EXPOSÉ GÉNÉRAL xxxi et qui, en tout cas, eût exposé au plus grave péril notre établissement du Tonkin encore si frêle. La France avait joué, dans cette circonstance, un rôle éminent pour le maintien de la paix. Mais, on n'a jamais dit quelle fut son équitable récompense En dépit du silence gardé sur ce grand fait, comme sur tant d’autres, par notre histoire colo- niale, l’heure est venue de s’en expliquer : la récompense fut, d’abord, cette convention du 11 avril 18098, négociée par M. A. Gérard à Pékin, qui, pour employer les paroles du négociateur lui-même, « a définitivement assuré la frontière sino-française de la mer au Mékong et qui a ouvert cette frontière au commerce des deux pays. » C’est donc l’Indochine française qui se trouve ainsi fondée et la guerre des Pirates ter- minée. Cette première convention fut signée à Pékin un mois et demi après la convention de Simonosaki. Et ce n’est pas tout : bientôt après les arrangements de 1897 assuraient à la France et à la Belgique, agissant en commun, les grandes concessions de chemins de fer dans la Chine cen- trale ; et, enfin, les déclarations de cette même année 1897 par lesquelles, outre l'établissement de Quang-Tcheou-Wang, la Chine s’engageait, à l’égard de la France, l’inaliénabilité du Yunnan, du Kouang-toung, y compris l’île d'Haïnan. Ainsi notre domaine colonial indochinois était fondé dans ses frontières pacifiées. Notre sphère d’influence pénétrait dans le territoire voisin. La grande Indochine française, colonie incomparable, était obtenue sans coup férir. La Chine reconnais- sait à la France la frontière de 1 200 kilomètres