2, — L’ARMÉE NOIRE ET LE TRANSAFRICAIN par le général AuUsIER. On a tant parlé, dans ces derniers temps, du Transsaha- rien que quelques lecteurs pourraient s’étonner, s'inquiéter même, de voir employer ce nouveau vocable : le Transafri- cain. Qu'ils se rassurent. Ces deux termes, comme les choses qu’ils représentent, ne s’opposent pas mais se complètent. Seule une question de mesure les différencie. Le premier se dit d’une voie ferrée qui, du nord de l’Afrique, se dirigerait directement sur la boucle du Niger ; le second désigne celle qui, traversant aussi le Sahara, se prolongerait, soit avant d’avoir atteint le Niger, soit après, jusqu’au Tchad et de là jusqu’au Congo belge, pour rejoindre le chemin de fer du Cap. De ces deux tracés, le premier — le Transsaharien pro- prement dit — est de toute évidence le plus indispensable et le plus urgent, puisque reliant par le plus court chemin notre Afrique du Nord à notre Afrique occidentale, il nous permettrait d’utiliser, dans le plus bref délai, les immenses ressources en hommes et en produits de tous genres contenues en puissance dans l’une des plus grandes et des plus fertiles régions de notre domaine d'outre-mer. Mais il est certain que, dans un avenir proche, le Trans- saharien devra se prolonger ou se compléter par un em- branchement sur le Tchad. Cet embranchement partirait du Niger même, à Bourem ou Tosaye ; ou bien encore, suivant le projet Berthelot, étudié de 1910 à 1912 par la mission Niéger — alors que les automobiles n’avant pas