L’APPORT ARTISTIQUE DES COLONIES 293 la temple d’Adonis à Byblos et le temple d'Echmoun, à proximité de Saïda, l’ancienne Sidon. Mais tous les deux sont très ruinés, et ce n’est plus qu’à grand’peine qu’on peut maintenant imaginer ce qu’ils furent. L'architecture funéraire est mieux connue, car il sub- siste encore sur la côte (Amrit et Kabr-Hiram) et dans l’intérieur (Kamaouat el-Hirmil) plusieurs mausolées ou tombeaux à base rectangulaire surmontés d’une pyra- mide, type de sépulture que les Syriens paraissent avoir créé, et qui devait se répandre ensuite jusque dans l’Afrique du Nord et en Germanie. Dès le vingtième siècle, les Égyptiens. venant de Byblos sans doute, avaient pénétré dans la vallée de l’Oronte, au cœur même de la Syrie. La preuve de ce fait important a été fournie tout récemment par la décou- verte à Katna (aujourd'hui : Michrifé, à 18 kilomètres au nord-est de Homs) d’un petit sphinx de diorite qui porte le nom de la princesse Ita, fille d’Amenemhat IT. Toutefois l’influence de l’Égypte était contre-balancée dans ces contrées par celle des grands empires de la Mésopotamie. Le sphinx d’Ita faisait en effet partie du trésor de la déesse Nin-Egal, vieille divinité chaldéenne qui était primitivement associée à Sin, le dieu suprême d’Our-Kasdim, d’où Abraham était originaire. Le trésor même du temple de Nin-Egal à Katna a disparu à peu près tout entier ; mais l'inventaire en a été fort heureusement retrouvé. Il est écrit en langue baby- lonienne et contient une très longue énumération d'objets de lapis-lazuli, de marcassite et autres pierres précieuses. I] y avait aussi des vases d’argent en forme de tête de taureau ou de lion, des aigles et des poissons en or, une statuette en or de la déesse même. La présence d’un trésor aussi riche dans les jardins de l’Oronte vers le dix-huitième siècle avant Jésus-Christ, suffit à attester combien était grande alors la prospérité du pays syrien. Le temple de Katna fut détruit et pillé vers l’an 1375