, ne
onstitue pas une barrière suffisante à l’importation ?
La statistique des échanges. — A quoi l’on nous répond :

Mais tout de même nos importations augmentent d’une
’açon inquiétante ; il y a des statistiques qui prouvent
qu’actuellement nous achetons beaucoup à l’étranger, et aussi
beaucoup trop cher ; il faut mettre un frein à tout cela. »

Eh bien, messieurs, j'ai regardé de près ces statistiques.
Pai constaté tout d’abord, — notamment dans l’exposé des
motifs d’un projet de loi dont nous parlerons tout à l’heure —
que l’on fait allusion à l’augmentation considérable — en
francs — de nos exportations, à l’augmentation insuffisante
— en francs — de nos exportations, mais que pour une fois
an a laissé de côté la question « tonnage ».

C’est pourtant bien instructif d’étudier la statistique des
‘onnages — et je vais vous dire pourquoi. Quand on examine
nos statistiques d’importations et d’exportations libellées en
francs-papier, il ne faut pas oublier, en effet, que les modes
d’estimation ne sont pas toujours les mêmes. Ouvrez la
statistique mensuelle des Douanes. Vous voyez, à la rubrique
importations : valeurs déclarées ; à la rubrique exportations :
valeurs arbitrées. Cela veut dire que l’administration calcule
les importations d’après les prix portés sur les factures, et le
chiffre des exportations d’après les valeurs établies périodi-
quement par la commission des valeurs en douanes. L’établis-
sement de ces valeurs demande toujours un certain délai et
laisse bien quelque place à l'arbitraire,

En somme on compare deux objets ou deux marchandises
que l’on a mesurés avec un mètre en caoutchouc. C’est pour-
quoi, lorsque nous voulons savoir quel est le mouvement de
nos importations, quoique le procédé soit un peu rudimentaire
at que bien souvent on additionne des veaux et des lapins, c’est
aux chiffres des tonnages que je préfère m’en rapporter.

Revenons donc à notre comparaison des quantités importées
en 1922 et en 1925. Nous verrons que de 1922 à 1925 nos
importations de produits alimentaires et de matières néces-
saires à l’industrie sont restées à peu près stationnaires, et
qu’en revanche nos importations de produits fabriqués sont

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="201" />
        -— 9200 —

tombées de 1.696.000 tonnes en 1922 à 1.232.000 tonnes
en 1925, soit une diminution de 26 % en trois ans. Et c’est
là-dessus, ne l’oublions pas, que portent surtout les perceptions
douanières.

À ce propos, je vous rappellerai que dans l’exposé des motifs
auquel je faisais allusion tout à l’heure, on peut lire ceci : les
perceptions douanières qui étaient de 1.840.000.000, je crois
en 1922, sont tombées à 1.400.000.000 en 1925, alors que le
mouvement de nos importations s’est accru énormément et
que de 29 milliards de francs il a passé à 44 milliards, ce qui
fait que l’incidence des droits qui était de 8,09 % en 1922 est
‘ombée à 3,33 % en 1925.

Comme si les droits de douane étaient perçus sur l’ensemble
des marchandises importées, comme si les matières premières
n’étaient pas exemptes de droits de douane, comme si les
frois-quarts des produits alimentaires n’étaient pas également
èxempts, ou frappés de droits insignifiants ! Et alors, il reste
que c’est sur les produits finis et fabriqués que jouent princi-
palement les droits. Or, de 1922 à 1925 nos importations de
produits finis, en tonnage, ont diminué de 26 % ; elles étaient
de 140.000 tonnes par mois en 1922, elles sont tombées à
100.000 tonnes en 1925. Dans le même temps les perceptions
douanières ont diminué de 24 %. Je crois qu’il y a parallélisme
absolu et que ceci explique cela, sans qu’il soit besoin d’aller
chercher plus loin.

Je me suis étendu un peu longuement sur ces chiffres assez
arides, vous voudrez bien m’en excuser, mais cette parenthèse
m’a semblé nécessaire parce que c’est avec des chiffres qu’on
étaye les doctrines les plns contradictoires et les plus
inattendues.
Les droits de douane en francs-or. — Je reviens maintenant
aux remèdes qu’on a envisagés pour parer à cette fluctuation
incessante des prix.

La première proposition, c'est de traduire en or les droits
du tarif douanier. Ceci, Messieurs, je m’empresse de le dire,
me paraît quelque chose de très dangereux, aussi longtemps
du moins que la comptabilité de l’Etat et celle des particuliers
continuera à s'exprimer en francs-papier.

Voici un gros commerce de détail, un magasin où viennent
chaque jour des milliers de clients qui paient leurs achats en
francs-papier (car, que je sache, le billet de banque est encore
la seule monnaie qui ait cours légal). Allez-vous obliger ce
        <pb n="202" />
        — 201 -

commerçant à avoir deux comptabilités : l’une en or, l’autre
en papier ?.…. Le jour où une monnaie-or sera substituée à
notre monnaie actuelle, le problème se posera tout autrement :
mais pour l’instant n’essayons pas de l’imposer par un moyen
détourné, ne tâchons pas de l’introduire dans la place par une
porte basse.

Mais je vois d’autres objections, et de plus graves. Le pro-
cédé que l’on préconise risque d’aller à l’encontre des besoins
économiques. C’est qu’en effet, aussi longtemps que notre
monnaie perd chaque jour quelque peu de son pouvoir d’achat,
aussi longtemps que la hausse de la livre et du dollar nous
laisse toujours en retard sur les cours mondiaux, la France
reste l’un des pays les meilleur marché du monde : et par
voie de conséquence elle éprouve des difficultés croissantes à
acheter au dehors. En somme, le change établit une barrière
automatique qui se ferme d’elle-même à l’imvortation des
produits étrangers.

Et c’est ce qui explique les résultats statistiques que nous
examinions tout à l’heure. On n’achète plus à l’étranger que
ce qui est indispensable ; on achète des produits alimentaires
quand notre sol ne les produit pas : c’est le café, le cacao, les
denrées coloniales, etc. ; on achète des matières premières
comme la laine et le coton ; quant aux produits fabriqués ce
ne sont plus que des importations de première nécessité.
Certaines gens ont tendance à considérer l’importateur comme
un mauvais français, parce qu’il va chercher au dehors les
produits qu’il va revendre ou utiliser : mais en ce moment,
avec la livre à 138 ou 140 francs et le dollar à 29, vous pensez
bien qu’on ne va pas de gaîté de cœur, acheter des devises
étrangères pour le seul plaisir d’acquérir au dehors des
produits qu’on trouverait chez nous à meilleur compte.

Et si j'avais le loisir d’analyser devant vous nos dernières
Statistiques d’importation, je n’aurais pas de peine à vous
montrer que nos achats au dehors se limitent de plus en plus
au minimum strictement indispensable.

Et cependant c’est au moment précis où le franc se déva-
lorise que vous voudriez faire monter les droits ; et, au
contraire c’est au moment où vous devrez accroître votre
protection, que votre procédé automatique jouera à l’encontre
du but cherché.

Supposez que le franc se revalorise, vous verrez alors les
prix de gros rattraper les prix normaux, les prix de détail

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="203" />
        _— 909 —

suivre les prix de gros : à ce moment-là vous aurez une crise
de salaires, une crise de vie chère qu’il faut prévoir et à la
suite de laquelle nos exportations deviendront très difficiles,
tandis que les importations seront facilitées par l’accroisse-
ment du pouvoir d’achat de notre monnaie. Et c’est à ce
moment-là précisément que vous verrez les droits de douane-or
perdre de leur efficacité.

Je considère donc que ce système d’automatisme, de paral-
lélisme mathématique entre les droits et la valeur de la
marchandise est dangereux dans sa réalisation.

Et puis, et surtout, il faut voir ce qu’il y a derrière cette
proposition de libeller en or des droits de douane ? Il ya
l'appétit, je ne dirai pas caché, mais l’appétit avéré de certaines
corporations qui espèrent retrouver toute l’incidence de
protection d’avant-guerre, qui voudraient que l’on reprenne
purement et simplement les.droits d’avant-guerre en disant :
« C’est cela que vous allez payer en francs-or ».

Prenons par exemple les vins ordinaires. Les vins importés
payent 12 fr. X&lt; 2,05, ce qui fait 24 fr. 60 à l’hectolitre. Les
viticulteurs trouvent que ce n’est pas suffisant ; et un projet
de loi qui porterait ce droit à une quarantaine de francs a été
voté récemment à la Chambre dans une de ces séances du
matin auxquelles assistent un petit nombre de députés,
Quarante et quelques francs, ce scrait certes une protection
sérieuse pour une denrée qui vaut 70 ou 80 francs à la
propriété. Cela ferait du 60 %. Les viticulteurs s’en conten-
teraient dans l’ensemble, mais il y a chez eux quelques

extrémistes qui demandent que ces 12 francs soient exprimés
en francs-or ; alors, les vins étrangers paieraient non pas
+0 francs, mais dans les environs de 65 à 66 francs. 5

Je vous laisse à penser où cela nous mèênerait, et comment
cette mesure serait accueillie, par exemple, en Espagne ou en
[talie.

Pour conclure, j'estime que, si dans un avenir plus ou moins
éloigné, à la suite d’une mesure d’ensemble, la perception des
droits de douane en francs-or est adoptée en même temps que
l'Etat et les maisons de commerce prendront également la
base or pour leur comptabilité, nous sommes d’accord ; mais
s’il s’agit d’une mesure isolée, si l’on veut nous imposer pure-
ment et simplement la cristallisation du tarif d’avant-guerre
et l’ascension de tous les droits de douane. rien ne serait plus
dangereux.
        <pb n="204" />
        203 -

Les droits « ad valorem ». — Une deuxième façon d’obtenir
des droits exactement adaptés à la valeur du produit, c’est le
procédé des droits ad valorem. Rien de plus séduisant en
théorie. Dans la pratique leur application présente de très
grosses difficultés. Elles viennent d’être mises en lumière par
un récent projet ministériel qui tend à donner une nouvelle
définition de la valeur des marchandises importées.

Le projet dont il s’agit répond au souci — très légitime —
d'éviter la fraude et s’inspire de ce qui se fait dans plusieurs
pays étrangers. Il prévoit tout d’abord que les factures qui
justifient les valeurs seront certifiées par les consuls et non
plus seulement légalisées par eux. Vous voyez le malheureux
agent consulaire avec son personnel restreint, avec ses moyens
de contrôle forcément limités, obligé de certifier que le prix
d’une paire de chaussures au pays d’origine est bien
de 92 fr. 50. Non, cela ne tient pas.

On propose encore que les factures puissent être majorées
lorsqu’elles viennent d’un pays à change déprécié. Vous
importez de Tchéco-Slovaquie une caisse de vitrifications,
votre facture est réglée en couronnes, et comme en Tchéco-
Slovaquie la couronne ne vaut que 70 centimes, si vous tra-
duisez votre facture en francs, on la rectifiera d’office, et au
lieu d’avoir 700 francs de droits à payer, vous en aurez 1.000.
Si nous voulons donner aux pays à change apprécié des
verges pour nous battre, il n’y a qu’à employer ce procédé. Et
ceci nous amène à cette conclusion que l’application des droits
ad valorem soulève des problèmes trop délicats pour que nous
en puissions souhaiter la généralisation.
Le double coefficient. -— On a proposé encore le système du
double coefficient. Voici en quelques mots l’économie de ce
système : Une marchandise peut être affectée par deux causes
de fluctuation de prix : une cause monétaire et une cause
économique. La cause monétaire, vous la connaissez tous, c’est
que la livre monte ou descend, La cause économique, c’est la
raréfaction ou la surabondance des produits, la modification
des moyens de production, la loi de l’offre et de la demande,

On affecterait donc les droits afférents à chaque marchan-
dise de deux coefficients ; on ferait varier le coefficient
monétaire en fonction du change, et le coefficient économique
en fonction des autres perturbations qui peuvent se produire
sur le marché. Que de complications ! et surtout auelle
instabilité !
11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="205" />
        — 204 —

Car, en matière douanière, — et vous serez certainement
de mon avis sur ce point — ce que le commerce et l’industrie
réclament avant tout c’est la clarté, la simplicité et surtout la
stabilité. Ce qu’il faut c’est que l’on sache à quoi s’en tenir
lorsqu’on a affaire avec la Douane, ce qu’il faut c’est ne pas
être constamment menacé de modifications nouvelles ; il faut
qu’on puisse établir des prix de revient, il faut qu’on puisse
savoir autant que possible ce que l’on pourra vendre tel ou
iel produit dans X semaines ou dans X mois.

Le coefficient mobile. — Voilà pourquoi la thèse à laquelle
pour notre part — au Comité d’Action Economique — nous
sommes disposés à nous rallier, et qui est d’ailleurs envisagée
par les commissions des douanes de la Chambre et du Sénat,
consiste tout simplement à remettre en vigueur le système du
coefficient mobile, avec quelques aménagements.

Je crois savoir que l’intention de M. Jean Bosc, le très
distingué et très avisé Président de la Commission des Douanes
de la Chambre, serait que ce coefficient variât d’une facon
automatique si l’indice des prix variait lui-même de 20 % en
plus ou en moins, par exemple.

J'avoue avoir peu de goût pour une formule de ce genre, Il
me paraît imprudent, en matière douanière, de se lier les
mains par avance, et de dire : « Toutes les fois que l’indice
des prix aura augmenté — ou diminué — de 20 % nous
augmenterons — ou nous diminuerons — les droits de douane
dans une égale proportion ». Car ces variations peuvent se
produire dans des circonstances tout à fait spéciales et
inattendues. De même qu’en période de dévalorisation les prix
augmentent et qu’en raison même de cette augmentation la
majoration des droits de douane devient inutile, de même si
à un moment donné le franc se revalorise, les prix baisseront,
les droits, d’après votre système, baisseront également, et c’est
à ce moment-là précisément que notre industrie aurait besoin
d’une protection douanière plus élevée.

La solution, je crois l’entrevoir dans une formule plus
souple, moins rigide, qui consisterait par exemple à permettre
au Gouvernement de réviser par décret les coefficients chaque
fois que l’indice des prix aura marqué une augmentation ou
une diminution de 20 %, mais qui lui laisserait l’initiative et
la responsabilité des modifications. sous le contrôle. bien
entendu. du Parlement
        <pb n="206" />
        305 —

II. — La crise en perspective:

Messieurs, je m’exeuse de m’être étendu sur ces questions
d’une technicité un peu aride, et d’avoir peut-être quelque
peu perdu de vue, à vouloir entrer dans le détail, les idées
générales qui devaient nous guider dans ce dédale. Je crois
que d’ailleurs nous sommes d’accord sur ce point, c’est que
dans ces matières économiques si délicates, qui touchent de
si près aux intérêts vitaux de notre importation et aussi de
notre exportation, il faut se garder avant tout des idées toutes
faites, des grandes doctrines et des théories préconçues ; il
laut voir les faits au jour le jour, avec quelque modestie, avec
quelque minutie également, en suivant pas à pas le mouvement
des échanges, en se tenant attentif à tous les symptômes de
crise ou de guérison. Non pas qu’il faille avoir de trop vives
réactions lorsqu’on voit baisser ou monter le baromètre de nos
importations ou de nos exportations. Gardons-nous de ressem-
bler à cette mère de famille, dont l’enfant souffre et qui va le
réveiller à chaque instant pour lui placer le thermomètre sous
l’aisselle, et qui s’affole si elle constate un petit peu plus de
fièvre.
Néanmoins, à regarder les choses avec sang-froid, on ne
peut se dissimuler que nous allons vers une crise ; je crois
que le jour où notre franc sera stabilisé nous aurons une
période assez dure à passer ; eh bien ! la sagesse commande
de se préparer à cette crise afin de la traverser de son mieux,
et d’ici là, de ne pas prendre de mesures excessives. mais d’être
prêt pour le bon moment.

Les prohibitions de sortie. —- Parmi ces mesures excessives,
il y en a une sur laquelle je me permets d’insister, car la ques-
tion tient à cœur au Comité d’Aclion Economique, c’est la
mesure qui consiste à freiner nos exportations par des taxes
et par des prohibitions de sortie. Je crois que nous nous
mettrons d’accord sur ce point, qu’il faudrait qu’on en finisse
une bonne foïs avec cette conception d’une France devant
garder jalousement, pour les transformer elle-même, toutes les
matières premières qui sont nécessaires à ses industries. C’est
avec ces mesures égoïstes que l’on arrive à tarir les courants
commerciaux, sans profit pour personne : car toutes ces
entraves à la sortie jouent finalement à l’encontre du but
proposé. En brimant de toutes manières les exportateurs de

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="207" />
        — 9206 —

cuirs, de tourteaux, de denrées alimentaires, ete…, on décou-
rage le producteur, on le met dans l’impossibilité de travailler
à plein rendement, on paralyse les affaires, ct l’on accumule
finalement les causes de vie chère alors que c’était la vie chère
que l’on voulait combattre.
Simplification des formalités douanières. — Messieurs, la
matière douanière est vaste et complexe. II ne s’agit pas seule-
ment de. fixer des droits, il faut encore trouver la meilleure
méthode pour les appliquer. Et ceci m’amène à vous parler
des formalités douanières, et de quelques réformes que nous
lésirerions voir aboutir au plus vite.

La France, il y a quelques années, a pris l’initiative d’une
grande Conférence Internationale qui s’est tenue à Genève en
octobre 1923 et qui a préparé une convention pour la simpli-
fication des formalités douanières.

Le texte en a été établi après des études minutieuses,
amorcées par deux congrès préparatoires d’experts, poursuivies
ensuite pendant plusieurs semaines par des personnages de
premier plan, de hauts fonctionnaires, de grands chefs d’indus-
rie, des techniciens éminents. La plupart des nations partici-
pantes ont ratifié cette convention et nous, nous attendons
2ncore. Je souhaite que cette formalité ne se fasse plus trop
‘ongtemps attendre.

Je souhaite surtout qu’après l’avoir ratifiée dans sa lettre,
aous en fassions passer l’esprit dans nos habitudes et nos
règlements administratifs.
Dédouanement des marchandises. — Car il faut bien le
“econnaître, nous avons encore quelques progrès à accomplir,
ae serait-ce que pour faciliter le dédouanement des marchan-
dises. Je suppose que certains d’entre vous ont eu affaire à la
douane ; eh bien, s’il vous est arrivé d’effectuer une opération
avec la douane, sans l’intervention d’un transitaire, si vous
n’avez pas éprouvé la moindre difficulté, si vous avez réussi
du premier coup, sans accroc, c’est un joli succès !

Pour ma part, j'ai tenté l’expérience : j'ai essayé de faire
une déclaration en douane, une déclaration fictive bien
entendu. Je me suis fait poser ce qu’on appelle « une colle ».
Le problème était simple : « Vous avez à importer une caisse
de chocolat au lait en provenance de New-York, et qui a
transité par Anvers ; comment faites-vous pour la dédoua-
ner ? &gt;» Je ne vous cache pas que j'ai « séché » lamentablement.
En effet. il fallait caleuler le poids du cacao, le poids du sucre.
        <pb n="208" />
        307

le poids du papier, savoir dans quelle langue les formules
étaient écrites, si c’était en français, en anglais, déclarer à part
lés vignettes, le papier d’étain, tenir compte de la surtaxe
d’entrepôt parce que la marchandise avait passé par Anvers ;
il y avait deux pages de chiffres et de calculs !..

Eh bien ! nous demandons que toutes ces formalités soient
simplifiées, nous demandons surtout que l’Administration
guide les importateurs au lieu de les laisser patauger 1nisé-
rablement. Car vous savez ce qui se passe. Alors qu’en Allema-
3ne, par exemple, l'employé des douanes est tenu par les
règlements de collaborer à la déclaration, chez nous au
contraire le vérificateur n’a d’autres instructions que de mettre
à la disposition des importateurs les textes en vigueur : tarif
des douanes, observations préliminaires, notes explicatives,
bref, un fatras où les initiés eux-mêmes ont bien du mal à se
reconnaître.

C’est un régime regrettable ; nous sommes décidés à faire
campagne pour obtenir une modification profonde en ce qui
concerne ce point-là. Ce règlement date de 1791, il a assez
vécu pour qu’on l’enterre. (Applaudissements).

Les taxes de chancellerie. — De même nous demanderons
une modification profonde du régime des visas consulaires et
des taxes de chancellerie. Si vous voulez, par exemple, envoyer
un colis postal en Turquie, il vous faudra produire une facture
dont le visa vous coûtera 120 francs. Votre colis vaut peut-être
seulement 40 ou 50 francs, vous avez. quand même 120 francs
de visa consulaire à payer. Pour le Guatémala c’est, je crois,
3 % de la facture, plus un dollar au cours du change ; pour. le
Mexique, 5 % de la valeur, il y a à peu près autant de législa-
lions qu’il y a de pays de destination.

Si vous ajoutez à cela qu’il faut produire cinq factures
établies dans la langue du pays de destination, les faire certi-
fier, vous verrez ce qu’il faut de temps pour accomplir toutes
ces formalités : et vous comprendrez que l’exportateur bien
souvent aime mieux renoncer à faire l’opération.

Oui, mais quand nous nous tournons vers le Gouvernement
pour lui demander de mettre fin à ce régime intolérable, il

nous rappelle que nous sommes, en matière de visas consulaires
et de taxes de chancellerie, sur le terrain de la réciprocité. Il
nous rappelle aussi que ces taxes, quand il s’agit d’importa-
tions en France, constituent la principale,- sinon la seule
ressource de nos postes consulaires. Il y a là une situation
délicate à laquelle il importe de trouver un remède. Et quand
11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="209" />
        — 508 —

la solution se présentera, nous vous demanderôns d’unir vos
êfforts aux nôtres pour aboutir.

Le tarif douanier colonial. — Une autre question sur laquelle
hous aurons également à nous entendre, c’est celle du tarif
douanier colonial. Je sais que dans votre ville le problème a
été examiné l’an dernier sous tous ses aspects, au cours d’un
congrès retentissant, et qu’un accord de principe s’est établi
finalement pour concilier les tendances opposées. Mais cet
accord ne prête-t-il pas à interprétation ? Ne peut-on l’amé-
liorer ?

Certes, nous admettons que le vote du projet de loi
Angoulvant, qui permettra de faciliter et de codifier en faveur
des colonies les dérogations que l’on projette au tarif douanier
métropolitain, marquera un progrès appréciable. Mais nous
voudrions aller un peu plus loin. Nous considérons, en effet,
que deux au moins de nos colonies sont, d’ores et déjà,
susceptibles de recevoir un commencement d’émancipation
économique : c’est d’abord l’Indochine et, subsidiairement,
peut-être, Madagascar, Voilà, en effet, deux grands pays qui
constituent chacun un centre économique puissant. L’Indo-
chine, en particulier, avec ses vingt millions de consommateurs
et de producteurs, ses industries variées et ses besoins très
différents des nôtres, est à l’heure actuelle astreinte à vivre avec
un tarif douanier conçu et établi pour la métropole et auquel
on consent seulement quelques modifications. Est-il sage, est-il
prudent de condamner ainsi ces gens-là à vivre avec un vête-
ment fait à notre taille, mais nullement adapté à leurs
besoins ? La prétention est d’autant plus paradoxale qu’ils
n’ont pas la même monnaie que nous : on leur impose un tarif
établi en francs-papier alors qu’ils ont comme monnaie la
piastre, c’est-à-dire une monnaie qui varie avec le cours du
métal-argent, et qui par conséquent est tout à fait indépen-
dante des fluctuations de notre propre change.

Eh bien, nous sommes très respectueux des prérogatives du
Parlement ; nous demandons qu’il lui soit réservé de statuer
en dernier ressort sur le futur régime douanier de l’Indochine ;
mais puisqu’il y a une commission interministérielle qui, sous
la présidence de M. Jean Morel, a étudié la question de très
près, puisqu’elle a abouti à des conclusions réellement inté-
ressantes, nous demandons que l’on utilise ce travail-là, qu’on
le confronte avec les travaux plus récents de nos commissions
des douanes, qu’on le mette, si on peut dire, au goût du jour,
mais qu’enfin on dote l’Indochine d’un statut douanier qui
        <pb n="210" />
        309 _-

lui soit propre, un statut qui maintiendra bien entendu l’union
douanière existant entre la France métropolitaine et la France
d’outre-mer, mais qui, approuvé et voté par le Parlement
français, soit comme le cadeau de la France à sa grande
colonie. (Très bien. Très bien).
Conclusion
Et maintenant, Messieurs, faut-il conclure ? Et quelle
zonclusion pouvons-nous donner à cet exposé un peu touffu,
un peu discursif, dans lequel j'ai cherché autant que possible
à vous exposer objectivement quelques faits, et à les examiner
à la lueur du simple bon sens et de l’expérience ? Y a-t-il une
idée générale à retenir de ce que nous avons dit ?

S’il y en a une, elle est très modeste. C’est qu’en matière
économique, et quand on touche à des sujets aussi délicats
que la révision des tarifs douaniers, il faut avant tout se garder
des principes trop abstraits, des opinions toutes faites, des
doctrines d’école ; ce qu’il faut, c’est chercher à suivre les
événements, à les prévoir quand on le peut, en un mot, à
s’adapter. Opportunisme, réalisme, empirisme, voilà, je ‘crois
les formules prudentes auxquelles il faut s’en tenir aujour-
d’hui.

Nous ne pouvons pas avoir la prétention, dans l’état
vraiment trop changeant de notre économie nationale et de
l’économie mondiale, de prévoir à coup sûr de quoi demain
sera fait. Ce qu’il nous faut, c’est vivre avec notre temps, nous
accommoder de nos institutions sans vouloir les bouleverser
du jour au lendemain, mais en les améliorant autant que
possible. Ce qu’il faut encore, c’est mettre au service de cette
philosophie opportuniste quelques idées générales sur lesquel-
les peut se faire l’union de tous les bons Français. L’une de ces
idées, sur laquelle je vous demanderai la permission de
conclure, c’est qu’il importe de garder à la France sa véritable
figure, et de chercher à l’orienter vers ses destinées réelles,
celles que lui imposent et les traditions de son long passé et les
nécessités de l’heure présente.

Or, je crois que ce qui fera toujours la force de notre France,
c’est que c’est avant tout un pays de qualité, un pays qui se
réclame du doigté et de la conscience de ses ouvriers, du vieux
passé de ses industries, de ce souci de perfection, qui de tout
temps a caractérisé l’artisan et le paysan français. Avec cela,
une France qui depuis quelque cinquante ans a eu la chance

11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
T
        <pb n="211" />
        919 __

d’avoir à son service quelques hommes éminents, qui lui ont
donné un immense domaine colonial où elle doit trouver une
réserve de richesses insoupçonnées et pour ainsi dire illimitées.

A nous d'utiliser au mieux les qualités sérieuses, profondes
de notre race, nos antiques traditions et ce souci de la perfec-
tion, qui est une forme de la probité intellectuelle et manuelle ;
à nous d'utiliser au mieux les ressources si variées de notre sol
st de notre climat, les ressources immenses de nos colonies ;
à nous enfin de nous souvenir aussi que, par sa situation dans
e monde, la France est la terre prédestinée des échanges entre
é monde méditerranéen et l’Europe septentrionale, entre
’Allantique et l’Europe centrale, et que par conséquent la
séographie et l’histoire se rejoignent pour nous tracer notre
"ègle de conduite : ne fas fermer jalousement nos portes aux
produits étrangers, ne pas être les victimes de ce mirage de
l’autarchie dont je vous parlais tout à l’heure ; importer peur
exporter ; — enfin, vivre avec notre’ siècle ; vivre avec nos
souvenirs et surtout, vivre avec nos espérances, avec notre
-onfiance dans les destinées de notre pays. (Vifs applaudisse-
ments).

