L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS les moyens d'amener rapidement ces primeurs sur le marché anglais seront trouvés, nous aurons une source de richesse nouvelle ; car les primeurs se vendent fort cher et nous pouvoBñs nous restreindre dans notre pays, puisque nous sommes dans une période de restrictions. Une autre production importante aussi est celle des oranges en Algérie ; moins forte en Tunisie, elle est encore nulle au Maroc. Il y a de ce côté encore des espérances qui, je le crois, se réaliseront rapidement. En ce qui concerne le sous-sol, des parties de territoire sont déjà mises en valeur et des mines sont exploitées qui produisent du plomb, du fer, du cuivre, mais la pro- duction incontestablement la plus importante est celle des gisements de phosphates. Il y a en Algérie des gisements de phosphates qui sont exploités depuis longtemps, il y en a également en Tunisie et les exportations de ces deux pays sont déjà considé- rables, mais au Maroc nous avons, en phosphates, des richesses encore plus grandes. Nous pouvons dire que les gisements du Maroc sont les plus riches du monde, qu’ils ont une étendue permettant de les exploiter pendant des périodes presque infinies. Ils viennent à peine d’être mis en exploitation. C’était, en 1921, 8 000 tonnes seulement de phosphates que nous exportions, actuellement c’est 800 000 tonnes ; dans deux ans, si on le veut, cela peut être 2 ou 3 millions de tonnes, car, je le répète, les gise- ments de phosphates ont des étendues considérables, à proximité de la mer, et nous pouvons dire que la produc- tion n’est limitée que par les difficultés d’écoulement. Il faut donc avoir un programme de mise en valeur de l’Afrique du Nord auquel il faut travailler, auquel on travaille, mais qui n’a pas encore donné tout ce que nous pouvons en attendre. Il faut surtout et avant tout avoir la politique qu'avaient eue nos ancêtres, les Ro- mains, c’est-à-dire la politique de l’eau. C’est avec la politique de l’eau, politique de longue haleine, néces-