EXPOSÉ GÉNÉRAL Tous ceux dont la vie s’est consacrée à la poli- tique coloniale peuvent tenir le même langage. [ls ont rempli leur devoir national. Ils ont été de bons serviteurs de la France. Alors qu’une im- mense rumeur d’opposition s’élevait contre eux, ils ont tourné la tête, ils ont agi, ils ont réussi. Maintenant les faits parlent, les yeux se sont ouverts, justice leur est rendue. . Rien ne serait plus injuste que de reporter sur la France entière la responsabilité d’une oppo- tion qu’inspirait surtout l’esprit de parti et dont les racines n’étaient en rien attachées au sol pro- fond du pays. Tout au contraire, la génération qui se nut à l’œuvre pour la constitution du nouvel Empire colonial fut, à la fois, enthousiaste, active et dévouée. Elle se donna sans hésiter à cette grande tâche. Ni les chefs ni les soldats ne manquèrent au pays et il n’est que juste de déclarer, une fois pour toutes, devant l’histoire que la génération qui arrivait aux affaires avec la troisième Répu- blique, fut une génération coloniale. Sans quoi, les efforts de quelques hommes d’État isolés eussent été vains. Le jugement sur cette génération et sur cette œuvre, je l’emprunterai à un autre grand répu- blicain, Gambetta. Quand 1l apprit la conclusion du traité du Bardo, il s’écria : « Il faudra bien que les esprits chagrins en prennent leur parti, un peu partout : la France a repris son rang de grande puissance. » Telle était, en effet, la pensée de ceux qui se sont donnés à cette tâche : les vaincus de 1870