L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 3. — Les colonies sans drapeau. Comme nombre de nos anciennes possessions, colonies actuelles, pays de protectorat et pays de mandat con- tribuent donc (ce succinet exposé vient d'en fournir. les preuves) à propager la langue française par toutes les parties du globe, puisque le territoire de chacun de ces pays aux conditions politiques différentes couvre un canton plus ou moins étendu de notre planète. Non moinsactivement, peut-être même plus activement encore. parce que vivant au milieu des populations étrangères, amies parfois, indifférentes souvent, mais aussi, dans cer- tains cas peu favorables à la France et à sa civilisation, les colonies sans drapeau travaillent très efficacement à cette œuvre patriotique. On ne saurait songer à les passer toutes en revue ; ce serait accomplir un trop long tour du monde. Aussi bien, partout ou presque partout, présentent-elles les mêmes caractères. Faisant abstraction complète des préocceu- pations politiques et philosophiques qui, dans la métro- pole, sont capables de les diviser, leurs membres, clercs ou laïcs, industriels, commerçants ou intellectuels, gens de classes différentes, se groupent autour des représen- tants officiels de la France et travaillent de leur mieux, sous leur direction, à servir les intérêts de leur patrie. Soit dans un pays d’ancienne influence française comme l’Égypte, soit dans ces contrées d’Extrème-Orient ou- vertes — tel le Japon — depuis quelques décades seule- ment à la culture de l’Occident ou même commençant simplement à l’accepter (comme la Chine), dans les États latins comme les peuples germaniques du Nouveau Monde, en Europe même, leur attitude est, dans les grandes lignes, identique ; seuls, les détails d’applica- tion varient. On soutient les établissements français existants, on les développe ou on en fonde de nouveaux,