102 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS lité renouvelée, puisqu’après des lenteurs et des tergi- versations sans. nombre, le gouvernement s’est enfin décidé à présenter au Parlement, un projet de loi portant création d’un Office du Transsaharien, doté de 11 mil- lions 1/2 dont quatre fournis par l’État, trois par l'Algérie, trois par les Compagnies des chemins de fer du P.-L.-M., du Midi et d’Orléans et 1 500 000 francs par l'A. O. F., la Tunisie et le Maroc, Ce projet, récemment adopté par le Parlement, vient définitivement d’aboutir à la création, par la loi du 7 juillet 1928, d’un organisme d’études d’un chemin de fer transsaharien, ayant pour objet de rechercher les conditions techniques, écono- miques et financières de constructions et d’exploitation. Et donc ce qui, il y a trente ans, apparaissait, encore comme une chimère (on se souvient du discrédit en lequel étaient tombés les projets de Transsaharien après le massacre, en 1381, de la mission Flatters), semble aujourd’hui « à la veille » d’entrer dans la voie des réa- lisations, « À la veille, » disons-nous, non sans quelque appréhen- sion. Car la susdite loi ne vise, en somme, qu’une étude technique et ne préjuge en rien des décisions ultérieures du Parlement. Ce n’est, en effet, que lorsque cette étude sera terminée que le Gouvernement et le Parlement seront appelés à décider s’il faut ou non construire la ligne. Et, d'autre part, n’y a-t-on pas introduit une véritable clause de retardement? Était-il nécessaire, sinon pour donner satisfaction à des revendications locales qui n’ont que trop duré, d’y insérer l’obligation préalable de faire établir « des avant-projets par l’ouest, le centre et l’est de l’Algérie », alors que, par tous les parcours automo- biles qui depuis quatre ans ont sillonné le Sahara, et tout récemment par les missions économiques des trois dépar- tements d'Algérie, la question paraissait définitivement tranchée en faveur du tracé par l’ouest? Alors surtout que