214 /L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS Et ainsi se conciliera la double exigence de notre sécu- rité et de l’amélioration d’une race qu’il est de notre devoir, au point de vue physique et moral, d’engager toujours plus avant dans la voie du progrès. Au point de vue physique et moral, disons-nous, et il faut y insister. Car s’il paraît relativement simple, par des moyens connus, de développer le mieux-être matériel de nos popu- lations noires, il l’est peut-être moins de sauvegarder leur hygiène morale et d’empêcher que leur crédulité native ne les livre sans défense aux entreprises des sti- pendiés de Moscou. On peut redouter même que leur séjour en France et leur contact avec certains milieux ne favorisent les desseins de la propagande à la fois anti- coloniale et antimilitariste que le parti communiste cherche à organiser jusque dans les corps de troupes. Certes, les noirs y sont moins accessibles que d’autres indigènes chez lesquels des civilisations millénaires ont mieux préparé le terrain. Ce sont des enfants, des enfants simples et gais, affectueux et fidèles, tout prêts à aimer leurs chefs si leurs chefs les aiment. Mais c’est préci- sément en raison de leur prédisposition à la confiance et à l'expansion, qu’ils réclament une protection vigi- lante et ferme. Car l'avantage stratégique qui résulte de la présence, sur notre territoire, d’une partie de leurs effectifs, dispa- raîtrait vite devant le danger d’une contamination morale qu'ils rapporteraient dans leur pays natal. Il n’y a pas que des épidémies d’ordre physiologique, il y en a aussi d’ordre social ; la lutte contre les deux doit être menée avec une égale énergie. - Enfin, et c’est la un point essentiel, il est indispen- sable que cette Armée Noire, non seulement soit en majeure partie composée, de soldats de métier — ce à quoi tend la loi du 7 septembre 1925, qui prévoit le recru- lement par appels comme un complément des engage-