L’AFRIQUE DU NORD 15 venus se mêler des apports surtout nordiques, Allemands et Scandinaves. Il en a été ainsi, du moins, jusque vers la fin du dix-neuvième siècle. En Afrique du Nord, à un fond d’origine française sont venus se mêler des apports surtout méridionaux. Pour l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, on peut compter aujourd’hui 700 000 Français et 300 000 Espagnols et Italiens, les Espagnols dominant dans la province d'Oran, les Italiens en Tunisie. Mais la fusion de ces éléments ethniques se fait aussi rapidement qu’aux États-Unis, et pour les mêmes causes, surtout quand il s’agit des Espagnols. Elle résulte de l’attraction d’une civilisation supérieure — ce qui veut dire seule- ment, dans mon esprit, que les colons riches, influents, demeurent les colons de langue française, et que l’immi- grant étranger se modèle sur eux — et de la francisation par la langue, le français étant, comme l'anglais aux États-Unis, la langue générale indispensable, la langue « truchement ». Enfin il y a, toujours comme aux États- Unis, l’influence des écoles. Ceci est vrai surtout pour les Espagnols, et aussi pour les Italiens d’Algérie. D'ailleurs, dans cette « colonie » — qui n’est pas une colonie, mais constitue trois dépar- tements français, votant au suffrage universel — on sait que la loi française impose la qualité de Français aux étrangers nés sur le sol algérien, à moins que, à leur majorité, ils ne déclarent vouloir conserver la leur propre. Il n’en est pas tout à fait de même en Tunisie, pour deux causes : d’abord les Italiens y sont en plus grand nombre que les Français — 85 000 contre 72 000 — en- suite une convention de 1896 permet aux Italiens de garder indéfiniment leur nationalité. Mais l’immigra- tion italienne diminue, et le nombre des Français aug- mente. On calcule que, en 1926, le nombre des Français égale celui des Italiens. De plus une quantité assez no- table d’Italiens se font naturaliser, malgré les efforts de l’Italie… 5 000 dans les trois dernières années. Enfin. au