xxxvr L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS Mais ces relevés demanderaient des volumes. Il suffit que les perspectives de l’avenir soient indi- quées comme conclusion à cette rapide revue de l’œuvre coloniale de la Troisième République. Cette œuvre peut être considérée, désormais, comme l’un des grands faits de l’histoire mo- derne. La France est restée puissance planétaire, et voilà ce qui importe à l’avenir du monde lui- même. Quant au caractère de l’œuvre, quelques traits suffiront à le préciser : prévision, mesure, per- suasion. La méthode employée consista, en effet, à s’aboucher avec les puissances qu’inquiétaient le développement de notre Empire colonial, à leur prouver qu’il ne les menaçait en rien, à leur faire sentir que, pour leur commerce, pour les relations de bon voisinage, pour leurs intérêts généraux et particuliers, pour leur dignité enfin, le mieux était, moyennant les concessions néces- saires, de régler les choses définitivement par la reconnaissance des droits de la France, l’ample matière coloniale devenant ainsi, au lieu d’un sujet de discorde, un sujet d'accord et d’union. Tous les pactes que je viens de rappeler ont été signés sans conflit aigu, sans hostilité, sans haine, sans risque grave, ajoutons presque sans dépense et comme on cueille un fruit arrivé à maturité : les traités coloniaux destinés à couronner l’œuvre et à la faire entrer en quelque sorte dans les mœurs interna-