LA SYRIE 69 Et d’abord la répartition du territoire : les différents États dont se compose le pays sous mandat français sont : les États du Grand Liban, de la Syrie, des Alaouites, et du Djebel Druze. Il eût été fort intéressant, si le temps l'avait permnis, de dire comment on cest arrivé à cette répartition et quelle justification elle trouve dans les termes mêmes de la Charte, invitant le mandataire à favoriser dans certaines circonstances les autonomies locales. Disons seulement qu’elle rencontre des oppo- sants : les uns réclament l’unité syrienne absolue, ce qui mettrait à la merci d’une majorité, non encore animée d’un suffisant esprit de tolérance, des minorités telles que les chrétiens et les Alaouites, pour ne parler que des plus nombreuses, que nous avons le devoir absolu de protéger ; les autres bornent leur désir à la désarticula- Hon du Grand Liban, tel qu’il a été constitué en 1920 lorsque le général Gouraud a joint à la montagne qui constituait l’ancien Liban, la plaine de la Békaa pour lui donner du pain, et la côte pour lui fournir des débouchés. Il semblerait que ces questions dussent être closes, puisque, en ce qui concerne par exemple l’État de Syrie, sa contexture actuelle a pour base les vœux nettement exprimés par les Assemblées représentatives régulière- ment élues en 1922. Il faut enfin sortir du provisoire ; et d'ailleurs, quelles que puissent être les modifications adoptées, elles ne satisferont pas tout le monde en raison de l’enchevêtrement des différentes « nations » comme on dit là-bas, quand on parle des communautés reli- vieuses. En second lieu, j'en viens au régime politique de ces différents États. Ici, dès le début l’examen s’impose d’une conception particulièrement importante dans l’applica- tion du mandat : le mandataire a-t-il le droit d'imposer au pays, qu'il est chargé d’amener à se gouverner plus tard en toute indépendance, le régime qu’il estime le meilleur pour atteindre ce but? ou, au contraire, les popu-