ALLOCUTION DE M. J.-B. ROCCA
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MONSIEUR ELBEL,
MESSIEURS.

J'ai d’abord l’agréable devoir dé remercier M. le Colonel
l'hierry d’avoir bien voulu présider cette séance. Nous devons
re plaisir à l’absence forcée de M. Rastoin appelé au dernier
moment à Paris. Nous avons ici, à la Société pour la Défense,
des Tiens particuliers de reconnaissance qui nous âttachent à
M. Thierry ; c’est de tous nos présidents celui qui a donné le
plus long dévouement à la Société aux destinées de laquelle il
présida avec tant d’autorité pendant toute la durée de la guerre
et jusqu’en 1920, dans des circonstances qui, vous Vos
sn doutez bien, étaient des plus difficiles. Il a toujours fait
montre d’un admirable dévouement dont nous ne saurions
jamais assez le remercier. (A pplaudissements).

Je ne remercierai pas à nouveau le conférencier, je vous
dirai simplement combien j'ai apprécié la merveilleuse simpHi-
rité. la compétente, l’obiectivité avec laquelle. abandonnant le
        <pb n="212" />
        - 211

terrain périmé des théories et des doctrines, il est resté sur le
‘errain des faits.

De son passage au Ministère, M. Elbel a gardé la technicité
st le dévouement du fonctionnaire, il n’a pas perdu l'esprit
critique et le jugement libre et clair, dont je suis heureux de
‘e féliciter.

Mais, la Défense qui, elle, organise ces conférences auxquel-
es nous avons le plaisir de vous convier n’indique pas par
à qu’elle accepte dans tous ses détails la thèse du conférencier.
Elle veut simplement vous donner l’occasion d’entendre des
hommes éminents agiter des questions brûlantes et aujour-
J'hui même sa doctrine en matière douanière bien que très
proche de celle du conférencier l’est cependant avec une petite
&gt;xception que M. Elbel me permettra d’expliquer.

En principe, nous sommes d'accord avec lui. L’exception sur
laquelle je veux dire quelques mots concerne la partie de la
thèse où le conférencier soutient que la dévalorisation de la
monnaie joue un rôle de protection suffisant.

Là, je me permets de penser qu’il y a une confusion. Cette
protection peut exister pendant le mouvement de dévalorisa-
tion, mais une fois que cette dévalorisation est faite, quand elle
est entrée dans les prix connus, dans nos préoccupations
journalières, en un mot quand elle est à l’état de chose réalisée,
il n’y a plus de protectionnisme. C’est pour cela que certains
indices correcteurs nous semblent utiles et que sachant par
expérience, comme vous le savez vous-même, combien il est
difficile d’obtenir des pouvoirs publics des examens qui sont
:oin d’être automatiques, nous voyons combien le jeu de coeffi-
cients dits variables suivant les besoins est impossible en
pratique.

Nous vous avouons que nous avons un petit faible pour un
sertain automatisme de la protection. Il nous semble qu’un
sertain indice correcteur pourrait être nécessaire.

À part ce point de détail nous sommes d’accord à Marseille
vec la thèse de modération douanière exprimée par M. Elbel.

Marseille a été pendant longtemps un rempart du libre
‘changisme ; à la Chambre de Commerce comme ici, nos
dossiers, nos archives sont pleins de rapports et de décisions
slaborés dans ce sens. Depuis la guerre Marseille vient à la
théorie de pragmatisme, elle a vu se développer une industrie
qui était moins forte autrefois ; les esprits ont certainement
svolué, ce n’est peut-être plus le libre échangisme intégral mais
tt. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX
        <pb n="213" />
        — 919 —

c’est toujours l’échangisme parce que dans l’ensemble l’indus-
trie marseillaise est surtout une industrie de transformations.
Un autre point sur lequel nous savons que nous sommes
d'accord avec vous, c’est la folie des prohibitions d’exportation
et la nécessité lorsque des taxes frappent spécialement la
marchandise de voir ces taxes aménagées pour que le jeu des
droits de douane ne s’en trouve pas bousculé.

Quand il est question, comme il est question actuellement,
de modifier l’impôt sur le chiffre d’affaires, d’y ajouter une
taxe sur les paiements, de créer une taxe d’exportation, nous
disons que ce sont des modalités d’impôts applicables à l’inté-
rieur du pays et qu’elles doivent s’arrêter aux Français.

Mettre des taxes à l’exportation c’est de la folie.

Messieurs, il y a maintenant un point que le conférencier a
omis, par discrétion, de dire : c’est qu’il est le directeur dévoué
et très estimé de la Ligue d’Action Economique et Douanière.
Cette ligue est jeune, elle cherche à se répandre, ses
idées sont les nôtres dans l’ensemble ; M. Elbel nous a bien
souvent donné des preuves que, sauf sur quelques petits points
de détails, nos doctrines sont les mêmes ; je ne saurais donc
trop vous encourager à demander à notre Secrétariat les rensei-
gnements qui vous paraîtraient susceptibles de vous intéresser
ainsi que les bulletins d’adhésion à la Ligue d’Action Econo-
mique. En y adhérant vous ne ferez que contribuer encore
davantage à la cause que nous défendons tous, c’est-à-dire celle
de la modération douanière et du maximum d’activité du Port
de Marseille.

Messieurs, je vous remercie de votre attention et si M. le
Président me le permet je déclare la séance levée. (A pplaudis-
sements prolongés).
        <pb n="214" />
        TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE
“Journal Commercial et Maritime
Organe officiel
DE LA SOCIÉTÉ POUR LA DÉFENSE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
ANNÉE 1926 (1)

N°5 2929 et 2930. — 26 décembre 1925 et 4% janvier 1926. — La
Clause Compromissoire, Francis-Antonin Dufour. —
L’Action de la Défense : Un projet de création de
droits compensateurs du change à l’exportation. —
Les Exportations de Ferrailles. — De la signification
des termes F.O.B., C.LF., F.O.R. — Rendement des
blés destinés à la fabrication des biscuits de mer. —
Le commerce extérieur de la France pendant les
onze premiers mois de l’année. — Contre les projets
fiscaux : La protestation du commerce et de l’indus-
trie de Marseille. — La taxe sur le chiffre d’affaires
et l’exemption des produits bruts importés. —
L’application des lois ct décrets. — Fehos et infor-
mations diverses.

N° 2931. — 17 janvier 1926. — Déclarations fiscales à faire avant le
31 janvier. —— La Bourse des Marchandises de Mar-
seille en 1926. — Le douzième provisoire de janvier
1926. — Le régime actuel des retraites ouvrières. —
La Semaine Nationale de l’Exportation des Produits
agricoles (à suivre), Michel Storione. — Les nouvel-
les mesures financières. — La prochaine récolte
d'huile d’olive. — La prorogation des loyers. — Le
prix de vente des alcools aux industries privilégiées.
_—-… Echos et informations diverses.

(1) Chaque numéro contient, outre les matières énumérées à cette
table, des nouvelles locales, divers renseignements d’ordre commercial,
industriel, financier et maritime, économique et parlementaire, ainsi
qu’un supplément de deux pages, couronné du Prix Beaujour, donnant le
cours des marchandises traitées sur la place de Marseille (y compris le
tours moven hebdomadaire des courtiers assermentés).
        <pb n="215" />
        214

N° 2932. — 78 janvier 1926. — Impôt sur le chiffre d’affaires :
Demande d’admission au forfait à formuler en
janvier. — Les banques et les jours fériés en 1926. —
L’Assemblée des Présidents des Chambres de Com-
merce et les Projets Financiers. — La Semaine
Nationale de l’Exportation des Produits Agricoles
(suite et fin), Michel Storione. — Loi portant validité
de la clause compromissoire en matière commerciale.
— Les conditions du salut financier. — Le Congrès
du Régime Douanier Colonial. — Le mouvement des
prix de gros. — Décisions douanières. — Echos et
informations diverses. — Graines, Huiles et Corps
Gras, Arrivages par le port de Marseille en décembre
1925.

anvier 1926. — Où en est la Question des Assurances
Sociales ? Et. Falcot. — L’Action de la Défense : La
taxe à l’exportation ; la taxe sur le chiffre d’affaires
et l’exemption des produits bruts importés. — La
raxe d’apprentissage : Les modalités d’application.
— Les conditions du salut financier (suite). — Dîner
annuel de la Chambre Syndicale. — Loi sur la
compétence des juges de paix. — Echos et informa-
‘ions diverses,
évrier 1926. -— Déclarations fiscales à formuler en
‘évrier. — L’Action de la Défense : La Taxe à la
Production. — Assemblée Générale de la Défense
lu 26 janvier 1926. — Les conditions du salut finan-
cier (suite). -— Le projet de loi de finances pour 1926.
L’Œuvre du Berceau Africain. — Les graines
oléagineuses sur la place de Marseille en 1925. — Le
mouvement du commerce extérieur. — Echos et
informations diverses.

N° 2935.— 8 février 1926. — Action de la Défense : La Taxe à
l’Exportation. — Assemblée Générale de la Défense
du 26 février 1926 (suite et fin). — Les conditions
du salut financier (fin). —- Ouestions fiscales. —
Echos et informations.

‘évrier 1926. — La Taxe à l’Apprentissage. — Le
Budget et la circulation des capitaux, Ed. Rastoin.
— Un exemple de taxe sur les paiements : La taxe
de transmission en Belgique. — Compte rendu des
travaux de la Défense (Séance de la Chambre Syndi-
cale du 29 décembre 1925). — L'application des lois
et décrets. Le Registre des Exportations. — Chroni-
que maritime. — Echos et informations diverses __

N° 2936. -—— 15
        <pb n="216" />
        — 215 —

3raines oléagineuses : Arrivages sur la place de
Marseille en janvier 1926.

N° 2937. — 22

N° 2938. — 1°

N° 9939,— 8

N° 2940. — 15

‘évrier 1926. — La Clause Compromissoire : Ch.
l'assy. —- Les affiches lumineuses permanentes. —
Vendeurs et Comptables : À. Ridart. — Le commerce
axtérieur pendant l’année 1925. — Décisions doua-
1ières. -— Un accord commercial franco-allemand.
— Le mouvement des prix de gros. — Chronique
laritime. — Echos et informations diverses. —
3ibliographie.

nars 1926. — Les Taxes à l’importation, Antoine
Boude. — L'Assemblée des Présidents des Chambres
le Commerce. — Questions fiscales. — Compte rendu
les travaux de la Défense (Séances de la Chambre
3yndicale du 2 février 1926). — L'application des
ois cet décrets, — Décisions douanières. — Chroni-
Tue maritime. — Echos et informations.
mars 1926. — L’Action de la Défense : Les projets
inanciers. -— La clause compromissoire : Conférence
le M. L-Louis-Dreyfus. — Les constructions mari-
imes et l’activité industrielle. — L’annlication des
ois et décrets.

nars 1926. — Moderne Ugolin : Charles-Adrien
\rtaud. — L’assurance-crédit : Sa pratique à l’étran-
ter et sa réalisation en France. — L'utilisation des
hèques postaux par les comptables publics. —
application des lois et décrets. — Le mouvement
les prix de gros. — Chronique maritime. — Echos
t informations diverses. — Huiles et Corps Gras.
Arrivages par le nort de Marseille en février 1926.

N° 2941. — 22 mars 1926. — Où sont les milliards ? Ed. Rastoin. —
L’Action de la Défense : Projet de majoration de
30 % des droits inscrits au tarif général des
douanes : Vœu ; l’arbitrage commercial et les droits
d'enregistrement ; la taxe sur les paiements ; l’expor-
‘ation des haricots secs en Espagne. — Le marché
des soies en 1925, — Le commerce extérieur de la
France pendant les deux premiers mois de 1926. —
Le rendement général des impôts en février 1926. —
Questions fiscales : La réglementation du paiement
des impôts en 1926. — L'application des lois et
décrets. — Chronique maritime. —— Echos et infor-
nations.
        <pb n="217" />
        — 92916 —

N° 2942. — 29 mars 1926. — L’Action de la Défense : La taxe à la
production, — La dénomination de la gare Marseille-
Prado-Vieux-Port. — Les Assurances Sociales, E.
Falcot. — Compte rendu des travaux de la Défense
(Séance de la Chambre Syndicale du 23 février 1926).

- Décisions douanières, — Questions fiscales. — Le
charbon à Madagascar. — Modifications à la légis-
lation des élections consulaires. — L’application des
lois et décrets. — Les relations économiques franco-
belges.
N°° 2943 et 2944. — 5 et 12 avril 1926. — Le VI° Congrès des Allo-
cations Familiales. — Loi du 3 avril 1926 portant
création de nouvelles ressources fiscales. — L’appli-
cation des*tois et décrets. — La taxe à l’importation.
— L'Union pour le Franc. -— Majoration de 30 %
des droits de douane. — Huiles et corps gras :
Arrivages par le port de Marseille en mars 1926.
N° 2945. — 19 avril 1926. -— La Politique Douanière et les échanges
internationaux, P. Elbel.

N° 2946. — 26 avril 1926. — L'Action de la Défense : La taxe à
l’importation et la douane : La question des marchés
à terme ; La taxe à l’exportation. — La Réforme des
connaissements, Francis-Antonin Dufour. — Aux
exportateurs et aux commerçants se rendant en
Turquie. — Le VI° Congrès des Allocations Familia-
res. — L'application des lois et décrets. — Décisions
douanières. — Le commerce extérieur de la France
pendant les trois premiers mois de 1926. — Chroni-
que maritime. — Echos et informations diverses.
N° 2947, — 3 mai 1926. — La Taxe à la Production, Emile Régis. —
L'application de l’impôt sur le chiffre d’affaires :
Instruction ministérielle — Compte rendu des
iravaux de la Défense (Séance du 23 mars 1926). —
La question des marchés à terme. — Décisions doua-
nières. — Echos et informations diverses.
N° 2948. — 10 mai 1926. — La Taxe à la Production, Emile Régis. —
Le VI Congrès National des Allocations Familiales.
— Les principales dispositions de la loi de finances
1926. — L’application des lois et décrets. — Déci-
sions douanières. — Le nouveau régime de l’expor-
tation des ferrailles. — Chronique maritime, échos
et informations diverses. — Huiles et corps gras :
Arrivages par le port de Marseille en avril 1996.
        <pb n="218" />
        io BTP —

N° 2949. — 17 mai 1926. — Le VI* Congrès National des Allocations
Familiales. — La taxe à l’exportation : Les modalités
de son application. — L'application des lois et
décrets. — Echos et informations.
N°° 2950 et 2951. — 24 et 31 mai 1926. — Assemblée Générale des
Présidents des Syndicats Patronaux. — Les Ciseaux,
E. Rastoin. — L’Exportation des ferrailles. — La
Caisse Autonome d’amortissement. — Le commerce
extérieur de la France pendant les quatre premiers
mois de 1926. — Décisions douanières. —— L’applica-
tion des lois et décrets. — La VI° Foire-Exposi-
tion de Riga. — Le rapatriement du prix des
marchandises exportées. — La majoration de 30 %
des droits de douane. — Echos et informations
diverses.

N° 2952. — 7 juin 1926. — La Réforme des connaissements (suite),
Francis-Antonin Dufour. — L’impôt sur les produits
de parfumerie et de toilette. — Le VI Congrès Natio-
nal des Allocations Familiales (Vœux adoptés). —
Compte rendu des travaux de la Défense (Séance du
20 avril 1926). --- Les manipulations en entrepôt
fictif. — Décisions douanières. — Les résultats de la
XII° Foire de Prague. — Les prix d’achat par l’Etat
des alcools de mélasse. — Echos et informations.

N° 2953. — 14 juin 1926. — Considérations économiques industriel-
les et financières, Charles Mourre. — Les rembour-
sements et les amortissements dans les sociétés. —
Les importations par mer de céréales et dérivés
en 1925. — Les allocations familiales et le salaire.
L’Exposition Coloniale annuelle de Marseille. —
L’application des lois et décrets. — Changes et
nonnaies. — Décisions douanières. — Chronique
naritime. — Echos et informations diverses. —
Juiles et corps gras. Arrivages par le port de Mar-
seille en mai 1926.

N° 2954. — 21 juin 1926. — Conférence générale des Présidents et
Membres des Tribunaux de Commerce de France. —
L’exigibilité des impôts directs. — La production du
blé. — Le régime locatif actuel! des locaux d’habi-
tation. — Le nouveau tarif douanier bulgare. — La
répression des fraudes dans le commerce des
engrais. — Le commerce extérieur de la France
pendant les cinq premiers mois de l’année 1926. —
Décisions douanières. — Le mouvement des prix de
sros. — Echos et informations. — Nouvelles diverses,
        <pb n="219" />
        — 218 —

N° 2955. — 28 juin 1926. — La Réforme des connaissements (suite),
Francis-Antonin Dufour. — Exonération de la taxe
à l’achat. — Les stipulations en monnaie de compte.
—- Les dates de paiement des impôts directs. — Les
exportations en Hongrie. — La protection des
dessins et modèles. —- L’apptication de la législation
sur les engrais. — Décisions douanières. — Le nou-
veau tarif douanier bulgare. — Les modalités d’appli-
cation de la taxe d’exportation. — L'assemblée des
Présidents des Chambres de Commerce. — L’Exposi-
tion de l’Institut Colonial de Marseille. — Le Congrès
des Conseillers du Commerce Extérieur. — Chroni-
que maritime. — Echos et informations diverses.

N° 2956. —— 5 juillet 1926. — La Taxe à la Production. — La Propriété

commerciale. — Régime fiscal des tantièmes des
Administrateurs des sociétés par actions. — L’appli-
cation de la législation sur les engrais (suite). — Les
relations commerciales franco-allemandes. — L’ap-
plication des lois et décrets, — La XIII Foire
Internationale de Prague. — Décisions douanières.
— La taxe à l'exportation, — L’impôt sur le chiffre
d’affaires appliqué aux banquiers. — Chronique
maritime. -— Echos et informations diverses.
juillet 1926. — La Taxe à la Production (suite). — Le
régime fiscal des sociétés à responsabilité limitée. —
Les prohibitions d’importation en Angleterre. — La
taxe sur le chiffre d’affaires. — L'application de la
législation sur les engrais (suite et fin). — La suspen-
sion des droits de douane sur les blés — Le
rétablissement des droits de douane sur certains
produits agricoles. — Décisions douanières. — Echos
et informations. — Arrivages en graines oléagineuses
par le port de Marseille en juin 1926.

N° 2957. — 12

juillet 1926. — La Propriété commerciale. — La
situation économique de nos colonies d’Extrême-
Orient. — Les salaires et le coût de la vie. — Le
mouvement des prix de gros. — L'interprétation des
lois fiscales — Le paiement de la taxe à l’exporta-
tion. — Décisions donanières. — L'Office National
de l’Exportation en Italie. -- La Lettonie parmi les
Etats de l’Europe Nouvelle. —— Echos et informations.
- Nouvelles diverses.
N° 2959. — 26 juillet 1926. — La Fiscalité des comptes courants. —
La législation des accidents du travail. — Le com-
merce extérieur de la France pendant les six

N° 2958. — 19
        <pb n="220" />
        _— 919 —

oremiers mois de l’année 1926. — Le paiement de
ia taxe à l’exportation. — La graine et le tourteau de
-oton. — Echos et informations. — Nouvelles diver-
ses. — Décisions douanières.

N° 2960. — 2 août 1926. — Du Droit de Transmission sur les actions
et obligations des sociétés. — L'action de la Défense :
La taxe à l’exportation : Les progrès du régime des
allocations familiales — Les charges du contribua-
le français. — La fiscalité des comptes courants
(suite et fin). — Les salaires et le coût de la vie. —
L’exportation industrielle et agricole polonaise à
Marseille. -— Décisions douanières. — Les taxes
postales applicables aux correspondances pour
étranger. — L’application des lois et décrets. —
Echos et informations diverses.

N° 2961. — 9 août 1926. — La Taxe à la Production (suite). — Créa-
tion de nouvelles ressources fiscales (Loi du 3 août
1926). — Les nouvelles taxes, droits et impôts
indirects. — Les droits de timbre. — Soyez bons
pour les Français. — Les conditions de la fabrica-
don des farines paniflables. — Le remboursement
les droits de douane sur les blé — L’achat des
devises étrangères — L'application des lois et
lécrets. — Bibliographie. — Nouvelles diverses.

N°* 2962 et 2963. — 16 et 23 août 1926. -— La Réforme des connaisse-
ments (suite), Francis-Antonin Dufour. — La légis-
lation sur le chèque. — La taxe sur le chiffre
d’affaires. — L'application de la loi sur la propriété
zommerciale. — Accords commerciaux, — Droits
nouveaux et majorations de tarifs. — Mouvement des
prix de gros. -— Décisions douanières.
N° 2964. — 30 août 1926. — Elections consulaires. — L’actualité
scientifique et industrielle, Louis Racine. — La taxe
sur le chiffre d’affaires. —- Intérêt de retard afférent
aux obligations cautionnées. — Les progrès du
régime des allocations familiales (suite et fin). —
Le ravitaillement en blé, en farine et en pain. — Les
axes télégraphiques internationales. — L’applica-
Hon des nouveaux impôts. — Décisions douanières.
— L'industrie du cuir à la Foire de Prague.
N° 2965. — 6 septembre 1926. -— Du Droit de Timbre applicable aux
actions et obligations des sociétés. — Un nouvel
accord commercial franco-italien. — La taxe à la
        <pb n="221" />
        290 —

production dans l’industrie des produits chimiques.
— Palmarès des cours commerciaux gratuits. —
Taux de compensation des blés durs. — Suppression
des droits de sortie sur les os — Stipulations en
francs-or en matière de loyer. — Les meilleurs
ouvriers de France. — Décisions douanières. — Les
grands trusts pétroliers.
septembre 1926. — Une comparaison entre les
charges fiscales grevant les sociétés anonymes fran-
çaises et les Limited C° anglaises — La taxe
d’exportation. — L’exportation des cuirs et peaux
d’Algérie. — Les blés exotiques et la taxe à l’impor-
tation. — Décisions douanières. — Huiles et'corps
gras. Arrivages par le port de Marseille en août 1926.
— L'application des lois et décrets. — Nouvelles
diverses, etc…

N° 2067, — 20 septembre 1926. — L’Action de la Défense : Les
engrais et la taxe d’exportation. — La taxe à l’ex-
portation. — La simplification des formalités
douanières. — Le mouvement des prix de gros. —
Le commerce extérieur de la France pendant les
huit premiers mois de 1926. — La loi sur la pro-
priélé commerciale et industrielle. — Un arrange-
ment franco-espagnol sur le régime fiscal des
sociétés. — La convention commerciale entre la
France et la Grèce. — L’exportation du sucre en
Syrie. — Le prix des timbres de dimension. —
L’application des lois et décrets. — Echos et infor-
mations. — Nouvelles diverses,

N° 2966. — 13

N° 2968. — 27

septembre 1926. — De l’Impôt sur le Revenu appli-
cable aux actions et obligations des sociétés :
J. Denis. — Le nouveau régime des colis postaux.
— Dérogations pour les farines destinées à des
industries spéciales. — Décisions douanières. —
Application des lois et décrets. — Nouvelles diverses.

N° 2969. — % octobre 1926.:— La Réforme des connaissements
(suite) : Francis-Antonin Dufour. — Le commerce
général de l’A.O.F. en 1925. — Décisions douanières,
— Le prix d’achat par l’Etat de l’alcool éthylique.
— L'application des lois et décrets. — La perception
de l’impôt sur les opérations de Bourse de com-
merce. — Les nouveaux types de farines et semoules
créés pour la vérification en douane. — La taxe à
l’exfortation et les marchandises expédiées en sortie
        <pb n="222" />
        — 5391

N° 2970. — 17

d’entrepôt des douanes, — Chronique maritime. —
Le coût des formalités nécessitées par le Registre du
Commerce. — Echos et informations. — Nouvelles
diverses.
»ctobre 19268. — La Réforme des connaissements (fin) :
Francis-Antonin Dufour. — La taxe à l’exportation.
- Le commerce de l’Algérie et de la Tunisie. —
Echos et informations. — Nouvelles diverses. —
Arrivages en graines oléagineuses par le port de
Marseille, en septembre 1926.
N° 9971. — 18 aclobre 1926. — La Taxe à l’Exportation. — Le mou-
vement des prix de gros. — La récolte des céréales
en 1925. — Pourquoi nous payons tant d’impôts. —
La simplification des formalités douanières. —
L’exportation des capitaux. — L'application des lois
et décrets. — Echos et informations. — Nouvelles
diverses.

N° 2972. — 25

N° 2973. — T°

octobre 1926. — Les Stipulations en monnaie de
compte. — La taxe sur le chiffre d’affaires à l’inté-
rieur. — Le remboursement des droits de douane sur
les blés. — Echos et informations. — Colis postaux
à destination des pays étrangers. — Nouvelles
diverses.

novembre 1926. — Le Tunnel du Rove. — La codifi-
cation fiscale. — Le régime douanier de la Sarre. —
Echos et informations. — Nouvelles diverses.
N° 2974. — 8 novembre 1926. — Les Stipulations en monnaie de
compte. — L'action de la ‘Défense : Le dégrèvement
de 5 % pour erreurs sur les abonnements télépho-
niques. — La mise en valeur du Rhône comme voie
de transports. — Le commerce extérieur de la
France pendant les neuf premiers mois de 1926. —
Le prix de vente des alcools. — Texte codifié des
lois relatives aux impôts cédulaires et à l’impôt
général sur le revenu. — Distribution solennelle des
prix des cours gratuits du soir. — Chronique mari-
time. — Echos et informations diverses.
N° 2975. — 15

novembre 1926. — Distribution des prix des cours
gratuits de la Défense : Discours de M. le Président
J.-B. Rocca. — Codification des lois relatives aux
impôts cédulaires et à l'impôt sur le revenu (suite).
—. Action de la Défense : Le visa des factures consu-
laires à destination du Portugal. — La taxe sur le
        <pb n="223" />
        —_— 999 —

chiffre d’affaires. -— Le téléphone automatique à
Marseille. — Révision de la contribution foncière.
— Echos et informations. — Nouvelles diverses. —
Huiles et corps gras. Arrivages sur la place de
Marseille en octobre 1926.
N° 2976. — 22

N° 2077, — 99

roveimbre 196. —- La Taxe à l’Exportation. — L’as-

semblée des Présidents des Chambres de Commerce.
- Les élections consulaires. — Le mouvement des

prix de gros. — Echos et informations diverses.

novembre 1926. — Elections au Tribunal de Com-
merce. — L’action de la Défense : Les exonérations
relatives à la taxe d’apprentissage. — Un nouveau
classement”des objets de luxe. — Codification des
lois relatives aux .impôts cédulaires et à l’impôt sur
le revenu (suite), — Le commerce extérieur de la
France pendant les dix premiers mois de 1926. —
Compte rendu des travaux de la Défense (séance du
19 octobre 1926). — La taxe à l’exportation. —
Application des lois et décrets. — Echos et infor-
mations diverses.

