189 : - L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS France, grande consommatrice de soie, des quantités importantes de ce produit si précieux et, comme pour le coton, comme pour la laine, alléger et un jour abolir ce tribut de 10 milliards environ que nous payons à l'étranger. Mais je dois arriver à une autre partie de mon exposé. Produire des matières dans nos propres colonies, exempter la France de ces achats si coûteux hors de nos frontières, cela semble possible — je ne dis pas facile — et ça l’est. Mais il y faut du temps, parce que les obstacles sont nombreux et quelques-uns formidables. 10 Tout d’abord, la métropole n’attache pas assez de monde à l’exploitation de nos colonies. Si vous laissez de côté l’Afrique du Nord, qui, elle, est une entreprise quasi continentale, toutes nos autres colonies ne renfer- ferment pas actuellement 70 000 blancs. C’est tout à fait insuffisant : car les blancs sont les directeurs techniques- nés du travail des indigènes. 2° Si le personnel est insuffisant, le capital l’est aussi Et non pas’ seulement le capital total des entreprises, mais le capital initial d’équipement et d'outillage. Nos colonies manquent de chemins de fer, de routes, de ports. L’automobile se prêterait à l’ouverture de marchés et débouchés. Le gouvernement de la métropole. même au temps de notre grande prospérité, au temps de la toute- puissance du franc et de notre crédit, n’a jamais faut l’effort d’équiper et d’outiller suffisamment nos colonies. [1 y a bien eu quelques gouverneurs généraux, M. Dou- mer en Indochine, M. Roume en À. O. F., le général Lyautey au Maroc, pour oser dépenser et entreprendre, mais leur exemple n’a pas été assez largement suivi. Je ne veux pas jeter devant vous les chiffres impression- nants des capitaux que les étrangers, Anglais et Hollan- dais, particuliers et gouvernements ont introduits dans leurs colonies pour accroître et la production et les moyens de transport. Mais j’affirme sans crainte, sou- tenu var l’unanimité de l’opinion, que sans un large