296 - L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS Mais Béryte devait être anéantie, au sixième siècle, par un tremblement de terre très violent: Ces cataclysmes étaient d’ailleurs fréquents jadis en Syrie, et c’est l’une des raisons qui expliquent la disparition de tant d’édi- fices, qui pourtant avaient été construits avec soin. Au pied de l’Anti-Liban, les anciens sanctuaires de Baalbec, qui prit alors le nom d’Héliopolis (« la ville du Soleil »), furent entièrement reconstruits par les Antonins et les Sévères. Le plus grand temple, de proportions vraiment colossales et dont six colonnes sont encore debout, était consacré à Hadad ou Baal, le dieu suprème des Syriens, que les Romains identifiaient avec leur Jupiter, bien qu'il s'agisse en réalité d’un dieu tout diffé- rent, puisqu’on le représentait sous les traits d’un Jeune homme tenant d’une main un fouet et, de l’autre, un foudre ou trois épis. Cependant, à l’époque impériale comme au temps des Séleucides, Antioche ne cessa pas d’être la vraie capitale de la Syrie, et, dès le début de l’ère chrétienne, elle devint le siège d’un patriarcat qui ne le cédait en importance dans tout l’Orient qu’à celui d’Alexandrie. Tandis qu’Antioche, qui joua un rôle si brillant pen- dant tant de siècles, a disparu tout entière, Palmyre au contraire, dont la destinée fut si brève, a laissé des ruines qui sont parmi les plus imposantes du monde. Cette oasis, simple étape sur la route qui va de Syrie en Mésopotamie par le désert, se transforma au troisième siècle en grande ville, par l’effet du génie de ses princes, l’émir Odenath et sa femme Zénobie, qui avaient conçu le projet de sous- traire l’Orient à la domination de Rome et qui furent, un moment, bien près de réussir. Dès qu’ils eurent échoué (273), Palmyre retomba à son isolement, et son nom même était presque oublié lorsque des commerçants anglais venus d'Alep la découvrirent en 1678. Et ce n’est d’ail- leurs qu’à une époque toute récente que ses ruines ont fait l’objet d’études attentives, qui ont démontré que