194 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS plus le droit d’envisager nos possessions sous le seul point de vue étroit du ravitaillement de la métropole. Nous devons les aider à accroître leur production en vue de la consommation mondiale, les autoriser et les encourager même à développer leurs échanges soit avec des colonies voisines, soit avec d’autres pays européens que la France. Par là, les capitaux étrangers s’ajoutent peut-être aux capitaux nationaux, insuffisants pour l’œuvre coûteuse de mise en valeur qui doit utiliser tous les progrès de la technique et de la science, et les richesses ainsi créées seront réparties aisément par les navires français, pour leur très grand profit particulier sans doute, mais aussi, soyvez-en sûrs, pour le très grand profit de la collectivité française. Si les colonies mettent à la disposition de la naviga- tion commeérciale un utile réseau de points d’appui, si elles sont capables de déterminer la prospérité de la marine marchande, leur rôle à l’égard de la marine mili- taire apparaît encore primordial. Une marine de guerre a pour but principal : de détruire les communications maritimes de l'ennemi avec le monde extérieur, de maintenir intactes ces communications au bénéfice de son propre pays ; autrement dit d’exercer la maîtrise de la mer. Pour supprimer les communications maritimes de l’ennemi avec le monde extérieur, le moyen le plus effi- cace est incontestablement de détruire ses forces navales et d’exercer un blocus étroit de ses eaux territoriales. Or jamais un tel blocus n’a pu être exercé sans être accom- pagné d’opérations exécutées au large, parfois à des milliers de lieues des pays en lutte, où celui qui dis- pose de points d’appui nombreux bien fortifiés, bien outillés, jouit d’avantages écrasants. Un navire de guerré ne peut séjourner, sé réparer, se