298 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS de genre traitées à la mode hellénistique. La décoration qui fait l’intérêt, principal de ces pièces se compose presque uniquement de feuillages entrelacés, de quadru- pèdes et d’oiseaux, réels ou imaginaires. Or ce sont ces combinaisons de décor floral, de figures symboliques ou de dessins géométriques qui constituent ce qu’on est convenu d'appeler des arabesques, ornements qu’on retrouve d’ailleurs à la même époque, gravés dans la pierre, sur les murs de tous les édifices, qu’ils revêtent comme d’une draperie somptueuse. L’époque des Omméiades, la première des dynasties arabes, compte parmi les plus brillantes de l’histoire de la Syrie ; mais il ne reste maintenant qu’un bien petit nombre des monuments qui ont été élevés à cette époque. Le plus remarquable est la grande mosquée de Damas. C’était d’ailleurs primitivement une église, dédiée à saint Jean et que l’empereur Théodose avait fondée en 379 sur l’emplacement d’un ancien temple païen, dont les portiques ont subsisté, en partie, jusqu’à ce jour. Le calife El-Walid, qui transforma cette église en mosquée (708), la reconstruisit dans le style byzantin le plus pur, et l’empereur de Constantinople lui envoya, sur sa demande, des artistes et, en particulier, des mosaïstes pour achever ou restaurer ce grand édifice sur le plan même que Théodose avait conçu. Cependant, la mosquée des Omméiades a beaucoup souffert du temps ; des incendies d’une extrême ‘violence l’ont ravagée à différentes reprises, et c’est ainsi que de ses trois minarets il n’en est qu’un, celui « de la Fiantée », qui date du huitième siècle, tandis que les deux autres, ceux « de Jésus » et « de l’Ouest », ont été construits aux onzième et quin- zième siècles. Quant aux mosaïques, qui étaient, au dire des chroniqueurs, d’une merveilleuse beauté et qui