L'AFRIQUE DU NORD -n - w Mais voici une ‘question qui se pose, et j'avoue que je n’oserais la résoudre. Le peuplement de l’Afrique du Nord, au vingtième siècle et au vingt et unième, suivra-t-il la même cadence que celui des Étate-Unis au dix-huitième et au dix-neuvième siècle? Il est malheureusement nécessaire de garder en vue un fait nouveau, qui n’est que trop manifeste dans plu- sieurs colonies, soit françaises, soit étrangères : une certaine sorte de malthusianisme, en ce qui concerne l’immigra- tion. Ni en Australie ni en Nouvelle-Zélande, depuis cin- quante ans, la population européenne ne s’est sensible- ment accrue. Le taux de la natalité y est aussi modéré qu’en France, et l’Australie, tout particulièrement, se refuse à favoriser l'immigration. On ne parle pas seulement ici de l’immigration asiatique, que ce dominion peut avoir quelque motif de redouter, mais de l'immigration euro- péenne. Ayant à leur disposition tout un continent, les Australiens de souche anglo-saxonne qui s’y sont ins- tallés entendent le garder pour eux. Pourquoi admet- traient-ils des concurrents? Leur prospérité individuelle est faite, justement, de ce qu’ils s’y trouvent au large, y ont les coudées franches. Pour des raisons ethniques les Européens d’origine anglo-hollandaise, qui détiennent la majorité des suf- frages en Afrique du Sud, ne verraient qu’avec répugnance pénétrer parmi eux un plus grand nombre d’Anglo-Saxons. Ils estiment qu'il y en a déjà assez. Ils préfèrent rester entre eux. Or, on peut signaler un phénomène analogue en Algérie. Cela se discerne à maints symptômes. Le gouvernement algérien accorde de moins en moins de concessions de terres à des Français de la métropole. Il tend à les réserver