150 L'’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS M. le gouverneur général de l’Afrique occidentale fran- çaise,-et qui a certainement été inspiré d’abord par les travaux de mon vieil ami Paul Gouzien, ancien inspecteur général du Service de santé des colonies, puis plus direc- tement par l'inspecteur général actuellement en fonc- tions, le docteur Lasnet, qui se trouve précisément au Sénégal, aux côtés de M. Carde, et qui veille à la mise en train de tous ces organismes nouveaux. On voit donc que déjà les gouverneurs généraux ou gouverneurs de nos colonies comprennent parfaitement la nécessité de déve- lopper, à côté de la vieille médecine thérapeutique dont jai parlé, la médecine préventive pastorienne qui doit sauvegarder les rates indigènes de l’avenir. Peut-être pensez-vous que la réalisation d’un pareil programme va coûter fort cher. Détrompez-vous : je crois qu’une organisation comme celle que j'ai esquissée ne serait pas trop onéreuse si l’on veut se donner la peine de faire appel à la collaboration des indigènes en multi- pliant pour eux les centres d’instruction technique. D'autre part, nos colonies ont compris que si l'on ne lutte pas contre la mortalité infantile et contre les mala- dies contagieuses par des moyens pratiques : éducation hygiénique, organisation d’institutions, comme le Ber- ceau africain, indochinois, dispensaires d'hygiène so- ciale, etc, on court à un échec absolu de la politique colo- niale française. Comment ne pas reconnaître que si, dans certaines colonies, en Afrique équatoriale, par exemple, certaines mesures ne sont pas rapidement prises pour protéger les races, celles-ci disparaîtront peu à peu et qu'il ne restera plus de main-d'œuvre pour exploiter le pays. Donc, il ne faut pas hésiter à dépenser assez d'argent pour assurer le fonctionnement régulier et continu de ces services de protection. Je rappellerai du reste qu’il y a quelques années, en 1900, le budget de l'Assistance médi- cale indigène, dans nos grandes colonies. s'élevait au total