2, — LES COLONIES, SOURCES DE MATIÈRES PREMIÈRES par M. Joseph CHarLLEY, ancien directeur général de l’Union coloniale francaise. La troisième République, dès 1874, s’est attachée à reconstituer un empire colonial nouveau, digne de l’an- cien par l'étendue, mais très différent de lui par ces deux caractéristiques : il est, sauf en Afrique du Nord, situé entre les tropiques, et habité par une population, sans doute inadéquate à de si vastes étendues (seize fois la France au minimum), mais qui ne représente guère moins de 50 millions d'habitants ; et, pour ces deux raisons, il ne répond plus à cette politique coloniale de peuplement par des hommes de race blanche qu’un Richelieu, par exemple, avait envisagée. Aussi la politique coloniale de la France contemporaine a-t-elle dû tout de suite s’atta- cher à des tâches différentes. Notamment, ces 45 ou 50 millions d'habitants ont attiré d’abord son attention. Il ne s’est plus agi comme jadis de les convertir à la reli- gion catholique et de les contraindre à travailler au profit de leurs maîtres. Sans exception, nos indigènes sont libres et — heur ou malheur, cela est à décider — libres aussi de travailler. Nous, voyant les choses d’un point de vue très honorable, nous nous sommes préoceupés de les pacifier, de les administrer, de les instruire, de les édu- quer, de les préparer à leur rôle de sujets de nation civilisée et de membres bientôt participants de la civi- lisation. Nos colons. d’ailleurs. trop veu nombreux pour un