2. — LA POLITIQUE INDIGÊNE par M. Gabriel pe JousErT. Nulle question n’est plus difficile, plus délicate que ce problème. Un homme l’a étudié dans le monde, dans les colonies anglo-saxonnes et françaises, et avec la plus large compréhension en a tiré des déductions et des conclusions qu’adoptent aujourd’hui la plupart des grands coloniaux français. C’est M. Jean Brunhes, professeur au Collège de France, dont les lignes qui suivent n’ont d’autre ambi- tion que de résumer fidèlement les idées. La politique indigène peut se définir la politique régis- sant les rapports des métropolitains, des hommes de races plus évoluées, des sociétés dites civilisées, avec les popu- lations indigènes. Qu’on le veuille ou non, ces civilisations se mélangent sur tous les points de la terre. Quelques-uns voudraient, en ce moment, sous prétexte de progrès, susciter partout des nationalismes excessifs qui arriveraient à faire rétro- grader l’humanité. | | ,Ç Nous devons concevoir, au contraire, que c’est un mélange harmonieux des différentes sociétés et des diffé- rentes civilisations qui peut aboutir à l’établissement d’une certaine harmonie sur l’ensemble de notre planète ; les Français doivent être plus que d’autres partisans d’une telle théorie, puisque la France a été la puissance assi- milatrice par excellence. Nous avons eu des Celtes, des Germains, des Slaves, avant même l’ère chrétienne : toutes sortes de races ont passé et nous sommes arrivés à en faire le peuple le plus homogène de l’univers. Voilà un