270 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS gnols ou Italiens surtout) comprennent très bien l'intérêt que présente pour leurs enfants la connaissance de notre parler ;. c’est qu’après avoir dû, au lendemain de la Grande Guerre, renoncer à accueillir tous les enfants mu- sulmans et israélites disposés-à devenir les élèves de nos maîtres, le maréchal Lyautey et ses collaborateurs ont agi, fondant de nouvelles écoles. françaises, utilisant les écoles coraniques, organisant les « écoles de l’avant », confiées à des militaires de bonne volonté, ‘agissant de façon que les jeunes générations marocaines échappent difficilement à la connaissance du français. Aussi, dès 1922, M. Georges Hardy, alors directeur général de l’Ins- truction publique du Maroc, était-il fondé à dire que, dans un nombre d’années relativement faible, ce pays « pourrait, tout en conservant l’usage de l’arabe, être considéré comme un pays de langue française (1). » On n’en peut vraisemblablement pas écrire autant du bel et grand empire que la France possède à l’extrémité opposée de l’ancien monde, de l’Indochine. L’'antiquité de la civilisation chinoise, dont ils sont justement fiers, leur politesse, leur savoir purement livresque et tradi- tionnel, tout, récemment encore, contribuait à détourner les Annamites, qui constituent la grande masse de la population de notre empire d’Extrême-Orient, d’étudier langue et civilisation françaises. Il n’en va plus de même aujourd’hui. Avant la guerre de 1914-1918, les Annamites commençaient à comprendre les avantages de la civilisa- tion occidentale et de la langue de la métropole, et une élite souhaitait d’être largement initiée à l’une et à l’autre ; ils s’en rendent aujourd’hui mieux compte encore, et ils désirent beaucoup plus ardemment ce que quelques-uns d’entre eux demandaient seuls naguère. De là ces mani- festätions si remarquables que sont certaines représen- 1} Dans « la Langue française au Maroc » (Notre langue dans ie bassin de la dédiierranée. p. 741.