VIII L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS nécessaire pour relever la chose publique par elle- même, c’est-à-dire par la République, s’imposait. La génération coloniäle allait naître. Un passage de Talleyrand, souvent cité, trouve ici sa place parce que, lu devant l’Institut au lendemain des troubles révolutionnaires, 1l explique admirablement pourquoi l’esprit colonial, l’esprit d’expansion, le besoin d’un souffle plus large et d’une activité plus étendue, résulte sou- vent, parmi les peuples, d’un abaissement momen- tané et d’une série de cruelles épreuves. De tout ce qui vient d’être exposé, dit le sagace observa- teur du génie des sociétés, il suit que tout presse de s’occuper de nouvelles colonies : l’exemple des peuples les plus sages, qui en ont fait un des grands moyens de tranquillité, le besoin de préparer le remplacement de nos colonies actuelles pour ne pas nous trouver en arrière des événements, l'avantage de ne point nous laisser prévenir par une nation rivale, pour qui chacun de nos oublis, chacun de nos retards en ce genre est une conquête, …enfin la douceur de pouvoir attacher à ces entreprises tant d’hommes agités qui ont besoin de projets, tant d’hommes malheureux qui ont besoin d’espé- rance. Appliquons chacune de ces formules, si nettes, si pressantes, aux années qui suivirent les grands désastres et nous verrons à quel point les nouvelles aspirations naissent, avec une logique singulière, des motifs qui suscitent, dans les esprits dévoués, l’entreprise du relèvement. Le relèvement, on le voulait partout, dans le gouvernement, dans les finances, dans l’instruction publique, dans la pacification intérieure, dans la sécurité et les alliances extérieures. Quoi d’éton- nant qu’on le cherchât dans l’expansion coloniale?