F L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS de France ; parce que, lorequ’elle était dans la peine, elle réclamait faiblement, ne trouvant pas au Parlement ou dans la grande presse les grands avocats de sa cause pourtant si intéressante, et peut-être aussi parce qu’aucun de ses premiers grands chefs : de. Brazza, de Lamothe, Gentil, n’a, en acceptant son poste, exigé les moyens financiers nécessaires pour outiller ces pays absolument neufs, la France n’a jamais donné à sa fille cadette que de maigres subsides, n’a jamais pu se résoudre, avant 1914, à lui donner sa dot, dans un pays où tout était à faire : l’exploration géographique, l'inventaire scienti- fique, l’organisation administrative, l’outillage écono- mique, les expériences techniques d’agriculture, d’éle- vage ou d'exploitation forestière, les recherches minières sur les données de la pratique indigène, etc. Ministres et Parlement n’avaient conçu et appliqué que le système paresseux des subventions annuelles réduites à un petit nombre de millions. Débrouillez-vous avec ça ! Il ne fallut pas moins que le coup de force d’Agadir pour amener la France à s’apercevoir qu’elle avait là-bas, sous l'équateur, une grande colonie riche en puissance, enviée par un voisin entreprenant. Mais ce jour-là nous dûmes payer les fautes et les erreurs accumulées pendant plus de trente années. Et le Congo paya pour sa mère, à qui, ce faisant, il permit ces deux choses capitales : se ressaisir en appréciant comme il fallait les jours dange- reux qui allaient venir et garder les mains libres dans un Maroc qui, malgré toutes les embâches germaniques, serait un élément de résistance et de victoire. La fille cadette se vengeait noblement de sa mère négligente. Racontons brièvement l’histoire de Cendrillon : elle abonde en leçons de toutes sortes. C’est, en 1840, la fondation par l’amiral Bouet-