xv1 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS héros d’une gloire si pure, les Decœur, les Decazes, les Lamy, les Gouraud, les Joffre? Est-ce que la France, à l’heure du péril national, n’a pas re- trouvé les Galliéni, les Archinard, les Marchand, les Mangin? Et tous les grands précurseurs, qui faisaient leurs premières armes dans la Nouvelle Afrique, avaient-ils oublié la chère vieille patrie? Ils pensaient, ces magnifiques aventuriers (lais- sons-leur ce beau nom), et ceux qui avaient pris le parti de les soutenir au nom de la France, tous pensaient que les instants étaient comptés, que si la France ne se hâtait pas, d’autres la dépasse- raient et lui barreraient la route. Aujourd’hui, les faits accomplis, est-il impossible d’entrer dans ce scrupule, de se pénétrer de leur angoisse? Par- tout la France trouvait, devant elle, des concur- rents admirablement armés pour la lutte, mais, il faut bien le dire, un peu en retard sur l’avance que nos initiateurs avaient su prendre. Nous trouvions les revendications anglaises, sinon les expéditions anglaises, devant nous, au Siam, à Madagascar, à Obock, au Congo, au Niger, en Égypte, sur le Nil, au Maroc. Et les Allemands, les Italiens, les Espagnols, apparaissaient sur d’autres points du globe. Fallait-il attendre que ces concurrences imminentes se réveillassent tout à fait et qu’elles nous opposassent le veto qu’on a rencontré, en tardant un peu trop, à la fin de la négociation ; ne valait-il pas mieux aller de l’avant et suivre nos guides dans les champs divers où ls nous entraînaient ? Évidemment, on ne pouvait pas mener de front toutes les tâches et. comme on l’a dit.