n’est pas obtenue. Le pays protégé par nous n’est pas délivré de la lourde chaîne des traités inter- nationaux. On ne peut ni fonder le port de Bizerte, ni administrer, ni ordonner, ni enrichir notre nou- velle possession. C’est que Ferry a trouvé, à la fois, toutes les questions coloniales sur le tapis. A force de retarder, on les a accumulées. La mort du com- mandant Rivière, la plainte des populations que nous avons soutenues et que nous ne pouvons abandonner, l’arrivée en France de Dupuis et des Français qui se sont engagés sur la foi des traités et avec l'appui du gouvernement, l’invasion des Pavillons noirs, le Japon en pleine croissance, l'Angleterre agissant en Birmanie et, bientôt, au Siam, tout pose, à la fois, le plus difficile des problèmes coloniaux, celui du Tonkin ; et ce pro- blème emporte, avec lui, soit l’autorité sur l’Indo- chine entière, soit l’abandon de la Cochinchine. Que faire? Jules Ferry pèse, dans son vigoureux esprit, le pour et le contre, non seulement pour le Tonkin mais pour l’ensemble de l’expansion coloniale. Je n’ai pas à reprendre ici les termes du problème, les faits l’ont résolu. Mais comment oublier ces heures émouvantes de notre histoire, quand on en a été le témoin? Comment oublier ces études prolongées, ces mémoires probants qui dorment, encore inconnus, dans les archives ministérielles? Comment ne pas évoquer ces longues consulta- tions avec les compétences les plus variées dont s’entoura l’homme qui avait présidé déjà. à la réfection économique de la France? Je citerai EXPOSÉ GÉNÉRAL KIX