N° 2978. — 6 décembre 1926. — Les élections au Tribunal de Com-
merce de Marseille. — L’action de la Défense : Les
droits d’entrée sur les savons en Perse. — La compé-
terice en dernier ressort des Conseils des Prud’hom-
mes. — Les administrateurs délégués sont-ils
assujettis à la loi de 1898 sur Ies accidents du
travail ? La conversion en francs des devises étran-
gères — La production du sucre. — Echos et
informations diverses.

N° 2979. — 13 décembre 1926. — Stabilisation ou revalorisation. —
Codification des lois relatives aux impôts cédulaires
et à l’impôt sur le revenu (suite). Les déclarations
d’appellations d’origine. — Le résultat des récoltes
en 1926. — La hausse illicite — L’application des
‘ois et décrets. —- Décisions douanières.

N° 2980. — 20 décembre 1296. — L’Action de la Défense : L’exporta-
tion des légumes secs. — Les transitaires et la taxe
sur le chiffre d’affaires. — La prime à l’exportation
de la morue. -— L’importation des vins tunisiens. —
Le commerce extérieur de la France. — Décisions
donanières. — Stabilisation «eu revalorisation. -
Echos «et informations
        <pb n="224" />
        N° 9981 et 2982. — 27 décembre 1926 et 3 janvier 1927. — Le
Redressement financier : Stabilisation ou revalorisa-
tion, A. Artaud. —- Un accord commercial franco-
hongrois. — La loi de finances 1927. — L’exportation
des avoines de semence. — Codification des lois
relatives aux impôts cédulaires et à l’impôt sur le
revenu (suite). —- La situation financière : Confé-
rence de M. Octave Homberg. — Madagascar : son
développement économique. — Echos. et informa-
tions diverses. — Décisions douanières. — Appli-
-ation des lois et décrets.
        <pb n="225" />
        <pb n="226" />
        CHAMBRE SYNDICALE

Année 1927

BUREAU

Président .…............ MM.
Vice-Président ......0—
Trésorier 0.0...
Membre-Secrétaire ..…..…..
Ribliothécaire-Archiviste.

ROCCA, J.-B.

BEAU, ARTHUR.
REGIS, ÉMILE.
ABEILLE, ELZÉAR.
GUERIN, JosEPH.
FAICOT. ÉTIENNE. %.,

Savonnerie.
Négoc.-Commissionn.
Corps gras.
Superphosphates.
Raffineries de sucre.
Constructions mécanidq.

MFEMRRES

M. ALLIER, FRANÇOIS... 2 s0000e
AUBERT, JEAN... 221222140000 0 000
AUTIN, JEAN, # ….. AR
BACCUET, GASTON... ns HIRIRIHIEE
BARBARO, EpMmoNp, % . RS
BELIEU, MARCEL, # ….

BLACHERE, ALFRED, #

BONARD, HECTOR, %... …
BOURGOGNE, JEAN.....202100 0000000
BRUNET, LOUIS... 0ivisiwersrarensnen
CHAMBON, DENIS.......0000000000006
COVIAUX, Paur........ Han
CROTTE, ALEXANDRE, #.......002000000
DEVILLE DE MARIGNY, BERNARD.....
DREYFUS, LÉON, 000000000000
DUCLOS, GEORGES......02120000 00000
DUCLOS, PAUL wi0i0au0 04 réa au a ane»
DUFOUR, FRANCIS-ANTONIN ..........
DUMAYET, JEAN... SHSHIMERE
ESCUDIER, JEAN... RS
FAJON, PIERRE.......- mamamin
GARBAY, OSCAR........2 0122200 s ane»
GAUTIER, ALBERT..….....20000 00000000
GOUIN, ANDRE, Ÿ 120000200010 0 00
GOUIN, Epovarp, * . LL 12144
15

Commerce de tissus.
Industrie immobilière,
Transports en commun.
Assurances-Accidents.
Minoterice.

Courtage.

Contentieux.

Entreprise de débarquenient.
Tommerce des riz.
\ssurances Maritimes.
‘ndustrie du Port.
Agence en Douane.
Transit.

Tommerce général.
importation de céréales.
Courtage.

Industrie métallurgique.
Zouleurs et vernis.
Frand commerce de détail.
Jenrées coloniales.
Huiles minérales.
Charbons français.
Agent de Change.
Commerce général.
Savonnerie.
        <pb n="227" />
        — 296

GRAVIER, GUSTAVE.. 42022000
IMBERT, FéLix....

JSAMET, MARCEL.

JOLY, JOANNÈS.. .

LEPS, JEAN.......

LIMOZIN, ALFRED.

MADON, JEAN...

MARTINA, JosePH,

MARTINY, HENRI, #

MIR, LUCIEN, O. .

MONTAMAT, PAUL, .

MOULLOT, ALBERT .…

MOURRE, CHARLES ..

NOEL, FORTUNÉ, #.

RASTOIN, EboUARD..

RASTOUL, JoseeH, #

REGIS, JEAN.…......

RENARD, JEAN........

RICHARDSON, CHARLES.

ROBERT, EMILIEN....

ROCOFFORT, RAOUL..….. AR
ROGLIANO, MARCEL. . A THERE
RONDOT, JAcQUES..…. LL. ©
ROSTAND, AUGUSTE. . ,
SAVON, ALBERT... .
SAVON, ANDRÉ......... 2...
SAVON-PEIRRON, JEAN … - en R En
TASSY, CHARLES ….....- BAR ERE
TOY-RIONT, ALBERT.......000000000000
VALERY, JOANNÈS, @...222000000000 6
VILLETARD, HENRI, 220000000000
VINCENT, LÉOPOILD.......222220000000
WOLFF. Rrnk.....

Marine marchande.

‘ourtage de laines.

Antreprise de bâtiment.

3anque.

Produits chimiques.

Cafés.

Vins.

Tommercé des huiles de Salon.

Constructions mécaniques.

“ndustrie de la parfumerie.

Industrie électrique.

[mprimerie.

Essences, droguerie et herboristerie.

Industrie électrique.

duiterie-Savonnerie.

Marine marchande.

Assurances-Incendie.

Questions juridiques.

Vétaux.

Commerce colonial.

Assurances maritimes.

Courtier maritime.

Commerce d’importation.

Alycérines.

Charbons étrangers.

Consignation de navires.

Presse.

Minoterie.

Caoutchouc industriel.

Banque.

Travaux publics.

Docks et Entrepôts.

Société des Commerçants, Magasi-
niers et Industriels.

SECRETARIAT

Secrétaire général............. ‘M. Gasron VIMAR, € I.
Secrétaire général adjoint... M. Lours MANIVET, à L

Secrétaire général honoraire... M. Jurrs GROSJEAN, #.
        <pb n="228" />
        SOCIÉTÉ POUR LA DÉFENSE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
DE MARSEILLE

CiSte DES nixôRES DE LA SOCIÉTÉ
Au 1° Juin 1927

ABRATE-CHIAFFRINO, négociant, 7, rue Vian.

AGENCE HAVAS, 29, rue Pavillon.

AILLAUD, Paul, fabricant de savons, rue Neuve (Saint-Barnabé).

ALLIER, François, tissus en gros, 29, rue Thubaneau.

AMARAGGI, N. et C'*, négociants, 30, boulevard des Dames.

ANCEY, Joseph, agent de la Nationale (Incendie), 27, rue Grignan.

ANDOQUE, Dieudonné, courtier-représentant, 39, rue Paradis.

ANDRE et LIEUTIER, pharmaciens-droguistes, 9, rue Pavillon.

ANGST, Georges, ingénieur, 175, rue Paradis.

ANGUIER, M. et COURMONT, E., commissionnaires importateurs-expor-
tateurs, 14, rue Montgrand.

ARNAUD, Emile, minotier, 32, rue Cannebière,

ARNAUD, Michel, courtier, 7, place de la Bourse.

ARNAUD P. et MAUNIER R., négociants en cafés, 24, rue Villeneuve.

ARNAVON, André, fabricant de savon, 8, rue Cherchell.

ASCOLI, Arturo, négociant en cuirs et peaux, 77, rue Sylvabelle.

ASFAR et C'®, négociants-commissionnaires, 20, rue Saint-Jacques.

ASSAEL, P., HANANIA, G. et C', représentants, 14, rue du Bosquet.

ASSO, GAZAY et C'S, fabricants de marjarines et graisses, 40, boulevard
du Progrès.

ASSOCIATION DES AGENTS ET CONSIGNATAIRES DE. NAVIRES,
29, rue Cannebière.

ASSOCIATION AMICALE DES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE CEN-
TRALE DES ARTS ET MANUFACTURES (Groupe de Provence),
29, rue Cannebière.

ASSOCIATION DES EXPLOITANTS DE CHARBON DU  SUD-EST.
20, cours Pierre-Puget.

ASSOCIATION DE DEFENSE COMMERCIALE DES BOISSONS, 9, boule-
vard Garibaldi. -

ASSOCIATION AMICALE DES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE SUPE-
RIEURE DE COMMERCE, 25, quai des Belges.

ASSOCIATION AMICALE DES ANCIENS MEMBRES DU TRIBUNAL ET
DE LA CHAMBRE DE COMMFRGE DE MARSEILLE, 29. rue
Cannebière.

ASSOUAD et C'e, négociants, 59, rue Breteuil.
        <pb n="229" />
        — 998 -

ASTRUC, fils, corroyeur, 2, rue Lessor.

ATELIERS ARMAND et DEOUNE, installation complète d'usines,
54-56, boulevard Oddo.

ATELIERS DE CONSTRUCTION D’AUTOMOBILES TURCAT-MERY.
17, boulevard Michelet.

ATELIERS DE CONSTRUCTION DU ROUET, 84 et 86, chemin du Rouet.

ATELIERS DE CHARPENTAGE ET DE MENUISERIE DE MARSEILLE,
13, boulevard Extérieur.

ATELIERS DES FORGES ET CHANTIERS DE LA MEDITERRANEE,
104, Grand Chemin de Toulon. ;

ATELIERS GEORGES MICHEL (E. Lecat et J. Michel), électricité-méca-
nique, 4, rue de la Paix.

AUBERT, Alfred, négoc. en huiles, vieille route de Pélissanne (Salon).

AUBERT, J. et C'®, négociants en cafés, 30, rue Sénac.

AUDIBERT, Jean, agent général de la Compagnie d’Assurances l’Abeille
(incendie), 8, rue Sainte.

AUDIBERT, P., et C'$, Chanvre et sparterie, av. Viton (Ste-Marguerite).

AUGIER, Jean-Francis, courtier, 7, boulevard du Jardin-Zoologique.

AUGUSTO, L. Cadet (Les fils de), fabricants de chaussures, 31, rue de
Turenne.

AULANIER E. et LODY C,, salaisons et charcuterie en gros, 18, rue du
Baignoir.

AUROUX, Gabriel, négociant exportateur en tartres et lies de vin.
258, avenue de Saxe, Lyon.

AUSSAL, Ludovic, représentant de commerce, 69, rue Saint-Sébastien.

AUTOMOBILE-CLUB, 1, place de la Bourse.

AUZIERE, Paul, parfumeur, 13, rue de l’Arbre.

AYASSE, Alexandre, négociant en métaux, 7 A, rue Fortunée.

AZYOULAY. Abraham, négociant, 42, rue Montgrand.

BACCUET, MAGNAN et MICHEL, agents d’assurances, 12, rue du
Jeune-Anacharsis.

BADET, Edouard, transitaire, 22, rue des Phocéens.

BANCA COMMERCIALE ITALIANA, 75, rue Saint-Ferréol.

BANQUE FRANÇAISE DE L’AFRIQUE, 69, rue Paradis.

BANQUE OTTOMANE, 43, ruc Grignan.

BANQUE ITALO-FRANÇAISE DE CREDIT, 50, rue Cannegière.

BANQUE NATIONALE DE CREDIT, 59, rue Saint-Ferréol.

BANQUE PIERRE, 42, rue Paradis.

BANQUE PRIVEE INDUSTRIELLE, COMMERCIALE ET CULONIALE,
{, rue Cannebière.

BARBARO, L. et Fils, minotiers, 114, rue de Rome.

BARBE, François, constructeur de charpentes, L’Estaque.

BARCLYS BANK, 34, rue Cannebière.

BARNIER, Marcel, avocat, 62, rue Montgrand.

BARRAU, Ermest, commissinnnaire en marchandises, 14, boulevard Phi-
lippon.

BARRY, Fernand, courtier maritime, 14, rue Beauvau.

BARTHELEMY, A. (Maison Les Deux Frères), 64, rue de Rome.

BARTHELEMY, C., négociant en laines, 8, boulevard de la Blancarde.

2ARTHELEMY. J. et C'® paniers. 19 A. quai du Canal.
        <pb n="230" />
        —. 999 —

BAUX, Marcel, agent d’assurances, 3, place de la Bourse.
BAZIN, René et ARKLESS, courtiers maritimes, 17, rue Cannebière.
BAZIN, René et ARKLESS, courtiers maritimes, 20, rue Cannebière.
BEAU, H. et C'®, négociants, 26, rue Montgrand.
BELIEU, CAMAU et JULLIAND, courtiers en huiles, Palais de la Bourse
(côté Ouest, n° 4).
BELIVIER, frères, matières premières pour Ia savonnerie, 28. rue
Francis-de-Pressensé.
BELLE JARDINIERE (directeur de la), 8, rue Saint-Ferréol.
BELLEUDY, J. et ORSANI, J., engrais, 14, boulevard Maurin.
BELLON, J.-B., fournisseur de navires, 5, place de la Joliette.
BELLON, J.-D. et Ci®, fabricants de savon, 118, rue Sainte-Cécile.
BELTJENS et GUENEBAUD, fabricants miroitiers, 26 A, rue Bénédit.
BENDIT, LIMBURGER et CS, négociants-commissionnaires, 4, rue Stanis-
las-Torrents. ;
BERENGIER, L. et GIANNON], négociants, 14, rue Pythéas.
BERGASSE, Alexandre, administrateur-délégué des Mines de Charbon
des Alpes, 13, rue Haxo.
BERGASSE, Charles et C'°, négociants, 4, boulevard Notre-Dame.
BERGER, Charles, distillateur, campagne Berger, av. Berger, Le Cabot.
BERGMAN et LANGE, négociants, 89, rue de la République.
BERLINGUE, Charles, commerçant, 9, boulevard du Jardin-Zoologique.
BERNARD, E., négociant, 14, rue des Convalescents.
BERNARD, Marius, négociant en fourrages, 54, boulevard Longchamp.
BESSAT, Frédéric, agent de fabriques, 59, chemin du Rouet.
BESSON, L., négociant, 49, rue Grignan.
BJELKE, B.-A., courtier-commissionnaire, 6, rue Edmond-Rostand.
BIETRON, Etienne, fromages et beurres, 50, rue de Forbin.
BIMAR, G. (veuve), « Au Bon Génie », 27, rue de la République.
BLACHERE, Alfred, avocat, 21, rue Montgrand.
BLANC, frères, ameublements, 56, rue Paradis.
BLANC, Auguste, caissier-layetier, 109, grand chemin de Toulon.
BLANC, Charles, négociant en vins, Puget-Ville (Var).
BLANC, Henri, minotier, 180, rue de Rome.
BLANG, Louis, négociant en vins, Hyères (Var).
BLANCHET, administrateur de la Société Générale de Transhordements
Maritimes, 33, rue de la République.
BLISSON, Jules, agent de change, 52, rue Saint-Ferréol.
BLOCH, A. et KAHN, A, négociants en légumes secs, 100-102, boulevard
de Paris.
BLOUCHOS, Alfred, courtier-représentant, 34, avenue Camille-Pelletan.
BOCCARA, Henri, négociant, 51, rue Saint-Ferréol.
BOIFFILS, Georges et C', Magasins Généraux de Saint-Lazare (Domaine
Cuoq), 40, avenue d’Arenc.
BOIFFILS, P. et J.-B. RIBE, fabricants de savon, 1 et 3, rue des Tyrans.
BOISSON, Jean, constructeur, Alès (Gard).
BON, A.-M. et C!, importateurs-exportateurs, 9, rue Paradis.
BONASSE, banquier, 30, boulevard Dusgommier.
RONTOUX, Jules, administrateur-délégué de la Société Chaux-Ciments
de Villeneuve, 1, rue Pythéas.
BORELLI, Jérôme, industriel, 108, rue Sylvabelle.
RORGOGNO et Cle (veuve), négociants. 65. rue Cannebière,
        <pb n="231" />
        gg _—

BORTOLI, frères, produits manufacturés, 19, rue Pavillon.

BOSC, Gaston, pétroles, 25, rue Stanislas-Torrents.

BOUCHARD, Fils aîné (veuve), chevillard et conserves alimentaires,
19, rue Francis-de-Pressensé.

BOUDE, Antoine, raffineur de soufre, 1, place de Ia Bourse,

BOUDINAUD, J. et DELEUZE, fabricants de réglisse, 378, boulevard
National.

BOURDILLON, Léon, ingénieur, 10, boulevard Longchamp.

BOURDILLON et C*, négociants-commissionnaires, 2, boulevard Paul-
Peytral.

BOURGEOIS, Pierre, de la Maison Garbit et C'e, droguerie en gros,
248, boulevard Chave.

BOURGOGNE, M. et J. de R. SOISSAN, assurances, 26, rue Montgrand.

BOURRET, A. couleurs et vernis, 41, rue de Turenne.

BOVET, Louis, négociant-commissionnaire, 6, place Sadi-Carnot,

BOY, J., High Life Tailor, 4%, rue Cannebière.

BOYER, Jules fils aîné, importateur de vins, 44, rue Liandier.

BOYER et CAVAILLON, huiles et graisses industrielles, 55, rue du Bon-
Pasteur.

BRASSERIES DE LA MEDITERRANFEE, 42, rue Bernard-du-Bois.

BRASSERIES ET MALTERIES « Le PHENIX », 14, rue de l’Arbre,

BRESARD, Jean, négociant en cafés, 9, rue de la République.

BREUIL, Gaston, huissier, 29, rue Cannebière.

BROSSETTE et Fils, métaux, 31, rue Clary.

BROUILHET, Henri, agent, 6, rue Edouard-Delanglade. :

BRUN, Félix, importation-exportation de céréales-farines, Palais de la
Bourse, côté Est, n° 6.

BRUN, Henri, administrateur-délégué du Comptoir Général de Com-
merce, 3, rue Lafayette.

3RUNET, Charles et CAUVET, courtiers d’assurances maritimes, 31, rue
Montgrand.

BRUNET, frères, toiles-sacs, 9, rue Fauchier.

BUDD, Georges, courtier maritime, 8, rue Beauvau.

BUISSIERE, Jean, négociant, 3, rue Cothert. ;

BUREAU D’EXPERTISE DES RIZ, légumes secs et graines, 44, r. Sainte.

BURROTTO et SAUVION, imprimeurs-papetiers, 78, boul. de la Madeleine.

BURTIN-GUINDON et C*e, fabric. d’huile, 73, boul. de la Méditerranée.

BUTION. Jean. agent de change. 10 A. rue Grignan.

CABLERIE PHOCEENNE, 18, avenue Saint-Gabriel.

CAILHOL, Jean et C'®, négociants en bois, 1, rampe Saint-Maurice.

CAISSE DE LIQUIDATION DES AFFAIRES EN MARCHANDISES À
MARSEILLE, 17, rue Venture.

CALAS, Maxime, ingénieur, 7, traverse Saint-Bazile.

CAMUS, L. et L., industriels, 16, boulevard de MaiHlane.

CANALS, P. et C'®, courtiers, 1, rue Pythéas.

CAPRA, Ph. agent maritime, 19, rue de la République.

CARCASSONNE, Ed., négociant en huile, 26, boulevard National (Salon).

CARDINAL, Frères, quincaillerie, 213, avenue de la Capelette,

CARMICHAEL et C'°, filature et tissage de jute, 35, rue Fauchier.

CARR, William, courtier maritime, 16, rue Beauvau.

CARRET. frères. pâtes alimentaires, 33. boulevard de la Liberté.
        <pb n="232" />
        — 931 —

CARTIER, Henri, produits chimiques, 10, allées de Meilhan.
CASATI, François et ©, banquiers, 24, Tue de la Darse.
CASSIN, Fédia, négociant-commissionnaire, 9, rue Sainte.
CAT et OLIVIER, minoterie-exportation, 88, quai du Canal.
CAUBET, A. triturateur d’articles de droguerie, 9, rue Junot.
CAUBLOT, E. (Les héritiers de), parfumeurs, 29, rue Cannebière.
CAUNE, Henri et Cf, courtiers assermenté, laines, 58, rue Cannobière.
CAUSSE, E. et C'°, transitaires, 82, rue de la République.
CAUSSEMILLE, Paul, portefaix, 3, quai du Canal.
CAVASSE, Charles, propriétaire de lHôtel Régina, place Sädi-Carnot.
CERE (les Succ. d’Ant.), courtiers-commissionnaires, 56, rue St-Ferréol.
CHABAUD, Joseph, négociant en sacs, 1 et 3, rue Chevalier-Paul.
CHABAURY, E. et C'e, fabricants d’oxyde de zinc, 95, route de Toulon.
THABRIERES, MOREL et C'®, négociants en soies, cotons, laines, céréales,
52, rue Paradis.
SHAMBRE SYNDICALE DES NEGOCIANTS EN AMANDES, Aix-en-Pro-
vence.
CHAMBRE SYNDICGALE DE L’AUTOMOBILE ET DE L’AVIATION, 3.
place Castellane.
CHAMBRE SYNDICALE DES FABRICANTS ET DETAILLANTS BIJOU-
TIERS, JOAILLIERS, ORFEVRES, HORLOGERS DE MARSEILLE
ET DE LA REGION, 29, tue Cannebière.
THAMBRE SYNDICALE DES FABRICANTS DE CHAUSSURES par pro-
cédés mécaniques, 29, rue Cannebière.
CHAMBRE SYNDICALE DES HUILES ET GRAISSES INDUSTRIELLES,
29, rue Cannebière. 5
CHAMBRE SYNDICALE DES METAUX ET PRODUITS METALLURGI-
QUES du Sud-Est de la France, 29, rue Cannebière.
CHAMBRE SYNDICALE DES MAITRES-PORTEFAIX ET SIMILAIRES,
23, rue Thiars.
CHAMBRE SYNDICALE DE LA NOUVEAUTE DE MARSEILLE, CONFEC-
TIONS, BAZARS ET SIMILAIRES, 29, rue Cannebière.
CHAMBRE SYNDICALE DE L'ORGANISATION COMMERCIALE DE MAR-
SEILLE, 29, rue Cannebière.
CHAMBRE SYNDICALE DES PARFUMEURS, 29, rue Cannebière.
CHAMBRE SYNDICALE DES NEGOCIANTS EN TOILES, BACHES ET
SACS ET LOUEURS DE SACS, 29, rue Cannebière.
CHANAL, Louis, négociant, 48, chemin des Chartreux.
CHANTIERS ET ATELIERS DE LA CAPELETTE, 18, boulevard Rabatau.
CHANTIERS NAVALS ET CHAUDRONNERIE DU MIDI, 99, rue de Lyon.
CHARRASSE, Baptiste, produits de régime, 28, avenue du Prado.
CHARPIN ET SES FILS, fabricants de chaussures, 8-10, rue Florac.
CHENIEAU, Louis, fils, négociant, 10, rue des Convalescents.
THENORKIAN, Jacques, directeur de la Banque Franco-Chinoise, 24,
rue Grignan.
THERKI et DENNERY, droguerie en gros, 60, cours Lieutaud. ;
CHOMEL (de), Félix, négociant, 3, rue Lafayette.
CLAIREFOND, Marcel, courtier assermenté, 2, Palais de la Bourse (Est).
COBB, R.-J., courtier assermenté, 39, rue Terrusse.
CODOU, Félix, fabricant de pâtes alimentaires, 55, cours Lieutaud.
COEN, Léon, courtier en cafés, 12, rue de la Darse.
COFFINIERES. Félix. expert maritime, 14, rue de la Rotonde,
        <pb n="233" />
        — 239 —

COLLESSE, A, négociant en bois, 35, avenue d’Arenc.

COMBARNOUS, A. et LAUGIER, G., négociants, 27, allées Léon-Gam-
betla.

COMITE DES CONSEILLERS DU COMMERCE EXTERIEUR, 18, rue Can-
nebière.

COMPAGNIE DE CONSIGNATIONS MARITIMES, A.-V. Fenton et Ut,
8, rue Cannebière.

COMPAGNIE FRANÇAISE DE L’'AFRIQUE OCCIDENTALE, armement,
32, cours Pierre-Puget.

COMPAGNIE ALGERIENNE, banque, 17, rue Saint-Ferréol.

COMPAGNIE FRANÇAISE DE BOISSONS HYGIENIQUES (Maison Rigol-
let), 195, boulevard Baille.

COMPAGNIE DU BOROR, importation-exportation, 12, rue Breteuil.

COMPAGNIE PHOCEENNE DE COMMERCE COLONIAL, 7, rue Colbert.

COMPAGNIE DE COMMERCE ET DE NAVIGATION D’EXTREME-
ORIENT, 120, rue de”Rome.

COMPAGNIE COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE DU -MIDI, dépositaire
de la Société Lorraine des Acieries de Rombas, 220, chemin Saint-
Jean-du-Désert.

COMPAGNIE COMMERCIALE MARSEILLAISE, 19, r. de la République.

COMMERCIALE DES RIZ, 2, rue de la République.

COMPAGNIE DES COURTIERS DE MARCHANDISES ASSERMENTES,
25, rue Longue-des-Capucins. ‘

COMPAGNIE DES DOCKS ET ENTREPOTS, place de la Joliette.

COMPAGNIE PROVENÇALE D’ENTREPRISES, 12, boulev. National.

COMPAGNIE MERIDIONALE D'ECLAIRAGE ET DE FORCE, 175, rue
de Rome.

COMPAGNIE NOUVELLE D'EDITIONS CINEMATOGRAPHIQUES « PHO-
CEA-FILM », 36, rue de Rome.

COMPAGNIE DES EXPERTS COMPTABLES AGREES DES BOUCHES-DU-
RHONE, 29, rue Cannebière.

COMPAGNIE FRANÇAISE DES FILATURES ET FILS A COUDRE,
223, chemin de Montredon.

COMPAGNIE FONCIERE MERIDIONALE, 16, rue de la République.

COMPAGNIE HOTELIERE DE MARSEILLE ET DE LA RIVIERA, 61, bou-
levard Dugommier.

COMPAGNIE DES HOUILLERES DE BESSEGES, 20, cours Pierre-Puget.

COMPAGNIE CONTINENTALE D'IMPORTATION-CEREALES. 63, rue
Breteuil.

COMPAGNIE DES MESSAGERIES MARITIMES, place Sadi-Carnot.

COMPAGNIE DES MINES DE LA GRAND'COMBE, charbons, 9, place
Saint-Ferréol.

COMPAGNIE DES MINES DE VALDONNE, charbons, 11, rue Lafon.

COMPAGNIE DE NAVIGATION MIXTE, 1, rue Cannebière.

COMPAGNIE GENERALE DE NAVIGATION H.-P.-L.-M., 10, quai de la
Tourette.

COMPAGNIE FRAISSINET, armement à vapeur, 5, rue Beauvau.…

COMPAGNIE FRANÇAISE DU NORD MAROCAIN, 31, rue Paradis.

COMPAGNIE GENERALE DES PETROLES, 2, rue Fongate.

COMPAGNIE GENERALE DES PRODUITS CHIMIQUES DU MIDI, 51, rue
Saint-Ferréol.
        <pb n="234" />
        — 933

COMPAGNIE MARSEILLAISE DES RIZ D’INDOCHINE, 42, rue Puvis-de-
Chavannes.

