LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 205 et même agréable pour les touristes, pour certains per- sonnages officiels ou simplement bien rentés ; qu’il puisse même être utilisé pour les colis postaux, pour quelques marchandises riches, telles par exemple que l'ivoire, le cacao ou le café ; ou encore pour le transport de quelques spécialistes à effectifs restreints, nul n’y contredit. Mais on se laisserait aller à de singulières illusions si l’on s’imaginait que de tels procédés pourraient définitivement remplacer la voie ferrée, car lorsque, des théories plus ou moins tendancieuses on veut passer aux précisions, on constate bien vite qu’entre le rail et l’automobile, au double point de vue de la vitesse et du tonnage, il y a en faveur du premier des avantages considérables. Si, en effet, les routes empierrées construites dans les zones côtières et dans certaines parties de l’A. O. F. per- mettent aux automobiles des vitesses pouvant atteindre 60 à 70 kilomètres à l’heure, il est loin d’en être ainsi pour les voitures lourdes, telles que les autocars qui ont transporté les missions nord-africaines dans le Sahara, lesquelles n’ont pu marcher qu’à 20 kilomètres. Même dans la partie la plus roulante, dans le Tanezrouft, la mission oranaise n’a pas dépassé 23 kilomètres ; alors que, sur le rail, la vitesse commerciale serait de 50 à 60 ki- lomètres. Peut-on espéter que de gros camions marcheront plus vite que des autocars? En ce qui concerne le tonnage, la différence est plus grande encore. | Sur des voies à 1 m. 44 (comme serait celle du Trans- saharien) un wagon de marchandises peut facilement transporter 20 à 30 tonnes. Un camion dans le Sahara ne pourrait supporter que 3 à 4 tonnes de chargement. Les Anglais qui, dans leurs colonies, ont construit de magnifiques camions à six roues — ayant coûté chacun 110 à 120 000 francs — ne les chargent qu’à 6 tonnes. En définitive. pour éaquivaloir à un train moven de