84 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS s’améliorer, a même commencé à s’améliorer dès la seconde année, c& qui est une des preuves des possibilités éducatrices du mandat, mais il faut constater que dans des pays à la fois aussi évolués et politiquement arriérés le mandat est difficile dans la mesure ‘où il est nécessaire. Il faut enfin signaler qu'au début nous avons trouvé installé à Damas, en dehors de nous et même contre nous, un gouvernement, celui de l’émir Fayçal, qui, loin de vouloir nous donner le levier indigène que demande le mandat, se dressait comme le symbole et l’instrument de notre éviction. C’est un point sur lequel il serait délicat d'insister, mais qu’il est impossible de ne pas mentionner. car il en ‘est résulté un sérieux accroissement des diffi cultés qui devaient nécessairement naître du milieu. Après que le général Gouraud eut été contraint, en juillet 1920, de donner le coup de balai qu’appelait ce gouvernement par l’obstination de son insolence, certains milieux, surtout de Damas, restèrent animés d'un nationalisme prétentieux, hâtif, incapable de comprendre qu’il devait arriver à son but par l'étape du mandat. Nous avons eu à lutter contre les tendances qui avaient été systématiquement encouragées pendant près de deux années. Elles animent encore l’opposition que nous rencontrons en Syrie, qui dénonce l’action de la France à Genève et à une partie de la France elle-même, trouvant à exploiter ce sentiment trop répandu chez nous, composé pour une part de générosité, mais pour une part aussi de la vanité d’être au-dessus des préjugés nationaux, qui fait donner raison à l’étranger, à l’exotique, contre le Français engagé dans une tâche nationale. Au milieu des critiques, l’œuvre d’organisation du mandat s’est cependant accomplie. En septembre 1920, les États, constitués dans l’esprit de la déclaration de mandat qui recommande au mandataire de favoriser les autonomies locales partout où cela est possible, étaient