COMPAGNIE DES SALINS DU MIDI, 5, place Sadi-Carnot.

COMPAGNIE DE SAINT-GOBAIN, CHAUNY ET CIREY (Agence de la),
produits chimiques, 16, place Saint-Ferréol.

COMPAGNIE GENERALE FRANÇAISE DE TRAMWAYS, 8, rue Sénac.

COMPAGNIE GENERALE TRANSATLANTIQUE, quai de la Joliette.

COMPAGNIE GENERALE DES VOITURES MARSEILLAISES ET FAVO-
RITES, 25, rue de l’Arbre. ;

COMPAGNIE DES WAGONS-FOUDRES DE MARSEILLE, 46, rue Saint-
Jacques. ;

COMPTOIR AGRICOLE (WAGNER et C'‘), négociants, 101, rue Vincent.

COMPTOIR COMMERCIAL ANDRE ET C', importations-exportations de
céréales, 6, rue Papère.

COMPTOIR FRANÇAIS DE COURTAGE D’ASSURANCES, 31, rue Mont-
grand.

COMPTOIRS DELHOM ET CONTE, conserves alimentaires, 8,-r. Colbert.

COMPTOIRS DUFAY ET GIGANDET, denrées coloniales, 31, rue Saint-
Jacques.

COMPTOIR NATIONAL D’ESCOMPTE DE PARIS, banque, 1, place
Saint-Ferréol. ;

COMPTOIR COMMERCIAL FRANCO-SUISSE, produits chimiques, 14, rue
Grignan.

GOMPTOIR COMMERCIAL HERTER ET DU COLOMBIER, importation-
exportation, 23, rue de la Rotonde.

COMPTOIR AMEDEE HOURS, tourteaux, 37, boulevard des Chartreux.

COMPTOIRS PICHOT ET RENNEÇON, courtiers-agents, 16, rue Beauvau.

COMPTOIR PLANCHON ET BOURGUET, herboristerie en gros, 16, rue
Toussaint.

COMPTOIR MARSEILLAIS DE TRANSIT MARITIME ET TERRESTRE,
2, rue François-Moisson.

GCONSTANTINIDES, C.-G., courtier, 37, cours Joseph-Thierry.

CONTIADES, Jean, commissionnaire, 172, rue Paradis.

CONZA, L, négociant-commissionnaire, 12, rue Clapier.

G300K Th. and SON, agence de voyages, 67, rue Cannebière,

COOPERATIVE AUTOMOBILE, 56, grand chemin de Toulon.

CORAZE, Gh. et G'*, fabricants d’huile, 66, rue Grignan.

CORNET, Edouard entrepreneur de travaux de vitrerie, 4, cours Gouffé.

CORNU, Marcellin, négociant en huiles et savons, Salon.

ZOSTA, Joseph, ingénieur, 43, rue Saint-Jacques.

TOTTEREAU ET ABDOU, produits coloniaux, 8, boulevard Dogommier, -

COUETTE, Jules, armateur, 5, place du Change.

COURTES ET HARREL, assurances, 8, rue Beauvau.

COUZINET, Noël, représentant, 14, rue Breteuil.

COVIAUX, Louis, courtier, 8, rue Thiars. ;

GOVIAUX P. et MAURE, M,, agents en douane. 8, rue Saint-Saëns.

COX, J.-H. (Les Successeurs), représentants de commerce, 42, rue Grignan.

CREDIT COMMERCIAL DE FRANCE, 11, rue Saint-Ferréol.…

CREDIT FONCIER D’ALGERIE ET DE TUNISIE, 15, rue Cannebière,

CREDIT LYONNAIS, banque, 25, rue Saint-Ferréol.

CREMIEUX, Marcel, courtier maritime, 24, rue Beauvau,
        <pb n="235" />
        — 234 —

CRISTOL, Louis, négociant en sacs, 32, 94, 36, boulevard des Dames.

GROS J., négociant en fromages et beurres en gros, 5, 7, rue de l’Arc.

7ROZE-MAGNAN (Les fils de), fabricants de caoutchouc, 124, boulevard
National.

TROZE-MAGNAN et G. PLIGOT, courtiers en soies, cocans et déchets de
soie, 72, rue Paradis.

CUSENIER, E,, Fils aîné et CL, distillateurs, 71, avenue du Prado.

DAHER et C'®, transports maritimes, 30, coûrs Pierre-Puget.
DAMMANN, Emile, négociant, 26, boulevard National.
DANON, Benjamin, négociant en café, 81, rue Paradis.
DARAS, Georges-S,, négociant-commissionnaire, 48, rue Grignan.
JARAS, Nicolas, courtier, Palais de la Bourse (côté Est),
DAUPHIN, Jean-Baptiste, négociant, 44, rue Sébastopol,
DAVERIO et C'®, ingénieurs, 93, boulevard de Paris.
DAVID, Georges, avocat, 45, rue Paradis.
DAVID, Edgard, négociant en fromages, 22, rue Thubaneau.
DAVID, Frères, fabricants de meubles, 41, cours Gouffé.
DAVID, Veuve et Fils, restaurateurs, 5, quai des Belges.
SELIBES, Léon, courtier-représentant, 54, rue Grignan.
JELISLE, François-Auguste, administrateur de PAuxiliaire Métallurgique
Industriel Marseillais, 31 a, rue Hoche.
DELPIN, Alfred, négociant en toiles et sacs, 17, rue de la République.
DELPIN, Paul et C'®, fabricants de sacs, 51-53, rue Félix-Pyat.
DELUY et FASCIO, négociants en bois, place Espercieux.
DESBIEF, E. et Eug., courtiers-représentants, 25, rue de la République.
SESCADILLE et BOIRON, assureurs maritimes, 50, rue Vacon.
DESCOURS et CABAUD, produits métallurgiques, 34, rue de Forbin.
DEVEZE, Paul, constructeur-mécanicien, 3 à 9, rue des Vignerons.
DEVILLE, Jules et C', négociants, 2, rue Grignan.
SJEVOS et DROMARD, courtiers en graines oléagineuses, 7, rue Jeune-
Anacharsis.
DEVOUX, Augustin, agent de publicité, 20, rue Paradis.
DIGONNET, P., L. et C'®, négociants en thé, 97, boulevard Saint-Charles.
DOMAINE GRANDVAL, 16, boulevard des Dames.
DOMENECH, J., négociant, 2, rue de la République.
JOMERGUE, E. et C!°, négociants en café, 7, rue Montevidéo.
JOR, Pierre, ingénieur, 63, rue Paradis.
JOUGLAS et C°, agents commissionnaire, 86, rue Breteuil.
DREYFUS, Louis et C'®, négociants, 7-9, rue Gyptis.
JRUGE, Joseph, ingénieur, 21, boulev. François-Zola (Aix-en-Provence).
JUBOST, Antoine, carrossier, 1, rue Saint-Charles.
DUBOUL, A, BENET et C', corderie mécanique, 7, rue Suffren.
JUCLOS, Emile, de B. GRIMES, produits chimiques, 31, rue Grignan.
DUCLOS, Georges, courtier assermenté, 7, rue Colbert.
DUCLOS, Marcel, administrateur-délégué de la Compagnie Coloniale de
Gommission, 10, place Saint-Ferréol.
DUCROS, Fernand, industriel, 18, rue Fargès.
DUFAY, Camille, négociant en. denrées coloniales, 31, rue Saint-Jacques.
DUFOUR, Antonin, couleurs et vernis, 69, rue d’Italie.
DUFOUR, Francis-Antonin, négociant, 67, rue d'Italie.
DUFOUR, Gaston, couleurs et vernis, 69, rue d’Italie.
        <pb n="236" />
        725

DUFOUR, Jean, fils, cuirs et peaux, 1 et 3, rue Saint-Cannat.

DUMAINE, La entrepr. de transports, 21, boulevard de la Paix.
DUMAYET, G. (Maison Au Paradis des Dames), 19, rue Saint-Ferréol.
DUMAYET, Jean (Maison Au Paradis des Dames), 19, rue Saint-Ferréol.
DUPEYRAC et Ü*, graveurs, 81, boulevard Notre-Dame.

DURAND, J.-B., entrepreneur de travaux publiés, 142, cours Lieutaud.
DURAND, Henri représentant, 32, rue Aldebert.
SCHENARD, Hôtel du Louvre, rue Cannebière.

ECOLE D'INGENIEURS, 72, rue Reynard.

ZMERY, Louis, entrepreneur de travaux publics, 8, rue Rencontre.

3MPEREUR, Alfred jeune, quincaillerie, 4, rue des Récollettes.

ESCUDIER, Antoine, négociant en denrées coloniales, 5, rue Villeneuve.

ESCUDIER, Jean, cafés et poivres, 4, Grand’Rue (Saint-Just).

ZSMIEU et Fils, raffineurs de soufre, 11, rue de la République.

ESTABLIER, François, négociant, 1 à 9, rue Crudère.

ESTADAS, Bernard, négoc. en fruits secs et oranges, 8, quai du Port.

ESTIER frères et C', entrepreneurs de manutention, 5, place de la
Joliette.

ESTIER, Henri, armateur, 3, rue Vignon, Paris.

SSTRINE et C'°, armateurs, 18, rue Colbert.

ETABLISSEMENTS ALAMIGEON, cartonnerie, 15, rue Louis-Astruc.

ETABLISSEMENTS AMAN-VIGIE, PARET et C'®, manufacturiers, 15, bou-
levard Vauban.

ZTABLISSEMENTS G. DE ANDREIS, imprimeurs sur métaux, 33, rue
Saint-Esprit (Capelette). ‘

ETABLISSEMENTS VINS J.-B. et A. ARTAUD, ‘Frères, rue Plumier
prolongée.

ETABLISSEMENTS E. BARTHELEMY et C', fournitures industrielles,
quincaillerie, 24, avenue Camille-Pelletan.

ETABLISSEMENTS BONNET, ingénieur-constructeur, 96, boul, de Paris.

ETABLISSEMENTS M. BOYER, importation des bois de Roumanie, 9, ch.
de la Calade, à Saint-Louis.

ETABLISSEMENTS CAILHO (anciens), prod. chimiques, 25, rue de la
République.

ETABLISSEMENTS H. CAUVET, LAMBERT et C'e, capsules métalliques,
20, rue de la Conception,

ETABLISSEMENTS CONSTANTI, tourteaux sulfurés, 27, rue Sylvabelle.

ETABLISSEMENTS CROTTE et C'®, transitaires, 40, rue Montgrand.

ETABLISSEMENTS CRUZILLE, tonnellerie, 42, boulevard Charpentier.

ETABLISSEMENTS Paul DUCLOS, constructions mécaniques, boulevard
Sardou (Le Canet).

ETABLISSEMENTS Léon FARGE, de Jean Goutte, chiffons, 9, rue de
Turenne.

ETABLISSEMENTS FERRAND et RENAUD, Grands Moulins de Bellevue,
Saint-Just,

ETABLISSEMENTS A. GARBIT, herboristerie, 150, rue Saint-Pierre.

ÉTABLISSEMENTS Joseph GAZAN, parfums et colorants, 7, rue Guibal.

ETABLISSEMENTS GIRAUD-MURE, courtiers-agents, 21, rue Sylvabelle.

ETABLISSEMENTS GOUIN, HUILERIES Eï SAVONNERIES DE LA

GRAPPE, 118, grand chemin de Toulon,
        <pb n="237" />
        — 936

ÉTABLISSEMENTS JULIEN, peintures sous-marines, 2, rue Corneille.

ETABLISSEMENTS KUHLMANN, Société des Manufactures de Produits
Chimiques du Nord à l’Estaque.

STABLISSEMENTS LONG FRERES DE PIERRE LONG et SOCIETE
AUBAGNAISE DE CHARCUTERIE ET  SALAISONS REUNIS,
31-33, boulevard de Plombières.

ÉTABLISSEMENTS ADOLPHE PUGET, huile d’olives, 32, boulevard
Périer.

ETABLISSEMENTS Henri RASTIT, huiles industrielles, 2, rue Bossuet.

ETABLISSEMENTS Louis REMUSAT, minoterie, 3, boul. Dugommier,

ETABLISSEMENTS ROBERTY, fabricants d'huile, traverse du Moulin

(Capelette).

ETABLISSEMENTS REYNAUD DE MAZAN, droguerie, 1, boulevard Latil.

RTABLISSEMENTS ROUZAUD, produits métallurgiques, 18, boulevard
Maritime.

ETABLISSEMENTS FRANÇATS H.-A, SCHMID, commission-représenta-
tion-consignation, 34, boulevard National.

ETABLISSEMENTS Ed. TARRAZI et C', négociants en huiles, 88, avenue
de la Capelette.

7TABLISSEMENTS TOY-RIONT, saindoux, 7, rue Colbert.

ETABLISSEMENTS VERMINCK, huilerie, 18, boulevard de la Corderie.

ZYRAUD, Jean-Henri, courtier, 42, rue Saint-Saëns.

FABRE, C.-F. et C'®, négociants, 15, rue Beauvau.

TABRE et Fils, cuirs, 83, rue Saint-Jacques.

FABRE, Jules, négociant en huiles et savons, route d’Arles, Salon.

FABRE, Louis, fabricant de crin végétal, 2, rue Euthymènes.

TABRE, Marcel, transitaire, 14, traverse des Messageries. -

TABRE, Marcel, courtier-représentant-transitaire, 1 a. traverse des Mes-
sageries,

TAGE, L., entrepreneur de plomberie-zinguerie, 20, rue Saint-Saëns.

FAJON, P. et C'e, huiles minérales, 5, boulevard Saint-Charles.

FALCOT, Etienne, ingénieur, 56, rue Edmond-Rostand.

FAVRE, Etienne, mécanicien-constructeur, 4, avenue Ambroise-Paré, villa
Fedhala.

FAVRE, Jean-Marie, ingénieur-constructeur, 4, place Sadi-Carnot.

-EDERATION DES INDUSTRIES METALLURGIQUES et connexes de la
Région Marseillaise, 29, rue Cannebière.

FEDERATION DES SYNDICATS DU COMMERCE DES HUILES D'OLIVE
DE FRANCE, 29, rue Cannebière,

FEDERATION INTERSYNDICALE DES INDUSTRIES DE LA MINOTERTE,
DE LA SEMOULERIE ET DE LA BISCUITERIE DE MER, 2, rue de
la République.

FELIX, A, JOUVIN et VIMAR, fabricants et entrepreneurs de parquets
(Parqueterie du Midi), 30, rue Jacques-Hébert.

FERRAN, Jeune, imprimeur-libraire, 40, rue Longue-des-Capucins.

FERRIER, CÇ. et Ce, fabricants de savon, 9, rue de Plombières.

FEVERTES DE LA MEDITERRANEE, 24, boulevard de la Madeleine.

FIASTRE, Charles, négociant, 31, rue de la Pompe.

FLEURY, J. et BOUISSON, négociants-commissionnaires, 26, rue de
l’Arsenal.

FONDERIES DU SUD-EST, 144, grand chemin de Toulon,
        <pb n="238" />
        537 -—

TOUQUE, Edouard, courtier-représentant, 54, rue Vacon:

FOUQUE, Joseplh-A., courtier, 14, rue Haxo.

FOUQUET (Les Fils de 1!.), charbons, 15-17, rue de l’Arbre.

FOURNES, Auguste, directeur des Messageries Nationales, 9, rue Saint-
Cannat.

FOURNIER, L.-Félix et C'", fabricants de bougies, 141, rue Félix-Pyat.

FOURNIER (Les Fils), iinprimeurs graveurs, 23, rue Sainte.

FOURNIER, Frédéric, industriel, villa « Les Marronniers », Saint-Bar-
thélemy.

FOURNIER, Maurice, maître-portefaix 7, rue Euthymènes.

FRAISSINET, H., blanchisserie à vapeur, chemin de St-Jean-du-Désert.

TRAISSINET, Léon et Ci! (les Fils de), assurances maritimes, 2, rue
Gustave-Ricard.

FRANGE-EPONGES, 16, boulevard Théodore-Thurner.

FRANCESCHI, Emile, camionnage, gare Saint-Charles P. V.

FRANÇOIS et C'e, laveurs de laines, 26, trav, du Moulin de la Villette.

RREDIERE, Jean, négociant, 6, boulevard National.

FRELING, L. et L. Fils, couleurs et vernis, 9 D, quai du Canal.

GABIZON, Félix, courtier-transitaire, 50, cours Devilliers.

GABRIEL, Léon, négociant, 1, traverse Saint-Dominique.

GADAIS. Jôseph, chimiste-expert, 25, rue Sainte.

GALINIER, Félix, industriel, 10, rue Stanislas-Torrents.

GARCIA, Ramiro, importateur, 50, rue Vacon.

FARGIN, À. Fils aîné, engrais, boulevard d’Anjou.

FARCIN, Justinien, ancien juge au Tribunal de Commerce, 12, rue du Coq.

3ARCIN, Voitaire, fabrice. de papiers, Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse).

GARCIN À. et G. et C‘£, automobiles, 42, rue Monte-Cristo.

GARDAIR, F. et Fils, tissus et toilerie, 32, rue Tapis-Vert.

GARIBALDI, Frères, marchand de graines, 66, boulevard des Daunes.

FARSIN, À. et C'$ négociants en cuirs et peaux, 50, rue Paradis.

GAUBERT, Gustave, courtier assermenté, 7, boulevard Dugommier.

GAUBERT, Stephen, assureur-maritime, 7, rue Paradis.

GAUTIER, Albert, agent de change, 39 B, rue Grignan.

FAVAUDAN, J.-B., huiles, 1, place d’Arenc.

GAY, Edouard, transitaire, 54, rue de la Joliette.

GAYMARD, S., fournisseur de navires, 1, place d’Arvieux.

GAZELLE, Alfred, courtier, 18, quai du Canal.

GELLATLY, HANKEY et C'®%, armateurs, 21, rue de la République.

TEMET, H. et C'%, négociants, 90, rue Grignan. .

GENESTAL et C'®, importation grains et transit, 37, boulev. des Dames.

GENOT, Eugène, administrateur-directeur de la Commerciale des Vins,
137, boulevard Longchamp.

GENTET, Victor, relieur, 2, quai dt Rive-Neuve. ;

GERARD, J.-G. et P. Frères, négociants, 106, rue Sainte.

GERMAIN, Louis, industriel, 35, allées de Meilhan.

GIL DE BOIRON et C'e, courtage, 29, rue Sibié.

GIMMIG, G.… agent de cliange, 32, rue Saint-Ferréol.

GINESTE, Eugène, ingénieur À. M, 22, place T'hiars.

GIRAUD, Hubert, armateur, 70, rue de la République.

GIRAUD, Félix, administrateur-délégué de la Société du Madal (France),
8. rue Saint-Jacques.
        <pb n="239" />
        - 938 -—

GIRAUD, Frères (les fils de), négociants-commissionnaires, 44, r. Sainte.

GOBET et UTRE, négociants, 44, rue Saint-Bazile.

SOIRAND et DE GASQUET Frères, cartonnerie-imprimerie Longchamp, 6,
rue Espérandieu.

SOLDSCHMIDT et G'* et EISINGER, courtiers, 31, rue de la République.

GOMBERT, Eugène, négociant en verrerie, faïence, 30, rue du Baignoir.

FONGET, Urbain (les successeurs d’), fabricants de savon, 25, rue de
l’Arsenal.

GONDRAND, Frères, transitaires, 89, rue de la République.

GOT, Paul et C'®, bâches, prélarts, 16, rue Mirès,

GOUIN, Adolphe et C',, Raffineries de Suufre de la Méditerranée,
118, Grand-Chemin de Toulon.

GOUIN, André, armement, 30, cours Pierre-Puget.

GRANDE VINAIGRERIE MARSEILLAISE, fabrique de vinaigre, 165, rue
de Crimée.

GRANDVAL, Alphonse, avocat, 22, boulevard Paul-Peytral.

GRANOUX, À. et C!®, éclairage (appareils d’), 47, boulevard Dugommier.

GRANJON, R. Fils et C’®, fabricants de produits chimiques, Usines de
Foresta, Saint-Marcel.

GRAWITZ, Auguste, négociant, 51, ruc Sylvabelle,

S3ROS, ‘Valentin, négociant en laines, 33, rue de Turenne.

FROSSMANN,. E., directeur de la Société Marseillaise de Commission,
8, rue Montgrand.

GROUPEMENT SYNDICAL DES EXPEDITEURS DE FUMIERS, 29, rue
Cannebière.

GUENEUX, Frères, imprimerie-papeterie, 54-56, rue Montgrand.

GUEYDAN, Frères, négociants, 18, rue Stanislas-Torrents…

GUIBAUD, Jules, travaux et fournitures pour la Marine, 64, rue de la
Joliette.

SUIEU, Charles, minotier, 7, allées Léon-Gambetta.

SUILLAUMIN, A, confiseur-confiturier, 91, boulevard Saint-Charles.

GUIOL, F., fabricant d’huile, 60, rue d’Alger.

GUIRAMAND, Louis, entrepreneur de travaux publics, 13, rue Bonnefoy.

GUIRAUD, F.…, administrateur-directeur de l’Imprimerie Provençale, 180,
chemin de Mazargues.

GUIS, H. et F. et C'®, fabricants d’huiles, 41, rue de Village,

JAINS, J. et C'®, négociants-commissionnaires, 22, rue Colbert.

HALDI, Adolphe, tourteaux, 18, rue Bravet. -

HANCY, F.-L., grains et issues, 3, rue Blidah.

TEDINGER et JULLIER, néfociants en bois, 75, boulevard de la Corderie.

HENON, Marcel, avocat, 28, rue Paradis.

HERNU PERON et C'®, importation-exportation, 98, r. de ia République.

TESKEL, Eliezer, négociant, 60, rue Puvis-de-Chavannes.

JONNORAT, M., courtier assermenté, 9, rue Jaubert.

HONNORAT, P., courtier, 4, place du change.

HUBERT DE VAUTIER et Fils, entrepreneurs d’équipements, 114, rue
de la République.

HUBERT, Maurice, ingénieur, 114, rue de la République.

HUBSCHER, Henri, administrateur délégué de la Compagnie Générale
Marseillaise, 19, rue de la République.

HUGOZ, Jean, minotier, 58, rue Saint-Ferréol.
        <pb n="240" />
        20

HUGUES, Paul, chemisier, 32, rue Saint-Ferréol.

HUILERIES M. BADETTY et Fils, 1, rue Pythéas.

HUILERIES DARIER DE ROUFFIO, 8, rue Cherchell.

HUILERIE NOUVELLE, 10, rue de la Liberté.

HUILERIES Ant. ROUX et SAVONNERIE J.-B. PAUL, 66, rue Grignan.
HUILERIES ET SAVONNERIES DE LURIAN, 11, place Saint-Ferréol.

ILLNER, Gustave, négociant-commissionnaire, 10, chemin de l’Eperon.

IMBERT, Félix, courtier assermenté, 1 A, cours Devilliers.

IMBERT DE CASTELMURO, confiseur, 31, rue Paradis.

[MBERT, Eugène, papeterie, 45, rue Paradis.

IMPRIMERIE DE LA MEDITERRANEE, 81, rue Sainte.

INDUSTRIELLE MARSEILLAISE, boîtes métalliques, traverse Olive
(Capelette).

JACQUEMET, Hippolyte, négociant-commiss., 6, rue Edmond-Rostand.

JACQUET, Ch, négociant, 20, quai de Rive-Neuve.

JALABERT, Joseph, directeur de la Banque de Syrie et du Grand Liban,
25, rue de la Darse.

JAMET, Louis-Marcel, ingénieur-industriel, 3, rue Bernex.

JAUFFRET et PUGET, entreprise de travaux en béton armé, 59, rue
Sébastopol.

JAUJON, Paul, transitaire, 62, rue de la République.

JOLY, Joannès, directeur de la Société Générale, 62, rue Cannebière.

JONQUET, Victor, courtier, 8, quai du Port.

JOURDAN, Félix, négociant en droguerie, 109, rue Dragon,

JOURDAN, Marius, transitaire, 30, rue Edouard-Delanglade.

JOURDAN, Th, notaire, 52, rue Montgrand.

JOUVENCEL, Jean, directeur de la Société Vinicole de la Méditerranée,
1, rue Jeune-Anacharsis.

JOYE et LIENS, commissionnaires en bestiaux, Marchés-Entrepôt de la
Madrague.

JULLIEN, André (de Henri JULLIEN fils aîné), fabricant bijoutier,
11 bis, boulevard Garibaldi.

JULLIEN, Honoré (de.la Maison Vve JULLIEN À. et fils cadet), bijou-
terie, 37, cours Lieutaud.

JULLIEN, Th. et Ed., agents-représentants, 16, cours Pierre-Puget.

TUVENAL, Frères, fournitures industrielles, 8, rue des Récollettes.

KAHN, Ernest et Joé, tanneurs, 50, rue Breteuil.

KAHN, John, surveillance de marchandises, 28, rue Montgrand.
KASADO, K., négociant, 39, rue Montgrand.

KRON, M. grains et farines, 52. rue Saint-Ferréol.
LABUSSIERE, Henri, pharmacien, 6, chemin des Chartreux.

LAGARDIERE (de), Jean, armateur, 54, rue Paradis.

LALEU, E. (de), GUAITELLA et DELANGE, assureurs, 56, rue Grignan.

LAMBERT, Ernest et C'®, rhums, 11, rue Neuve-Sainte-Catherine.

LAMBERT, Ferdinand, courtier en riz et maïs, 37, rue Paradis.

LAMBERT-PASCAL, Octave, commerçant, directeur-propriétaire du res-
taurant Pascal, 63, cours Devilliers,

LAMBERT-RIVIERE et C®, produits et engrais chimiques, 45, rue Sainte.
        <pb n="241" />
        —_ 940 —

LANTEAUME (les Fils de M.), minotiers, 47, rue du Coq.

LANTHEAUME, HOFFMANN et C'£, négociants en laines, 1, rue Beauvau.

LANVERSIN (de), François, ingénieur-constructeur, 26, boul. St-Charles.

LANVERSIN (de), Joseph, ingén. civil des Mines, 116, boul. Longchamp.

LARENE et RANDELLI, négociants en épicerie, 48, boulev, Dugommier.

LARMINAT (de), administrateur-délégué de la Société des Moteurs
« Baudouin », 80, boulevard Rabatau.

LASIES, Egide, courtier, villa Pomone, vallon de la Baudille.

LATIL, J.-P, négociant en vins, 35, rue de Forbin.

LAURON, Jules, négociant-commissionnaire en cuirs et peaux, 386, bou-
levard National

LAUZIERE; Henri, agent général de la Compagnie Algérienne de Meu-
nerie, 7, quai des Belges.

LAVAL, Paul, négociant, 61, Grand’Rue.

LAVAL, LAUDON et CONTE, fabricants de caisses, 132, aven. du Prado.

LECA, D. et C'e (les successeîtrs de), fabrice. de savon, 25, r. de l’Arsenal.

LEGRAND, J.-H., négociant, 15, cours Lieutaud.

LEGRE, M. et J., acide tartrique, 8, boulevard de la Thèse.

-EENHARDT, Paul-G., négociant, 14, rue Fongate,

«EROUXEL ct REY, courtiers, 32, rue de.la République.

LEVY, Emile, négociant, 99, rue Saint-Sébastien.

LEVY, S. (les Fils), négociants en laine, 30, boulevard National.

