xx1v L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS pas intact. Déjà il avait donné lieu à de premières réalisations au cours des premières négociations congolaises. Mais la connaissance du continent intérieur a fait un immense progrès grâce aux nouvelles découvertes de Brazza lui-même et de son école. L'hypothèse de Desbuissons, qui rat- tache au Congo le bassin de l’Arouhimi, a jeté une lumière éclatante sur les rapports des grands fleuves africains entre eux. Le Sénégal, le Niger, le Congo et ses affluents pourront devenir, si on sait manœuvrer, un seul et unique domaine. La tactique diplomatique qui consistera à enve- lopper l’Afrique du Nord d’un immense anneau circulaire composé uniquement de possessions françaises pour le mettre à l’abri de toutes revendications étrangères, est conçue et ordonnée à partir de 1889. Spécialement en 1892, d'après les notes fournies par le général Marchand, une réunion a lieu entre le futur général Marchand et le futur général Mangin avec le chef du service des protectorats du ministère des Affaires étran- gères, et les étapes d’un programme d’explora- tions sont préparées en vue des résultats diplo- matiques à obtenir : de vaillantes équipes se sont divisé la tâche. C’est Binger qui part au Sénégal et, traversant le pays de Kong, arrive àl a Côte d’Ivoire; c’est Monteil qui, partant de Saint- Louis, pénètre dans le bassin du Niger, le parcourt tout entier, gagne le Sokoto, le Bornou, le lac Tchad et, de là, rentre en France par la Tripoli- taine. C’est Mizon qui remonte la Benoué, s'en- fonce dans l’Adamaoua et, après des péripéties sans nombre, rejoint Brazza lui-même qui a mené