EXPOSÉ GÉNÉRAL [ci, se développe, d’abord, ce que J’oserai appeler le premier chant de l’épopée coloniale, l'exploration. Je me contenterai de répéter une phrase déjà employée : « L’exploration a préparé l'établissement de l’Afrique française : les armes et la diplomatie l’ont achevé. » Sans remonter à René. Caillié qui, par un voyage illustre, avait atteint Tombouctou, l’explo- ration française en Afrique s’ouvre, dès la fin du second Empire, sous l’impulsion de Faidherbe, nommé gouverneur du Sénégal en 1854. Le capi- taine Vincent visite l’Adrar ; Mage et Bourré vont chez les Maures. On aborde le bassin du Haut-Niger : le lieutenant Lambert pénètre dans le Fouta-Djallon; Mage et Quintin auprès du sultan de Ségou Ahmadou et, par leur séjour à Sansanding, établissent la communication entre le Sénégal et le Haut-Niger. Voici qu’apparaît un des plus grands noms coloniaux : Galliéni, qui reprend leurs traces et consolide leur œuvre jusqu’en 1880. Déjà la pénétration par la côte occidentale, qui sera la plus grande spécialité de la colonisa- lion française en Afrique, se dessine, tandis que la pénétration du nord au sud prend naturelle- ment pour base puissante l’Algérie. Le général Hanoteau achève l’organisation de la Kabylie ; Daumas ouvre le désert. Duveyrier, qui a abordé les Touaregs dès 1859, leur consacre sa vie et le dévouement admirable de l’un des plus nobles