36 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS quent une superficie de 100 000 hectares, ce qui est encore peu de chose dans l’immensité de la colonie, exi- gerait une évacuation de” 100 000 tonnes, on est un peu effrayé de la complexité et des difficultés du problème. On l’a bien vu, il y a trois ans, lorsque ayant posé la dernière traverse et boulonné le dernier rail du Thiès- Kayes, et ayant, c’était bien légitime, embouché la trom- pette pour l’annoncer au monde, on s’est trouvé soudain tout penaud d’entrer en crise pour n’avoir ni les installa- tions de voie, ni le matériel de traction et de transport nécessaires. C’est une grosse tâche de faire évoluer dans les voies de la civilisation un immense corps tel que celui de l’A. O. F., encore attardé aux premiers stades de l’huma- nité. Il v faut à la fois prudence et hardiesse, expérience et audace, science et chance. Elles-n’ont manqué à aucun de ceux qui ont porté dans le passé le poids de ces res- ponsabilités, et dont nous gardons les noms avec recon- naissance et fierté. Nous sommes assuré, et c’est le vœu que nous formons en terminant, que ce pays, où la France coloniale présente au monde une de ses plus légitimes fiertés, connaîtra toujours la même faveur.