EXPOSÉ GÉNÉRAL L£Ÿ Le premier, il aura à se prononcer sur le grand problème : la France doit-elle renoncer à ces magni- gnifiques promesses que tant de dévouement et de clairvoyance lui ont présentées, doit-elle se fermer les yeux, se détourner du monde qui s’ouvre devant elle? Lui convient-il de se circons- crire dans un seul et unique problème, et doit-elle ne penser qu’aux provinces qui lui ont été arra- chées? Lui convient-il, selon une parole célèbre, due au maître lui-même, de « s’hypnotiser sur la ligne bleue des Vosges »? Ou bien, doit-elle aller de l’avant, se saisir des avantages qui s’offrent, au travail déjà accompli, remplir le cadre que la vaillance des explorateurs a tracé sur le terrain? C’est ce problème que les hommes de cette géné- ration ont eu à résoudre en descendant au fond de leur conscience. J'ai assisté au duel d’idées et de programmes. J’y fus engagé à plein et j'y dus prendre parti. J’en vois encore, des yeux du sou- venir, les acteurs et les témoins. J'écoute Vogüé quand il écrivait les Indes Notres; je m'épanche avec Albert Sorel, quand il me disait : « Prenez garde! » J’ai entendu le baron de Courcel, le directeur Billot, quand ils conseillaient à Jules Ferry l’action coloniale ; j'ai vu l’amiral Courbet partant pour l’Extrême-Orient et l’amiral Pierre partant pour Madagascar, Mizon partant pour le Niger, Brazza pour la Sangha et combien d’autres ! Étaient-ils des patriotes ou non, ceux que je viens de nommer? Et ceux qui ont péri à la tâche, les Ménard, les Crampel. les d’Uzès, les Bonnier. et ceux qui ont survécu, tant de