CHAPITRE III L’AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE par M. P. BOURDARIE, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences coloniales. L’Afrique équatoriale française offre ces particulä- rités de n’être pas, comme l’Indochine, Madagascar ou l’Afrique occidentale française, dans un état brillant de prospérité ; de n’avoir jamais intéressé profondément sa métropole ; de l'avoir seulement inquiétée deux fois en moins de dix ans : d’abord, quand la passion anticolo- niale de certains partis politiques daubait sur des histoires fâcheuses qu’elle généralisait à plaisir, et ensuite quand la pression hypocrite et brutale d’un ennemi, qui préludait ainsi à la formidable entreprise de guerre de 1914, l’am- putait d’une partie de ses territoires… L'histoire de notre Congo — je dis notre, parce que sur les bords du grand fleuve Zaïre des anciennes cartes il y a deux Congo, le français et le belge, qui, pleinement comparables peut-on dire, ont eu une fortune différente — l’histoire de notre Congo, dis-je, est bien celle d’une Cendrillon coloniale comme l’a appelée M. le gouverneur général Merlin. Parce que, dans son enfance, elle n’a presque rien coûté ; parce que l’on n’a pas eu besoin d’envoyer aucune de ces grandes expéditions qui, à côté des troupes de la marine, mobilisaient des régiments