220 . L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS l’armée des États-Unis et ils y ont montré les plus solides qualités militaires à Cuba et aux Philippines, pendant la guerre contré les Espagnols. Le régiment noir qui prit d’assaut la colline de San-Juan est célèbre dans l’armée américaine et fut appelé à New-York pour y défiler dans une pompe triomphale. En France, nombreux étaient les officiers des troupes coloniales qui se rappelaient les hauts faits de nos turcos (arabes et noirs) pendant la guerre de 1870, qui avaient fait ensuite plus ample connaissance avec nos indigènes pendant leurs séjours coloniaux et qui pensaient qu’une armée noire pouvant entrer tout de suite en campagne, dès le début d’une guerre que l’appétit de conquête de l’Allemagne leur laissait voir inévitable, pourrait être d’une grande importance. Toute notre histoire coloniale leur avait montré ce qu’on peut obtenir des noirs enrôlés et groupés dans des corps organisés luttant contre des Européens ou contre d’autres noirs à la solde d’Européens en guerre avec nous. Nos bataillons de tirailleurs algériens, nos turcos du second Empire, comprenaient un grand nombre de noirs pour la plupart provenant du Soudan d’où, vendus comme esclaves, ils avaient été dirigés à travers le Sahara vers le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, et avaient fini par arriver jusqu’à nous et à s'engager comme hommes libres dans nos troupes. J’en ai connu qui participalent à nos premières campagnes du Soudan, commandées de 1880 à 1883 par le général Borgnis-Desbordes. Ils regagnaient dans nos rangs, comme soldats ou comme interprètes, leur- pays d’origine et nous les interrogions curieusement sur leur passé au Soudan, puis en France et dans les guerres qu’elle eut à soutenir alors. C’est Faidherbe qui, gouverneur du Sénégal, forma les premières troupes noires régulières et permanentes. En 1860. colonel gouverneur, il demanda que des