L'APPORT INTELLECTUEL DES COLONIES 268 de ses habitants blancs, mulâtres et noirs, et ne cherchant même pas à atteindre les Indiens aborigènes. Telle est également la tâche unique qu’impose l’immensité des espaces océaniques dont elles se trouvent entourées aux colonies relativement récentes de la Polynésie, administra- tivement groupées sous le nom d’ « Établissements fran- çais de l’Océanie ». Superposer notre langue aux idiomes indigènes, lutter sans relâche contre l’usage de l'anglais et surtout de ce ramassis de mots de toute origine qu’est le Pidgin english, ce labeur suffit à ceux qui, aux Mar- quises, aux Tuamotou, aux Gambier, — véritable pous- sière d’îles et d’îlots disséminés dans les parties tropi- cales du grand Océan, — agissent au nom de la France et travaillent de toutes les manières à l’essor de ces îles si diverses et à l’instruction de leurs petites populations polynésiennes. Plus complexe est la tâche des colons de la Nouvelle- Calédonie. En Mélanésie, en effet, l’isolement n’est plus le même qu’en Polynésie, et non loin de la principale des possessions françaises qu’entourent les flots du Paci- fique, se trouvent d’autres terres aux admirables possi- bilités économiques, avec lesquelles les relations sont faciles et suivies, les Nouvelles-Hébrides. Les colons français de la Nouvelle-Calédonie ont débordé sur ces terres fécondes, dont les séparent seulement 400 kilo- mètres de mer (1) ; ils y ont fondé (à Vaté ou Sandwich, à Mallicolo, à Spiritu Santo) de magnifiques plantations dont, seule, la rareté de la main-d’œuvre retarde l’essor. Sur les Canaques des îles où ils sont venus s’établir, comme sur les quelques centaines de coolies ou travail- leurs annamites qu’ils ont obtenus de l’Indochine, ces planteurs exercent une autorité dont bénéficie naturelle- ment la langue française. En outre, les relations qui existent entre Nouméa et les ports de la côte orientale (1) Entre Nouméa et Anatom, l’île la plus méridionale du groune.