LIAUTARD et MONNEROT, courtiers, 47, rue Vacon.

LIEUTAUD, Emilien, avocat, 19, rue Pavillon.

JIMOZIN et CHANCEL, courtiers de commerce, 2, rue Cannebière,

LIMOZIN, Lazare et C'®, négociants, 50 A, rue Sylvabelle,

LIZIERE et FAVET, tourteaux, 18, rue Saint-Lazare.

ÆJLOYDS BANK Ltd, 6, rue Cannebière.

LOCHE et RANKWILER, poils et laines, 7, rue Joseph-Autran.

LOMBARD, Fils de Fortuné, minotier, 29, rue Loubon.

LOMBARD, Mathieu, fruits secs, 11, rue Lafayette. :

ORENZY-PALANCA, parfumerie, 62, boulevard des Dames. :

LOUCHON, négociant en pommes de terre, 47, chemin des Chartreux.

LUGAGNE, Gabriel, administrateur délégué de la Société des Codes Télé-
graphiques « Georges Lugagne », 32, rue Edmond-Rostand.

LUMLEY (de), Pierre, agent des Compagnies d’assurances Le Nord et
Royal Exchange, 8, rue Rouvière.

LUZZATTI et C‘°, fabricants d'huiles, 6, traverse du Château-Vert.

LYNEN, Edgard, agent représentant, 59, rue Paradis.

MADON, E. et F., courtiers, 2, rue de la République.

MAGALON, J.…, Salons Massilia, 1, rue de l’Arsenal.

MAGASINS « PARIS-MARSEILLE », ventes à terme, 90, rue de Rome.

MAGASINS GENERAUX DU PORT-SUD, VERANE et Ce, 28, quai de
Rive-Neuve.

MAGNAN, Frères, fabricants d'huiles, 24, cours Pierre-Puget.

MAISERIES DE LA MEDITERRANEE, 27, boulevard de Paris.

MALATERRE et POURRIERE, fabricants de savon, 9, rue du Petit-
Chantier.

MALBOS, G., négociant en huiles, 27, boulevard de Louvain.

MANGON, Henri, direct. de la succursale du Bec Auer, 6, rue St-Adrien.

MANHES, Frères, métaux, 201, boulevard National.
        <pb n="242" />
        _ 4j …

MANIN, P. et CLAVEL, J., négociants en légumes secs, 4, rue Auphat.

MANUFACTURE ALEXIS BREYSSE et C'®, couleurs et mastics, 29, bou-
levard Rabatau.

MANTE, Frères, de REGIS Aîné, armement à vapeur, Côte Occidentaie
et Orientale d’Afrique et Madagascar, 7, rue Thomas.

MARGNAT, Frères, négociants en vin, 6, quai de la Tourette.

MARIA, P., notaire, 11, rue Montgrand.

MARONI, Humbert, représentant, 1, rue Pythéas.

MARQUANT, G., négociant en futailles, 82, boul. de la Corderie:

MARQUIS, Marius, fabricant de savons, 127, rue Sainte.

MARSEILLE-INDUSTRIE, tabacs en feuilles, 2, rue Lulli.

HARTIN, J., négociant en fruits secs, 36, boulevard Dugommier,

dAARTINA, Joseph, négociant en huiles, 7, place Gambetta (Salon).

MARTINY, Théodore, courtier, 20, rue Bel-Air.

MARTINY, Henri, ingénieur-directeur de la Maison H. Martiny et C*,
44, rue Lautard.

MARX, L. et Cf, brasseurs, 9, rue Borde.

MASSIAS, Maurice, fabricant de scourtins, 75, rue Félix-Pyat.

MATHIEU et MARTIN, Lanquiers, 51 b, rue Nationale.

MATTEI, Raoul, Automobiles, 26, avenue Jules-Cantini.

MAUBE, Paul, administrateur délégué de la Société des Fils à Coudre
de Provence, 292-294, boulevard Chave.

MAUDHUIT, F, Fils, négociant en bois, 2, rue Beau-Séjour.

HAUREL, Pierre, minotier, 43, boulevard Dugommier.

MAUREL, H. PROM et MAUREL Frères, huiles, 15, rue de Cassis.

MAURIN, Gabriel (Vve) et C'e, eau des Carmes, 82, avenue du Prado.

MAURIN et PAGES, imprimeurs, 99, rue Paradis.

MAURY et GILBERT, transitaires, 33, boulevard des Dames.

MAYER, Albert, manufacturier de vêtements, 62, rue de la Joliette.

AAYOUX, Victor, négociant, 46, chemin des Chartreux.

MERCIER, Louis, négociant en tourteaux, 16, rue Haxo.

MERKLEN et POUPARDIN, savonnerie, rue du Parc-à-Fourrages.

ŒERŸ ROUGIER et C'®, fabricants de galettes, 25 B, boulevard Boisson.

MESTRE, Joseph, engrais, 82, rue de la République.

MEYNADIER et C'é, négociants, 39, rue de la République.

MEYSSON, Antrine, assureur, 16, place de la Bourse.

MICHEL, Ludovic, acconier, 12, quai du Canal,

MICHELIS, Fernand, courtier, Bourse Ouest.

MICHELON, J. et C'®, banquiers, 54, rue Paradis.

MILLAUD, Paul Fils, engrais chimiques, 20, rue Haxo.

MIR, François, courtier-représentant, 17, rue de la Providence.

MIR, Lucien, industriel, 2, ch. de St-Barthélemy, villa des Marronniers.

AIRZAYANTZ, Siméon et ses Fils, soies, 15, rue Armény.

AODIANO, Alphonse, courtier, 28, rue Edouard-Delanglade.

MOISSET, Frères, construct. d’appareils de chauffage, 5, rue Molière.

MOLINARNRI, Albert, transitaire, 43, rue de la République.

MOLINIER, Alphonse, négociant en sacs, 4, rue Palestro.

MONARD, Albert, agent de change, 37, rue Grignan.

MONTAMAT, Paul, industrie électrique, 433, rue Paradis,

MONTEILS et GUIOL, assurances, 38, rue Sainte.

MORLOT, Henri, orfèvre, 43, rue Saint-Ferréol.

MOULLOT, Fils Aîné, imprimeur-papetier, 24, avenue du Prado.
        <pb n="243" />
        949 —

MOURIES, Léon et BARRET, Gendre, transitaires et commissionnaires en
marchandises, 2, quai de la Joliette.

MOURRE, Charles, essences fines, 2, boulevard de la Corderie.

MOURGUE D’ALGUE, Albert, négociant, 46, rue Saint-Jacques.

MOUTONNET, J.-B., négociant-exportateur de pommes de terre, 39, rue
Espérandieu.

MURET, ANDRIEU et BRUN, denrées coloniales, 24, rue de la Liberté.

MUTUELLE (La) DU CAMIONNAGE, 29, rue Cannebière,

NATAF, L., courtier-représentant, 39, rue Paradis.

NEGRE, Joseph, chaux, ciments et carrelages, 73, rue d’Italic.

NEGRE, Maurice, industriel, 75, rue d’Italie.

NEGREL et ISNARD, négociants en tissus, 60, rue Tapis-Vert.

NEGRETTI, Georges, fruits secs, 71, rue Honnorat.

NVEL, BOULAN et MOIENG, négociants en droguerie, 31, rue Hoche.

NEVEU, Henri, transitaire, 97, cue de la République.

NICOLAS, l'rères, fabricants de biscuits, Saint-Just-Marseille.

NICOLAS, Léonce, administrateur délégué de la Photogravure Moderne
du Midi, 20, rue Dragon.

NICOLET, Ferdinand, industriel, 13, rue Labry.

NOEL Aîné, PELLEGRINI et C**, ingénieurs-constructeurs, 04-78, rue de
Lyon.

NOILLY, PRAT et C'®, vins et spiritueux, 165, rue Paradrs.

NOUVEAU, H. et F. HONNORAT, courtiers-agents, 54 rue Paradis,

NOUVELLIi; SAVONNERIE « LA VIERGE », anciennes usines Félix
Eydoux, 14, 16, boulevard Poissonnière, Paris €9").

NUGUE, Albert, dépôt de glaces, 76, rue d’Italie.
ODE, L. Fils et C'®, négociants en laines, 29, boulevard de la Corderie.
DTTAVIANI et ROUSSIN, assurances maritimes, 21, rue Grignan.

PALAIS, Claudius, négociant, 30, boulevard de la Liberté.

PALM, Ferdinand et Max (Les Successeurs), courtiers-représentants, 51,
cours Pierre-Puget.

PALOMBE, Louis, représentant, 3, rue Saint-Ferréol.

PAPETERIES BARJON, 7, quai du Canal:

PAPETERIES BERGES, 50, rue du Berceau. . *

PAPETERIES CHANCEL, Père et Fils, 42, rue Fortia.

PAPETERIES H. DODO et C'e, 12, rue Sainte-Claire.

PAQUET, N. et C*, armement à vapeur, 4, place Sadi-Carnot.

PARODI, Paul, négociant en cuirs, peaux, laines, 11, cours Devilliers.

PARTICIPATION (LA), Société Coopérative et Fédération d’Assturances
contre les accidents, 40, rue de la République.

PASQUIER, G. et FRAGER, G., directeurs du Lloyd Maritime, 26, rue
de la République.

PAUL, À. et C'®, engrais chimiques et organiques, 2, rue de l’Arsenal.

PAUE, Emile, bonbonnes sous envelop., toile et liège, 13, r. Jean-Martin.

PAUL, J., fabricant de meubles et sièges, 193, rue Ferrari. ,

PELAS, Marius, tonnellerie mécan.; 7, boul. de la Corderie prolongé. .

PELLAS, Frères, rizerie, 10, cours Pierre-Puget.

PELLEGRIN, C., bijoutier, 10, allées de Meilhan. ,

PELLET, Pierre, représentant, 5, rue de la Fare.
        <pb n="244" />
        nn

PENGEL, Joachim, minotier et fabricant de semonles, 6, rue Lafayette.

PERDOMO, Louis, négociant, 5, place de la Bourse.

PERIE, Albert, négociant, 8, rue Colbert.

PERNOT, Albert, fabricant d’engrais, 77, rue de l’Eglise-Saint-Michel.

PERRELLA, Philippe et E. de LUCA, Compagnie Adria, 3r, rue Reine-
Elisabeth.

PERRIN, Joseph, avoué, 21, rue Montgrand.

PESMAZOGLOU, N.-G., courtier-représentant, 108, cours Lieutaud.

PETIT MARSEILLAIS (LE), journal, 15, quai du Canal.

PEYSSON, Honoré, café-hôtel-restaurant, 2, rue Beauvau.

PHILIFERT et MAYEN, négociants en cafés, 36, rue de la Rotonde.

PHILIPON, Antoine, notaire, 7 A, rue de la Darse.

PHILOPAL, Gaston, courtier, 9, rue Sylvabelle.

PIC, Louis, ingénieur constr. chaudronnier, 26, rue Bérard (Menpenti).

PICON et C*, distillateurs, 7-9-11, boulevard National. ;

PIETRI, Paul, Société d’alimentation et de produits de régimes, 71-73, rue
Saint-Ferréol.

PIGEARD, H,, courtier en immeubles, 1, place du Muy.

PINATEL, Félix, minotier, 46, allées de Meilhan.

PISANT, Alex-C., négociant-commissionnaire, 10, rue Cannegière,

PLAGNIOL DE JAMES, fabricant d’huiles, 16, rue Cherchell.

&gt;LAINDOUX et C'®, fournisseurs de rmavires, 37, rue Plumier.

&gt;LAISANT, Pierre, transitaire, 38, place Thiars,

PLANTADE et QUEREILLAC, transports internationaux, 72, rue’ de la
République.

PONSARD et MAGNAN, courtiers, 68, rue Paradis.

PONTONX (J. de) et C'Y, manufacture de caoutchouc, rue Saint-Régis.

POUCEL, Fernand, négociant, 95, boulevard Périer prolongé.

PRADON, J. et C'®, négociants, 8, rue Saint-Jacques,

PRODUCE BROKERS et Ct (The), Compagnie d’import., 1, rue Pythéas.

PUTHET, E. et C'®, transitaires, 6, rue Jdoseph-Autran.
QUEYLAR (de) Ch. ct Fils, verrerie, 18, rue Stanislas-Torrents.
QUILLE, J. et Fils, importat. de cafés et thés, 15 A, rue Frédéric-Chevillon.
RACINE, À. et Fils, négociants, 55, cours Pierre-Puget.

RADISSON, Raymond, courtier en graisses, suifs, saindoux, huiles, 27, rue
de la Darse.

RADISSON, S.-C., graisses alimentaires, 85, rue Haute-Rotonde.

RAFFINERIE MERIDIONALE DE CERESINES, 16, rue Grignan.

RAFFINERIES DE SOUFRE REUNIES, 1, place de la Bourse.

RAAFFINERIES INTERNATIONALES DE SOUFRE, Le Canet.

RAFFINERIES DE SUCRE DE LA MEDITERRANEE, 24, rue Montgrand.

RAFFINERIES DE SUCRE DE SAINT-LOUIS, 3, rue de la République.

TALLI, Frères, négociants, 12, allées Léon-Gambetta.

RAMBAUD, Baptistin, minotier, 12, cours Joseph-Thierry.

XAMPAL, Aîné, négociant en vins, 12, boulevard Dugommier.

AAMPAL, Honoré, maître-portefaix, 48, rue Ed.-Delanglade.

XAMPAL, Théophile, carrossier, 5, rue Montolieu.

RAYMOND, Joseph, courtier de commerce, 28 avenue du Prado.

RAYMOND, P. Fils, négociant en grains, 2 et 4, rue Milianah.

REBUFAT, À. et OLIVE, P.…, appareils d’éclairage, 9, rue d’Italie.
        <pb n="245" />
        9;

REGGIO, Nicolas, fabricant d’huiles, 9, rue d’Arcole.

REGIE INTERESSEE DU GAZ, 45, boulevard Paul-Peytral.

AEGIS, François, assureur, 68, rue Paradis.

REGIS, Jean, assureur, 68, rue Paradis.

REGIS, Louis, blanchisserie, 1, boulevard Théodore-Thurner.

REGIS, Victor et C'*, fabricants d’huile, 69, rue de la Palud.

AEINAUD, Lazare, administrateur délégué de la Société de Camionnage
et de Transit, 19, boulevard de Briançon.

RENARD, Jean, avocat, 2, rue Beauvau.

RENAUDIN, Emile, peintures sous-marines, 29 bis, boulev. Rabatau.

RENE, Hippolyte, herboriste, 73, cours Gouffé.

XEY, Th. et Félix, bijoutiers, 39, rue Cannebière.

RIBOULET, Emile, fabricant de caisses, 12, boulevard Gilly.

RICARD-DIGNE (Vve), industriel, 106, boulevard Saint-Charles.

AIGARD, Victor, courtier d’immeubles, 1, boulevard Garibaldi.

RICHARD et Fils, assurances} 84, rue Paradis.

RICHARD, Jean, agent de change, 11, place de la Bourse.

RICHARDSON, Arthur, négociant en métaux, place Gantès, boulevard
Maritime.

RICHELME, À. et C'®, fabricants de savons, 12, rue Jacquand.

RICOUX, Emile, armateur, 8, rue Duguesclin.

RIES, M. et ses fils, négociants, 30, rue Ed.-Delanglade.

RIGAUT, Jean, négociant en tissus, 3 et 5, rue Rouvière.

AIVALS, H., industriel, 170, route Nationale (St-Loup).

RIZERIES INDOCHINOISES, chemin de Raguse (Chutes-Lavie).

21IZ/ERIES LEVESQUE, chemin des Aygalades.

XIZERIE MODERNE, 120, rue de Rome.

ROBEIN (Vve), Félix et C'®, minotiers, 6, rue- Lafayette.

XOBERT, Paul, entrepreneur de transports, 89, Grand Chemin de Toulon.

ROCCA, TASSY et de ROUX, fabricants d’huile, 9, rue de l’Arsenal.

XOCCAS, A, négociant, 12, rue de la Madeleine.

ROCOFFORT, Raoul, assureur maritime, 42, rue Grignan.

RODRIGUES, Ely-Lucien, consignataire des vapeurs de la Compagnie
Ybarra, 2, rue Suffren.

ROESLER, G. et BISTAGNE, J., courtiers, 8, quai du Port.

XOGER, Léon, négociant, 2, rue Sainte.

XOGLIANO, Marcel, courtier maritime, 4, place Sadi-Carnot.

ROMAN-LANTEAUME, négociant en pommes de terre, 35, cours Jullien.

XOQUES, Paul (de la Maison Roques Paul et C'‘). importateur de bois.
77, boulevard Burel.

ROSSOLIN, Albert, industriel, 51, allées Léon-Gambetta.

AOSSOLIN, Daniel, cartonneries et papeteries, 3, rue Sainte.

XOSTAND, Alfred et Fils, fabricants de savons, 76, rue Sainte.

ROZAN, Jean, architecte, 2, rue Beaumont. ;

ROUBAUD, directeur de la Compagnie Marseillaise de Madagascar,
49, rue Grignan.

ROUQUETTE, L. et C'®, fabricants de biscuits, 1, chemin de St-Pierre.

ROUSSELLIER, Marcel, charbons, 20, cours Pierre-Puget.

ROUSSET, Frères, fabricants de savon, 35, chemin de Saint-Just.

ROUSSET, Alfred, avoué, 43, rue Saint-Ferréol.

ROUSSET, Maurice, assureur, 1, place Sadi-Carnot.

XOUSTANT, Auguste. courtier, Palais de la Bourse (Est).
        <pb n="246" />
        JAR

ROUVIERE, Fernand Fils, avocat, 5, rue Venture.

ROUX (H. E. C.), experts industriels, 67, rue de Rome.

ROUX, Théophile et M.-P,, fabricants de savon, 15, rue Saint-Lambert,
ROUX, Clément, directeur de la Banque Phocéenne, 27, rue de la Darse.
ROUX, Frères, fabricants de tuiles, Saint-Henri.

RUFFIER-VERDURAZ, C., rizerie, Chutes-Lavie.

AULHE, Mathias, et DE VALLON, Pierre, négociants, 63, rue Cannebière.
RUYS et C!'®, agents de bat. à vapeur, 5. bonlevard Dugommier.

SADOULET, A, métaux, 10-12, rue Breteuil.

SAINT, Frères, fabricants de sacs, 66, boulevard de Strasbourg.

SALLES, Eugène, courtier maritime, 25, rue Sylvabelle.

SAMAT, Louis, constructeur mécanicien, 1, rue Juramy. ;

SANGUINETTI, Pierre, huiles et graisses industrielles, 44, r. Peyssonel.

SAUNTER, C., courtier maritime, 3, rue Pythéas.

SAUVAIRE, J.-B., entrepreneur de décoration, 38, rue Sébastopol.

SAVARINO, Dominique (Etablissements Séverin), négociant, 96. rue de
Rome.

SAVON, Frères (Consortium), commis. et transit, 25, r. de la République.

SAVON-PEIRRON, Jean, publiciste, 383, rue Paradis.

SAVONNERIE « L’AMANDE », 39, rue Sainte.

SAVONNERIE DE LA MEDITERRANEE, 9, rue de l’Arsenal.

SAVONNERIE DE LA MOUCHE, 25, rue de l’Arsenal.

SAVONNERIE PROVENÇALE, 10, boulevard Dugommier.

SCHAMASCH, C., drogueries et denrées colon, 33, rue de la République.

SCHULTZ, Albert, négociant, 127, boulevard National.

SCHULTZ, Jacques, négociant, 26, rue de Rome.

SCUDO, Jean, fabricant de papiers, 14, rue Florac.

SICARD, L, armateur, 36, quai du Port.

SICARD, L. et C'L, imprimeurs-papetiers, 26, rue Paradis.

SICARD, Maurice, assureur, 6, rue Haxo.

SIGNORIO (de), Henry, industriel, Tle-Rousse (Corse).

SILBERT, RIPERT Frères et C'®, produits chimiaues et pharmaceutiques,
30, rue Bénédit.

SIMON et C'e, négociants, 58, rue Cannebière,

SIMON et HEYNE, fabricants d’huile, 137, rue de Rome.

SITRI, César, courtier, 57, rue Paradis.

SKALLI, A. et Fils, négociants en céréales, 36, rue Edouard-Delanglade.

SOCIETE DE L’ACETYLENE DISSOUS DU SUD-EST, 28, rue Montgrand.

SOCIETE DES ACIERIES DE LONGWY, 112%, boulevard de Paris.

SOCIETE L’AIR LIQUIDE, 82, grand chemin de Toulon.

SOCIETE COMMERCIALE D’AFFRETEMENTS ET DE COMMISSION,
10, rue Cannebière.

SOCIETE MERIDIONALE D’ALIMENTATION, 23, quai du Canal. .

SOCIETE D’APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES. 34. rue de la
Joliette.

SOCIETE Adrien ARTAUD et C'é, distillerie d’alcool, 65, rue de la
Loubière.

SOCIETE DES ATELIERS TERRIN, constructions mécaniques, 40. boule-
vard Maritime.

SOGIETE AUTO-TRACTION, 6. boulevard’ Jourdan.
        <pb n="247" />
        246 — -

SOCIETE COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE DES BOIS, 2, place du
4-Septembre.

SOCIETE COOPERATIVE DES BOUCHERS CHEVILLARDS DU SUD-EST,
61 8, boulevard Méditerranée.

SOCIETE FRANÇAISE BUNGE (S. A.), importation-exportation, 11 place
de la Bourse.

SOCIETE TUNISIENNE DE CEREALES, 9, rue Paradis.

SOCIETE DES CHANTIERS ET ATELIERS DE PROVENCE, 40, chemin
de la Madrague.

SOCIETE NOUVELLE DE CHARBONNAGES DES 'BOUCHES-DU-RHONE,

4, place Sadi-Carnot.

SOCIETE DES CHAUX ET CIMENTS ROMAIN BOYER, 32, ruc Cannebière.

SOCIETE DU CHOCOLAT MOUREN, 11, rue de la République.

SOCIETE COLONIALE DES CHAUX ET CIMENTS PORTLAND, L'Estaque.

SOCIETE DES COMMERÇANTS, MAGASINIERS ET INDUSTRIELS,
3, boulevard Dugommier.

SOCIETE COMMERCIALE MEDITERRANEENNE, 12, r. Edmond-Rostand.

SOCIETE D’ETUDES TECHNIQUES, 24, rue de la Darse.

SOCIETE DE COMMISSION ET DE GONSIGNATION COLONIALES, 49,
rue Grignan.

SOCIETE PROVENÇALE DE CONSTRUCTIONS NAVALES, 67, chemin
de la Madrague.

SOCIETE COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE DE LA COTE D'AFRIQUE.
exportation, 3, rue de la République.

SOCIETE L’ELECTRICITE DE MARSEILLE, 7, boulevard Garibaldi,

SOCIETE ENERGIE ELECTRIQUE DU LITTORAL MEDITERRANEEN.
38 bis, grand chemin de Toulon.

SOCIETE MARSEILLAISE ELECTRIQUE, 109, boulevard National.

SOCIETE ANONYME DES ANCIENS ETABLISSEMENTS BOUES, futailles,
100, rue Loubon.

SOCIETE DES ANCIENS ETABLISSEMENTS COURBET FRERES, exploi-
tation de carrières, 21, rue de la République.

SOCIETE D'IMPORTATION DE CUIRS ET PEAUX, 13-15, rue Guérin.

SOCIETE DES ETABLISSEMENTS GAUMONT (Agence du Sud-Est).
7, rue des Abeilles.

SOCIETE DES FILATURES ET TISSAGES DE MARSEILLE, 1 et 3, rue
Chevalier-Paul.

SOCIETE ANONYME DES FONDERIES D'AGIER DU MIDI, boulevard
des Vignes.

SOCIETE DES FONDOIRS FERRIER, graisses alimentaires et margarine,
7, rue de Plombières.

SOCIETE GENERALE POUR FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DU
COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE EN FRANCE, banque, 62, rue
Cannebière.

SOCIETE FRANÇAISE DES GLYCERINES, 12, chemin de Sainte-Marthe.

SOCIETE DES GRANDS TRAVAUX DE MARSEILLE, 16, b. Notre-Dame.

SOCIETE DU GRAPHITE FRANÇAIS, 7, rue Caussemille.

SOCIETE PROVENÇALE D’HERBORISTFRIE ET DE DROGUERIE, 19.
rue Saint-Bazile.

SOCIETE D’HONQUAN, 11, rue de l’Arsenal.

SOCIETE GENERALE DES HUILES DE PETROLES, 18, rue Colbert.

SOCIRTE IMMOBILIERE MARSEILLATSE. 12. rne de la République.
        <pb n="248" />
        947 —

SOCIETE PROVENÇALE IMMOBILIERE, 69, rue de la Palud.
SOCIETE ANONYME DE -L’IMPRIMERIE MARSEILLAISE, 39, r. Sainte.
SOCIETE INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE DU MIDI, 172, rue
Paradis.
SOCIETE ANONYME LINGEMANN cet C', commissionnaires en sucre, à
la Bourse de Commerce de Paris, 31, rue de la Darse.
SOCIETE DU MAGASIN GENERAL, 21, rue Saint-Ferréol.
SOCIETE LYONNAISE DES MAGASINS GENERAUX (soies), 29, rue Saint-
Saëns.
SOCIETE DES ANCIENS ETABLISSEMENTS MANTE et C', produits
chimiques, 8, rue de l’Arsenal.
SOCIETE MARSEILLAISE DE CREDIT INDUSTRIEL, COMMERCIAL ET
DE DEPOTS, 75, rue Paradis.
SOCIETE PROVENÇALE DU MATERIEL INDUSTRIEL ET AGRICOLE,
- 89, avenue de la Timone.
SOCIETE DE MATERIEL NAVAL DU MIDI, 144, grand chem. de Toulon.
SOCIETE ANONYME DES MINES DE BITUME ET D’ASPHALTES DU
CENTRE, 29 rue de la République.
SOCIETE MINIERE ET METALLURGIQUE DE PENARROYA, à l’Estaque.
SOCIETE ANONYME DES MOULINS D'ARENC, 178, avenue d’Arenc.
SOCIETE MARSEILLAISE DE NAVIGATION AERIENNE, 11, place de
la Bourse.
SOCIETE NEGRE ET CS, négociants en lièges, 5, boulevard de la
Glacière.
SOCIETE FRANÇAISE DES NOUVELLES GALERIES, 73, 75, r. Cannebière.
SOCIETE DES OASIS DU NORD AFRICAIN, fruits secs, 67, cours Gouffé.
SOCIETE D’ORGANISATION COMMERCIALE S. O. G., 62, rue Grignan.
SOCIETE J. et.A. PAVIN DE LAFARGE, ciments, 30, cours Pierre-Puget.
SOCIETE FRANÇAISE DE PAPIERS COUCHES, 7, rue Moulet.
SOCIETE FRANÇAISE DE PEINTURES ET VERNIS, fabrique et applica-
tions de peintures, 24, rue Charras.
SOCIETE DES PEINTURES SOUS-MARINES « LA NATIONALE », 2, rue
de la République.
SOCIETE ANONYME PIGNOL, toiles et sacs, 89, avenue d’Arenc.
SOGIETE MANUFACTURE NOUVELLE DE POTERIES DE GOLFE JUAN-
VALLAURIS, 36, boulevard Dugommier.
SOCIETE DES PRODUITS ALIMENTAIRES « €. P. G. », 8, rue Longue-
des-Capucins. ;
SOCIETE MERIDIONALE DE PRODUITS CHIMIQUES AGRICOLES.
20, rue Grignan.
SOCIETE DES PRODUITS CHIMIQUES ROUSSELOT, La Tourtelle, près
Aubagne.
SOCIETE DES PRODUITS RESINEUX DU SUD-EST, 24, rue Beauvau,
SOCIETE ANONYME « LE RADICAL », 119, boulevard National.
SOCIETE GENERALE DE REMORQUAGE, 148, rue Sainte.
SOCIETE PROVENÇALE DE REMORQUAGE (M. Venture Michel, Prési-
dent), 63, boulevard des Dames.
SOCIETE ANONYME REYBAUD et Cle, entreprise de transports, 73, rue
de la Darse.
SOCIETE INDUSTRIELLE DES RIZ ET LEGUMES SECS. Rond-Point du
boulevard de Plombières.
SOCIETE NOIVELLE DES RIZERIES MERIDIONALES. 2, rue Grignan.
        <pb n="249" />
        - 248

SOCIETE AGRICOLE DE SAMBAVA ET ANTALAHA, produits coloniaux.
198, boulevard de la Madeleine.

