LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 203 le Conseil supérieur de la Défense nationale, après le rapport si complet et s1 documenté de M. le sénateur Mahieu, inspecteur général des ponts et chaussées, avait nettement préconisé cette solution? On sait que ce tracé, partant de Ras-el-Ma, point ter- minus de la voie à 1 m. 44 dans le département d'Oran, allait rejoindre Colomb-Béchar, à proximité des houil- lères de Kenadsa, franchissait l’Qued-Guir à Igli, suivait la rive ouest du lit desséché de la Saoura jusqu’à Adrar, et de là piquait en ligne droite, à travers le Tanezrouft, jusqu’à Bourem sur le Niger. C’est, à peu de variations près. le tracé connu sous le nom de projet Sabatier, et que son auteur, M. Camille Sabatier, ancien député, avait présenté dès 1918. Assurément, les tracés partant de Constantine et sur- tout d’Alger sont fort intéressants au point de vue tou- ristique. Celui partant d’Alger offre, en outre, l’avantage de relier plus directement la capitale de l’Algérie au Soudan, par une voie également éloignée de la Tripolitaine. du Tafi- let et du Rio de Oro, derniers refuges de quelques bandes de nomades pillards. Mais, outre que cette voie est infi- niment plus accidentée, et se heurte fréquemment à des dunes ou à des massifs montagneux, il est très façile d’or- ganiser, ou plutôt de renforcer la protection nécessaire sur les parties du parcours, d’ailleurs restreintes, qui, dans le Sud-Oranais, pourraient, à l’extrême rigueur, être expo- sées à quelques tentatives de destruction, Si nous sommes bien informés, c’est aujourd’hui une question réglée. Quant aux touristes qui désireraient passer par Alger, ils auraient toutes facilités de rejoindre le Transsaharien à Sainte-Barbe du Tlelat. Quoi qu’il en soit, il est incontestable qu’au point de vue stratégique qui, en les circonstances actuelles, doit primer tous les autres, le tracé par l’ouest serait à la fois le plus court, le plus direct et. en raison de la nature du