EXPOSÉ GÉNÉRAL xxIx tion confiée au sage et solide général Duchesne. l'ananarive est occupée le 30 septembre 1895 et la loi du 6 août 1896 déclare que Madagascar et les Îles qui en dépendent sont annezées à la France. Ces grands faits surprennent la diplomatie étrangère. Mais elle s’incline. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’avait pas perdu de temps (1). L'ouverture du canal de Suez, l’établissement d’Obock et du golfe de Djibouti, l’occupation de Madagascar et des îles avoisinantes ont ouvert à la France le vaste champ des Océans Indien et Pacifique. C’est une autre face du monde qui s’ouvre à nos entreprises. Après le percement du canal de Suez et en vue du percement du canal de Panama, œuvres tous deux du génie fran- çais, cette autre face de la planète est rendue accessible à l’activité universelle. Ÿ prendrons- nous notre part ou la laisserons-nous aux mains de nos concurrents? La France sera-t-elle, oui ou non, une puissance planétaire? Aux portes de la Chine, réceptacle inépuisable d’hommes et de richesses, à proximité des Indes, en relation avec le Japon et au revers occidental du continent américain, serons-nous définitive- ment absents? La réponse à cette question an goissante a déjà été donnée par Jules Ferry. Il s’est engagé et il a marqué la première étape. Mais ce n’est qu’une étape ; il faut, maintenant, (1) Consulter: G. Hanoraux, l'Affaire de Madagascar. Calmann Lévy, 1896, et André LEson, la Pacification de Madagascar. Pion. 1928.