SOCIETE NOUVELLE DES SAVONS DE MARSEILLE, 8, rue Ste-Adelaïde.

SOCIETE DE SAVONNERIE MARSEILLAISE, 10, rue Vandel.

SOGIETE PHOCEENNE DE SAVONNERIE ET D’HUILERIE, 17, boule-
vard Rabatau.

SOCIETE ANONYME DU « SEMAPHORE », 19, rue Venture.

SOCIETE FRANÇAISE DE SERICICULTURE, 6, rue Edmond-Rostand.

SOCIETE LYONNAISE SERICICOLE, 17, rue Cannebière.

SOCIETE MARSEILLAISE DU SULFURE DE CARBONE, boulevard Banon.

SOCIETE DES ETABLISSEMENTS TAILLAN, boîtes métalliques, 31, rue
Plumier.
SOCIETE FRANÇAISE DE SURVEILLANCE ET TRANSIT, 5, rue de la
Paix. :
SOGIETE AGRICOLE DE TANH-HUY-HA, caoutchoucs, 53, cours Pierre-
Puget.

SOCIETE DES, TOMETTES ET CERAMIQUES DE SALERNES. 10, rue
Suffren.

SOCIETE MARSEILLAISE DE TRAFIC MARITIME, 1, rue Urbain-V.

SOCIETE GENERALE DE TRANSBORDEMENTS MARITIMES,, 33, rue
de la République.

SOCIETE GENERALE DE TRANSPORTS MARITIMES, 70. rue de la
République.

SOCIETE MERIDIONALE DE TRAVAUX, 16, rue Frédéric-Chevillon.

SOCIETE PROVENÇALE DE TRAVAUX PUBLICS, 10, boul. Longchamp.

SOCIETE DE TRAVAUX ET INDUSTRIES MARITIMES, 5, place de la
Joliette.

SOCIETE ANONYME DES TUILERIES ET BRIQUETERIES DE BERRE,
fabrique de céramiques, 8, allées de Meilhan.

SOGIETE DES TUILERIES ROMAIN BOYER, 32, rue Cannebière.

SOCIETE GENERALE DES TUILÉRIES DE MARSEILLE et C*, 4, place
Saint-Ferréol.

SOCIETE ANONYME DES TUILERIES DE LA MEDITERRANEE, 6, rue
Papère.

SOCIETE DES TUILERIES DE SAINT-MARCEL, 30, cours Pierre-Puget.

SOCIETE DES ANCIENS ENTREPOTS DE VINS SALVARELLI, 10. rue des
Treize-Escaliers. ;

SOUPERBAT, Jacques, transitaire, 12, rue Mission-de-France.

SOUS-COMITE MARSEILLAIS DES HOUILLERES DE FRANCE. 9, place
Saint-Ferréol.

SPANOUDI, A. P., importateur de céréales, 10, rue Clapier.

SRABIAN, Edouard, négociant, 5, quai du Canal. ;

STOCKER, R., négociant en soies, colons, laines, 6, rue Joseph-Autran.

STORIONE, Michel (les Fils de), minotiers, 5, rue de la République.

SYLVANDER, À. et Fils, négociants en bois, 69, boulev. de la Corderie.

SYNDICAT DE L’AMEUBLEMENT, 29, rue Cannebière,

SYNDICAT FRANÇAIS DE SOCIETES ANONYMES D'ASSURANCES
GENFRALES, 22, rue Montgrand.

SYNDICAT DES COURTIERS D’ASSURANCES MARITIMES, 15, r, Paradis.

SYNDICAT DES ASSUREURS MARITIMES, 66, rue Grignan.

SYNDIGAT GENERAL DE LA BAUXITE. 29, rue Cannebière.
        <pb n="250" />
        7 SU

SYNDICAT DES COMMISSIONNAIRES EN BESTIAUX DE LA VILLE
DE MARSEILLE, 2, rue de la République.

SYNDICAT DES COURTIERS ET AGENTS EN CAFES, 29, r. Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN CAFES, POIVRES, CACAOS ET THES,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES ENTREPRENEURS DE CAMIONNAGE, 29, r. Cannebière.

SYNDICAT DES COURTIERS EN CEREALES ET DERIVES, 29, rue
Cannebière.

SYNDICAT DES IMPORTATEURS DE CEREALES, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES MAITRES CHAUDRONNIERS EN CUIVRE DE MAR-
SEILLE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES MAITRES CHAUDRONNIERS EN FER DE MARSEILLE,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN CHIFFONS ET VIEUX METAUX DU
SUD DE LA FRANCE, 16, rue Désirée.

SYNDICAT GENERAL DES COULEURS ET VERNIS DE PROVENCE,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES CONSTRUCTEURS ELECTRICIENS DE MARSEILLE,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES CONSTRUCTEURS MECANICIENS DE MARSEILLE,
29, rue Cannebière. :

SYNDICAT DES CONSTRUCTEURS REPARATEURS DE NAVIRES DE
MARSEILLE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES CONSTRUCTEURS NAVALS EN BOIS ET ASSIMILES,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE DE LA COULEUR ET
DU VERNIS DE MARSEILLE ET DE LA REGION, 29, r. Cannebière.

SYNDICAT DES COURTIERS ET REPRESENTANTS EN MARCHANDI-
SES FRANÇAIS ET PATENTES DE MARSEILLE, 10, rue Haxo.

SYNDICAT DES CUIRS ET PEAUX DE MARSEILLE ET DU MIDI,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DE L'INDUSTRIE DES CUIRS ET PEAUX DE MARSEILLE
ET DU SUD-EST, 51, rue Sylvabelle.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS FN DENREFS COLONIALES, 29, rue
Cannebière.

SYNDICAT DE LA DROGUERIE ET COMMERCES ANNEXES, 29, rue
Cannebière. ‘ -

SYNDICAT PROFESSIONNELS DES FABRICANTS D’ENGRAIS DU MIDI,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES EXPORTATEURS, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES REPRESENTANTS ET COURTIERS EN FARINES DE
BOULANGERIE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES MARCHANDS DE FOURRAGES, GRAINS ET SIMILAI-
RES 29, rue Cannebière.

SYNDICAT GENERAL DU COMMERCE DES FRUITS, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN GRAINS, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES IMPORTATEURS DE GRAINES OLEAGINEUSES,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT GENERAL DU COMMERCE EN GROS DE L’HABILLEMENT
DU MIDI, 59, rue des Dominicaines.

SYNDICAT DES PATRONS D’HOTELS. RESTAURANTS ET  CAFES,
38. rne Vacon.
        <pb n="251" />
        950 —

SYNDICAT DES IMPORTATEURS DE HOUILLES DU PORT DE MAR-
SEILLE, 21, rue Sylvahelle.

SYNDICAT DES FABRICANTS D’HUILE, 27, cours Pierre-Puget.

SYNDICAT DU COMMERCE DES HUILES D’OLIVE DE MARSEILLE,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN HUILES ET SAVONS, Salon.

SYNDICAT DU COMMERCE DES HUILES ET TOURTEAUX DU MARCHE
REGLEMENTE DE LA BOURSE DE MARSEILLE, 29, r. Cannebière.

SYNDICAT GENERAL DES INDUSTRIES CHIMIQUES ET COMMERCES
ANNEXES, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT D’INITIATIVE DES INTERETS DE LA CORSE, 29, rue
Cannebière. ;

SYNDICAT DU COMMERCE DES LAINES, 29, rue Cannebière,

SYNDICAT DU COMMERCE DES LEGUMES SECS ET GRAINES DE
MARSEILLE, 29, rue Caffnebière.
SYNDICAT DE L’INDUSTRIE DU CASSAGE ET DECORTICAGE DES
- LEGUMES SECS, 29, rue Cannebière. , ;
SYNDICAT DES ENTREPRENEURS DE MAÇONNERIE ET DE TRAVAUX
PUBLICS DES BOUCHES-DU-RHONE, 30, rue Sénac.

SYNDICAT DES MAITRES-IMPRIMEURS DES BOUCHES-DU-RHONE,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES ENTREPRENEURS DE MANUTENTION, 40, rue de la
République. -

SYNDICAT MARSEILLAIS DE LA MARINE MARCHANDE, 3, place
Sadi-Carnot.

SYNDICAT DES MINOTIERS INDUSTRIELS DE MARSEILLE ET DE LA
REGION, 2, rue de la République.

SYNDICAT DES MINOTIERS ET SEMOULIERS À FAÇON DE MARSEILLE
ET DE LA REGION, 2, rue de la*République.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS COMMISSIONNAIRES, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES FABRICANTS DE PATES ALIMENTAIRES DES BOU-
CHES-DU-RHONE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES MAITRES FONDEURS DE MARSEILLE, 29, rue Canne-
bière.

SYNDICAT MARSEILLAIS DES NEGOCIANTS DE L’OUEST AFRICAIN,
3, rue de la République.

SYNDICAT DES PATRONS TONNELIERS DE MARSEILLE. 29. rue
Cannebière. ;

SYNDICAT DES PESEURS JURES DE COMMERCE DE MARSEILLE,
16, quai de la Tourette.

SYNDICAT GENERAL DES PHARMACIENS, 210, rue Paradis,

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN POMMES DE TERRE ET PRODUITS
AGRICOLES, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS ET EXPORTATEURS DE POMMES DE

TERRE, 35, cours Jullien. ’

SYNDIGAT PROVENÇAL DES PRODUCTEURS, COMMERÇANTS ET
EXPORTATEURS DE POMMES DE TERRE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES EXPEDITEURS DF PRONTIITS AGRICOLES, 29. rue
Cannebière.

SYNDICAT DES FABRICANTS DE PRODUITS RESINEUX DE PRO-
VENCE, 50. rue de la Darse.
        <pb n="252" />
        SYNDICAT DES RECEVEURS DE RENTES ET GERANTS D'IMMEUBLES,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES FABRICANTS DE REGLISSE DE FRANCE, 29, rue Can-
nebière.

SYNDICAT DES REPRESENTANTS A MARSFILLE DES COMPAGNIES
OU SOCIETES D’ASSURANCES CONTRE LES ACCIDENTS DE
TOUTE NATURE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES REPRESENTANTS A MARSFILLE DES COMPAGNIES
OU SOCIETES D’ASSURANCES CONTRE L’INCENDIE, 29, rue
Cannebière.

SYNDICAT DES RIZ ET DERIVES À MARSEILLE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES COURTIERS-REPRESENTANTS EN' RIZ ET LEGUMES
SECS, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES COURTIERS FRANÇAIS ET PATENTES -EN SACS ET
TOILES, 29, rue Cannebière. .

SYNDICAT DU COMMERCE DES SAINDOUX, GRAISSES ET SALAISONS,
29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES FABRICANTS DE SAVON, 2, rue Suffren.

SYNDICAT GENERAL DES FABRICANTS DE SEMOULES DE FRANCE,
2, rue de la République.

SYNDICAT DU COMMERCE DES SOIES, COCONS ET DECHETS, 29, rue
Cannebière.

SYNDICAT DES RAFFINEURS DE SOUFRE, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DU COMMERCE DES SUCRES, 29, rue Cannebière,

SYNDICAT PROFESSIONNEL DES SULFUREURS DU SUD-EST. 20, rue
Grignan.

SYNDICAT DU COMMERCE DES TOURTEAUX, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES COURTIERS EN TOURTEAUX DE MARSEILLE, 29. rue
Cannebière.

SYNDICAT DES EXPORTATEURS ET IMPORTATEURS DE TOURTEAUX.
23, rue Edmond-Rostand. ;

SYNDICAT DES TRANSITAIRES, 29, rue Cannebière.

SYNDICAT DES NEGOCIANTS EN GROS EN VINS, SPIRITUEUX ET
LIQUEURS, 9. boulevard Garibaldi.

rABET, René, commissionnaire en cuirs et peaux, en poils, 54. rue
Puvis-de-Chavannes.

TAFFE, X.-F., assureur maritime, 37, rue Grignan.

lANZY E.…, importateur de céréales, 1, rue Beauvau.

TARON frères, triturateurs, 12, quai du Canal.

TARON, Marcel, surveillance et agréage des grains, 4, quai du Canal.

rASSO, Henri, huiles minérales, 132, rue Félix-Pyat.

lASSY, Charles et F. OLLIVIER et C'é, minotiers, 48, rue Saint-Razile.

rEDESCO, Alexandre, courtier, Palais de la Bourse (Est 4).

TEISSEIRE, Raymond, avoué, 11 A, rue Armény.

TEISSONNIERE et KREITMANN, réglisse Zan, 110, boul. de Plombières.

lEKEIAN, Frères, négociants-commissionnaires, 6, rue d’Arcole.

TEMPIER, Emile, de Joseph, cuirs, 375, rue Paradis.

l'EIJLE, Pierre, représentant de la Banque Nationale Française du Com-
merce Extérieur, 18, rue Cannebière.

FHIERRY. Paul. industriel. rune Urbain-V.
        <pb n="253" />
        — 252 —
TIAN, C.-M., papiers peints, 8, rue Montgrand.
TINEL, marbrier, à Saint-Marcel.
TIVOLLIER de GOURJON, fabricant de savons, 92, chemin du Rouet.
TOLEDO (de), A, négociant importateur-exportateur, 1, place du Change.
TOURNIER, Clément, fabricant de savon, 360, boulevard National,
TOURRE, Charles, entrepreneur de travaux publics, 36, cours Lieutaud.
TOY-RIONT, Maurice, salaisons et saindoux, 7, rue Caussemille.
TRANCHAND frères, constructeurs-chaudronniers, 40, boul. des Dames.
TURCAT et GAUBERT, agents importateurs, 53, rue Grignan.
TUTIER et BOULLU, agents en douane, 39, boulevard de la Major.

UNION DES BAUXITES, 39, cours Joseph-Thierry.

UNION COMMERCIALE INDOCHINOISE ET AFRICAINE, 17, rue de la
République. j

UNION GAZIERE DU SUD-EST, ventes de cokes d’usines à gaz, 28, rue
Sylvabelle.

UNION FRANÇAISE DES PAPETERIES, 90, boulevardf de Paris.

UNION SYNDICALE DES COMMERÇANTS EN VINS DE LA COMMUNE
DE MARSEILLE, 50, rue des Dominicaines.

USINES Eug. MARIE et C', colle, gélatine, engrais, 2, rue Moustier.

USINES SCHLŒSING frères et C', produits chimiques, 175, rue Paradis.

USSLAUB, Georges, administrateur de la Société des Docks Libres, 94, rue
Svlvabelle.

VALABREGUE, Jacques, fabricant d’huile, 2, place du Muy.

VALENTI et C'e, négociants en légumes secs, 88, boulevard de Paris.

VALETTE, Ernest, ingénieur-expert d’assurances, 50, rue Saint-Ferréol.

VALETTE, Ernest, agent maritime, 76, rue de la République.

VALLE, N., transitaire, 36, rue Vacon.

VANEL, Louis, négociant, 4, rue Lafayette.

VASSAS, A. et J., ébauchons en bruyères pour pipes, 41, boulevard Paul-
Peytral.

VASSILIADI, Démosthènes, négociant, 2, rue Edmond-Rostand.

VAUPLANE (de), Marcel, agent de change, 34, rue Paradis.

VAYANT et C'®, tourteaux, 3, rue Saint-Jacques.

VENCE, Joseph, directeur du dépôt de la Société Solvay, 40-41, quai de
Rive-Neuve.

VERNET et G'*, négociants en vins, 30, boulevard Saint-Charles.

VERVILLE (de), J.-R. et C'®, assurances, 33, rue de la Darse.

VESCHI, Louis, conserves alimentaires, 27, rue Chevalier-Roze.

VESIN, Joseph, scierie mécanique, 2, chemin de Saint-Barthélemy.

VEUX, Joseph, agent maritime (directeur de la Maison Ch. Vairon-et C'°).
61, boulevard des Dames.

VEYRON, Maurice, constructeur-chaudronnier, 26, rue Clary.

VEZIA, L. et C'%, importat. de graines oléagineuses, 36, rue St-Jacques.

VIAL, Antoine, négociant en huiles, 5, boulevard Saint-Charles.

VICQ, J. et BONIFAY, E., courtiers-représentants, 81, rue Paradis.

VIDAL et C!®, négociants-commissionnaires, 7 A, rue de la Joliette.

VIDAL-FRAISSINET, agent d’assurances, 5, rue Sainte.

VILLEMINOT, Paul, négociant en huiles de graissage, 116-118, boulevard
de Plombières.

VILLETARD. Henri. ingénieur, Villa « La Rose », l’Estaque-Plage.
        <pb n="254" />
        — 953 —

VIMON'T-VICARY, Robert, armateur, 16, rue Breteuil.

VINCENT, Jos, négociant-commissionnaire en bois, 4, place du Change.

VINEL, Auguste, Société Générale, boulevard Haussmaun, Paris.

VIVIAN, H.-C. et C'®, charbons, 6, rue Sainte.

VLASSOPULO, M.-X. et ROBIN, P., importateurs de céréales, 4, quai du
Canal.

VRIES (de), Albert, industriel, 30, boulevard des Dames.

WANDENBERG, J., tapissier-décorateur, 20, rue Montgrand.

WATSON et PARKER, agents de bateaux à vapeur, 5, rue Beauvau.

WESTMINSTER FOREING BANK LIMITED, 12, rue Cannebière.

WOLFF, René, chemiserie, 22, rue Saint-Ferréol.

WORMS et C'S, charbons, 28, rue Grignan.
XYDIAS, G.-J., importateur, 14, rue Grignan.
YTIER, L. et C'®, assurances maritimes, 35, rue de la Darse.
ZAFIROPULO frères, Société frigorifique et de glace pure, 3, boulevard
de la Glacière (Belle-de-Mai).
ZARIFI, P. fils, négociant, 10. rue du Coq.
        <pb n="255" />
        LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
PAR PROFESSION
Au dd Juin 1927

ARCHITECTE
ROZAN, Jean.
ARMATEURS
GAPRA, Ph. ’

ü' DE CONSIGNATIONS MARITIMES,
A.-V. Fenton et C*

Cte FRAISSINET.

Cie des MESSAGERIES MARITIMES.

Ce de NAVIGATION H, P. L. M.

Gie de NAVIGATION MIXTE.

Cie Gle TRANSATLANTIQUE.

COUETTE, Jules.

DAHER &amp; C!,

ESTIER, Henri.

ESTRINE &amp; Cl,

3ELLATLY, HANKEY &amp; C*

GIRAUD, Hubert.

GOUIN, André.

LAGARDIFRE (de), Jean.

MANTE Frères &amp; BORELLI.

PAQUET, N. &amp; Cle,

PERRELLA, Ph. &amp; DE LUCA, E.

RSICOUX, Emile.

RODRIGUES, Ely-Lucien.

RAUYS &amp; C!,

SICARD &amp; C",

SOCIETE COMMERCIALE D’AFFRE-
TEMENT ET DE COMMISSION,

SOCIETE GENERALE DE TRANS-
PORTS MARITIMES.

VIMONT-VICARY, Robert.

WATSON &amp; PARKER.
ASSAINISSEMENT
(Plomberie, Zinguerie)

FAGE L.

ASSUREURS
(Accidents et Incendies)
A\NCEY, Joseph.
AUDIBERT, Jean.
BAGCUET, G. MAGNAN &amp; MICHEL.
BAUX, Marcel.

BOURGOGNE, M. &amp; R. de SOISSAN.

LALEU (de), GUAITELLA &amp; DELANGE.

LUMLEY (de), Pierre.

MEYSSON, Antoine.

MIGHEL &amp; MILLET.

MONTEILS &amp; GUIOL.

REGIS, François.

REGIS, Jean.

RICHARD &amp; Fils.

ROUSSET, Maurice.

ROUX, H. E. C.

SOGIETE « LA PARTICIPATION ».

JYNDICAT FRANÇAIS DE SOCIETES
ANONYMES D’ASSURANCES GE-
NERALES. ‘

VERVILLE (de) J,. R. &amp; C!*,

VIDAL-FRAISSINET.

ASSUREURS MARITIMES
COURTES &amp; HARREL.
DESCADILLE &amp; BOIRON.
GAUBERT, Stéphen.

OTTAVIANI &amp; ROUSSIN.
PASQUIER &amp; FRAGER.
ROCOFFORT, Raoul.
SICARD, Maurice.
TAFFE, X.-F,

ŸTIER. Louis &amp; C*e.

AUTOMOBILES
ATELIERS DE CONSTRUCTION D’AU-
TOMOBILES « TURCAT-MERY ».
GARCIN, A.-G. &amp; G!e,
MATTEI, Raoul.
COOPERATIVE D’AUTOMOBILE.

AVOGATS
BARNIER, Marcel.
BLACHERE, Alfred.
DAVID, Georges.
GRANDVAL, Alphonse.
HENON, Marcel.
LIEUTAUD, Emile.
RENARD, Jean.
ROUVIERE, Fernand.
        <pb n="256" />
        255 —

AVOUÉS
PERRIN, Joseph. -
ROUSSET, Alfred.
TEISSEIRE, Raymond.
BANQUIERS

BANCA COMMERCIALE ITALIANA
(France).

BANQUE FRANÇAISE DE L’AFRIQUE,

BANQUE OTTOMANE.

BANQUE ITALO - FRANÇAISE DE
CREDIT. -

BANQUE NATIONALE DE CREDIT.

BANQUE PIERRE.

BANQUE PRIVEE INDUSTRIELLE ET
COLONIALE.

BARCLAYS BANK.

BONNASSE.

CASATI, François &amp; C*.

—HENORKIAN, Jacques (Banque Iu-
dustrielle de Chine).

COMPAGNIE ALGERIENNE.

COMPTOIR NATIONAL D’ESCOMPTE
DE PARIS.

CREDIT COMMERCIAL DE FRANCE.

CREDIT FONCIER D’ALGERIE ET DE
TUNISIE.

CREDIT LYONNAIS.

JALABERT, Joseph (Banque de Syrie
et du Grand Liban). :

JOLY, Joannes (Société Marseillaise).

LLOYDS BANK Ltd.

MATHIEU &amp; MARTIN,

MICHELON &amp; Cle,

ROUX, Clément (Banque Phocéenne).

SOCIETE GENERALE.

SOCIETE MARSEILLAISE DE CREDIT
INDUSTRIEL, COMMERCIAL ET DE
DEPOTS. ;

lEULE, Pierre (Banque Nationale
Française du Commerce Extérieur).

VINEL, Auguste (Société Générale).

WESTMINSTER FOREIGN BANK Ltd.

BAUXITES

JNION DES BAUXITES.

BAZARS ET NOUVEAUTÉS

BORGOGNO (Ve) &amp; Cr,

SOCIETE DU MAGASIN GENERAL.

SOCIETE FRANÇAISE DES NOUVEL-
LES GALERIES.
BEURRES ET FROMAGES
BIFTRON, Etienne.
CROS, J.
DA VID, Edgard.

BIJOUTERIE, ORFÈVRERIE,
HORLOGERIE

JULLIEN, André (de H. JULLIEN Fils
aîné).

JULLIEN, Honoré (de Ve Jullien, A.
&amp; Fils cadet).

MORLOT, Henri.

PELLEGRIN, CG.

REY. Th. &amp; F.

BISCUITÉRIE -
MERY-ROUGIER &amp; Ci,
NICOLAS Frères.
ROUQUETTE, L. &amp; Cie
BITUME ET ASPHALTE
SOCIETE ANONYME DES MINES DE
BITUME ET D’ASPHALTE DU CEN-
TRE.
BLÉS ET CÉRÉALES

BRUN, Félix.

COMPAGNIE CONTINENTALE D’IM-
PORTATION.

TOMPTOIR COMMERCIAL ANDRE
&amp; CL,

SKALLI, A. Fils.

3PANOUDI, A.-P.

rANZY, E.

SOCIETE TUNISIENNE DE CEREA-
LES.
BOIS
3ERGMANN &amp; LANGE.
CAILHOL, Jean &amp; C*,
GOLLESSE, Amédée,

DELUY &amp; FASCIO.

ZTABLISSEMENTS M. BOYER.

TEDINGER &amp; JULLIER.

MA UDHUIT, F. Fils,

ROQUES, Paul.

SOGIETE COMMERCIALE ET INDUS.-
TRIELLE DES BOIS.

SYLVANDER, A. ;

VINCENT, Jos.

VLASSOPULO. M.-X. &amp; ROBIN, P.
BOITES METALLIQUES
(Fabricants)

CAMUS, L. &amp; L

INDUSTRIELLE MARSEILLAISE.

SOCIETE DES ETABLISSEMENTS
TAILLAN.
BOUGIES ET STEARINERIE
FOURNIER, L.-F. &amp; Cle
        <pb n="257" />
        256 —

BRASSERIE
BRASSERIE DE LA MEDITERRANEE.
BRASSERIE-MALTERIE « LE PHE-

NIX ».
MARX. L. &amp; C!°.
CABLES MÉTALLIQUES
JABLERIE PHOCEENNE.
BAFÉS ET THÉS
(Négociants en)
ARNAUD, P. &amp; MAUNIER, R.
AUBERT &amp; C*.
BRESARD, Jean.
DAMMANN, Emile.
DANON Benjamin.
DIGONNET, P.-L. &amp; C**,
DOMERGUE, E. &amp; C*.
3EMET, H. &amp; C!*,
GOBET &amp; UTRE.
JACQUEMET, Hippolyte.
PHILIFERT &amp; MAYEN.
JUILLE, J. &amp; Fils.
CAISSE DE LIQUIDATION
CAISSE DE LIQUIDATION DES AF-
FAIRES EN MARCHANDISES A
MARSEILLE.
GAISSIERS-LAYETIERS
BLANC, Auguste.
LAVAL, A, LAUDON &amp; CONTE.
RIBOULET, Emile.

VESIN, Joseph.
CAMIONNAGE-TRANSPORTS
(Entrepreneurs)

Cte Gle FRANÇAISE DE TRAMWAYS.

Gle Gle DES VOITURES MARSEILLAI-
SES ET FAVORITES.

J'e DES WAGONS-FOUDRES DE MAR-
SEILLE.

DUMAINE.

FRANCESCHI, Emile.

REINAUD, Lazare.

ROBERT, Paul.

SOCIETE AUTO-TRACTION.

