EXPOSÉ GÉNÉRAL Vi. fique initiative fut prise par la dynastie légitime expirante. En pleine conscience de son devoir civilisateur et-ne s’arrêtant pas à une politique européenne uniquement verbale, elle mit le pied sur la terre d’Afrique, conquit Alger, et, en sup- primant une grande misère, qui s'appelait de son vrai nom, la plaie « barbaresque », elle s’installa sur le rivage où, face à Marseille, la future « grande France » trouverait le point de départ de son admirable développement. La politique de Louis-Philippe excluait toute grandeur coloniale. Le second Empire jeta timi- dement, en Syrie, en Cochinchine, des germes que l’avenir devait développer. Mais, tandis que d’autres puissances, plus prévoyantes, s’assuraient, sans coup férir, des territoires immenses, l’idée coloniale restait chez nous en sommeil. Il serait injuste, toutefois, d'oublier cette belle épopée algérienne, faite de sacrifices obscurs et de disci- pline acceptée, longue campagne de pénétration et d’expérimentation qui imposa aux peuples indigènes le mot qu’ils s'habituèrent à prononcer : « La France est une grande tente. » Il serait non moins injuste d’oublier les efforts d’un Faidherbe au Sénégal, ceux de nos marins en Océanie, et une sorte d’éveil colonial commençant à se mani- fester dans les grandes sociétés scientifiques, l’élan mondial, enfin, qu’allait donner l’ouverture du canal de Suez. Les revers de 1870 et la perte des deux pro- vinces faisant partie du corps même de la France, changèrent soudain l’âme du pays, hésitant entre ses tâches diverses. La conscience de l’effort