LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 201 encore sillonné le désert, le Tanezrouft paraissait un obstacle insurmontable — la voie ferrée venant de Béni- Abbès et traversant obliquement le Sahara en direction du Tchad, lancerait à Silet une ramification vers la boucle du Niger. Entre les deux solutions la seule différence est que, dans la première, c’est le Transsaharien qui apparaît comme le tronçon principal ; tandis que, dans la seconde, ce rôle est joué par le Transafricain. Une fois le Tchad atteint, il est dans l’ordre des choses qu’un jour ou l’autre, le rail aille rejoindre, par Bangui et le Congo belge, le chemin de fer du Cap, créant ainsi l’une des plus grandes voies mondiales de l’avenir. À moins que, grâce à nos perpétuels atermoiements, l’Italie, dont le gouvernement ne s’embarrasse pas des objec- tions sinon des intrigues parlementaires, ne réussisse à nous devancer dans cette grande œuvre internationale. Quoi qu’il en soit, ces distinctions determes se résument, comme nous venons de le dire, en une question de mesure dans le temps et dans l’espace ; 12" stade : le Transsaha- rien ; 2e stade : le Transafricain français ; d stade : le Trans- africain mondial. Et si, dans cette étude, nous nous occupons exclusi- vement du Transsaharien, c’est qu’il est le premier dans l’ordre d’urgence et qu’il nous offre le moyen le plus rapide de nous procurer l’appui de notre Armée Noire sur laquelle nous devons pouvoir sûrement compter. Elle est à la fois très vieille et très actuelle cette ques- tion du Transsaharien. Très vieille, puisque le premier projet officiel établi par le lieutenant-colonel du génie Hanoteau, en 1863, remonte à plus de soixante années. Et elle est très actuelle ou vour mieux dire d’une actua-