182 … L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS l'armistice, fut entre cent rivaux chargé d’organiser le service sanitaire de notre armée de Rhénanie, homme désintéressé qui récemment renonçait à servir dans la séduisante Indochihe avec un magnifique traitement et se consacre à l’Afrique parce que là est le mal, cet homme est en train d'organiser la lutte. Il multiplie les contin- gents de médecins, 1l renonce à l'assistance individuelle et organise l’assistance sociale, et tente de sauver la race dès le sein de la mère ; il fait appel aux auxiliaires indi- gènes ; il crée des maternités, des sages-femmes, des centres de vaccination, de consultations, ete… Il est puissam- ment aidé par le gouverneur général Carde qui s’est révélé un grand gouverneur et ne s’est pas refusé à inscrire pour commencer une quinzaine de millions à l’Assistance des indigènes. L'opinion publique le suit. M. Le Cesne, président de l’Union coloniale, trouve en deux villes un million pour créer un « Berceau africain », embryon d’une œuvre qui prendra l’enfant à sa naissance et le conduira, à travers les mille dangers de l’éducation infantile, jus- qu’à l’âge de trois ou quatre ans, où les grands périls semblent conjurés. Les ministres des Colonies, M. Sar- raut, surtout M. Daladier, puis M. Hesse et M. Perrier, ont soutenu cette noble entreprise et M. Lasnet ose dire que, si on persévère pendant quinze ans dans cette poli- tique, il garantit le salut, l’accroissement des naissances, la santé des enfants et des adultes et l’abondance de la main-d’œuvre. De cela dépend la richesse des colonies, et, pour une part, celle de la métropole. Ne sourions pas et rappelons-nous que la population de Java, de 3 millions en 1811, a passé à 40 millions en 1926; et pour une période que j'ai personnellement observée, de 1898 à 1924, de 28 à 39 millions d'habitants, sous de multiples influences, dont les deux plus efficaces étaient l’organisation d’une politique sanitaire rationnelle, cons- ciencieusement appliquée, et la création de richesse, source de bien-être et de santé.