228 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS nels Lefèvre et Combes des résultats obtenus et rend hommage au zèle et au bon esprit de discinline dont tout le régiment est animé. » Je ne donnerai pas l’opinion du général Mangin sur la valeur des noirs, elle est trop connue, elle fait autorité, et son livre : la Force notre (1910) est trop répandu aujour- d’hui ; j'en cite cependant quelques lignes qui résument tout ce qu’il en a pensé, tout ce qu’il en a écrit : Après de tels récits, nous ne pouvons nous étonner de voir les qualités guerrières des noirs se compléter par d’autres qui les rendent utilisables dans les armées modernes ; les races de l’Afrique occidentale sont non seulement guerrières, mais essentiellement militaires. Non seulement elles aiment le dan- ger, la vie d’aventures, mais elles sont essentiellement disci- plinables. L’attachement des Sénégalais à la France est absolu : on cite quelques très rares exemples de désertion et même de trahison dans le persornel civil à notre service ; le fanatisme musulman en a provoqué parfois : jamais il n’est arrivé qu’un de nos soldats soit même soupçonné d’un acte de cette nature ; jamais il n’y a eu dans les rangs la moindre hésitation. Les Sénégalais sont aussi fiers de leurs chefs que leurs chefs sont fiers d’eux, et ceux qui ont vu les étrangers disent : Sénégalais premiers des noirs, Français premiers des blancs. Nos noirs de l’Afrique française proviennent pourtant de milieux absolument différents les uns des autres, n’ayant ni les mêmes mœurs, ni les mêmes coutumes, ni les mêmes langues, à tel point qu’on a pu compter dans un de nos bataillons jusqu’à quarante-trois langues ou dialectes différents, parlés par nos troupiers. Le français ou plutôt, pour commencer, un certain sabir où le français domine, devient vite un trait d’union entre tous et, entre les mains de leurs officiers et de leurs cadres, ils acquièrent vite de l’homogénéité et forment des unités de grande valeur.