LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 221 tirailleurs algériens lui fussent envoyés d’Algérie pour participer à des opérations militaires qu’il préparait. Les compagnies qui lui furent envoyées comprenaient une grande proportion de noirs du Sénégal et du Soudan. Il fut si satisfait de leurs services qu’au moment du rapa- triement des compagnies en Algérie, grand nombre des tirailleurs furent autorisés à passer dans le nouveau corps des tirailleurs sénégalais qui ne comprenait alors qu’un bataillon créé en 1857. Les tirailleurs d’alors étaient, comme ceux d’aujour- d’hui, des Toucouleurs (noirs mêlés de Poul), des Poul, des Sarakhollé, des Wolof, des Bambaras, des Khassouké. Faidherbe, qui se servit d’eux avec tant de succès, se montre cependant très sobre dans ses appréciations sur leur valeur : Ces noirs, dit-il, ont, comme tous les hommes, des défauts et des qualités. Ils sont braves, dévoués, mais nonchalants et superstitieux ; ils deviennent de jour en jour plus éclairés. Malheureusement le commerce auquel se livraient les pre- miers navigateurs qui visitèrent ces contrées et les premiers colons qui s’y établirent, consistait surtout en achat d'es- claves pour en faire des travailleurs dans les colonies d’Amé- rique ; ce commerce, contre nature par lui-même, se faisait dans des conditions si révoltantes qu’il finit par soulever la réprobation générale. [1 est un peu moins laconique quand il parle notamment des Toucouleurs. Il les déclare : Une race intelligente et perfide ; ils ont été viciés par l'is- lamisme qui les a rendus aussi menteurs et aussi voleurs que les Maures. En parlant des hostilités qui allaient commencer entre El-Hadi-Omar et nous, il dit : Ses gens étaient en grande partie des Toucouleurs et des Poul du Fouta-Djallon, du Bondou, du Damga, du Fouta- Sénégalais, du Toro et du Vimar, il y avait aussi des Sarakhollé