28 — L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS fort intéressant, de poursuivre son outillage économique. alors qu’il lui est à peu près impossible de contracter des emprunts dans la métropole. À cet égard, les besoins sont immenses. Dans tous les domaines à la fois : chemins de fer, ports, routes, naviga- tion, on voudrait travailler, mais on est limité par la main-d’œuvre et le matériel plus encore peut-être que par l’argent. Le Thiès-Kayes-Niger ouvre aujourd'hui, il est vrai, une voie directe du Soudan à la mer, mais autant dans sa partie récente Thiès-Kayes avec ses courbes de 500 mètres de rayon et ses pentes maxima de 7 milli- mètres, il constitue un bon outil comportant des trains de 100 tonnes, autant dans la seconde partie Kayes-Koulikoro avec des courbes de 150 mètres et des pentes de 28 millimètres, il est insuffisant pour assurer le service. En travaux de rectification de voies et en achat de matériel moderne, il y a plus de 100 millions à dépenser sur la ligne. Le Chemin de fer de la Côte d'Ivoire se poursuit en pleine forêt dont il facilite assurément l’exploitation, mais, tant qu’il ne débouchera pas dans les régions peuplées de la Haute-Volta, il ne remplira pas son plein office. Il lui faut pour cela s’allonger encore d’environ 500 kilomètres. Enfin, la voie ferrée principale du Dahomey ne prendra non plus tout son prix que quand elle aura été prolongée jusqu’au Niger à Malanville, de façon à desservir le bief navigable en amont de ce fleuve et garder dans notre dépendance des activités qui s’orientent dès aujourd’hui vers le chemin de fer de la Nigeria. Le réseau routier, tout en appelant encore des dévelop- pements au fur et à mesure de la mise en valeur du pays, est déjà fort important : 2 500 kilomètres de routes em- pierrées ; 17 000 kilomètres de routes non empierrées utilisables pendant presque toute l’année ; 15 000 kilo-