13 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS non en espèces, mais en organisation de sécurité, et de telle manière que l’E. I. représenté par le commandement et la force publique, après avoir prélevé l'impôt en nature (ivoire, caoutchouc) pour son propre compte, soutenait directement l’action économique des sociétés, achetant les mêmes produits à un prix d'achat qu’elles étaient seules à fixer à leur gré. C’est, en particulier, l’histoire de la société Abir, dont les actions valurent vers 1900 jusqu’à 32 000 francs. L’engouement se fit en France pour un système apparenté à celui-là. Il n’était pas possible de faire une colonisation de caractère nettement étatiste. On se contenta de répartir des territoires entre quarante-deux sociétés concessionnaires représentant un capital nominal d’un peu plus de 55 millions de francs. Et l’on crut avoir paré à tous les inconvénients du système en imposant un cahier des charges uniforme, munide clauses de déchéance, et agrémenté : 19 de l’obligation de planter 150 pieds de caoutchouc (arbres ou lianes) par tonne de gomme exportée — si cette clause eût été réalisée l'A. E. F. produirait aujourd’hui 10000 tonnes de caoutchouc ; — 2° de l’avantage de recevoir tant d'hectares en toute propriété par tête d’éléphant domestiqué ou centaine de bêtes à cornes. Raconter l’histoire du régime concessionnaire m'entraînerait trop loin. Ce régime a fait faillite. Le Congo pouvait supporter et alimenter quatre ou cinq grandes sociétés dont le programme eût été non pas seulement d'exploitation, mais d’organisation de la production indigène et d’exécution de travaux publics en association avec la colonie. Par exemple, en 1901, 1l fut proposé aux sociétés concessionnaires de se constituer en consortium pour la création de la voie ferrée Gabon-Alima. Les avantages de cette action eussent été considérables. Îls ne furent compris et reconnus qu’au moment d’Agadir,