xvin — L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS s'était trouvé, dans les archives secrètes, une seule pièce prouvant que le patriotisme colonial, l’entre- prise coloniale, le succès colonial ont été, une seule minute, les « protégés de l’Allemagne », sûrement on le saurait, dans ce temps où tous les secrets d’État ont été dévoilés! On en a assez publié de ces documents soi-disant révélateurs: on en a assez jeté sur l’opinion de ces comptes louches, soit suspects, soit inventés. J’ose l’aflirmer, après Jules Ferry, la politique coloniale a été, par excel- lence, celle des mains nettes, dans tous les sens du mot. Je ne sais si l’on dira et si l’on croira jamais le peu qu’elle a, relativement, coûté à la France. En tous cas, elle n’a rien coûté à l’ennemi, ni un thaler, ni une condescendance, ni une faveur diplomatique. Tout au contraire! Pied à pied, elle a été combattue par tous et partout. L’hon- neur intact en appartient à la France exclusive- ment. Elle a porté allégrement ses tâches, tout en traînant l'entrave de ses dissensions intérieures, plus lourdes, parfois, que celles qui lui venaient du dehors, Nous voici, donc, à l’heure des réalisations. Le champ que l'exploration a ouvert, il appartient à la diplomatie et à l’intervention de l’État de l’assurer au pays. Jules Ferry a pris son parti : l’expédition de Tunisie est décidée : elle réussit ; elle jette un premier reflet de gloire sur l’armée française nou- velle. Le traité du Bardo est ratifié, le protectorat tunisien est établi. Mais, parmi les troubles inté- rieurs qui agitent le pays, la solution définitive