SOCIETE ANONYME REYBAUD &amp; C*e,
caouTcHouc |
CROZE-MAGNAN, A. (Les Fils de).
PONTONX (de) &amp; C*,
SOCIETE AGRICOLE DE TANH-HUY-
HA.

CAPSULES MÉTALLIQUES
CAUVET, LAMBERT, H. &amp; C'*.
CARTONNERIE ET PAPETERIE

BARJON.

BARTHELEMY, J. &amp; C'.

BERGES. ;

CHANCEL, Père et Fils.

ETABLISSEMENTS ALAMIGEON.

GARCIN, Voltaire (Châteauneuf-de-
Gadagne, Vaucluse).

FOIRAND &amp; De GASQUET Frères.

PAPETERIES H. DODO &amp; C!,

ROSSOLIN, Daniel.

SCUDO, Jean.

SOCIETE FRANÇAISE DES PAPIERS
COUCHES.

JNION FRANÇAISE DES PAPETE-
RIES.
CHANGE (Agents de)
BLISSON, Jules.
BUTION, Jean.
GAUTIER, Albert.
GIMMIG, G.
MONNARD, Albert.
RICHARD, Jean.
VAUPLANE (de), Marcel.

CHANVRE, SPARTERIE,
SGCOURTINS
AUDIBERT, P. &amp; C*®..
MASSIAS,. Maurice.

CHARBONS, HOUILLES
ET AGGLOMÉRÉS
BAZIN, Max.

BERGASSE, Alexandre.

C'* HOUILLERE DE BESSEGES.

Cte DES MINES DE LA GRAND’COMBE.

Cle DES MINES DE VALDONNE.

FOUQUET, H. (Les Fils).

GERMAIN, Louis.

ROUSSELIER, Marcel. :

SOCIETE NOUVELLE DES CHARBON-
NAGES DES BOUCHES-DU-RHONE.

SOUS-COMITE DES HOUILLERES DE
FRANCE.

VIVIAN, H, CG. &amp; C!e,

WORMS &amp; Cle

CHARPENTES
ATELIERS DE CHARPENTAGE ET
DE MENUISERIE.
BARBE, Francois.
        <pb n="258" />
        557
CHARRONS-CARROSSIERS
DUBOST, Antoine.
AAMPAL, Téophile.
CHAUSSURES (Fabricants de)
«UGUSTO, L. Cadet (les Fils).
CSHAHPIN et ses Fils.
CHAUX, CIMENTS
ET CARRELAGES
BONTOURX, Jules.
NEGRE, Joseph.
NEGRE, Maurice.
SOCIETE DES CHAUX ET CIMENTS
ROMAIN BOYER.
SOGIETE COLONIALE DES CHAUX
ET CIMENTS PORTLAND.
SOGIETE J.-A. PAVIN DE LAFARGE.
CHEVILLARDS
NÉGOGIANTS EN BESTIAUX
BOUCHARD Fils aîné,
JOYE &amp; LIENS. ;
SOCIETE COOPERATIVE DES BOU-
CHERS CHEVILLARDS * DU SUD-
FST
CHIFFONS
ETABLISSEMENTS Léon FARGE de
J. GOUTTE.
CHIMISTE
GADAIS, Joseph.
CHOCOLAT
SOGIETE ANONYME DU CHOCOLAT
MOUREN.
GONFECTIONS, EQUIPEMENTS
LINGERIE ;
BARTHELEMY, A.
BELLE JARDINIERE,
BIMAR, G. (V"*), Au Bon Génie.
BOY, J. (High Life Tailor).
DUMAYET, Jean.
DUMAYET, G.
HUBERT DE VAUTIER &amp; Fils.
HUGUES, Paul,
LEVY, Emile.
MAGASINS PARIS-MARSEILLE.
MAYER, Albert.
SAVARINO, D. (Etablissements Séve-
rin).
SCHULL, Jacques.
SIMON &amp; C'e (A la Grande Maison).
WOLFF, René,
—

CONFISEURS-PATISSIERS
FUILLAUMIN, À.
IMBERT DE CASTELMURO.
CONSERVES ALIMENTAIRES
COMPAGNIE PHOCEENNE DE COM-
MERCE COLONIAL.
JOMPTOIRS DELHOM &amp; CONTE.
O0GIETE ‘ DES —ETABLISSEMENTS
TOY-RIONT.
JESCHI, Louis.
CONSTRUCTEURS-MÉCANIGIENS

ATELIERS ARMAND ET DEOUNE.

ATELIERS DE CONSTRUCTIONS DU
ROUET. ;

ATELIERS DES FORGES ET CHAN-
TIERS DE LA MEDITERRANEE.

BOISSON, Jean.

CHANTIERS ET ATELIERS DE LA
CAPELETTE.

DEVEZE, Paul.

ETABLISSEMENTS DUCLOS, Paul.

ETABLISSEMENTS BONNET.

FAVRE, Etienne.

“ARMINAT (de) (Société des Moteurs
Baudouin).

NOEL Aîné, PELLEGRINI &amp; Ce,

SAMAT, Louis.

SOCIETE DES ATELIERS TERRIN.

SOCIETE DES CHANTIERS ET ATE-
LIERS DE PROVENCE.

SOCIETE MARSEILLAISE ELECTRI-
QUE.

JOCIETE PROVENÇALE DU MATE-
RIEL INDUSTRIEL ET AGRICOLE.

lRANCHAND Frères,

VEYRON. Maurice.
CONSTRUCTEURS NAVALS

CHANTIERS NAVALS ET CHAUDRON-
NERIES DU MIDI

SOCIETE PROVENÇALE DE CONS-
TRUCTIONS NAVALES,

SOCIETE DE MATERIEL NAVAL DU
MIDI.
CORDAGES ET FICELLES
DUBOUL, BENNET &amp; Cie,
COURTIERS MARITIMES
BARRY, Fernand.
BAZIN &amp; ARKLESS.
BUDD, G.
CARR, William.
CREMIEUX, Marcel,
ROGLIANO, Marcel.
        <pb n="259" />
        SALLES, Eugène.
SAUNIER, CG
COURTIERS ASSERMENTÉS

ANTHOINE, Henri.

CAMAU (de Belieu, Camau et Jul-
liand).

TLAIREFOND, Marcel.

COBB, R.-J.

DUCLOS, Georges.

EYRAUD, Jean-Henri.

GAUBERT, Gustave.

HONNORAT, M.

[MBERT, Félix.

LAMBERT, Ferdinand.

LEROUXEL &amp; REY.

PALM, Ferdinand et Max (les Success.).

ROUSTANT, Auguste.

TEDESCO, Alexandre.
COURTIERS
ASSURANCES MARITIMES
BRUNET, Ch. &amp; CAUVET.
FTOMPTOIR FRANÇAIS DE COUR-
TAGE D’ASSURANCES.
FRAISSINET (les Fils de Léon).
TAFFE, X.-F.
BOURTIERS &amp; REPRÉSENTANTS

ANDOQUE, D.

ARNAUD, Michel.

AUGIER, Jean-Francis.

AUSSAL, Ludovic.

BJELKE, B.-À. ;

BESSAT, Frédéric.

BLOUCHOS, Alfred.

BROUILHET, Henri.

CANALS, P. &amp; G**,

COUZINET Noël.

COVIAUX, Louis.

JERE (les Successeurs d’Ant.)

COEN, Léon.

TOMPTOIRS PICHOT &amp; RENNEÇON.

COX, J.-H. (Les Successeurs).

DELIBES, Léon.

DESBIEF, E. &amp; Eug.

DEVOS &amp; DROMARD.

DURAND, Henri.

ETABLISSEMENTS GIRAUD MURE.

ETABLISSEMENTS FRANÇAIS H. À.
SCHMID.

FOUQUE, Edouard. ,

FOUQUE, J.-A. -

GAZELLE, Alfred.

GIL DE BOIRON &amp; C!*,

TOLDSCHMIDT &amp; EISINGER B.

GROSSMANN, E.
HONNORAT, P.
JONQUET, Victor.
JULLIEN, Th. &amp; Ed.
LASIES, Egide.

LIAUTARD &amp; MONNEROT
LIMOZIN &amp; CHANCEL.
LYNEN, Edgard.

MADON, E, &amp; F.

MARONI, Humbert.
MARTINY, Théodore.
MICHELIS, Fernand.

MIR, François.

MODIANO, Alphonse.
NAAR, frères.

NATAF, L.

NOUVEAU, H. &amp; HONNORAT, F
PALOMBE, Louis.
PELLET, Pierre.
PESMAZOGLOU, N.-G.
PHILOPAL, Gaston.
PIGEARD, H.

PONSARD &amp; MAGNAN.
RADISSON, Raymond.
RAYMOND, Joseph.
RICARD, Victor.
ROESLER, G. &amp; BISTAGNE, J.
SITRI, César.

TURCAT &amp; GAUBERT.
VICO, J. &amp; BONIFAY, E.
CUIRS ET PEAUX

ASCOLI, Arturo.
3ADET, Edouard.
CHENIEAU, Louis, fils.
DUFOUR, Jean.
FABRE &amp; Fils.
FARSIN, A. &amp; Ce.
SKRAWITZ, Auguste.
KAHN, Ernest &amp; Joë.
LAURON, Jules.
PARODI, Paul.
rABET, René.
rEMPIER, Emile de Joseph.
SOCIETE D'IMPORTATION DE CUIRS

Fi PEAUX

DÉCORATEUR
Pour fêtes publiques et privées
SAUVAIRE. J.-B.

DENRÉES COLONIALES
DUFAY, Camille.
ESGUDIER, Antoine.
ESCUDIER, Jean.
LARFENE &amp; RANDELLI.
        <pb n="260" />
        — 959 —

MEYNADIER &amp; C',

MURET, ANDRIEU &amp; BRUN.
SCHAMASCH, C,

SOGIETE DES COMPTOIRS DUFAY
- &amp; GIGANDET,

VANEL, Louis.

DOCKS8
ET MAGASINS GÉNÉRAUX
BOIFILS, Georges et C't (Domaine
Cuoq).
Gt’ DES DOCKS ET ENTREPOTS.
DOMAINE GRANDVAL.
MAGASINS GENERAUX DU  PORT-
SUD (Vérane &amp; C'°).
ISSLAUB, Georges (Société des Docks
Libres).
DOUANES (Agents en)
COVIAUX, P. &amp; MAURE, M.
PLAISANT, Pierre.
lUTIER &amp; BOULLU.

DROGUERIE

BELIVIER Frères.

BERNARD, E.

BOURGEOIS, Pièrre.

CAUBET, A.

CHERKI &amp; DENNERY.

COTTEREAU &amp; ABDOU.

JOURDAN, F.

NEL, BOULAN &amp; MOHENG.

PRADON &amp; C*°,

©T'ABLISSEMENTS REYNAUD de MA-
ZAN.

SOCIETE DES PRODUITS RESINEUX
DU SUD-EST.

SOCIETE PROVENÇALE D’HERBO-
RISTFRIF FT DF DROCTERIE

ÉLECTRICITÉ, FORGE
ÉCLAIRAGE ET CHAUFFAGE
ATELIERS GEORGES MICHEL.
COMPAGNIE PROVENCALE D'FN-
TREPRISES.
DÜUCROS, Fernand.
GRANOUX &amp; C!e, ;
MANGON, Henri.
MOISSET Frères. .
RERUFFAT, A. &amp; OLIVE. P.

ENGRAIS
BELLEUDY, J. &amp; ORSANTI, L.
TARCIN, À. Fils aîné.
MESTRE, Joseph.
MILLAUD. P. &amp; Fils.

PAUL, À. &amp; C!*.
PERNOT, Albert.

SOCIETE MERIDIONALE DES PRO-
DUITS CHIMIQUES AGRICOLES.
SOCIETE DES USINES MARIE, Eug.-

&amp; Cle
ÉPONGÉES
FRANCE-EPONGE.
ETUDES TECHNIQUES
3OCIETE D’ETUDES TECHNIQUES
;  EXPERT MARITIME

COFFINIERES, Félix.
FAIENCE ET VERRERIE
GOMBERT, Eugéne.
FÉÈVEÉRIES
FEVERIES DE LA MEDITERRANEE.
FILATURES ET TISSAGES
CARMICHAEL, R. S.
COMPAGNIE FRANÇAISE DES FILA-
TURES ET FILS A COUDRE.
MAUBE, Paul.
SOCIETE DES FILATURES ET TIS-
SAGÉS.

FILMS ET APPAREILS
CINÉMATOGRAPHIQUES
JOMPAGNIE NOUVELLE D’EDITIONS
CINEMATOGRAPHIQUES « PHO-

CEA FILM ».
E'TABLISSEMENTS GAUMONT (Agen-
ca du Sud.Fat)\

FONDERIES
FONDERIES D’ACIER DU MIDI.
FONDERIES ET ATELIERS DU SUD-

FST*
FOURNISSEURS DE NAVIRES
BELLON, J.-B.
GAYMARD, S.
GUIBAUD, Jules.
PLAINDOUX &amp; Ct.
FRUITS SECS ;
ESTADAS, Bernard.
GABRIEL, Léon.
LOMBARD, Vietor.
MARTIN, J.
NEGRETTI, Georges.
SOCGIETE DES OASIS DU NORD AFRI-
CAIN
        <pb n="261" />
        260

GAZ ET ÉLECTRICITÉ
COMPAGNIE MERIDIONALE D’ECLAI-
RAGE ET DE FORCE.
ENERGIE ELECTRIQUE DU LITTO-
RAL MEDITERRANEEN.
MONTAMAT, Paul.
REGIE INTERESSEE DU GAZ.
SOCIETE L’ELECTRICITE DE MAR-
SEILLE.
SOCIETE DU GAZ ET DE L’ELECTRI-
CITE.
JNION GAZIERE DU SUD-EST.
GLACE ARTIFICIELLE
ZAFIROPULO Frères.
GLYCÉRINES
SOCIETE FRANÇAISE DES GLYGE-
RINES.
GRAINS ET FOURRAGES ‘
BERNARD, Marius.
GARIBALDI Frères.
HANCY, F. L.
RAYMOND P. Fils.
GRAISSES ALIMENTAIRES
ASSO, GAZAY &amp; C'e
RADISSON &amp; C!e,
SOCIETE DES FONDOIRS FERRIER.
l'OY-RIONT. Maurice.
GRAPHITE
SOCIETE DU GRAPHITE FRANÇAIS.
GRAVEURS
NICOLAS, Léonce (Photogravure du
Midi).
HERBORISTERIE
“OMPTOIR PLANCHON &amp; BOURGUET.
ETABLISSEMENTS GARBIT, A.
3ENE, Hippolyte.

JOCIETE PROVENÇALE D’HERBO-
RISTERIE ET DE DROGUERIE.
HOTELS, RESTAURANTS
ET CAFÉS

JAVASSE, Charles (Hôtel REGINA).
TOMPAGNIE HOTELIERE DE MAR-

SEILLE ET DE LA RIVIERA.
DAVID (Vr°) &amp; fils (Restaurant Basso).
ECHENARD (Hôtel du Louvre).
LAMBERT-PASCAL, Octave.
MAGALON, J. (Salons Massilia).

EYSSON «(Hôtel Bristol et Café de
l’Univers).

HUILES DE GRAÎNES
(Fabricants)
BURTIN-GUINDON &amp; C*°.
CORAZE, Charles &amp; C'*.
ETABLISSEMENTS ROBERTY.
ÉTABLISSEMENTS VERMINCK.
GUIOL, F.
GUIS, H. &amp; F.
HUILERIES M. BADETTY &amp; Fils.
HUILERIES DARIER DE ROUFFIO.
dAUILERIE NOUVELLE.
HUILERIE ET SAVONNERIE DE LU-
RIAN.
JUILERIES Antonin ROUX et SA
VONNERIES J.-B. PAUL.
LUZZATTI &amp; C*,
WAGNAN Frères.
MAUREL, H. PROM &amp; MAUREL Frè-
res.
XEGGIO. Nicolas. -
XEGIS, Victor &amp; C*,
ROCCA, TASSY &amp; de ROUX.
SIMON &amp; HEYNE. ‘
VALABREGUE, Jacques.
HUILES D'OLIVE (Fabricants)
AUBERT, Alfred, à Salon.
CARCASSONNE, Edouard, à Salon.
CORNU, Marcellin, à Salon.
ETABLISSEMENTS Ed. —TARRAZI

&amp; Gle,

STABLISSEMENTS ADOLPHE PUGET
FABRE, Jules, à Salon.
FOURNIER-DELILE, à Salon.
3AVAUDAN, J.-B.

MALBOS, G.

MARTINA, Joseph, à Salon.
NICOLET, Ferdinand.

’LAGNIOL de JAMES.

PUGET, Adolphe.

YIAIL. Antoine.

HUILES MINÉRALES
ET GRAISSES INDUSTRIELLES
BOYER &amp; CAVAILLON.
ETABLISSEMENTS RASTIT, Henri.
FAJON, P. &amp; C!*,
SANGUINETTI, Pierre.
TASSO, Henri.
VILLEMINOT, Paul.
HUISSIER
BREUIL, Gaston.
        <pb n="262" />
        — 261 —

IMPRIMEURS
BUROTTO &amp; SAUVION.
DUPEYRAC, G. &amp; C**.
ÉTABLISSEMENTS G. DE ANDREIS
(imprimeurs sur métaux).
FERRAN, Jeune.
FOURNIER (les Fils de L.).
SUENEUX Frères.
TUIRAUD (Imprimerie Provençale).
[MBERT, Eugène. '
IMPRIMERIE MARSEILLAISE.
IMPRIMERIE DE LA MEDITERRA-
NEE.
MAURIN &amp; PAGES.
MOULLOT, Fils aîné.
SICARD, L, &amp; C*.
SOCIETE ANONYME DU SEMAPHORE.
INGÉNIEURS
ANGST, Georges.
TALAS, Maxime.
COSTA, Joseph.
DAVERIO &amp; C**.,
DOR, Pierre.
DRUGE, Joseph (Aix-en-Provence).
TALCOT, Etienne.
FAVRE, J.-M.
GINESTE, Fugène.
HUBERT ,Maurice.
JAMET, Marcel-Louis.
LANVERSIN (de), François.
LANVERSIN (de), Joseph.
MARTINY, Henri.
PIC, Louis.
VALETTE, Ernest.
YILLETARD, Henri.
LAINES
BARTHELEMY, C.
CAUNE, Henri &amp; Cte,
FRANÇOIS &amp; C?e,
GROS, Valentin &amp; C!e,
LANTHEAUME, HOFFMANN &amp; C",
LEVY, les Fils de S.
LOCHE &amp; RANKWILER.
ODE, L. Fils &amp; C*e,
LÉGUMES SECS

BLOCH, A. &amp; KAHN A.
ETABLISSEMENTS LONG FRERES DE

PIERRE LONG.
MANIN &amp; CLAVEL.
JALENTI &amp; Cle
LIÈGES ET BOUCHONS
PAUL, Emile.
SQCIETE NEGRE &amp; C!,

LITS MILITAIRES (Fabricants)
\MAN VIGIE PARET &amp; C*e,
MAISERIES
MAISERIES DE LA MEDITERRANEE.
MARBRIERS
TINEL (Saint-Marcel).
MENUISERIE
ROSSOLLIN, Albert. ‘
MÉTAUX
AYASSE, Alexandre.

BROSSETTE &amp; Fils.

ZOMPAGNIE COMMERCIALE ET IN-
DUSTRIELLE DU MIDI.

DELISLE, François (L’Auxiliaire mé-
tallurgique industriel marseillais).

DESCOURS, CABAUD &amp; C*.

MANHES Frères,

RICHARDSON, À.

SOCIETE DES ACIERIES DE LONGWY

SOCIETE MINIERE ET METALLUR-
GIQUE DE PENARROYA,. L’Estaque.

MEUBLES ET AMEUBLEMENTS

(Fabricants)

BLANC Frères.

DAVID Frères.

PAUL, J.

WANDENBERG, J.
MINOTIERS ET FABRIGANTS
DE SEMOULES
ARNAUD, Emile.
BARBARO, L. &amp; Fils.
BLANC, Henri.
GAT &amp; OLIVIER.
CHOMEL, Félix (de).
ETABLISSEMENTS FERRAND &amp; RE
NAUD.
ETABLISSEMENTS Louis REMUZAT.
TUIEU, Charles.
JUGOZ, Jean.
RON, M.
LANTEAUME, M. (les Fils de).
LAUZIERE, Henri.
LOMBARD, Fortuné (les Fils de).
MAUREL, Pierre.
PENGEL, Joachim.
PINATEL, Félix.
PRAT, L. &amp; GUIEU, Ch.
RACTNE, Auguste et Fils,
RAMBAUD, Baptistin.
ROBEIN (V"*), Félix et C!s,
        <pb n="263" />
        — 262 —
SOCIETE ANONYME DES MOULINS

D’ARENC.
STORIONE, Michel (les Fils de).
TASSY, Charles.

MIROITIERS

BELTJENS &amp; GUENEBAUD.
CORNET, Edouard.
NUGUE. Albert.
NAVIGATION AÉRIENNE -
JOCIETE MARSEILLAISE DE NAVI-
GATION AERIENNE:
NÉGOCIANTS-COMMISSIONNAIRES
IMPORTATEURS-EXPORTATEURS

(MARAGGI, N. &amp; C'®

ANGUIER, M. &amp; COURMONT, E. °

ASFAR &amp; G'e

ASSAEL, P. HANANIA, G. &amp; C*.

ASSOUAD &amp; C*,

AZOULAY, Abraham. -

BARRAU, Ernest.

BEAU, H. &amp; C**.

BENDIT, LIMBURGER &amp; G*,

BERENGIER, L. &amp; GIANONNI, À

BERGASSE, Charles &amp; C*.

BERGER, Charles.

BESSON, L.

BOCCARA, Henri.

BON, A.-M. &amp; Ct,

BORELLI, Jérôme.

BORTOLI Frères.

BOURDILLON &amp; C*.

BOVET, Louis.

BRUN, Henri.

BUISSIERE, Jean.

GASSIN, Fédia.

CHANAL, Louis.

COMBARNOUS &amp; LAUGIER.

COMPAGNIE FRANÇAISE DE L’AFRI-
QUE OCCIDENTALE.

COMPAGNIE DU BOROR.

COMPAGNIE DE COMMERCE ET DE
NAVIGATION D’EXTREME-ORIENT,

COMPAGNIE COMMERCIALE MAR-
SEILLAISE. ;

GOMPAGNIE FRANÇAISE DU NORD
MAROCAIN.

COMPTOIR COMMERCIAL HERTER
ET DU COLOMBIER.

CONTIADES, Jean.

CONZA, L.

DARAS, Georges.

DARAS, Nicolas.

DAUPHIN, J.-B.

DEVILLE, J. &amp; Cl:

DOUGLAS &amp; Ce.

DREYFUS, Louis &amp; C!°,

JUCLOS, Marcel.

TTABLISSEMENTS VIDAL &amp; Ut!

*ABREF, G &amp; Ci,

TABRE, Louis.

FIASTRE, Charles.

JALINIER, Félix.

FARCIA, Ramiro.

*LEURY, J. &amp; BOUISSON. ;

FOURNIER, Frédéric.

FIRAUD Frères (les Fils de).

3IRAUD, Félix (Société du Madal).

GUEYDAN Frères.

ÆAAINS, J. &amp; C!,

1ESKEL, Eliezer.

ÆATUBSCHER, Henri (Compagnie Com-
merciale Marseillaise).

LLNER, Gustave.

JACQUET, Ch.

XASADO, K.

LAVAL, Paul,

EFENHARDT, Paul.

LEGRAND, J.-H.

IMOZIN, Lazare &amp; Cle

MALCOR, Charles.

ŒAYOUX, Victor,

PALAIS, Claudius.

&gt;ERDOMO, Louis.

POUCEL, F.

PERIE, Albert.

PISANT, Alex-C.

lHE PRODUCE BROCKERS &amp; Cle,

RALLI, Frères.

RIES, M. &amp; ses Fils.

20GER, Léon.

XOUBAUD, Paul.

XULHE, M. &amp; de VALLON, Pierre.

SCHULTZ, Albert.

SIGNORIO (de), Henry.

SOGIETE FRANÇAISE BUNGE (S.A.).

SOCIETE COMMERCIALE MEDITER-
RANEENNF.

JOCIETE COMMERCIALE &amp; INDUS-
TRIELLE DE LA COTE D’AFRI-
QUE. ;

SOCIETE COMMERCIALE ET INDUS-
TRIELLE DU MIDI.

SOCIETE DE COMMISSION ET DE
CONSIGNATION COLONIALES.

SOCIETE D’HONQUAN.

SRABIAN, Edouard,

TFKFIAN, Frères.

TOLEDO (de), A.

UNION COMMERCIALE INDO-CHI-
NOISE &amp; AFRICAINE.

VASSILIADI, Démosthènes.

VEZTIA, L. &amp; C*°,

VIDAL &amp; Cte
        <pb n="264" />
        268 —

XYDIAS, G.-J.
ZARIFFI, P. Fils.
NOTAIRES

JOURDAN, Th.
MARIA, Paul.
PHILIPPON, Antoine.
ORGANISATION COMMERCIALE
SOCIETE D'’ORGANISATION COM-

MERCIALE S. O. C.

PAPIERS PEINTS

TIAN. C.-M.
DARFUMS ET ÉSSENGCES
AUZIERE, Paul.

CAUBLOT (les Successeurs de).
ETABLISSEMENTS GAZAN, Joseph.
LORENZY-PALANCA.

MIR, Lucien.

MOURRE, Charles.
PARQUETS (Fabricants de)
FELIX, A. JOUVIN &amp; VIMAR.
PATES ALIMENTAIRES
(Fabricants de)
CARRET &amp; Fils.
CODOU, Félix.
3IVALS. H.
PEINTURES ET VERNIS
BOURRET, A.
CHABAURY &amp; C*e, ;
DUFOUR, Antonin.
DUFOUR, Francis-Antonin.
DUFOUR, Gaston.
ÉTABLISSEMENTS JULIEN.
FRELING, L. &amp; L. Fils.
MANUFACTURE ALEXIS BREYSSE
&amp; Cie,
RENAUDIN, Emile.
SOCIETE DES PEINTURES SOUS-MA-
RINES « LA NATIONALB ».
SOCIETE FRANÇAISE DE PEINTU-
RES ET VERNIS.
PETROLES ET ESSENCES
BOSC, Gaston.

COMPAGNIE GENERALE DES PE-
TROLES.

SOCIETE GENERALE DES HUILES
DE PETROLES.

PIPES (Ebauchons en Bruyère)

VASSAS, À. &amp; J.

. POMMES DE TERRE
ET PRODUITS AGRICOLES
à BRATE-CHIAFFRINO.
TOMPTOIR —AGRICOLE = WAGNER
&amp; Ce.
3STABLIER. 8
LOUCHON.
MOUTONNET, J.-B.
ROMAN-LANTHEAUME.
PORTEFAIX (Maîtres)
CGAUSSEMILLE, Paul.
FOURNIER, Maurice.
PRAMPAL. Honoré.

PRODUITS ALIMENTAIRES
AULAGNIER E. &amp; LODY, C.
CHARASSE, Baptiste.

PIETRI, Paul.

ROCCAS, A.

SOCIETE D’APPROVISIONNEMENTS
ALIMENTAIRES.

SOCIETE MERIDIONALE D’ALIMEN-
TATION.

SOCIETE DES PRODUITS ALIMEN-
TAIRES C, P. G.
PRODUITS CHIMIQUES

AUROUX, Gabriel.

