L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS ne connaissons pas, que nous pouvons essayer de sonder, que nous arriverons peut-être à découvrir si nous y met- tons tout le soin désirable. Je vous donnerai un exemple de ce que l’on peut obte- nir. Il y a à côté de Biskra, tout près de Biskra, une oasis très étendue, l’oasis de M'rayer, qui formait il y a quelques années une véritable forêt de palmiers. Tout d’un coup l’eau a manqué, les palmiers ont dépéri et on voyait dis- paraître ‘cette belle oasis. On avait creusé, on n'avait pas trouvé d’eau. On allait abandonner la partie quand on a pensé que peut-être l’effort fait n’était pas suffisant. On est allé jusqu’à une profondeur, jamais atteinte aupa- ravant dans les oasis, de 160 mètres, et on a trouvé une nappe d’eau jaillissante qui a redonné toute la vie à la palmeraie, qui est redevenue non seulement aussi belle, mais même beaucoup plus prospère. C’est avec cette poli- tique qu’on arrivera, dans toutes ces régions désertiques, à donner la vie, c’est-à-dire la production et la richesse. Il faut donc — c'est un devoir pour tous — connaître l’Afrique du Nord. Autrefois, je disais : il faut que tout bon Français connaisse l’Afrique du Nord. Je le répète maintenant. Il est un peu honteux que dans une vie on ne trouve pas les quelques semaines nécessaires pour aller à vingt-sept heures de la France, voir ce que nous possédons en beautés naturelles, en beautés antiques, en beautés modernes, en beautés indigènes. Il faut y aller aussi au moment où un sentiment de tristesse nous do- mine, qui s’explique par la période que nous traversons, par les difficultés que nous voyons surgir devant nous : quand vous serez en Afrique du Nord, ce sentiment de tristesse se dissipera parce que vous comprendrez tout de suite que grâce à ces colonies, avec un peu de travail et d’énergie, nous arriverons à surmonter toutes les difficultés.