L’RMPIRE COLONIAL FRANÇAIS cœurs qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et, bientôt, ce sont des fusées sans cesse renouvelées qui partent du Sud algérien et qui éclairent les voies obscures de l’immensité saharienne. C'est Paul Soleillet vers 1872 ; c'est Dournaux-Dupéré, égorgé par les Chambaas en 1874 ; Victor Largeau qui échoue, en 1876, à Rhadamès. Paris s’émeut de tous ces sacrifices et de tels dévouements. La question. du transsaharien est posée. Bientôt M. de Freycinet réunira, sous la présidence de M. E. Picard, la commission qui doit envisager le programme de la grande entreprise. Les rares survivants qui y ont siégé se souviennent qu’ils se rencontraient là avec Duveyrier et avec Jules Ferry. Étienne en faisait partie. Paul Révoil en fut le rapporteur. Que de lumières et quelle persévé- rance ! C’était bien une génération, une grande géné- ration coloniale qui arrivait à la maturité. Mais que de souffrances encore ! Flatters, qui part en 1881, pour reconnaître le tracé oriental, est surpris et massacré ; Pouyane échoue dans sa reconnaissance du tracé occidental ; Palat périt, à son tour, sur le même chemin ; puis, c’est Camille Doubs en 1889. Le Sahara se défend bien. Mais voici que l’autre voie, la voie de la côte occidentale, s’affirme d’un coup de maître. Par une intuition admirable, le Sahara est tourné. Il est pris à revers par le sud et on le ramassera bientôt avec tous les territoires de l'Afrique équatoriale. La maître de l’Afrique équatoriale entre en scène : c’est Brazza. Te vois encore, entrant'en coup de vent dans