CARTIER, Henri.

COMPAGNIE GENERALE DES PRO-
DUITS CHIMIQUES DU MIDI.

COMPAGNIE DE SAINT-GOBAIN,
CHAUNY ET CIREY.

COMPTOIR COMMERCIAL FRANCO-
SUISSE.

DUCLOS Frères &amp; C!e, de B. GRIMES.

ETABLISSEMENTS CAILHO (anciens).

ETABLISSEMENTS KUHLMANN (l’Es-
taque).

GRANJON, R. Fils &amp; C!°,

LAMBERT-RIVIERE &amp; Cte,

LEGRE, M. &amp; J.

RAFFINFRIE MÉRIDIONALE DE CE-
RESINES.

3OCIETE ETABLISSEMENTS MANTE
&amp; Cle,

SOCIETE DES PRODUITS CHIMIQUES
ROUSSELOT.

SOCIETE MERIDIONALE DE. PRO-
DUITS CHIMIQUES AGRICOLES.
SOCIETE MARSEILLAISE DU SUL-

FURE DE CARBONE,
USINES SCHLOESING &amp; C"*,
VENCE., Joseph.
        <pb n="265" />
        — 264
PRODUITS COLONIAUX
SOCIETE AGRICOLE DE SAMBAVA
ET ANTALAHA.
PRODUITS PHARMAGEUTIQUES
ANDRE &amp; LIEUTIER.

LABUSSIERE, Henri,

MAURIN (V“*), Gabriel &amp; C".
RICARD-DIGNE (V"*), A.

SILBERT, RIPERT Frères &amp; C*,
PUBLICITÉ
{Informations-Journaux)

AGENCE HAVAS.
DEVOUX, Augustin.
LUGAGNE, Gabriel.
LE PETIF MARSEILLAIS.
SAVON-PEIRRON, Jean.
SOCIETE ANONYME LE RADICAL.
SOCIETE ANONYME LE SEMAPHORE.
QUINCAILLERIE
INDUSTRIELLE
CARDINAL, Frères,
EMPEREUR, Alfred, Jeune.
Z3TABLISSEMENTS E. BARTHELEMY.
ZTABLISSEMENTS ROUZAUD.
JUVENAL Frères. ‘
OUTILLAGE INDUSTRIEL.
SADOULET, A.
VRIES (de), Albert.
RÉGLISSERIE

BOUDINAUD, J. &amp; DELEUZE.
TEISSONNIERE &amp; KREITMANN.
RELIEUR
GENTET, Victor.
RIZERIES
BUREAU D'EXPERTISE ET D’ARBI-
TRAGE DES RIZ, LEGUMES SECS
ET GRAINES.
COMMERCIALE DES RIZ.
COMPAGNIE MARSEILLAISE DES
RIZ D’INDO-CHINE.
PELLAS Frères.
RIZFRIFES INDOCHINOISES.
RIZERTES LEVESQUE.
RIZERIE MODERNE,
RUFFIER-VERDURAZ. '
SOCIETE INDUSTRIELLE DES RIZ
FT LEGUMES SEGS.
SOCIETE NOUVELLE DES RIZERTES
MERIDIONAIES

SACS TOILES ET BACHES
BRUNET Frères.
CHABAUD, Joseph.
GRISTOL, Louis.
JELPIN, Alfred.
DELPIN, Paul &amp; C,
GARDAIR &amp; Fils.
GOT, Paul &amp; C*,
SAINT Frères.
SOCIETE ANONYME PIGNOL.
MOLINIER. Alnhonse.

SALINS
COMPAGNIE DES SALINS DU MIDI.

SAVON (Fabricants de)

AILLAUD, Paul.

ARNAVON, André.

3ELLON, J.-D. &amp; G'e,

BOIFFILS &amp; RIBE.

ETABLISSEMENTS GOUIN, HUILE-
RIES ET SAVONNERIES DE LA
GRAPPE.

*ERRIER &amp; C'e.

GONCET (les Successeurs de).

LECA &amp; CG! (les Successeurs de).

MALATERRE &amp; POURRIERE.

MARQUIS, M.

MERKLIN &amp; POUPARDIN.

XICHELME &amp; C?e,

RXOSTAND, Alfred &amp; Fils.

XOUSSET Frères.

XOUX, Th. &amp; M.-P.

3JAVONNERIE L’AMANDE,.

SAVONNERIE LA MOUCHE.

SOCIETE DES SAVONS DE MAR-
SEILLE. ;

SOCIETE PHOCEENNE DE SAVON-
NERIE ET D’HUILERIE.

SOCIETE DE SAVONNERIE MARSEII.-
LAISE,

SAVONNERIE DE LA MEDITERRA-
NEE,

&gt;AVONNERIE PROVENÇALE.

3AVONNERIE LA VIERGE.

F'IVOLLIER de GOURJON.

l'OURNIER. Clément
SOCIÉTÉS IMMOBILIÈRES
COMPAGNIE FONCIERE MERIDIO-
NALE.
SOCIETE IMMOBILIERE MARSEIL-
LAISE.
SOCIETE PROVENÇALE —IMMOBI-
LIFRE.
        <pb n="266" />
        265

SOIES
CHABRIERES, MOREL &amp; Ce,
CROZE-MAGNAN &amp; G. PLIGOT.
SOCIETE LYONNAISE DES MAGASINS
GENERAUX.
MIRZAYANTZ, Siméon &amp; ses Fils.
MOURGUE D’ALGUE, Albert.
SOGIETE LYONNAISE SERICICOLE.
SOCIETE FRANÇAISE DE SERICI-
CULTURE.
STOCKER, R.
SOUDURE AUTOGENE
SOCIETE DE L’ACETYLENE  DIS-
SOUS DU SUD-EST.
SOGIETE L’AIR LIQUIDE.
SOUFRE
BOUDE, Antoine,

ESMIEU &amp; FILS.

GOUIN, Adolphe (Raffineries de sou-
fre de la Méditerranée).

RAFFINERIES DE SOUFRE REU-
NIES. .

RAFFINERIES INTERNATIONALES
DF SOUFRE.
SUCRES
RAFFINERIES DE LA MEDITERRA-
NEE.
RAFFINERIES DE SAINT-LOUIS.
SOGIEÈTE ANONYME LINGEMAN
&amp; Cie
SURVEILLANCE
DE MARCHANDISES
KAHN, John.
TARON. Marcel.
TABACS

MARSEILLE-INDUSTRIE.

TANNERIE
ASTRUC. Fils.
TEINTURERIE BLANCHISSERIE
FRAISSINET, H. et Ce,
A4EGIS. Louis.
TISSUS
ALLIER, François.
NEGREL &amp; ISNARD.
SIGAUT. Jean.

TONNELLERIE
3ERLINGUE, Charles.
STABLISSEMENTS CRUZILLE.
MARQUANT. G.

PELAS, Marius.
SOCIETE ‘NOUVELLE DES ANCIENS
ETABLISSEMENTS BOUES &amp; Cie
TOURTEAUX
COMPTOIR AMEDFE HOURS.
ETABLISSEMENTS CONSTANTI.
AALDI, Adolphe.

LIZIERE &amp; FAVET.
MERCIER, Louis.

VAYANT &amp; C!-.
TRANSBORDEMENTS
MARITIMES ET MANUTENTION

3LANCHET, Alexandre.

ZSTIER Frères &amp; C'*,

MICHEL, Ludovic.

SOCIETE GENERALE DE REMOR-
QUAGE.

SOCIETE PROVENÇALE DE REMOR-
QUAGE,

SOCIETIE MARSEILLAISE DE TRA-
FIC MARITIME,

SOCIETE GENERALE DE TRANSBOR-
DEMENTS MARITIMES.

SOCIETE DE TRAVAUX ET INDUS-
TRIES MARITIMES.

THIERRY. Paul.

TRANSITAIRES

CAUSSE, E. &amp; C!e,

TGOMPTOIR MARSEILLAIS DE TRAN-
SIT MARITIME ET TERRESTRE.

ZONSORTIUM SAVON Frères.

ETABLISSEMENTS CROTTE &amp; C'*,

FABRE, Marcel,

POURNES, Auguste (Messagerics Na-
tionales).

TABIZON, Félix.

3AY, Edouard.

TENESTAL &amp; Gt,

JONDRAND Frères.

TERNU PERON &amp; C!e

[AUJON, Paul.

JOURDAN, Marius.

MOLINART, Albert.

MAURY &amp; GILBERT.

MOURIES &amp; BARRET, Gendre.

NEVEU, Henri.

PLAISANT, Pierre.

PLANTADE &amp; QUEREIILLAC.

PUTHET, E. &amp; C'e,

SOCIETE FRANÇAISE DE SURVEIL-
LANCE ET TRANSIT.

SOUPERBAT. Jacques.
        <pb n="267" />
        266 —

VALETTE, Ernest.
VALLE, N.
“EUX, Joseph (Vairon, Ch. &amp; C!#).
TRAVAUX PUBLICS

BOURDILLON, Léon, administrateur
de la Société Provençale de Travaux
Publics.

DURAND, J.-B.

EMERY, Louis.

ETABLISSEMENTS COURBET Frères.

GUIRAMAND, Louis.

JAUFFRET &amp; PUGET,

SOCIETE DES GRANDS TRAVAUX
DE MARSEILLE.

SOCIETE MERIDIONALE DE TRA-
VAUX, -

SOCIETE PROVENÇALE DE TRA-
VAUX PUBLICS.

FOURRE, Charles,

TRITURATEURS
l'AILON Frères.
TUILES, BRIQUES,

SÉRAMIQUES ET POTERIES

ROUX Frères, à Saint-Henri.

SOCIETE MANUFACTURE NOUVEL-
LE DE POTERIES DE GOLFE JUAN-
VALLAURIS. ;

SOCIETE DES TOMETTES ET CERA-
MIQUES DE SALERNES,

SOCIETE DES TUILERIES ROMAIN
BOYER.

SOCITETE GENERALE DES TUILE-
RITES DE MANSEILLE &amp; Cr,

SOCINTE ANONYME DES TUILERIES
ET BRIQUETERIEFES DE BERRF.

SOCIETE ANONYME DES TUILERIES
DE LA MEDITERRANEE,

SOCIETE DES TUILERIES DE SAINT-
MARCEL.
VÉERRERIE
QUEYLAR (de) Ch, &amp; Fils,
VINAIGRE
GRANDE VINAIGRERIE MARSEIL-
LAISE,
VOYAGES (Agence)
COOK, Th.-&amp; Fils.

VINS ET SPIRITUEUX
BLANC, Charles, Le Puget-Ville.
BLANC, Louis, Hyères.

BOYER, Jules, Fils aîné.

COMPAGNIE FRANÇAISE DES BOIS-
SONS HYGIENIQUES.

CUSENIER, E. Fils aîné &amp; Cie,

ÉTABLISSEMENTS VINS J.-B. &amp; A.
ARTAUD Frères.

JARCIN, Justinien (ancien négociant).

JENOT, . Eugène (Commerciale des
Vins).

GERARD, J.-G. &amp; P, Frères,

SOUVENCEL, Jean (Socièté Vinicole de
la Méditerranée).

1AMBERT, Ernest &amp; C'e,

LATIL, J. Paul. :

MARGNAT Frères.

NOILLY-PRAT &amp; C!*,

PICON &amp; C*,

RAMPAL, Aîné, ;

SOCIETE Adrien ARTAUD &amp; Cr,

SOCIETE DES ANCIENS ENTREPOTS
DE VINS SALVARELLI.

VERNET &amp; Cle

ASSOCIATIONS, CHAMBRES SYNDICALES, GROUPEMENTS,
SYNDICATS ET UNIONS
ASSOCIATION DES AGENTS ET CONSIGNATAIRES DE NAVIRES.
DE DEFENSE COMMERCIALE DES BOISSONS.
DES EXPLOITANTS DE CHARBON DU SUD-EST.
AMICALE DES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE CENTRALE
DES ARTS ET MANUFACTURES. &gt;
DES ANCIENS ELEVES DE L’ECOLE SUPERIEURE DE COM-
MERCE.
AMICALE DES ANCIENS MEMBRES DU TRIBUNAL ET DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE DE MARSEILLE.
AUTOMOBILE-CLUB.
CHAMBRE SYNDICALE DE L’AMEUBLEMENT.
DES NEGOCIANTS EN AMANDES, Aix-en-Provence.
DE L’'AUTOMOBILE ET DE L’AVIATION.
        <pb n="268" />
        267

CHAMBRE SYNDICALE DES FABRICANTS DE CHAUSSURES PAR PROCEDES
MECANIQUES.
DES HUILES ET GRATSSES INDUSTRIELLES.
DES MAITRES-PORTEFAIX ET SIMILAIRES,
DES METAUX ET PRODUITS METALLURGIQUES DU
SUD-EST DE LA FRANCE. -
DE LA NOUVEAUTE DE MARSEMLE, CONFECTIONS,
BAZARS ET SIMILAIRES,
DE L'ORGANISATION COMMERCIALE.
DES PARFUMEURS.
DES MANUFACTURIERS ET NEGOCIANTS EN TOI-
LES ET SACS. ;
COMITE REGIONAL DES CONSEILLERS DU COMMERCE EXTERIEUR.
COMPAGNIE DES COURTIERS DE MARCHANDISES ASSERMENTES.
DES EXPERTS COMPTABLES AGREES DES BOUCHES-DU-
RHONE.
ECOLE D'INGENIEURS.
FEDERATION DES INDUSTRIES METALLURGIQUES ET CONNEXES DE LA
REGION MARSEILLAISE,
INTERSYNDICALE DES MINOTIERS ET FABRICANTS DE
SEMOULES.
DES SYNDICATS DU COMMERCE DES HUILES D’OLIVE
DE FRANCE.
GROUPEMENT SYNDICAL DES EXPEDITEURS DE FUMIER.
LA MUTUELLE DU CAMIONNAGE,
SOCIETE DES COMMERÇANTS, MAGASINIERS ET INDUSTRIELS.
SYNDICAT DES COURTIERS D’ASSURANCES MARITIMES.
DES ASSUREURS MARITIMES,
DES REPRESENTANTS A MARSEILLE DES COMPAGNIES OU
SOCIETES D’ASSURANCES CONTRE LES ACCIDENTS.
DES REPRESENTANTS A MARSEILLE DES COMPAGNIES D’AS-
SURANCES CONTRE L’INCENDIE.
GENERAL DE LA BAUXITE.
DES COMMISSIONNAIRES EN BESTIAUX DE LA VILLE DE
MARSEILLE,
DES FABRICANTS ET DETAILLANTS BIJOUTIERS, JOAILLIERS,
ORFEVRES, HORLOGERS DE MARSEILLE ET DE LA REGION.
DES COURTIERS ET AGENTS EN CAFES.
DES NEGOCIANTS EN CAFES, POIVRES, CACAOS ET THES.
DES ENTREPRENEURS DE CAMIONNAGE,.
DES IMPORTATEURS DE CEREALES,
DES COURTIERS EN CEREALES ET DERIVES,
DES MAITRES CHAUDRONNIERS EN CUIVRE.
DES MAITRES CHAUDRONNIERS EN FER.
DES NEGOCIANTS EN CHIFFONS ET VIEUX METAUX DU SUD
DE LA FRANCE.
DES CONSTRUCTEURS ‘ELECTRICIENS DE MARSEILLE,
DES CONSTRUCTEURS MECANICIENS DE MARSEILLE.
DES CONSTRUCTEURS NAVALS EN BOIS ET ASSIMILES.
DES CONSTRUCTEURS ET REPARATEURS DE NAVIRES DE
MARSEILLE.
GENERAL DES COULEURS ET VERNIS DE PROVENCE.
DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE DE LA COULEUR ET DU
VERNIS DE MARSEILLE ET DE LA REGION.
DES COURTIERS ET REPRESENTANTS EN MARCHANDISES,
FRANÇAIS ET PATENTES DE MARSEILLE.
DES CUIRS ET PEAUX DE MARSEILLE ET DU MIDI,
        <pb n="269" />
        268

SYNDICAT DE L’INDUSTRIE DES CUIRS ET PEAUX DE MARSEILLE ET
DU SUD-EST,
DES NEGOCIANTS EN DENREES COLONIALES.
JE LA DROGUERIE ET DES COMMERCES ANNEXES.
PROFESSIONNEL DES FABRICANTS D’ENGRAIS DU MIDI.
DES EXPORTATEURS.
DES REPRESENTANTS ET COURTIERS EN FARINES DE BOU-
LANGERIE. ‘
DES MAITRES FONDEURS DE MARSEILLE.
DES MARCIHANDS DE FOURRAGES, GRAINS ET SIMILAIRES.
JENERAL DU COMMERCE DES FRUITS,
DES IMPORTATEURS DE GRAINES OLEAGINEUSES,
DES NEGOCIANTS EN GRAINS.
GENERAL DU COMMERCE EN GROS DE L’HABILLEMENT DU
MIDI.
DES PATRONS D'HOTELS, RESTAURANTS ET CAFES.
DES IMPORTATEURS DE HOUILLES DU PORT DE MARSEILLE.
DES FABRICANTS D'HUILES.
DU COMMERCE DES HUILES D’OLIVE.
OU COMMERCE DES HUILES ET TOURTEAUX DU MARCHE
REGLEMENTE DE LA BOURSE DE MARSEILLE,
DES NEGOCIANTS EN HUILES ET SAVONS DE SALON.
JES MAITRES-IMPRIMEURS.
SENERAL DES INDUSTRIES CHIMIQUES.
D'INITIATIVE DES INTERETS DE LA CORSE.
DU COMMERCE DES LAINES,
DU COMMERCE DES LEGUMES SECS ET GRAINES DE MARSEILLE.
JE L’INDUSTRIE DU CASSAGE ET DECORTICAGE DES LEGUMES
SECs.
DES ENTREPRENEURS DE MAÇONNERIE ET DE TRAVAUX
PUBLICS DES B.-D.-R. :
MARSEILLAIS DE LA MARINE MARCHANDE.
DES ENTREPRENEURS DE MANUTENTION.
DES MINOTIERS INDUSTRIELS DE MARSEILLE ET DE LA
REGION.
DES MINOTIERS ET SEMOULIERS À FAÇON DE MARSEILLE ET
DE LA REGION.
DES NEGOCIANTS-COMMISSIONNAIRES DE MARSEILLE.
MARSEILLAIS DES NEGOCIANTS DE L’OUEST AFRICAIN.
DES FABRICANTS DE PATES ALIMENTAIRES DES B.-D.-R.
DES PESEURS JURES.
GENERAL DES PHARMACIENS.
DES NEGOCIANTS ET EXPORTATEURS DE POMMES DE TERRE.
DES NEGOCIANTS EN POMMES DE TERRE ET PRODUITS AGRI-
COLES. 2
PROVENÇAL DES PRODUCTEURS, COMMERÇANTS ET EXPOR-
TATEURS DE POMMES DE TERRE.
DES EXPEDITEURS DE PRODUITS AGRICOLES.
DES FABRICANTS DE REGLISSE DE FRANCE,
DES FABRICANTS DE PRODUITS RESINEUX DE PROVENCE.
DES RECEVEURS DE RENTES ET GERANTS D'IMMEUBLES.
DES RIZ ET DERIVES.
3ES COURTIERS ET REPRESENTANTS EN RIZ ET LEGUMES.
SECS.
DES COURTIERS FRANÇAIS ET PATENTES EN SACS ET TOILES.
DU COMMERCE DES SAINDOUX, GRAISSES ET SALAISONS.
DES FABRICANTS DE SAVON.
GENERAL DES FABRICANTS DE SEMOULES DE FRANCE.
        <pb n="270" />
        269 —

DU COMMERCE DES SOIES, COCONS ET DECHETS DE SOIE.
DES RAFFINEURS DE SOUFRE.
DES PATRONS TONNELIERS. ;
PROFESSIONNEL DES SULFUREURS DU SUD-EST.
DU COMMERCE DES TOURTEAUX.
DES COURTIERS EN TOURTEAUX DE MARSEILER.
DES EXPORTATEURS ET IMPORTATEURS DE TOURTEAUX,
DU COMMECE DES SUCRES.
DES TRANSITAIRES.
DES NEGOCIANTS EN GROS EN VINS, SPIRITUEUX ET
LIQUEURS.
UNION SYNDICALE DES COMMERÇANTS EN VINS DE LA COMMUNE DE
MARSEILLE.

SYNDICAT
        <pb n="271" />
        <pb n="272" />
        TABLE DES MATIÈRES

Pages

Liste des Présidents de la Société depuis sa fondation....-...... 5

Liste des Présidents honoraires........+.+0000000 eee na ven cc 000000 5

Composition de la Chambre Syndicale pendant l’exercice 1926...... 7

Commission des Tribunaux Arbitraux.....0&lt;00 0000 cena ea ace c eee 9
Compte rendu des travaux présenté par M. le Président à l’Assem-
blée générale du 1 février 1927.....00400000 0 ue nca ne eee ec ae tee
Présidents des Syndicats Patronaux (Assemblée générale du 28

mai 1926) ...- _...…. 26, 127

Douanes, Questions Fiscales et Economiques
Apprentissage (Taxe d’) ...….......--- __ ..….…….. 21, 42
Chiffre d’affaires. Taxe due par les transitaires traitant à forfait. 38
Contribution volontaire .......... 27, 28
Exportation (Entraves à P)........- ses ue+0+02 15, 17
Exportation (La Taxe à l)......0020000000 0 eee nne nee scene ess 13, 15
Exportation (Les Transitaires et la Détaxe à P).............. 38, 121
[Importation (La Taxe à l)....02000000 00 0e een ce .……. 17, 18
Formalités douanières (Simplification des).........+4+000200000000e 35
Politique douanière (Les Echanges internationaux et la)...... 23, 185
Révision du Tarif général des Douanes.....- Lana s10 22, 24
Stabilisation monétaire .......- Le... 25, 132
Taxe à la Production (La).- 18. 20. 55, 100

Législation Industrielle et Commerciale
\ssurance-Crédit. ......... LL pauvres 40, 17
“lause Compromissoire en Matière commerciale..........-. 30, 57, 154
“lauses de Connaissements (Les)........... s.……….. 28 29, 64

Transports, Questions Postales, Télégraphiques
et Télénhoniques

Bureaux de Poste (Création de)...

Courrier (Distribution du)......+..……...-

l'élégraphe : Améliorations techniques.......……....0.00000e nes se 0000

l'éléphone : Améliorations techniques ; développement du réseau ;
Programme 1927 ..- .…….…. à,

32
32
33

35
        <pb n="273" />
        — 272 —

Questions diverses
Pages

Allocations familiales ....…. PES “sus  Î6 38
Accords commerciaux franco-mexicains et haïtiens (Conclusion des). 51
Certificats d’origine et factures consulaires (Droits de chancellerie

et. frais de visa sur les)........0200.12 000.
Ghambre Arbitrale de Marseille.........2022240 00000 -
Conférences. — L. Louis-Dreyfus ........0100

André Weil .....
Paul Elbel .........2002000000

Gongrès. — Allocations Familiales (Marseille)........ .
Dépouilles animales (Les Exportations en Angleterre des)...
Echantillons (L’acheminement des)........200000 sue ce ne. Lee
Gare Marseille-Prado-Vieux-Port (Modifications dans la dénomina-

tion de la) L..LL2 Lea. as aa ae ee eee nee sa ee ea ee eee ee ee nana aan
Haricots secs exotiques (L’Exportation en Espagne des)......…..…....
Pierres précieuses admises sous le régime de la soumission caution-

née (Création d’un Bureau d’Expertises pour la vérification des)...
Relations avec les Associations Economiques...
Savons (Importation en Perse des). Augmentation des droits de

douane. ......

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Questions intérieures :

Chambre Syndicale .…...

Compte rendu financier...
Contentieux Fiscal (Service du).......….…..…...
Cours Commerciaux 0.000200 0 san eue
Effectif de la Société........…..…...

Décès de M° Félix Perrin.............
Personnel administratif ...........
Trésorerie ....

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41.

48

4
85

Documents Annexes

\ssurance-Crédit (L’). Sa pratique à l'Etranger et sa réalisation en
France. — Conférence de M. André Weil. Ann. x............ 174,

Glause compromissoire en matière commerciale (La). — Rapport de
M° Félix Perrin. Ann. 11.....12.22002 00 ananas een ane an0ee 57,

Clause compromissaire (La). — Conférence de M. L. Louis-Dreyfus.
AT TX Lacs tanchra ana ne ame ae a past p ta ra caee TOR,

Connaissements (La Validité des clauses d’exonération dans les
connaissements). — Rapport de M. Francis-Antonin Dufour.
AUM. ME Lo sccarau&lt;ri nana una ee mena a rE SET ta US tan n a 64, 98,

Distribution solennelle des Prix des Cours gratuits du soir de la
Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie. — Discours
le M. le Président J-B. Rocca: Ann. vi:

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        — 248 +

Politique Douanière (La Politique Douanière et les Echanges inter-
nationaux). — Conférence de M. Paul Elbel. Ann. x1...... 185

Présidents des Syndicats Patronaux (Assemblée générale du 28 mai
1996), ANNe VE... .0000 0001 5A08 6 101 CR0 RQ FI a aa rar TR

Stabilisation ou Revalorisation. — Rapport de M. J.-B. Rocca.
ART: VIE Lan nc nnn canne rend Ra SR ERA R ANA NM Rda aan PR rhAAR Tee LR

l'axe unique à la Production (La). — Lettre adressée à M. le Minis-
tre des Finances. Ann. 1.....2204 041116 e ee as a na ua a eee 000 BB,

l'axe à la Production (La). Etude des conditions de son applica-
tion éventuelle aux produits de quelques industries de la Région
provençale. — Rapport de M. E. Régis. Ann. 1v........ 100, 19,

Transitaires (La détaxe à PExportation et les). — Rapport de
M. Edouard Rastoin. Ann. v...

Pages

23

26

25

"4

20

121

l'able des Matières contenues dans le Journal Commercial et Mari-
time pendant l’année 1926.....-.-....- n.+remcues ME
Composition de la Chambre Syndicale pendant l’année 1927........ 226
Liste alphabétique des membres de la Société au 1 juin 1927.... 227
Liste des membres de la Société par professions. .. 254

Société Anonyme du Sémaphore de Marseille, 17-19, Rue Venture
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Pages

de la Société depuis sa fondation............ 5

; honoraires..........110204a sacs n ee sense nes 6

hambre Syndicale pendant l’exercice 1926...... 7

\bunaux Arbitraux.......00002 00e ne sean en 9
ravaux présenté par M. le Président à l’Assem-

* février 1927...LLL2012 1004 Lea ana nana ananas 11

idicats Patronaux (Assemblée générale du Se Le

, Questions Fiscales et Economiques
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aire LL... LL. Lacan e00000 ZT, 28
es à PJ... s.saes+s02 15, 17
Xe À Pl)... Lacs ee nana aa enen use 18, 16
‘ansitaires et la Détaxe à 1).............. 39, 121
xe à PJ... ca... 17, 18
‘es (Simplification CAN PUS TET STEEL E 85
(Les Echanges internationaux et la)....….. 23, 185
énéral des Douanes... 28, 24
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lation Industrielle et Commerciale

ire en Matière commerciale............ 30, 57, 1654
sements (Les)............00..….00&lt;. 2B, 29, 64

ts, Questions Postales, Télégraphiques
et Téléphoniques
dréation de). nu a ne
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rations techniques..............0.10e san an sau0 à
ations techniques ; développement du réseau ;

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